Chapter Text
(Nous sommes au début de l'épisode 2x01, fin de la scène à l'Institut, où Alec se fait démettre de ses fonctions par Lydia)
"Pas maintenant, Izzy!"
Alec était près d'exploser, toute cette situation était grotesque, un cauchemar dont il allait se réveiller... mais non, tout ce chaos était réel, et Lydia qui choisissait ce moment pour parler politique, et Magnus qui malgré tous ses pouvoirs n'arrivait pas à localiser Jace, et Isabelle qui prenait un air concerné et inquiet pour lui, lui!
Est-ce que c'était lui qui était en danger? lui qui était l'otage d'un fou psychopathe? plutôt que d'essayer de le calmer, lui, comme s'il était un gamin capricieux, ou un fou dangereux,
ne pouvaient-ils mettre toute leur énergie à sauver celui qui importait?
Jace, son frère, son parabatai?
Tout était si absurde, tous étaient si... impuissants, inutiles! non, pas inutiles, car au fond de lui-même, Alec savait qu'il était injuste avec eux, mais ils ne faisaient que le gêner, il n'arrivait plus à réfléchir avec leurs hésitations, leurs précautions...
Et Magnus qui s'y mettait aussi, le touchant (enfin!), pour... pour le calmer? C'en était trop!
Alec lui jeta un regard incrédule et, le repoussa, sans violence mais fermement.
"Laissez-moi! Tous, chacun de vous!"
*******************
Rien que le fait de leur tourner le dos, il se sentit mieux, et put marcher avec calme. Mais une fois sorti de la salle de commande, où aller? puisqu'aucune piste n'avait été trouvée à l'extérieur de l'institut, Alec se retrouva devant la porte de la chambre de Jace.
Encore une fois.
Mais tout à l'heure, c'était avec Magnus, avec ce bonheur enivrant d'être avec l'homme et ce futur qu'il venait de choisir, et de travailler ensemble; avec la certitude que ce qu'ils faisaient était utile, qu'il suffirait de prendre un vêtement de Jace pour que Magnus puisse le trouver où qu'il soit, et ainsi qu'Alec pourrait aller le sauver, tout simplement.
Cette fois, il était seul.
Il lui fallait se ressaisir, se concentrer, Jace était la priorité, sa priorité.
Une fois dans sa chambre, il marqua une pause, parcourant du regard cette pièce qu'il connaissait déjà par coeur, se demandant ce qu'il pouvait y trouver.
De quoi le traquer? non, cette piste-là était sans issue.
Un indice pour découvrir le bateau des réprouvés? mais quoi que certains puissent murmurer dans son dos, Alec était certain que jamais Jace n'avait voulu les trahir et donc qu'il ne pouvait y avoir d'indice de la cache de Valentin ici.
Valentin, le père de Jace... cela semblait encore si abstrait, même après la scène chez Camille...
Une vague de souvenirs le frappa soudain : Jace à leur arrivée chez eux, cet air perdu, ces regards inquiets, cette froideur qu'il affectait, comme s'il était un soldat aguerri, un officiel de l'Enclave et pas un petit garçon.
Et Alec, à qui sa mère l'avait confié, s'était évidemment senti obligé de le rassurer et de veiller sur lui comme le grand frère qu'il était. Mais il lui avait fallu du temps, beaucoup de temps.
Avec le recul, Alec avait compris qu'il avait dû apprivoiser un animal sauvage blessé, un être physiquement doué et indépendant, mais avec un esprit torturé, abimé par la perte de son père.
Non, se corrigea Alec, c'est ce fameux père qui l'a façonné ainsi, lui inculquant la méfiance et non la confiance, la dureté et non l'amitié.
Cette amitié qui une fois conquise, lui avait été si précieuse, à lui, Alec Lightwood, le plus âgé, le plus raisonnable, le plus obéissant , mais toujours dans l'ombre de celui qu'il aurait pu haïr pour cela. Et qui l'avait conduit à l'aimer... autant...
Son regard tomba sur une veste soigneusement placée sur son cintre, au coin d'une armoire. La veste de costume de Jace, celle de son mariage, quand son frère avait été là pour lui. Et tout lui revint en mémoire, cet enterrement de vie de garçon imposé par Isabelle, et sa petite manoeuvre pour le réconcilier avec Jace.
Finie cette tension entre eux depuis l'arrivée de Clary, et cette confrontation où Jace avait formulé à haute voix ce que lui-même ne s'était jamais autorisé à nommer.
Leur discussion avait été un peu embarrassante, chacun avait évoqué à demi-mot ses sentiments, l'un pour sa nouvelle soeur, l'autre pour celui qui aurait pu lui faire renoncer à ce mariage qu'il avait voulu, ce devoir qu'il se devait de remplir.
Depuis ce moment-là, il avait retrouvé son parabatai, leur lien se reformait, et cela l'avait tellement aidé dans ces heures terribles avant son mariage, quand il se préparait à tout jouer pour l'avenir de sa famille.
Jusqu'à ce que Magnus apparaisse...
Hum, temps de se ressaisir, Alec.
