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La cafétéria, comme tous les autres jours, étaient pleines à craquer et le brouhaha couvrait facilement les conversations des autres. Le soleil qui entrait par les immenses fenêtres illuminait la pièce où des centaines de lycéen mangeaient avec appétit tout en profitant de la présence de leurs amis. Soudainement, un cri retentit dans l'air.
Takashi, un élève de troisième, venait de s'écraser sur le sol, la tête première dans son assiette de spaghetti. Lorsqu'il releva son visage barbouillé de pâte, les rires fusèrent de partout tandis que le pauvre jeune homme se sauvait de cette humiliation. Non loin de cette scène, un homme aux cheveux anormalement bleu souriait à pleine dent, lui donnant un air sauvage et arrogant.
- Et bien, on dirait que Grimmjow a fait une nouvelle victime.
Grimmjow jagguerjack était la brute du lycée. Personne n'osait s'approcher de lui, et encore moins, voulait se retrouver sur son chemin. Sauf peut-être le courageux -ou fou- Kurosaki Ichigo qui était son rival. Le passe-temps préféré de Grimmjow était assez inhabituel. En effet, il s'était créé une liste. S'il y avait bien une liste qu'il fallait éviter d'être, c'était celle-ci. Il torturait, humiliait ceux qui étaient sur cette fameuse liste. Ces proies préférées ? Les intellos, les faibles, les timides, les plus sympathiques et aimée, et même les invisibles, quand il en trouvait un. Il attaquait aussi bien les filles que les garçons. Et ce Takashi venait d'en faire l'expérience. Personne n'était à l'abris de Grimmjow Jagguerjack.
- C'est triste pour Takashi, c'était un bon gars.
Orihime Inoue, considéré comme la fille dont tous les gars rêvait, détacha son regard du lycéen aux cheveux bleus pour se tourner vers sa meilleure amie, Tatsuki, qui avait dit ces mots en secouant la tête. Près d'elle, Rukia acquiesça d'un signe de tête.
- Pourquoi fait-il ça ? questionna la princesse, qui n'avait jamais réussi à comprendre son comportement.
- Parce que c'est un animal qui aime voir souffrir les autres, répondit Uryu, les lunettes étincelant au soleil.
Ce dernier avait déjà expérimenté les techniques de Grimmjow. Étant un premier de classe, c'était inévitable. Elle se souvenait aussi d'une fille que tout le monde appréciait, car elle semblait s'accorder avec n'importe qui. Elle avait dû changer d'école suite au torture psychologique que lui avait fait subir. Elle avait même déjà entendu qu'une personne sur sa liste s'était retrouvé à l'hôpital...Mais, personne ne connaissait la vraie histoire.
{...}
Une jeune fille aux longs cheveux auburn sortit de la bibliothèque, un livre serré contre sa poitrine et la tête dans les nuages. Cela lui arrivait plutôt souvent au plus grand malheur de ses amies qui continuaient à lui répéter de sortir de la lune. Que cela la mènerait à sa mort. Toutefois, Orihime ne pouvait rien y faire. Et puis, comment être dans la lune pourrait-elle la tuer ? Ça n'avait aucun sens !
Cependant, le destin, ou tout autre force surnaturelle, décida de lui prouver qu'elle avait tort.
En tournant le coin du couloir pour se rendre en cours, toujours dans cet état de rêverie, elle percuta violemment quelque chose de dur et s'écrasa sur le sol, sonnée. Lorsqu'elle eut repris ses esprits, elle leva la tête...pour ne voir nul autre que l'imposant et terrifiant Grimmjow JagguerJack !
- Regarde où est-ce que tu vas, petite femme, attaqua-t-il d'un ton agressif.
Orihime fut incapable de répondre quoi que ce soit. Elle avait ouvert la bouche, simplement pour la refermer quelque seconde plus tard tandis que ses yeux ne cessaient de dévisage l'homem devant elle. Son coeur se mit à battre avec plus de vitesse. Dans le temps de le dire, elle s'était perdue dans ses deux magnifiques saphirs. Elle n'avait jamais vu de plus beaux yeux.
- Tu veux ma photo peut-être ?
Sa voix menaçante la fit sortir de sa contemplation et la princesse se sentir rougir à son plus grand malheur. Après un énorme effort, elle réussit à articuler quelques mots, retrouvant un semblant de dignité.
- Q-Qui ? M-Moi ? dit-elle en se pointant du doigt.
Elle regarda autour d'elle pour remarquer que le couloir était désert. Les cours devaient être commencés et elle n'avait même pas entendu la cloche !
- Tu vois quelqu'un d'autre peut-être ? Mais, attends, déclara-t-il pensif avant qu'un sourire carnassier prenne place sur ses lèvres. C'est la première fois que je te vois, tu ne m'éviterais pas par hasard ?
La rousse déglutit avec difficulté ; Il avait frappé en plein dans le mille. Elle avait toujours tout fait pour l’éviter, pour ne pas qu'il la remarque, mais pas simplement à cause de la peur de se retrouver sur la liste, mais aussi pour une autre chose complètement différente ; Elle était secrètement amoureuse de lui et elle savait pertinemment que ce n'était pas une bonne chose d'être en amour avec la brute du lycée. Surtout qu'elle était tout le contraire de lui, tout ce qu'il détestait.
- N-Non, non pas du tout, mentit-elle sans grande aisance.
Elle se recula, toujours les fesses au sol, tentant par un miracle de lui échapper. Lorsqu'elle rencontra un mur de casier, elle s'en servit pour se relever et peut-être prendre ses jambes à son cou. Toutefois, Grimmjow se mit à marcher autour d'elle, l'observant de tous les angles, tel un vautour se préparant à fondre sur sa proie. Cette dernière tremblait de peur et...d'excitation ?
- C'est décidé : À partir d'aujourd'hui, tu es en priorité sur ma liste, déclara-t-il avec son célèbre sourire carnassier.
{...}
Elle ne pouvait pas croire que cela lui arrivait, à elle qui n'avait jamais pourtant rien fait de mal. Ses amies avaient eu raison, ses rêveries avaient eu raison d'elle et maintenant, elle n'était pas mieux que morte. Lorsque la sonnerie annonçant la fin du cours retentit, Orihime sursauta sur sa chaise, le coeur battant la chamade. Elle ne cessait de jeter des coups d'oeil anxieux autour d'elle, s'attendant à voir son bourreau apparaître à n'importe lequel moment. Elle rejoint leur groupe d'amis dans le couloir qui discutaient avec enthousiasme.
Puis, elle le vit, avançant d'un pas rapide et assuré. Il jeta un regard dans sa direction avant qu'un sourire sanguinaire ne se dessine sur ses lèvres. N'importe qui aurait blanchi face à une telle menace, mais la princesse devint plutôt écarlate. Cet échange ne passa cependant pas inaperçu et Keigo, qui avait perdu ses couleurs, lança d’une voix mal assurée :
- P-Pourquoi Grimmjow regardait-il par ici ? Je ne veux pas faire partie de sa liste à nouveau !
En effet, le pauvre Asano avait vécu les tortures et les humiliations, mais il s'en était plutôt bien sortit, même si maintenant, il évitait toute blague sur le lycéen aux cheveux bleus.
- Il regardait Orihime-chan, répondit Mizuiro qui ne quittait pas son portable des yeux.
Tous les yeux se posèrent sur elle, une expression médusée et horrifiée sur leur visage. La rousse rougit encore plus face à toute cette attention qu'on lui portait.
- C'est pas bon ça, murmura Keigo, désolée pour elle.
- Orihime, est-ce que c'est vrai ? questionna Rukia, les yeux ronds.
- Qu'est-ce que qui s'est passé, Orihime ?! fit à son tour Tatsuki. Dis-moi que tu n'es pas sur sa liste !
- C-C'était un accident, bégaya la jeune fille en agitant les mains devant elle. J'étais dans la lune, je ne l'ai pas vu et je lui ai foncé dedans !
- Je te l'avais dit que ça allait finir par te tuer, dit la karétéka en secouant la tête.
- On ne pas laisser Inoue comme ça ! Il faut trouver un moyen pour l'ôter de cette maudite liste, décida la petite brunette, pensive. On a qu'à faire ne sorte qu'il y ait une autre personne et il ne s'occuperait plus d'elle !
Tous les regads se posèrent dans un synchronisme parfait sur Keigo qui prit un certain temps avant de comprendre ce qui se passait.
- Ah non ! Pas question ! protesta-t-il vivement. J'ai déjà fait partie de sa liste une fois et j'ai failli mourir ! La deuxième fois, il me tuera à coup sûr !
- Mais tu as un instinct de survie hors du commun ! lança Tatsuki pour le convaincre.
- Mon oeil ! Et puis, pourquoi ça doit être moi ?! Pourquoi pas Ishida ou Mizuiro ?!
- Parce que je dois garder un visage sans égratigune si je veux garder toutes mes petites-amies, répondit nonchalamment le geek.
- Et Ishida ?!
- Parce que moi, j'évite le plus possible de me mettre dans des situations comme celles-ci intentionnellement.
Tous se remirent à chercher une solution au problème d'Orihime qui elle se trémoussait inconfortablement, toujours le feu aux joues.
- Je n'ai pas le choix je crois, soupira alors Tatsuki. Je vais aller le menacer d'ôter Orihime de la liste, et s'il ne veut pas, je lui ferai quelque prise de karaté.
- Non Tasuki-chan ! refusa nettement la princesse. Si tu fais ça, il ne me ciblera pas que moi, mais toi aussi ! Alors là, nous serons deux sur la liste, donc pas plus avancer que maintenant !
- On pourrait peut-être demander à Ichigo de s'occuper de Grimmjow. Après tout, il adore se battre, lança Rukia.
- Non ! s'écria un brin trop vite la rousse.
Des regards perplexes et surpris se posèrent à nouveau sur elle et celle-ci réalisa sa gourde.
- Je veux dire, commença-t-elle incertaine, j'apprécie que vous fassiez tous ces efforts pour moi, mais, cette fois, c'est à moi de régler ce problème. Après tout, c'est de ma faute à moi et rien qu'à moi. Vous n'avez pas à vous mettre dans le pétrin par ma faute.
- Mais Inoue, qu'est-ce que tu vas faire ? Est-ce que tu as un plan ou quelque chose ? s'enquit Rukia.
- Qu'est-ce que vous me proposer comme pays pour m'exiler ?
{...}
- Euh, Orihime, je sais que tu as toujours été très...imaginative, mais...
- C'est quoi ça ?
C'était le début d'une nouvelle journée au lycée de Karakura, mais la fin pour Orihime Inoue qui portait un accoutrement assez étrange. En effet, elle avait caché ses cheveux dans un foulard fleurit qui semblait sortir tout droit des années quatre-vingt. De plus, elle avait ajouté d'énorme lunette de soleil. Elle aurait aussi changé ses vêtements si l'uniforme n'était pas obligatoire.
- C'est mon plan pour échapper à Grimmjow ! expliqua-t-elle à ses amies. Avec ça. il ne me reconnaitra pas !
Tatsuki et Rukia s'échangèrent un regard.
- Inoue, avec ces accessoires bizarres, tu vas plus attirer l'attention qu’autre chose.
- Et Grimmjow ne rate jamais la chance d'humilier quelqu'un qui porte...quelque chose qui sort de l'ordinaire.
La princesse soupira et enleva les lunettes ainsi que le foulard, libérant ainsi ses longs cheveux auburn. Elle se laissa aller le dos contre le mur, désespérée.
- Il ne me reste qu'à aller mourir dans un coin, lança-t-elle. Ou alors à me trouver une cape d'invisibilité.
- Orihime, fit Tatsuki en posant une main sur son épaule. Nous sommes là pour t'aider.
La rousse releva la tête et sourit à sa meilleure amie.
- Merci, mais ça va aller. Je suis forte ! Ce n'est pas Grimmjow qui va m'empêcher de passer une belle journée !
Sur ces mots, elle se dirigea vers son casier qu'elle ouvrit pour prendre les livres dont elle aurait besoin en cours. À peine l'eut-elle ouvert que tous ses livres tombèrent sur elle, telle une violence chute de neige. Quelqu'un l'assommèrent au passage avant de s'écraser au sol dans un énorme fracas. Elle n'avait pas besoin d'indice pour savoir qui était derrière tout ça. Elle soupira. La journée va être longue...
{...}
En effet, toujours aux aguets, Orihime surveillait suspicieusement tout ce qu'il l'entourait. Pour ouvrir son casier, elle s'éloignait de plusieurs mètres, craignant une nouvelle chute de livre ou une explosion quelconque. Toutefois, il y avait des choses qu'elle ne pouvait tout simplement pas éviter, dont la sucette rouge collé sur sa chaise qui se retrouva à son tour collé sur sa jupe...dont elle fut incapable de se débarrasser. Coïncidence ou malchance ? Elle-même ne le saurait le dire.
La fin de la journée se passa sans accident de "grand envergure" au plus grand bonheur de la princesse qui se croyait sauver. Elle ne savait pas pourquoi elle avait été si peu visé par les attaques de Grimmjow, mais elle n'allait pas s'en plaindre. Peut-être l'avait-il oublié ? Ou l'avait-il tout simplement trouvé ennuyante à humilier ? Elle reçut un petit pincement au coeur à cette pensée. Était-elle vraiment si peu attirante que ça ? Elle secoua la tête, se traitant d'idiote pour penser ainsi. Elle devrait plutôt être heureuse d'être ainsi oublié par la brute du lycée...D'être oublié de celui qu'elle aimait.
{...}
Le lendemain, Orihime retourna au lycée, un poids énorme de moins sur ses épaules. Elle était certaine que Grimmjow ne l'embêterait plus maintenant puisque d'habitude, ses victimes ne restaient rarement plus qu'une journée sur sa liste. Soulagée, elle entra dans l'enceinte du lycée sans la moindre crainte et un étincelant sourire aux lèvres. Ce dernier geste ne passa pas inaperçu aux yeux de ses amis qui furent rassurés de la voir ainsi ; Aucun d'eux ne souhaitait la voir démolie par la brute du lycée.
Lorsque la cloche annonçant le début des cours retentit, elle alla chercher ses livres dans ce fameux casier qui avait bien failli la tuer la journée précédente. Prudemment, elle ouvrit la porte et se décala immédiatement, fermant les yeux au passage. Rien ne se produisit. Elle ouvrit lentement un oeil, puis l'autre pour enfin pousser un soupir de soulagement. Toutefois, son petit nez se retroussa rapidement, comme si quelque chose de répugnant se trouvait juste en dessous. Ce qui était pratiquement le cas.
Cherchant d'où venait la source de cette mauvaise odeur, Orihime tourna la tête de gauche à droite, reniflant en même temps. Elle dirigea alors son pif vers son casier, mais elle se recula immédiatement. Elle venait de trouver d'où venait cette senteur désagréable. Pourquoi son casier puait-il autant ? Elle n'avait pourtant pas oublié de sandwich à la pâte à haricot rouge....
- Les bombes puantes, un classique, susurra une voix arrogante à son oreille.
Elle sursauta et son coeur sembla lâcher prise. D'un coup, la princesse se retourna pour apercevoir une forme aux cheveux bleus s'éloigner. Elle sentit son rythme cardiaque s'accélérer, mais pas pour la bonne raison. Le regard absent, elle tenta de penser rationnellement, mais toutes sortes de pensées se bousculaient en elle. Elle se ressaisit lorsque la cloche sonna. Elle réalisa alors qu'elle était en retard et elle se mit à maudire mentalement Grimmjow tout en attrapant ses livres nauséabonds.
{...}
- Orihime, ça va ?
La concernée sursauta et reporta attention sur sa meilleure amie qui l'observait d'un oeil perplexe. Elle avait dû noter son retard inhabituel en classe ainsi que l'anxiété de la rousse. C'était plutôt facile à voir puisqu'elle ne cessait de se ronger les ongles dans ces moments-là.
- Je vais bien, Tatsuki-chan !
- Alors, dis-moi pourquoi tu as de la gomme à mâcher dans les cheveux ?
La princesse écarquilla les yeux d'horreur avant de porter ses mains à sa chevelure auburn. Elle remarqua avec dégoût une substance gluante et malheureusement extrêmement collante. Elle tira dans le but de l'enlever, mais ne fit qu'aggraver son cas tout en lui arrachant des grimaces de douleur. Lorsque la karatéka lui comment cet objet s'était retrouvé dans ses cheveux, Orihime poussa un soupir exaspéré, n'ayant d'autre choix que de lui dire la vérité :
- Grimmjow.
Les yeux de la brunette s'agrandirent un instant avant qu'elle ne se ressaisisse.
- Je croyais que c'était terminé avec lui.
- Et bien, apparemment, lui n'en a pas terminé avec moi, dit la lycéenne en faisant une moue. Qu'est-ce que je vais faire ?
En ajoutant ces mots, elle prit sa tête entre ses mains avant de réaliser l'erreur qu'elle avait fait. Elle ne fit qu'entremêler davantage sa chevelure rousse et collante. Elle maudit une fois de plus celui dont elle était tombée amoureuse.
{...}
Le déjeuner se passa relativement bien. Surtout puisqu'Orihime avait insisté pour qu'ils mangeant à l'extérieur, évitant ainsi la cafétéria et Grimmjow du même coup qui n'aurait pas certainement pas résisté à l'envie de la faire trébucher, l'humiliant ainsi devant pratiquement tout le lycée. Elle se permit un sourire en se rendant à son avant dernier cours de la journée. À l'avance sur ses amies, elle avait voulu se rendre à l'avance aux vestiaires des filles pour être certaine que personne ne lui avait préparé un mauvais coup. Rien ne l’empêcherait participer à un de ses cours préféré : Sport !
La jeune fille poussa la porte du vestiaire, mais celle-ci ne bougea pas. Elle fronça ses délicats sourcils et essaya avec plus de force cette fois. La porte s'ouvrit et elle entra précipitamment suite à son élan. Un sourire victorieux aux lèvres, celui-ci se fana bien vite lorsqu'une vague d'eau s'abattit sur la rousse. En quelque seconde, la princesse se retrouva trempée de la tête aux pieds, un air ahuri sur son visage. Lorsque le choc fut passé, elle chercha des yeux la source de toute cette eau. Elle eut la réponse quand elle trouva un seau accroché au-dessus de la porte du vestiaire. Elle s'était fait avoir comme une débutante.
- Mais qu'est-ce qui se passe ici ?! tonna tout à coup la prof de sport. Inoue, quel dégât tu as fait ! Va demander une mope au concierge et nettoie-moi tout ça avant que le cours commence !
Orihime n'eut d'autre choix que d'obéir aux ordres de l'enseignante. La tête basse, elle sortit du vestiaire pour être accueillit par un rire aux intentions malveillantes. Elle leva les yeux pour croiser des saphirs qui brillaient de malice accompagnée de son sourire carnassier.
{...}
- Je ne peux pas croire ce qui t'arrive Inoue ! À ta place, je serai allée remettre cet idiot de Grimmjow à sa place ! s'écria Rukia avec indignation.
- Il t'a balancé un seau d'eau et c'est toi qui est punit ! Cette prof n'a aucune logique ! Comme si tu pourrais te tremper jusqu'aux os intentionnellement ! Je meurs d'envie d'aller lui dire ma façon de penser, bouilla Tatsuki.
- Je trouvais Hime plutôt belle dans son uniforme trempé...
Chizuru ne termina pas sa phrase que la karatéka l'avait envoyé au plancher d'un puissant coup de poing. Le cours de sport venait de se terminer et Orihime venait de leur raconter ce qui s'était passé un peu plus tôt.
- Ce n'est pas si grave les filles, assura-t-elle avec un sourire. Il m'en faut plus pour me décourager !
Sous le regard indulgent de ses amies, elle attrapa son uniforme -maintenant sec- pour se changer. Lorsqu'elle l'eut enfilé, elle ne put s'empêcher de se trouver beaucoup plus serré. Sa jupe était collée à ses hanches et semblait pour une raison inconnue, plus courte. Pour sa chemise, cela lui demanda toute son énergie pour la boutonner complètement.
- Orihime, te serais-tu trompé d'uniforme ? Celui-là est bien trop petit pour toi ! s'exclama Tatsuki en fronçant les sourcils.
- C'est bien ce que je pensais aussi, répondit-elle dans un murmure avant d'élever la voix. Mais, c'est tout ce que j'aie !
Les deux brunettes s'échangèrent un regard, cherchant une solution.
- Peut-être que la prof de sport a des vêtements de rechange qui t'irait, proposa Rukia avec un haussement d'épaule.
La princesse dit à ses amies qu'elle allait la voir et de l'attendre dehors. Toutefois, lorsqu'elle trouva le bureau de l'enseignante, celle-ci n'y était pas. Soupirant, Orihime retourna au vestiaire tout en se grattant un peu partout ; Sa peau la démangeait sans aucune raison. Puis, ses yeux gris tombèrent tout à coup sur un petit objet qui était tombé au sol. Elle le ramassa et l'observa ; C'était un petit kaléidoscope. Se rappelant des souvenirs d'enfances, elle colla son oeil au jouet et commença à le tourner dans tous les sens. Un petit rire s'échappa de ses lèvres avant qu'elle ne se rappelle que ses amies l'attendaient à l'extérieur. Elle reposa l'objet au sol et partit au pas de course les rejoindre. Toutefois, elle reçut de leur part des regards...étranges.
- Quoi ? demanda la rousse, cherchant d'où venait cette expression dans leur yeux.
- Orihime, est-ce que tu t'es regardée dans le miroir ?
Elle fronça les sourcils et se dirigea vers la glace la plus proche. Une expression horrifiée se dessina sur son visage alors qu'elle détaillait l'énorme cercle qui entourait son oeil droit. Sa première réaction fut d'essayer de l'effacer, mais elle ne fit que l'étendre un peu plus. Elle attaqua la tâche de nouveau, cette fois avec de l'eau, mais cela se révéla un échec total. Maintenant, elle avait un bel oeil au beurre noir.
- Inoue, comment tu t'es fait ça au juste ? dit Rukia en observant de plus près la tâche.
Un silence s'en suivit avant qu'Orihime ne se frappe le front avec la paume de sa main. Elle venait de réaliser son erreur. Le kaléidoscope devait être piégé et elle s'était fait avoir comme une débutante ! Elle se mit à frapper sa tête contre le mur le plus proche, se répétant à quel point elle était stupide. Toutefois, elle se força à se ressaisir, et prit une grande inspiration pour se calmer. Il ne lui restait qu'un seul cours, alors elle était bien capable de survire pour une simple heure...
Encore une fois, elle s'était trompée. C'était beaucoup plus difficile qu'elle ne l'aurait jamais cru. Tout d'abord, il y avait tous ces gens -des garçons en majorité- qui ne cessaient de la fixer comme si elle était un morceau de viande. Elle n'arrêtait pas de rabaisser sa jupe trop courte tout en se sentant extrêmement inconfortable dans ses vêtements. De plus, la peau lui démangeait sans arrêt, ne rendant la situation que plus difficile. Qu'avait-elle fait pour être aussi humiliée ? Ah oui...Elle avait rentré en collision avec la brute du lycée.
En cours, les choses ne s'arrangèrent pas. La princesse ne cessait de se trémousser sur sa chaise pour chasser cette envie de se gratter. L'enseignante le remarqua et lui demanda même quel était son problème devant toute la classe ! Elle voulait mourir, être oublié de tous, disparaitre quoi ! Malheureusement pour elle, elle devrait attendre à la fin des cours pour ce faire...Cependant, ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'une autre surprise l'attendait à son casier...
{...}
La journée était enfin terminée et Orihime ne cessait de se repasser les derniers évènements, une teinte écarlate sur ses joues qui ne semblaient pas vouloir partir. Déconfit par cette mauvaise journée, la seule chose qu'elle souhaitait était de se changer les idées devant un bon film ou peut-être s'évader au pays des rêves...Trainant les pieds, elle monta avec une lenteur exaspérante les escaliers pour enfin atteindre la porte de son appartement. Toutefois, à peine eut-elle traversé le seuil que son visage se retrouva enfouit avec force dans un endroit familier. Des exclamations joyeuses confirmèrent son hypothèse.
- Orihime-chan ! Tu m'as tellement manqué !
Non sans peine, la princesse réussit après quelques reprises à s'extirper de la forte prise. Entre-temps, un sourire s'était dessiné sur son visage tandis qu'elle levait ses yeux vers cette personne qui n'était nul autre que Rangiku Matsumoto. C'était sa tante, sa seule famille, sa fée marraine, excepté qu'elle n'avait pas d'aile ni de pouvoir magique. Elle s'était tout de même occupée de la rousse lorsque son frère était mort. Ces derniers jours, la femme à forte poitrine avait été absente en raison d'un voyage au travail.
- Rangiku, moi aussi je suis contente de te revoir !
Sa tante lui fit un sourire jusqu'au oreille avant de poser une main sur sa chevelure auburn. Elle remarqua alors la texture rugueuse qui avait pris la place du soyeux.
- Mais, Orihime-chan ! Qu'est-ce qui est arrivé à tes cheveux ? Et...quelle est cette marque autour de ton oeil ? demanda-t-elle en examinant sa nièce de plus près. On dirait un oeil au beurre noir...Tu ne t'es pas battu j'espère ?!
- Non, bien sûr que non ! la rassura la rousse en agitant devant elle. Je te raconterai tout à l'heure, mais je dois absolument me changer de vêtement. Je ne sais pas pourquoi ils sont aussi serré et en plus, la peau ne cesse de me démanger....
- Ah ? Je croyais que vous aviez seulement changer d'uniforme. C'est dommage, car la jupe te va très bien !
- Elle est bien trop courte Rangiku !
- Ben non ! J'en ai eu des beaucoup plus courte que ça moi !
{...}
Après qu'Orihime ait pris une douche et enfilé des vêtements plus confortables, sa marraine lui passa un shampoing miraculeux et lui massa le cuir chevelu dans le lavabo. Lorsque tout trace de gomme à mâcher eut disparut et que son oeil perdit la trace de suie, elles s'installèrent pour manger un petit repas. La princesse questionna Matsumoto sur son voyage, mais bien vite, celle-ci changea de sujet pour revenir à la lycéenne.
- Et toi ? Qu'est-ce qui s'est passé durant mon absence ?
- Pas grand-chose, mentit-t-elle sans grande conviction.
À part que je me suis retrouvé la cible première de la brute du lycée, pensa-t-elle tout en gardant les yeux rivés sur son assiette.
- Pas grand-chose ? répéta Rangiku, sceptique. Tu es revenu avec de la gomme dans tes cheveux, un oeil au beurre noir, ton uniforme a mystérieusement rapetissé et on dirait même qu'il a été enduit de poil à gratter pour que tu te démanges autant ! Si j'en crois ces signes, je dirai que quelqu'un a une dent contre toi...mais ça, c'est impossible ! Comment quelqu'un ne pourrait pas aimer ma Orihime-chan ?
- Huh huh, fit distraitement la jeune fille, le feu aux joues à la simple pensée de Grimmjow.
Le silence s'installa entre les deux femmes. Matsumoto fixait, un sourire enjôleur aux lèvres, sa nièce qui devenait de plus en plus rouge au fil que les secondes passaient. Elle ne va pas tarder à craquer, songea-t-elle avec amusement.
- Comment s'appelle-t-il ? demanda-t-elle innocemment, son verre de vin à la main.
- Hein ? répondit Orihime en sursautant avant de s'agiter nerveusement. Mais, de quoi parle-tu Rangiku-san ? Je n'aime personne...
- Je n'ai jamais parlé d'aimer.
La princesse ouvrit la bouche pour répliquer quand elle réalisa son erreur. Avec un soupir, elle songea qui ne lui servait à rien de lui cacher cette histoire. Elle lui raconta donc qu'elle s'était retrouvée sur la liste de la brute du lycée par accident et les évènements par la suite. Durant ce récit, Rangiku ne put s'empêcher d'éclater de rire devant les mésaventures de sa nièce. Lorsqu'elle eut repris son sérieux et essuyé les larmes qui pelaient au coin de ses yeux, elle se cala dans son fauteuil pour reprendre la parole.
- J'ai déjà connu des hommes comme ça, dit-elle en posant un doigt songeur sur son menton. Ils agissent comme s'ils n'avaient besoin de personne, mais en fait, c'est parce qu'ils croient que personne ne les aimera parce qu'ils sont sauvages et font quelque fois. De plus, ils disent pratiquement toujours le contraire de ce qu'ils pensent. Alors, ne t'attends pas à un "je t'aime" mais plutôt à quelque chose du genre qu'il te déteste.
- Q-Quoi ?! Mais je ne m'attends pas du tout à ce qu'il me dise qu'il...qu'il...m'a...m'aime ! bégaya Orihime en piquant un fard.
- Sinon, ta situation ne peut pas rester comme ça. Tu dois te révolter, te rebeller contre les traitements qu'il te fait subir ! s'écria Matsumoto, le poing en l'air et le feu dans ses yeux.
- Mais...personne n'a fait ça ! Après ça, il va sûrement se mettre à me déteste encore plus et à continuer à m'humilier !
- Pas si tu es suffisamment convaincante ! Tiens-toi droite, la tête haute et dis-lui que tu ne te laisseras plus faire et que s'il ne veut pas le regretter, qu'il doit te lâcher ! Il va être tellement surpris que quelqu'un lui tienne tête qu'il ne t’embêtera plus.
- T-Tu crois ? ne put s'empêcher de demander la princesse à cette tentante perspective.
- Bien sûr ! Il faut arrêter de fuir et prendre le taureau par les cornes !
Orihime réfléchit aux paroles de sa tante un instant. Peut-être était-ce qu'elle devait faire...Après la petite altercation de cet après-midi, il semblait que c'était la seule solution qui s'offrait à elle.
Flash-back
Un soupir de soulagement s'échappa discrètement de ses lèvres. Les cours étaient terminés ainsi que ses humiliations. D'un pas presque joyeux, elle se dirigea vers son casier...pour voir la dernière personne qu'elle souhaitait voir l'attendant à son casier, son éternel sourire provocateur aux lèvres. Elle aurait souhaité tourner les talons et disparaitre, mais elle avait besoin d'aller à son casier pour récupérer des affaires importantes. Elle inspira profondément pour se donner du courage. Après tout, ce n'était pas la brute du lycée qui allait l'empêcher de se rendre à sa case, décida-t-elle. Elle se plaça devant lui, attendant qu'il libère sa porte. Après ce qui semblait une éternité, il n'avait toujours pas bougé d'un poil et la détaillait de la tête au pied. De son côté, Orihime ne savait pas plus où se mettre et elle se sentait déjà perdre ses moyens.
- Est...Est-ce...que tu...pourrait...te tasser ? réussit-elle à articuler après un moment. Tu bloques ma case...
- Ah oui ? Oh, je n'avais pas remarqué, dit-il en feignant l'ignorance.
Il se déplaça, mais seulement assez pour la laisser passer, son regard amusé ne la quittant jamais, à son plus grand désarroi. Il la toisait avec un regard indescriptible...qui la rendait réellement mal à l'aise.
- Tu sais, tu devrais peut-être te mettre au régime, on dirait que ton uniforme va exploser, ricana-t-il.
Orihime décida qu'il valait mieux l’ignorer. De plus, elle serait sortie de ce lycée dans quelques minutes. Enfin, ça c'était si elle réussissait à sortir, car lorsqu'elle ferma sa case et se retourna, deux mains se posèrent sur le mur de casier de chaque côté de sa tête, empêchant toute tentative de fuite pour la rousse. Cette dernière avait écarquillé les yeux de surprise, ne s'attendant nullement à une telle action de sa part. Elle sentit tout de suite le feu lui monter au visage.
- Je n'aime pas me faire ignorer, annonça-t-il, l'air mauvais.
Il approcha son visage du sien et elle eut l'impression de faire une crise cardiaque.
- Laisse-moi passer, murmura-t-elle, pétrifié par sa proximité.
- Quoi ? Je ne t'ai pas entendu.
- Laisse-moi passer !
Cette fois, sa voix s'éleva dans les airs tandis qu'elle liait la parole aux actes. Elle posa ses deux mains sur le torse du jeune homme et tenta de le repousser, mais il était plutôt fort au grand malheur de la jeune fille.
- Est-ce que tu essayes de faire ? se moqua-t-il.
Elle redoubla d'ardeur, mais ce fut peine perdu. Il n'avait même pas reculé d'un poil. Exaspérée par la situation, elle se mit à tambouriner son torse de coup de poing, mais en se faisant, le mal n'allait qu'à ces jointures qui rencontraient du marbre. Donnant des coups aveuglément, elle ne vit pas Grimjow s'abaisser subitement et elle perdit l'équilibre. La seconde d'après ses pieds ne touchait plus le sol...et le plancher était devant ses yeux ! Un cri de surprise s'échappa de ses lèvres lorsqu'elle réalisa qu'il la tenait tel un sac à patate ! Elle pouvait sentir ses mains sur sa taille et ses jambes. Elle devint écarlate en songeant que sa jupe était peut-être relevée.
- Q-Qu'est-ce que tu fais ?! s'affola-t-elle. Lâche-moi !
- Si c'est ce que tu veux vraiment...
Il relâcha un peu sa prise et la princesse se sentit glisser vers l'avant. Elle poussa un cri terrifié en voyant le sol se rapprocher et elle s'accrocha instinctivement à sa chemise blanche. Pantelante, tout ce qu'elle pouvait faire était de s'accrocher pour ne pas s'écraser lamentablement face première au sol. De plus, elle pouvait déjà entendre les rires de la brute...Par chance qu'il n'y avait personne d'autre dans le couloir...
- Grimmjow, qu'est-ce que tu fais ?!
Elle se maudit intérieurement tandis qu'elle sentait son bourreau se tourner pour faire face aux nouveaux arrivants. En grognant, elle se redressa le plus qu'elle pouvait et réussit à tourner la tête. Elle écarquilla légèrement les yeux en voyant ses amis. Tellement qu'elle ne trouva rien à dire.
- Vous avez vu comment il tient Orihime-chan ?! s'indigna Keigo.
- Lâche-la ! lança Tatsuki, le poing levé.
- Sinon quoi ? Tu vas risquer de m'attaquer ? pouffa le jeune homme aux cheveux bleu.
- Non, c'est moi qui vais s'occuper de ton cas, Grimmjow, dit Ichigo en s'avançant les sourcils froncés. Laisse Inoue tranquille.
- Et si je n'en ai pas envie ? répliqua-t-il avec un sourire provocateur. Comme si j'aurai peur de toi, Kurosaki !
Les deux délinquants se toisèrent, se fusillèrent de regards noirs. Après ce qui parut une éternité, Grimmjow s'avança, faisant de grande enjambée. Soudainement, il lança Orihime vers le groupe. Sado la rattrapa sans difficulté et la posa au sol. Titubant légèrement, la rousse fut assaillie de question par ses amis, mais toute son attention était concentrée sur les deux jeunes hommes qui se lançaient encore et encore des insultes. Une sembla bien déconcentré le roux, car il perdit son sang-froid et attaqua son rival. Il lui porta son poing à la mâchoire, mais Grimmjow l'évita aisément et contre-attaqua. La bataille s'enclencha.
- Oh non ! s'inquiéta la jeune fille aux cheveux auburn. Je ne voulais pas qu'ils se battent !
- Désolé, je ne voulais pas le dire à Ichigo, mais on ne pouvait pas te laisser comme ça, dit doucement Rukia.
La princesse lui adressa un sourire compréhensif avant de retourner son attention sur la bagarre, bien décidé à mettre fin à ce carnage. Ichigo tenait maintenant fermement son adversaire par le collet et s'apprêtait à lui assener un coup fatal quand Orihime s'interposa entre eux, les surprenant tous les deux.
- Arrêtez ! supplia-t-elle en tentant de les repousser l'un de l'autre. S'il vous plaît, arrêter ! Ne vous faites pas plus de mal !
Ils se détachèrent quelque peu, de peur de faire du mal à la rousse.
- Inoue, pourquoi le protège-tu ? grogna haineusement le roux, ses yeux ne quittant jamais Grimmjow.
- Q-Quoi ?! Mais...mais je ne le protège pas ! bégaya-t-elle en réponse. Je veux seulement que vous cessiez de vous battre !
Sentant ses joues s'enflammer, la princesse se retourna vers le jeune homme aux cheveux bleus. Ce dernier l'observait, une lueur indescriptible dans ses yeux saphir. D'un geste de main, il essuya le sang au coin de ses lèvres avant de tourner les talons et de disparaître quelques secondes plus tard.
Fin flash-back
Un nouveau jour commençait pour les habitants de la petite ville de Karakura. C'était une magnifique journée ensoleillée, toutefois Orihime semblait incapable de profiter de ce beau temps. En effet la nervosité parcourait ses veines et rendait ses jambes légèrement tremblantes. Nous y voilà, pensa-t-elle en inspirant profondément. Elle se répéta les paroles de sa marraine pour se donner du courage. Elle savait ce qu'elle avait à faire...mais, devoir le mettre à exécution était une tout autre chose. Mais, je dois mettre fin à tout ceci.
D'un pas incertain, elle entra dans l'enceinte du lycée. Elle leva son regard vers le toit du bâtiment. Malgré les rayons du soleil qui plombaient directement dans ses yeux, elle y distingua une forme qu'elle reconnut aisément, car c'était la même qui l'observait le jour d'avant, précisément durant son cours de sport. Elle salua ses amies avant de s'éclipser discrètement. Elle grimpa les escaliers lentement, redoutant ce moment. Finalement, elle atteignit la porte menant au toit. Son coeur se mit à tambouriner avec force dans sa poitrine et elle craignit un instant qu'il ne trahisse sa position.
La sonnerie annonçant le début des cours fit sursauter la princesse. Si près du but...Oh et puis, les cours attendront, pensa-t-elle. Se concentrant, elle inspira profondément, avant d'ouvrir lentement la porte. Le soleil l'aveugla momentanément avant qu'elle ne distingue deux yeux perçants qui la fixait.
- Qu'est-ce que tu fiches ici ?
Son ton était indifférent, mais ces perles azur semblaient exprimer autre chose. Cependant, elle était incapable de le décoder ; Du dégoût ? De la curiosité ?
- Ne devrais-tu pas être en cours, petite femme ? À moins que tu ne sois une rebelle ? continua-t-il avec un sourire plein de sous-entendus.
La jeune fille aux cheveux auburn sentit son visage s'empourprer par la simple présence de ce garçon, nonchalamment assis près de la barrière du toit. Il avait retroussé les manches de sa chemise et ne l'avait pas boutonné jusqu'au bout, ce qui lui donnait un aperçu sur son torse. Sois forte ! se dit-elle en éloignant son regard de son corps.
- Je, Je ne suis pas rebelle ! protesta-t-elle en plongeant son regard dans le sien. E-Et j'ai un nom ! Orihime !
La brute arqua un sourcil face à sa réaction. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres avant qu'il ne se lève et s'avance lentement vers elle, les mains dans les poches.
- Si tu n'es pas une rebelle, alors dis-moi ce que tu fais ici, sur le toit du lycée, durant les cours et surtout, seule avec moi, Orihime, fit-elle en accentuant sur le dernier mot tout en souriant de plus belle.
La seule mention de son nom déstabilisa fortement la princesse qui se fit prendre à son propre jeu en se perdant de ses prunelles glaciales qui scintillait d'espièglerie. Instinctivement, elle commença à se reculer en voyant la distance entre les deux se réduire.
- Je suis ici pour...pour, répondit-elle en cherchant ses mots avant de finalement détacher son regard de ses envoûtantes perles. Je suis ici parce que je suis vraiment tannée de ce que tu fais ! Je ne t'ai rien fait, alors pourquoi m'harcèles-tu comme ça ?! C'est méchant ! Et mesquin !
Médusé par sa réaction, il s'arrêta à quelque pas d'elle, ses yeux bleus quelque peu agrandis. La rousse continua sur sa lancée, reprenant confiance en elle.
- Pourquoi fais-tu cette liste ?! Tu fais du mal à pleins de gens, ça ne te fait rien ?! ajouta-t-elle en touchant son torse de marbre de façon répété du bout d'un doigt. Tu n'es qu'un sans-cœur !
Elle ne réalisa que l'impact de ses paroles lorsqu'elle se retrouva acculé agressivement contre le mur, le visage de Grimmjow à quelque centimètre.
- À quoi tu t'attendais venant de la brute du lycée ? répliqua-t-il d'une voix grave et menaçante. J'instaure la peur parce que je n'inspire que cela.
Ce ne fut qu'à ce moment qu'Orihime remarqua qu'elle avait retenu son souffle durant tout ce temps. Elle croisa ses yeux qui brillait de férocité, mais étrangement, elle ne se sentit pas intimidé. Elle trouva même la force de riposter :
- Tu ne me fait pas peur.
Si elle ne se l'était pas déjà mis à dos, c'était réussi maintenant. Comment allait-elle sortir vivante de cette situation ? Jouer avec le feu avec nul autre que Grimmjow Jagguerjack n'était pas la meilleure des idées.
- Tu n'as pas la moindre idée de ce que je pourrai te faire, fit-il en détachant bien chaque mot.
- Tu ne me fait pas peur, répéta-t-elle en le défiant du regard.
Elle eut le temps d'apercevoir une lueur dangereuse traverser le reflet de ses yeux que ses lèvres se retrouvèrent assaillirent. Elle écarquilla ses perles nuageuses face à cette attaque inattendue et se sentit bientôt perdre ses repères. Il dévorait ses lèvres avec une telle férocité qu'elle sentit ses jambes se liquéfier. Son coeur battait à ses tempes et elle sentit sa tête lui tourner face à cette toutes ces sensations. Instinctivement, elle mit ses bras autour du cou de la brute pour l'attirer encore plus près, approfondissant ainsi le baiser.
L'esprit quelque peu embrumé, Grimmjow réussit à briser le contact, pantelant. Il s'était presque fait avoir à son propre jeu. Cette fille était dangereuse... De son côté, Orihime le regardait, de ses grands yeux gris. Au plus grand désarroi de celui aux cheveux bleus, ceux-ci n'étaient pas apeurés, mais bien...curieux ? Désireux ? Il n'en savait rien, mais ne pas voir la peur qu'il lui avait promis le fit bouillir de rage. Pris d'une impulsion, il attrapa la jeune femme et la jeta par-dessus son épaule et s'avança à grand pas vers le rebord du toit. La princesse n'eut pas le temps faire quoi que ce soit qu'elle se vit suspendu au-dessus du vide. Poussant un cri terrifié, elle s'accrocha désespérément à la brute qui détenait sa vie entre ses mains.
- Grimmjow !
Il plongea dans ses grands yeux gris qui reflétait la peur qu'il avait souhaité voir d'elle. Alors, pourquoi n'était-il pas satisfait ? Pourquoi n'était-il pas heureux de voir la peur sur son joli visage ? Pourquoi n'aimait-il pas cette vision ? Et quel était cette sensation désagréable au creux de son estomac ? Il grogna face à toutes ces questions sans réponse avant de remonter la lycéenne d'un coup. Cette dernière, ses genoux s'entrechoquant, perdit l'équilibre, s'affaissant sur le jeune homme qui instinctivement enroula ses bras autour de sa fine taille. Elle tremblait contre lui, ses yeux encore quelque peu agrandis par la presque chute.
- Ça va, t'es pas tombé ! soupira-t-il, ennuyé par ses manières. Écoute, je m'excuse ! Je n'aurais pas dû te balancer par-dessus bord ! Alors, si tu pouvais me lâcher, ça serait le moment.
Orihime se ressaisit et en reniflant, détacha ses mains de la chemise du garçon qu'elle avait inconsciemment agrippé. Toutefois, ses jambes étaient toujours fragiles, alors elle s'assit au sol, reprenant lentement un rythme respiratoire normal.
- Tu sais, à un certain moment, j'ai vraiment cru que tu allais me lâcher, déclara-t-elle avant de se tourner vers lui avec un énorme sourire. Mais, tu ne l'as pas fait ! Ce qui ne fait que confirmer ma théorie : Tu te donnes cet air dur, mais à l'intérieur, tu as un coeur. Tu n'es pas méchant.
Si la mâchoire de Grimmjow avait pu se décrocher et s'écraser au sol, elle l'aurait sûrement fait. À la place, elle se retrouva pendante. Lorsqu'il eut repris ses esprits, il se laissa tomber lourdement près d'elle et mit une main sur la chevelure auburn pour lui tourner la tête, ainsi elle lui faisait face.
- Tu as complètement tort ! Je te jure que si tu oses redire un truc comme ça, je...je..., fit-il à la recherche de ses mots, perdu dans un océan gris. Je ne sais pas ce que je vais te faire, mais tu ne vas pas aimer !
- Alors, dis-moi pourquoi tu ne m'as pas lâché ?
Il ouvrit la bouche pour répliquer, mais comme il ne trouva rien à dire, la referma. Détournant son visage, la brute poussa intérieurement un cri de rage. Cette fille va être la fin de moi...
- Je ne t'ai pas lâché, reprit-il après plusieurs minutes, parce que je n'avais pas envie de visiter la prison.
Le jeune homme aux cheveux bleus entendit la princesse rire. Un rire cristallin, nullement nerveux ou forcé. Incapable de résister à cette tentation, il reposa ses yeux saphir sur elle. Détaillant ses frais traits et s'attardant un peu plus sur les lèvres qu'il avait embrassé plus tôt, il se demanda ce qu'il avait dit de si drôle.
- Oh et puis, je retire ce que j'ai dit ! Je ne m’excuse pas de t'avoir balancé par-dessus bord ! attaqua-t-il, ne comprenant décidément pas pourquoi la jeune femme n'était toujours pas partie. Tu n'avais qu'à ne pas m'énerver autant ! Personne ne t'a jamais dit de ne pas approcher les gens louches ?
- Hum ? Les gens louches ? Mais, tu n'es pas louche Grimmjow ! Simplement un peu...Imprévisible ! répondit-elle avec un sourire étincelant et sincère qui ne fit qu’exaspérer un peu plus la brute.
- J'ai les cheveux bleus ! À moins que tu ne sois daltonienne, c'est une bonne raison pour ne pas m'approcher ! répliqua-t-il au bord de la crise de nerf. Les gens qui ont des couleurs étranges de cheveux sont dangereux !
- Ah ? Mais, moi j'aime le bleu ! s'écria-t-elle joyeusement tout en mettant sa main dans sa chevelure en bataille. C'est ma couleur préférée.
Le lycéen se raidit lorsqu'il sentit les mains de la princesse passer encore et encore dans ses cheveux. Il était tellement surpris qu'il en oubliant sa colère et son exaspération. Il tourna son visage vers elle, et ce ne fut qu'à ce moment qu'il se rendit compte de leur proximité. Instinctivement, il s'approcha un peu plus...
- Tes cheveux sont doux comme le pelage d'un chaton ! s'exclama tout à coup Orihime, les yeux brillants.
- Quoi ?!
Suite à ce compliment des plus inattendus, le concerné s'était rapidement redressé, indigné. Elle le comparait à un chaton ! C'était inacceptable ! Devant son expression consternée, la jeune fille aux cheveux auburn ne put s'empêcher d'éclater de nouveau de rire. Cependant, ce dernier se retrouva interrompu lorsque Grimmjow plaqua ses lèvres contre les siennes, mordillant par la même occasion sa lèvre inférieur.
- Peut-être une panthère à la place, conclu Orihime après le baiser.
Outré, la brute se retint d'exploser et incapable de supporter le sourire de la part de la princesse, il détourna la tête.
- Je te déteste, fut la seule chose qu'on discerna de sa part.
La lycéenne sourit de plus belle.
