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Dépité. Vox était pour le moins dépité. Après, s’il était honnête avec lui-même, il se dirait qu’il aurait dû éviter de se faire des illusions. Si la reine Lilith avait choisi un jeune Seigneur Suprême entre tous, ce n’était pas pour une mission qui le propulserait dans les Hautes Sphères du pouvoir, quelque chose de glorieux et de mémorable, qui pourrait clouer le bec aux vieux de la vieille qui le prenaient pour un con. Non. Il aurait dû s’y attendre. Et encore une fois, il était déçu. Oh bien entendu, ce n’était pas… comme… le bar… mais…
Argh !!!
(Je trouve que tu as le potentiel pour faire de grandes choses ici, Vox. Des choses dont peu de personnes seraient capables ou oseraient même imaginer. Suis-moi…)
Du babysitting.
Elle l’avait recruté pour du babysitting.
Enfin.
Du mentorat.
Bon.
Il s’en tirerait.
Après tout, est-ce que c’était vraiment pire que de jouer le brave toutou à un Seigneur Suprême qui le méprisait ? Au moins, avec l’héritière infernale, il ne risquait pas d’être tourné en ridicule…
C’était du moins ce qu’il pensait avant de voir débarquer une jeune adolescente blonde à la mèche noire, l’air aussi enthousiaste que le sien à l’idée d’être ici. Une adolescente comme une autre, supposa-t-il avant de s’apercevoir quelque temps plus tard qu’elle avait des Idées. Plein d’Idées. Et de l’énergie quand elle y tenait à cœur. Suffisamment pour qu’elle refusât de tenir en place ou de dormir quand elle était obnubilée, oubliant même que le reste de l’univers existait avec en prime une tendance manifeste pour s’écouter elle en premier, et pas les autres.
Elle avait un côté… comme l’autre le dirait…
(Je savais que tu étais pathétique…)
Charlie était… beaucoup de chose. Et à y réfléchir, ce n’était jamais perdu de se rapprocher de l’une des entités les plus puissantes de ce monde. Surtout quand… disons que c’était amusant de parler avec elle. Parfois. Et elle buvait ses paroles. Evidemment. Ça leur arrivait de regarder des films ensemble. Et de danser. Mais rien de bien personnel.
Le temps passa, il quitta le service de Sa Majesté, non sans un câlin mouillé au passage évidemment, puis quelques années plus tard, quand l’enfer eut besoin de sa Reine, elle disparut, en laissant des cœurs brisés sur la route. Vox, lui, avait réussi à construire un empire.
La princesse ? Oh, elle avait dû l’oublier depuis le temps…
— Allo, Vox ? C’est… c’est Charlie à l’appareil. Voilà, pardon de te déranger, mais… le démon de la radio est venu toquer à la porte de l’hôtel et…
— Ne bouge pas. J’arrive.
Il ordonna à Ethan d’annuler tous ses rendez-vous pour la semaine, avant d’appeler Val pour lui dire de se tenir prêt à faire feu, Velvette pour lui dire qu’elle devait surveiller le bon déroulement de l’entreprise… avant de vite partir en un éclair.
Littéralement.
Une fois propulsé hors de la télé du salon où ils avaient tant dansé, il posa avec force ses mains sur les épaules de son ancienne élève et demanda aussitôt :
— Où est Alastor ?! Qu’est-ce qu’il a fait ? Tu n’as rien signé au moins ?!
D’un ton très calme. Evidemment. Il n’était en rien attaché à la princesse.
Il était juste énervé par le retour de son grand rival, ce connard de merde. Et fou de rage parce que. Alastor.
Il ne le laisserait pas avoir de contrat avec la princesse. Mais c’était juste pour éviter qu’il pût obtenir davantage de pouvoir. Rien de plus.
((Je savais que tu étais pathétique, mais je ne te savais pas aussi faible !)
Il allait voir ce qu’il allait prendre, cette antiquité de merde sans classe s’il osait mettre la main sur… la princesse des enfers !
En tout bien, tout honneur.
Absolument rien de personnel.
