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Sentiments sous serre

Summary:

Harry décide de faire un petit tour à son ami, pour son propre bien évidemment ! Neville n'a pas de choix que de faire face à ses propres incohérences.

Notes:

Cette fic a été écrite lors de ma participation à l’ASPIC (Ateliers Scripturaux Promouvant l'Imagination et la Créativité) Prompt Unique organisé par le serveur Discord Potterfictions.
Vous pouvez nous rejoindre via le lien suivant : https://discord.gg/5FHmSpEfvh

Merci aux deux bêtas pour les retours,

Bonne lecture :)

Work Text:

Neville avait entendu quelqu’un ouvrir la porte de à l’autre bout de la serre. Il avait fait quelques pas sur le côté pour avoir une meilleure vue sur la porte. Il vit Snape entrer avec une sacoche en cuir à la main. Le Serpentard enleva sa cape et Neville vit qu’il portait une sorte de vieux survêtement noir moldu dessous. Il avait toujours arboré cette tenue lorsqu’il le voyait. L’homme venait régulièrement chercher ses ingrédients lui-même, Neville lui avait déjà cédé la place à plusieurs reprises pour le laisser tranquille et il s’apprêtait à le faire encore. Il ramassa ses outils et les rassembla dans une main, manquant de se faire une crampe à l’index. Il marcha lentement, pour tenter de ne pas montrer son cœur qui battait trop fort et ses mains qui devenaient moites. Il rangea sécateurs et pelles un à un dans le pot à côté de l’entrée tandis que Severus Snape le dépassait, en quête de ce qu’il était sûrement venu chercher.

« Monsieur Londubat. Je ne vous chasse pas, vous savez. » 

La voix froide et cassée le paralysa un instant, son râteau encore en main. Il se tourna avec un petit sourire vers son ancien professeur. 

« Je sais bien, professeur Snape. Mais je préfère revenir plus tard. J’ai des copies à corriger, de toute façon. » 

Il posa le dernier outil dans le gigantesque panier et prit la poignée de la serre pour l’ouvrir. La porte fit un bruit sourd mais refusa de bouger. Il fronça les sourcils et tira de nouveau pour récolter le même bruit sourd et une porte toujours fermée. Avec l’idée que c’était peut-être lui qui perdait la tête, il poussa, au cas où cette porte se soit toujours ouverte dans l’autre sens et qu’il l’ait oublié. Mais elle refusa à nouveau de s’ouvrir.

Neville se pencha sur le côté et vit Harry de l’autre côté de la verrière. Celui-ci avait un grand sourire, lui fit coucou de la main, lui montra son pouce puis disparut sous ce qui semblait être sa cape d’invisibilité. L’homme avait beau être adulte et travailler depuis quelques années maintenant au Ministère, il lui arrivait toujours de faire des farces telles que celle-ci. Et au vu de la dernière réelle conversation qu’ils avaient eue ensemble, Neville aurait dû s’en douter.

Il souffla d’agacement en lâchant la porte.

« Un problème ? » 

Il sursauta, surpris que l’autre homme soit si proche. En tournant légèrement le regard, il aperçut les vêtements noirs à moins d’un mètre de lui. Snape s’était visiblement rapproché quand il l’avait vu batailler avec la poignée de la porte.

« Un plaisantin nous a enfermés, je crois bien », se sentit-il obligé d’ajouter avant de s’écarter, mal à l’aise d’être si près du maître des potions. 

Celui-ci fronça les sourcils et tendit la main pour tenter lui aussi d’ouvrir la porte, sans succès. Sa baguette noire apparut dans sa main en une seconde alors qu’il avait posé sa sacoche sur l’établi plus loin. Neville devina qu’il devait avoir une sorte de rangement dans sa manche, il le vit lancer plusieurs sorts sur la serrure, sans résultat. Il ferma les yeux pour inspirer et maudire Harry dans l’intimité de son esprit.

Severus Snape finit par se tourner vers lui et l’étudia. 

« Vous ne semblez pas inquiet » constata-t-il.

Neville sentit l’agacement et l’angoisse monter en lui simultanément. 

« Non, je sais qui vient de faire ça, j’espère juste qu’il va se lasser avant moi ». 

Severus continua de le dévisager tout en rangeant sa baguette dans ce qui était bien un étui accroché à son avant-bras.

« Dites-moi quand je pourrais partir, alors. » 

Neville devina une lueur amusée dans son regard, puis l'homme s'éloigna d'une démarche lente et fluide vers les rangées de plantes un peu plus loin. 

Neville renversa sa tête en arrière en jurant une fois de plus intérieurement contre Harry, puis prit la bêche rangée sur le côté et décida d’aller se défouler. Autant qu’il soit productif s’il était coincé ici. Il avait envisagé une seconde de sortir sa baguette lui aussi, tenter de déjouer les sorts sur la porte, mais c’était Harry derrière tout ça. Il était plus puissant que lui, et si Snape ne voulait pas l’aider, Neville n’avait aucune chance d’y parvenir. Il espérait vraiment que Harry se lasse de son petit manège assez vite, avant que quelque chose d’humiliant ne se produise.

Il tenta de se plonger dans son travail, mais la présence du maître des potions l’empêchait de se détendre totalement. Il tenta de se focaliser sur son corps, ses muscles qui travaillaient et le poids de l’outil qu’il levait pour le faire tomber dans la terre devant lui afin de la retourner. Mais son esprit ne parvenait pas à faire abstraction de la présence et des mouvements de l’homme quelques rangs derrière lui. Du coin de l'œil, il voyait le maître des potions autour de plantes en pots, un sécateur en main et son attention plongée dans les feuilles et les fleurs devant lui.

Les traits de son visage étaient détendus. Neville avait remarqué que depuis la fin de la guerre, depuis qu’il avait été relâché avec comme condamnation de devoir rester enseigner à Poudlard encore au moins quinze ans, l’homme semblait plus serein. Il n’arborait plus les expressions de fureur et de rage qui avaient terrifié Neville quand il était plus jeune. Severus Snape était toujours le même, froid, distant, impressionnant, mais il n’était plus effrayant comme il avait pu l’être, de l’avis de Neville en tout cas. Il ne dégageait plus quelque chose de négatif, seulement un calme plat qui le fascinait depuis quelque temps.

Ils avaient commencé à travailler ensemble quand Neville était rentré en tant qu’assistant du professeur Chourave, qu’il avait remplacée au bout de trois ans. Elle lui avait appris tout ce qu’elle savait lors de cet apprentissage et il était maintenant épanoui dans son poste. À son arrivée, il avait angoissé à l’idée de revoir Severus Snape, et l’homme s’était tenu éloigné de lui longtemps. Ils étaient devenus cordiaux par la suite, Neville fournissant le maître des potions en ingrédients lorsqu’il le demandait. La plupart du temps, l’homme venait directement s’en charger, comme maintenant.

C’était une activité qu’il semblait même apprécier, vu le soin qu’il y apportait. Ses mouvements étaient lents et soignés. Ses coups de sécateurs francs et nets. La manière dont il rangeait ensuite les morceaux découpés dans des flacons, mesurée.

Neville secoua la tête et se força à se concentrer sur la terre devant lui, il planta sa bêche avec encore plus de force. Peut-être que s’il l’ignorait assez longtemps, le temps passerait plus vite et Harry finirait bien par venir les délivrer. Il n’allait tout de même pas les laisser dormir ici toute la nuit ? Un frisson d’angoisse le parcourut à cette pensée. Il n’aurait dû rien dire à Harry. Il n’aurait pas dû parler de son envie d’apprendre à connaître le maître des potions, de discuter avec lui, même si un malaise continuait à l’habiter à cette idée. Il ne savait pas pourquoi l’homme attirait ainsi son attention.

Depuis quelque temps, il cherchait les yeux de Snape lorsqu’ils se croisaient dans les couloirs, lorsqu’ils mangeaient ensemble dans la grande salle, lorsque l’homme venait dans les serres. Et à chaque fois leurs regards se rencontraient. Neville savait que l’homme avait remarqué son petit jeu, il avait été espion après tout. Mais il n’avait pas cherché à venir le confronter à ce sujet, il lui rendait simplement son geste à chaque fois.

Neville n’avait jamais osé rester en sa compagnie pour autant. Il avait peur de se tromper. Peut-être qu’il se faisait juste des idées, que l’homme était toujours le même et restait un connard dans l’intimité de ses appartements. Peut-être qu’il ne voulait juste pas s’attirer d’ennuis. Il était vu maintenant comme étant celui qui avait protégé Harry. Les petits gestes qu’il avait effectués lors de son année de direction pour protéger ses élèves avaient même été reconnus. Peut-être que Neville l’idéalisait, comme beaucoup, parce que c’était certain qu’il n’était en rien le héros qu’on avait décrit dans les journaux à la sortie de la guerre. Il avait levé les yeux au ciel devant les pages du journal ; l’image que Harry avait dépeinte dans la presse, pour faire avaler l'innocence de Snape, l’avait fait grincer des dents. Il avait eu raison de le faire, et Neville l’avait soutenu. Avec le recul, l’homme avait permis leur victoire, mais tout de même, cette couverture médiatique mensongère avait été presque humiliante pour tous ceux qui avaient été impliqués dans la guerre, tellement elle avait occulté d’éléments. 

Pour autant, il avait tout de même changé. Sa silhouette était détendue, ainsi courbée sur les étagères devant lui. Il dégageait une passion pour ce qu’il faisait qui reflétait la sienne, et il aimait les personnes passionnées. Celles qui avaient des étoiles dans les yeux quand ils parlaient de leurs sujets de prédilection. Severus Snape ne lui avait jamais parlé de potion depuis la fin de la guerre, et pourtant Neville avait vu ses yeux remplis de cette passion. Plus d’une fois, il avait eu envie de lui demander de lui en parler, juste pour pouvoir le contempler, mais il avait eu peur de réactiver de vieux souvenirs qu’il préférait laisser enfouis.

« Vous me fixez, professeur Londubat », souffla Severus Snape sans relever les yeux, braqués sur la plante devant lui. 

Neville détourna le regard une fois de plus et enfonça la bêche un peu trop rageusement dans le sol.

« Je vous ai déjà dit de m’appeler Neville », dit-il d’un ton sec en continuant ses mouvements brusques. 

« Et moi de me tutoyer et de m’appeler Severus. Nous sommes collègues maintenant. Tant que vous ne le ferez pas, je suivrai votre exemple », dit platement l’homme, comme si la conversation ne l’intéressait pas et qu’il ne voulait plus parlementer.

Neville souffla, agacé. 

« Ce n’est pas contre vo… toi. C’est juste une habitude assez difficile à perdre. »

Snape ne parlait que rarement, mais à chaque fois, il lui avait fait cette même requête. Il avait l’impression que le maître des potions tentait de remettre un équilibre dans la relation qu’ils avaient. Il lui laissait le choix de se rapprocher ou non, sans être insistant, mais en lui rappelant de temps à autre cette possibilité. Neville revit le visage de Harry derrière la verrière, avec son pouce en l’air. Il ferma les yeux deux secondes et les rouvrit pour lancer sa bêche.

« Je suis désolé que tu sois enfermé avec moi. » 

Il devait s’excuser, ce n’était absolument pas de la faute du maître des potions s’ils étaient coincés ici.

« Ce n’est rien. Pour l’instant ça n’a pas trop d’impact. Ce soir j’ai pas mal d’ingrédients à collecter, après les différents cours de la semaine. On verra quand j’en aurai fini. » 

Il avait toujours la voix plate, les yeux rivés sur les asphodèles devant lui. Il en recueillait les pétales dans de petits flacons qu'il plaçait ensuite dans sa sacoche en y plongeant le bras entier.

« Tu sais pourquoi nous sommes enfermés ici ? » demanda Severus.

« Tu as dû reconnaître la magie sur la porte, non ? » répondit Neville en grognant.

« Oui, difficile de ne pas la reconnaître. Néanmoins je n’ai pas demandé si tu savais qui l’avait fait, mais pourquoi ? »

L’homme leva enfin les yeux vers lui, son regard toujours aussi perçant. Neville avait toujours eu l’impression que Snape savait lire en lui comme dans un livre ouvert. Il savait maintenant que ce n’était pas le cas, pas après sa dernière année à Poudlard. Mais cela le mettait toujours aussi mal à l’aise. La raison pour laquelle Harry les avait enfermés ne faisait que complexifier ce qu’il ressentait.

« Oui, je le sais. »

Severus le fixa, plissa les yeux et retourna à sa tâche. 

« D’accord. » 

Ils travaillèrent de longues minutes, chacun de leur côté. Neville ne savait pas s’il profitait du silence ou si celui-ci voulait l’étouffer. Lorsqu’il entendit la voix derrière lui, il se força à rester concentré sur sa tâche.

« Je sais que mes méthodes d'enseignement ont pu être parfois…particulières et peu adaptées. La manière dont j’ai agi avec toi lors de ta scolarité était disproportionnée. Je pourrais te sortir plein de raisons pour justifier ce que j’ai fait. Tu es devenu un homme fort et compétent et ce n’est certainement pas grâce à moi. J’espère juste que je ne suis plus ton épouvantard. » Un silence s’étira avant qu’il ne termine “Ce que j’essaie de dire c’est que je suis désolé.” 

Neville se figea et s’épongea le front avec son t-shirt pour tenter de se remettre les idées en place. Il venait vraiment d’avoir des excuses de la part de Severus Snape ? Il n’aurait jamais pensé cela possible. Et pourtant, cela prouvait aussi qu’il ne se trompait pas totalement sur le Serpentard. Il avait effectivement évolué depuis la fin de la guerre.

Le Gryffondor refusa de regarder l’homme derrière lui alors qu’il lui répondait. 

« Ne te crois pas au-dessus de tout. Cela fait bien des années que mon épouventard ne prend plus ta forme. » 

Il hésita à continuer, mais se lança : 

« Tu ne me fais plus peur depuis longtemps. »

« Pourtant tu m’évites », constata Severus. 

L’homme parlait d’une voix tellement monocorde que Neville était incapable de savoir si ce qu’il disait l’atteignait ou s’il exposait simplement des faits. Dans tous les cas, il sentit sa peau chauffer et se remercia d’être dos au reste de la serre. 

« Ce… Ce n’est pas pour cette raison. » 

Le silence semblait résonner entre eux, jusqu’à s’apaiser quand Neville comprit que Severus ne parlerait pas davantage et lui laissait juste l’opportunité de continuer ou pas son propos.

Neville insulta clairement Harry dans son esprit, n’osant croire que sa machination semblait marcher et qu’il envisageait vraiment de continuer à parler. Il ferma les yeux en pensant « et puis merde ».Il poursuivait ses mouvements de bêche. Il n'aurait jamais pu parler sans faire quelque chose d’autre pour contenir cette énergie due à l’angoisse qui manquait de le submerger.

« Je… Je suis bisexuel, attiré par les hommes et les femmes » Il sentit le silence s’étirer et s’empressa de continuer. « Je suis bi et je ne sais pas quelles sont tes opinions sur ça. Tu as été au service de Voldemort, je ne sais pas à quel point tu étais en accord avec ses idées. »

Et une demi-vérité de lancée, une.

Il n’osait pas continuer, il avait déjà l’impression de s’être jeté dans la fosse aux serpents. Severus Snape ne le savait pas, mais Neville accordait de l’importance à ce qu’il pensait. À ce que tout le monde pensait d’ailleurs. À chaque coming-out, il avait peur de se faire rejeter, à chaque coming-out il avait peur de se prendre une remarque homophobe voire pire. Il attendit, chaque coup de bêche semblant être une seconde plus longue que la précédente.

« Je n’avais pas besoin de la définition. Ce serait hypocrite de ma part d’avoir un avis négatif à ce sujet, Neville »

L’usage de son prénom et la surprise le firent se retourner. Le Serpentard croisa son regard un instant, et retourna à ses plantes. Neville crut voir un peu de rose en haut de ses pommettes. Est-ce que l’homme était lui aussi gêné ? En tout cas, c’était bien la première fois qu’il détournait ainsi le regard.

« Tu me fixes encore », souffla Severus, d’un ton presque amusé.

« Je… Tu es… » 

Severus leva un sourcil et continua à sa place. 

« Homosexuel. »

« Mais, et Lily Potter ? » 

Il se fit la réflexion qu’il ne tenait pas à la vie en posant cette question, mais elle était sortie toute seule et c’était trop tard. 

Severus souffla, clairement agacé, avant de murmurer quelque chose dans sa barbe, ressemblant à « ce truc va me suivre à jamais » avant de répondre. 

« Ma profonde affection pour la femme extraordinaire qu’était Lily Evans n’a aucun lien avec mes préférences. » 

Il se tourna d'un coup pour prendre un outil derrière lui, ou pour éviter son regard.

Le souffle de Neville se retrouva coincé dans sa gorge, ses prochains mots en travers de ses cordes vocales et il mit du temps à se décider quoi dire.

« Harry nous a enfermés ici parce qu’il sait que je veux apprendre à te connaître. »

Severus renifla avec dérision. 

« Pour ça, il faudrait déjà m’adresser la parole en dehors des moments où tu y es obligé. Je sais rester cordial. »

Neville se détourna, il ne voulait pas continuer tant que Severus pouvait voir son visage; pas quand il savait qu’il allait devenir pivoine. 

« C’est ça le problème. Je ne veux pas juste du cordial. »

Il sentait effectivement son visage chauffer. Le silence était lourd, la chaleur plus forte et il avait l’impression d’avoir des palpitations. Voilà, il venait de bousiller son travail, il était bon pour aller donner sa démission à McGonagall, jamais plus il ne pourrait travailler avec Severus Snape après ça.

« On peut commencer par un thé alors ? » 

La voix grave le tétanisa. Il avait l’impression qu’elle était encore plus profonde que quelques minutes auparavant. Il se tourna de nouveau vers le maître des potions qui le fixait maintenant dans les yeux, sans détourner le regard et il eut l’impression de voir ses yeux pétiller une seconde. Il hocha la tête sans oser rien dire de plus.

« Parfait, tu es libre demain après le déjeuner ? »

Neville avait du mal à le croire, c’était invraisemblable. 

« Euh, oui ». 

Il n’avait rien de prévu le lendemain. Si ! Une sortie avec Harry, mais qu’il était certain de pouvoir décaler. La vision de son pouce dressé lui traversa une fois de plus l’esprit.

« Parfait. »

Neville allait se tourner pour finir de bêcher sa parcelle quand Severus regarda vers la porte avec un froncement de sourcil. 

« Je crois que tu vas pouvoir sortir. Je viens de sentir la magie qui bloque la porte se lever », déclara Severus avec un regard en coin et ce qui ressemblait à une expression moqueuse.

« Avec plaisir ! J’ai quelqu’un à aller… Enfin, une discussion à avoir. » 

Neville avait réprimé sa première pensée. Il parlait d’un de ses amis tout de même, il ne voulait pas passer pour une brute épaisse. Severus se détourna de lui.

« Évite de lui faire trop de mal. Je me suis donné du mal pour qu’il survive. »

Neville ne put s’empêcher de pouffer. Apparemment, Severus Snape n’était pas dénué d’humour. Il alla tranquillement poser sa bêche à sa place, près de la porte et salua l’homme derrière lui. 

« À demain ? » dit-il d’une voix encore tremblante de doute. 

Severus lui répondit d’une voix ferme. 

« À demain, Neville. »

Le Gryffondor s’éloigna de la serre, en direction du château, avec l’impression de voleter au-dessus des nuages. Il n’en revenait pas de ce qu’il venait de se passer ! Mais Harry allait l’entendre tout de même, pour le principe.