Chapter Text
Bocchi regarda Kita, chose qui arrivait souvent dernièrement. La répète venait de se terminer et elle fixait déjà Ryo, qui se faisait disputer par Nijika.
Pour une raison qu’elle ignorait, ça l’énervait. Ce n’était pas nouveau, mais depuis 1 mois déjà, le fait que ce que Kita ressentait envers Ryo puisse être plus que de l’admiration ou de l’amitié l’irritait au plus haut point.
Pourquoi ? Pourquoi ça la dérangeait ? Pourquoi voulait être celle à qui elle pense ? Celle qu’elle regarde ?
Était-ce… de la jalousie ?
De toute façon, qui pourrait bien s’intéressait à une misérable puce d’eau comme elle ?
Hitori soupira, ce que Kita remarqua :
— Tout va bien Bocchi ?
— Oui oui t’inquiètes pas !
Elle détourna les yeux. Son regard faisait battre son cœur un peu trop vite.
— Tu es sur ? s’inquiéta-t-elle.
— Oui ! Et c’est toujours bon pour notre sortie de demain ? s’empressa-t-elle de rajouter.
— Bien sûr !
Son sourire éblouissant frappa Bocchi en plein cœur.
— Mais arrête de manger de l’herbe à la fin !!! cria Nijika.
— J’ai déjà utilisé tout mon argent de poche pour acheter des basses, répondit Ryo. J’ai plus de quoi acheter à manger.
— Non, mais t’es pas possible… soupira-t-elle, avant de rajouter, gêné, l’air de rien :
— Exceptionnellement, je t’invite à manger ce soir.
Ryo sauta sur l’occasion.
Hitori trouvait ça incroyable comment Nijika réussissait à inviter quelqu’un aussi facilement.
Pour inviter Kita, elle avait fait une nuit blanche pour inventer un plan, acheter deux places de cinéma, préparer un texte et imaginer toute sorte de situations. Puis elle lui avait dit les avoir obtenues grâce à une loterie en bégayant, et que sa famille ne pouvant pas venir, elle voulait savoir si elle pouvait venir.
Elle avait ensuite failli craquer et implorer Kita de lui pardonner d’avoir osé l’inviter et de lui avoir effrontément menti.
Bocchi n’était pas sure qu’elle l’est crue, mais elle a néanmoins accepté.
D’ailleurs, le rendez-vous aurait lieu le lendemain. Hitori n’avait jamais autant stressé.
Elle rangea sa guitare. Kita l’attendait pour rentrer.
Le retour fut silencieux, étonnamment, ponctué de petit regard en coin.
Enfin arrivée chez elle, Bocchi fonça directement dans sa chambre.
Elle n’avait jamais eu aussi hâte de sortir. Elle était aussi très stressée, mais pas comme d’habitude…
Elle stresse toujours quand elle sort, car elle savait qu’elle allait croiser des gens, mais là… c’était différent…
Elle essaya de dormir. En vain.
Bocchi pensait à Kita. Elle pensait toujours à Kita. C’en était presque inquiétant.
Hitori saisit son carnet et commença à écrire une chanson. Les paroles venaient naturellement. Elle se surprit à les fredonner :
« Alors je fuis encore
Comme je le fais toujours
Depuis ce jour
Où tu as fait frémir mon corps
Je sais que je finirai par t’affronter
Toi et cette réalité terrifiante
Ainsi que tes sourires qui me hantent
En attendant, je fuis le moment redouté
Où sur tes lèvres j’oserai enfin souffler… »
