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Bewitched (French)

Summary:

Liana Potter, la petite soeur de commence sa première année à Poudlard. Elle se fait des amis, son premier amour, un chemin...
Mais les choses vont changer, et quand elle comprendra Regulus Black est bien plus que le frère de Sirius, elle ne sera plus la même.

Regulus Black débute également sa première année à Poudlard. Pourquoi cette petite fille est-elle si gentille avec lui ? Pourquoi la sœur de Potter veut être son amie ?

Cette histoire suivra Regulus et Liana, depuis leur première année, où ils ne sont que des inconnus, jusqu'à la fin de leurs années à Poudlard.

Notes:

Hé !! Si vous avez lu Silver Lining, mon autre fiction, vous connaissez déjà Liana Potter. Si vous ne la connaissez pas (et je ne vous en veux pas), j'espère que vous l'aimerez.

Ce fic sera probablement très long, j'espère que personne ne s'ennuiera.

Chapter 1: CHAPITRE 1 : POUDLARD

Chapter Text

1er septembre. Gare de Londres, quai 9¾.

 

 

Le quai est un chaos magnifique. Des valises s'entrechoquent, des hiboux protestent depuis leurs cages, et la fumée blanche du Poudlard Express enveloppe tout le monde dans une brume douce et un peu irréelle. L'odeur est celle du charbon, de la pluie fraîche et de quelque chose d'indéfinissable, quelque chose qui ressemble à la magie en attente.

Sirius Black saute sur le marchepied du train avec l'énergie de quelqu'un qui a attendu ça toute l'été, les cheveux déjà en bataille, en riant de quelque chose que Peter vient de dire. Remus monte juste derrière lui, plus calme, un livre glissé sous le bras. Peter les suit en trottinant.

James, lui, s'arrête une seconde sur le quai et se retourne vers sa petite sœur.

- Allez, viens, dit-il avec un sourire en coin, le genre de sourire qui dit je fais semblant d'être cool mais je suis content que tu sois là. Il attrape sa valise sans qu'elle ait à demander et la charge dans le couloir du train. 

- Compartiment du fond, c'est notre place habituelle. Enfin… notre place maintenant, ajoute-t-il fièrement.

Dans le couloir, Sirius se penche en arrière pour apercevoir Liana et lui adresse un clin d'œil théâtral.

- Liana Potter. Bienvenue dans le meilleur train du monde.

Le compartiment du fond est déjà à moitié envahi par leurs affaires. Remus a sorti son livre. Peter déballe quelque chose à manger. C'est bruyant, un peu serré, et ça sent le chocolat et les chaussettes, mais c'est familier. Rassurant. Par la fenêtre, le quai défile encore. Des familles s'agitent, des mains s'agitent en signe d'au revoir. Quelque part sur ce quai, dans la cohue, un garçon aux cheveux noirs et au visage fermé monte dans le train sans se retourner.

- Merci.

Liana Potter. La petite sœur de James, a hérité des mêmes cheveux que son frère, de la même énergie, et absolument du même sourire. S’il n’avait pas autant grandi cet été, James et elle auraient certainement pu passer pour les jumeaux. Mais elle avait un an de moins, et était largement intimidée par toute cette nouveauté. Elle s’assit donc dans un coin du compartiment, contre la vitre, comme si elle ne savait pas vraiment quoi faire encore. James la remarque du coin de l'œil, il a ce réflexe de grand frère, même quand il fait semblant de ne pas regarder. Il lui fait une petite place à côté de lui sans en faire tout un plat, juste un mouvement naturel de l'épaule pour l'inclure. Elle se lève donc pour s'asseoir un peu plus proche de son frère. Sirius, lui, n'a aucune subtilité.

- Alors, dit-il en se retournant vers elle, les bras croisés sur le dossier de son siège comme s'il tenait une conférence de presse. T'as peur d'être en Serpentard ?

- Sirius, lâche-la, souffle James sans lever les yeux.

- C'est une question légitime !

- C'est une question nulle.

Remus tourne une page de son livre mais un petit sourire passe sur son visage. Peter, la bouche pleine de Dragées Surprises, regarde Liana avec une curiosité bienveillante.

- Moi j'espère que tu seras Poufsouffle, s’entousiasme-t-il après avoir avalé. C'est bien, Poufsouffle. Y'a personne de méchant là-dedans. 

- Personne d'intéressant non plus, ils sont tous mous murmure Sirius, mais c'est très bas, et James lui donne un coup de coude immédiat. 

Le train commence à bouger. Doucement d'abord, puis avec plus de conviction, et le quai 9¾ glisse derrière la fenêtre, les silhouettes des parents rétrécissent, et Londres laisse place au gris doux de la campagne anglaise. 

- J’aimerais bien être Gryffondor, comme James.

James se retourne vers elle cette fois, vraiment, et il y a quelque chose de sincère dans son regard derrière les lunettes rondes.

- Papa dit que le Choixpeau sent ce qu'il y a en toi, pas ce que tu veux être, dit-il. Mais bon… Il a aussi dit que tous les Potter finissent à Gryffondor depuis des générations, donc…

- Donc t'as de bonnes chances, conclut Sirius avec un grand sourire, comme si l'affaire était réglée.

Remus pose son livre sur ses genoux.

- En même temps, le Choixpeau ne t'appartient pas, dit-il tranquillement. Si t'es Poufsouffle ou Serdaigle, c'est pas une catastrophe. C'est juste… toi.

Peter hoche la tête avec enthousiasme, comme si Remus venait de dire quelque chose de profondément sage, ce qui était probablement le cas.

Sirius, lui, fait une grimace légèrement dramatique.

- Facile à dire pour un Gryffondor.

Le paysage derrière la fenêtre est devenu franchement campagnard maintenant. Des champs, des collines, le ciel bas et gris de l'Écosse qui approche. Quelqu'un dans le couloir court en riant, et une voix crie quelque chose en réponse.

James donne un petit coup d'épaule amical à Liana.

- De toute façon, quelle que soit ta maison… t'es ma sœur. Ça change rien.

- J’espère quand même ne pas être Serpentard… 

Sirius éclate de rire un peu trop fort pour l'espace du compartiment.

- Bienvenue dans le club, dit-il, et il y a quelque chose de légèrement amer sous la blague, quelque chose qu'il recouvre très vite avec un sourire. Ma famille entière est en Serpentard. C'est… charmant.

- Reg est en première année aussi je crois, fait remarquer Peter d'un ton neutre, sans vraiment réaliser qu'il vient de mettre le doigt sur quelque chose.

Un silence d'une demi-seconde passe. Sirius regarde par la fenêtre.

- Ouais, dit-il simplement.

James change de sujet avec la fluidité naturelle de quelqu'un qui connaît ses amis par cœur.

- Serpentard c'est pas une malédiction, répond-il à Liana avec une légèreté un peu forcée. C'est juste… une maison avec une décoration intérieure très discutable. Beaucoup de vert. Beaucoup de pierres et de hublots.

- Ils sont sous le lac, précise Remus avec son calme habituel, le nez de nouveau dans son livre.

- Exactement, dit James. Sous le lac. Comme des poissons. Des poissons ambitieux et légèrement condescendants.

Peter pouffe. Sirius sourit de nouveau, plus naturellement cette fois. Et le train continue sa route vers le nord.

- Sous le lac ? Par Merlin !!

Sirius reprend vie d'un coup, ravi d'avoir un public réceptif.

- Et il paraît qu'ils voient les tentacules du Giant Squid passer devant leurs fenêtres la nuit, dit-il avec une voix de conspirateur, les yeux écarquillés. Juste… flottant dans le noir.

- C'est pas prouvé, dit Remus sans lever les yeux.

- C'est absolument prouvé, Moony.

- Par qui ?

- Par moi. J'ai demandé à un Serpentard de deuxième année l'an dernier et il a pas démenti.

- Il a peut-être juste pas voulu te parler.

- Détail.

Peter frissonne de façon un peu exagérée.

- Moi je dormirais pas. Avec les tentacules et tout.

- Moi non plus, avoue James. Franchement je plains ces gens. Enfin. Un peu.

Remus tourne une page.

- Leur dortoir est probablement très confortable en dehors des tentacules hypothétiques.

- Hypothétiques, répète Sirius d'un ton scandalisé.

Le compartiment est chaud malgré le ciel gris dehors. Le chariot des friandises passe dans le couloir avec son tintement caractéristique, et la voix de la dame résonne, Dragées Surprises, Grenouilles de Chocolat, Choux à la Crème Caramel… James se lève à moitié en regardant Liana.

- T'as faim ?

- Euh, non merci James ça va, Maman m’a déjà donné beaucoup de choses.

Il se rassoit avec un haussement d'épaules décontracté et commande pour lui et Sirius — une quantité légèrement absurde de Grenouilles de Chocolat et quelques Dragées Surprises que Sirius commence immédiatement à lancer en l'air pour les attraper avec la bouche. Remus refuse d'un geste sans quitter son livre.

Le voyage continue doucement. Les conversations vont et viennent — les Maraudeurs parlent de leurs projets pour l'année, d'un tour qu'ils veulent jouer à Rusard, d'un passage secret que Sirius prétend avoir découvert avant les vacances. C'est animé, un peu décousu, et Liana n'a pas forcément à participer pour se sentir incluse. Elle est là, c'est suffisant pour l'instant.

À un moment, Peter s'endort contre la vitre, la bouche légèrement ouverte. Dehors, le ciel est devenu franchement sombre et il commence à pleuvoir — de grosses gouttes qui courent en diagonale sur la fenêtre. Les collines écossaises sont floues derrière le verre mouillé.

Remus ferme enfin son livre et regarde Liana avec une curiosité tranquille.

- T'as un cours que t'attends particulièrement ? demande-t-il, comme si c'était la question la plus naturelle du monde.

- J’ai très hâte d’être en troisième année pour choisir des options. J’adorerais prendre soin aux créatures magiques. Pour l’instant, j’ai hâte de la botanique.

- Bonne combinaison, dit-il. Les plantes et les créatures, ça va souvent ensemble. Et botanique c'est bien, continue Remus en ignorant les deux autres avec une aisance rodée. Sprout est un bon prof. Exigeante mais juste. Et les serres sentent bon.

- Elles sentent le compost, corrige James.

- Le compost et autre chose. Quelque chose de vert.

- "Quelque chose de vert" c'est pas une odeur Moony.

Sirius lance une Dragée Surprise en l'air, la rate, et elle rebondit sur le crâne de Peter qui se réveille en sursaut avec un petit cri étranglé. Tout le monde rit, même Remus, qui essaie de ne pas le montrer. Dehors, la pluie redouble. Le train traverse un viaduc et pendant quelques secondes on voit les lumières de la campagne tout en bas, minuscules et dorées dans le noir.

- C’est quoi la meilleure matière pour vous ? reprend Liana timidement mais vraiment curieuse.

- Métamorphose, dit James immédiatement, sans hésiter une seconde. C'est pas une question. J’adore Minnie.

- Les Sortilèges, dit Remus au même moment.

Ils se regardent. Aucun des deux ne cède.

- Métamorphose, répète James.

- Les Sortilèges, répète Remus. Et puis on dit “Professeur McGonagall”, pas “Minnie”

Sirius lève la main comme un arbitre.

- Défense contre les forces du Mal. Clairement. Objectivement. Y'a pas débat.

- T'es nul en Défense, dit James.

- J'y prends du plaisir, c'est différent. Et si je travaillais, tu verrais que je suis trop fort.

Peter réfléchit sérieusement, encore à moitié endormi, les cheveux aplatis d'un côté.

- Moi… j'aime bien l'Histoire de la Magie.

Silence.

- Vraiment ? dit Sirius.

- Le prof est un fantôme, dit Peter d'un ton légèrement défensif. Je trouve ça reposant.

- Tu dors, dit James.

- …C'est reposant, répète Peter.

Remus range son livre dans sa sacoche et croise les bras avec cette expression tranquille qui signifie qu'il a une opinion et qu'il va la formuler proprement. Mais il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche que le train ralentit imperceptiblement. Peter se redresse et regarde par la fenêtre avec de grands yeux.

- On arrive ?

- Pas encore, dit Remus. Mais bientôt.

Dehors la pluie s'est calmée. Et quelque part dans le noir écossais, très loin encore mais déjà là, Poudlard attendait. James regarde sa sœur une dernière fois avant que tout commence.

- Prête ?

- Euh… Ou… Ouais ?

James rit pas méchamment, juste avec cette chaleur de grand frère qui trouve sa petite sœur attendrissante sans le dire vraiment.

- C'est exactement ce que j'ai répondu moi aussi, dit-il.

- Moi j'ai dit absolument, dit Sirius en redressant le menton.

- T'avais les mains qui tremblaient, dit Remus sans lever les yeux.

- C'était le train qui vibrait.

- On était à l'arrêt.

Sirius ouvre la bouche, la referme, et choisit la dignité du silence. Peter commence à rassembler ses affaires avec une énergie fébrile, renverse sa sacoche, ramasse tout en soufflant. L'atmosphère du compartiment change légèrement, quelque chose se resserre, s'électrise doucement. Même les plus blasés le sentent.

Le train ralentit encore. Les lumières du couloir semblent plus jaunes, plus chaudes. Des voix s'animent derrière les cloisons.

Et puis par la fenêtre, à travers le noir et les arbres… Des lumières. Des centaines de lumières, là-haut sur la colline, reflétées dans le lac en dessous comme un deuxième château renversé dans l'eau noire. Peter en oublie sa sacoche. Même Sirius se tait. C'est James qui dit, doucement, pour sa sœur autant que pour lui-même : 

- Voilà Poudlard.

- Merlin ! Wow, c’est immense.

Remus sourit sans rien dire. C'est le genre de moment qui n'a pas besoin de commentaire. Sirius appuie son menton sur sa main contre la vitre avec une expression qui essaie d'être désinvolte et n'y arrive pas vraiment.

- La première fois c'est toujours comme ça, dit-il. Après tu t'y fais.

- Tu t'y fais jamais vraiment, dit Remus tranquillement.

Et Sirius ne contredit pas. Le train s'immobilise dans un long soupir de vapeur blanche. Le couloir explose immédiatement de bruit : des valises, des cages, des voix partout, quelqu'un qui crie qu'il a perdu son crapaud. Les Maraudeurs se lèvent, s'étirent, commencent à récupérer leurs affaires avec l'efficacité rodée de gens qui connaissent la procédure. James se tourne vers Liana.

- Les premières années, vous prenez les bateaux. Nous on prend les calèches. Donc…

Il s'arrête une seconde. Et malgré tous ses efforts pour avoir l'air cool et grand frère détaché, quelque chose dans son regard dit clairement qu'il n'aime pas vraiment l'idée de la lâcher là dans la cohue.

- T'as qu'à suivre les autres premières années. Y'a Hagrid qui guide, tu le rateras pas, c’est un géant.

Une pause.

- Ça va aller, Li.

- D’accord, à tout à l’heure James. 

Liana se retourne vers la sortie, s’arrête quelques secondes, puis fait volte face et serre James très fort dans ses bras avant de repartir avec sa valise.

James reste une seconde les bras légèrement écartés, surpris — et puis il sourit, vraiment sourit, et lui rend son étreinte une fraction de seconde avant qu'elle disparaisse dans le couloir.

Sirius le regarde avec un sourire en coin.

- Aww.

- La ferme, Padfoot.

- Je dis rien.

- T'allais dire quelque chose.

- J'allais dire aww, j'ai déjà dit, rétorque Sirius, et il attrape sa valise avec bonne humeur.

Remus pose une main brève sur l'épaule de James en passant, rien de plus, mais c'est suffisant.