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Le pouvoir absolu

Chapter 2: L'être tout puissant

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

C'est ça être tout puissant

Elle est parcourut de nouvelles sensations, toutes plus transcendantes les unes que les autres. Son corps dégage une puissante lumière. C'est existant et effrayant à la fois.

Elle n'est plus trop consciente de ce qui se passe autour d'elle. Son corps flotte, comme posé sur un nuage et elle sait que ses pieds ne touchent pas le sol. Elle est maintenant recouverte d'une toge blanche, ses pieds son nus, ses cheveux flottent inlassablement dans son cou. Elle sait que le moindre de ses sens a été multipliés par dix.

Des bribes de ce qui vient de lui arriver lui revenaient à l'esprit.

Chat avait glissé sa bague à son doigt. Elle avait obtenu le pouvoir absolu. À présent, elle était capable de tout. Qu'allait-elle faire de ce pouvoir ? Comment l'utiliser ?

Elle ne le savait pas encore, mais Chat lui avait fait confiance là-dessus.

Après s'être observé un moment, elle relève son visage vers les deux personnes qui sont avec elle.

Le plus âgé tient le plus jeune par le col et le secoue avec véracité.

Le blond tente de se débattre, mais n'y parvient pas. Elle le voit peiner à respirer, tout en essayant de se dégager.

Elle veut que ça s'arrête.

Une sorte de bourrasque de vent, envoie l'homme à l'autre bout de la pièce. Il percute le mur et pousse un gémissement sous le choc. Le blond tombe lourdement au sol, mais il peut enfin respirer librement.

Sa simple volonté s'est réalisée. Alors c'est ça, le pouvoir absolu ?

L'homme l'appelle. Le fond de son esprit embrumé lui rappelle qu'il est son ennemi, qu'il s'appelle Papillon.

- Ladybug…Gémit-il.

C'est son nom ? Ladybug ? Ne s'appelle-t-elle pas Marie ? Non, Marielle ? Marion ?

C'est frustrant de ne pas savoir. Elle veut savoir.

Marinette.

Son pouvoir peut également lui apporter la connaissance ?

Ne prêtant plus attention à l'homme sur le sol, elle se tourne vers le garçon blond. Ses yeux sont écarquillés et ne la quittent pas. Avait-il peur d'elle ? Cette puissance qu'elle dégage, l'effrayait-elle ?

Le sourire qui se dessine sur son visage, lui indique tout autre.

- Je te fais confiance. Affirme-t-il. Tu vas y arriver, comme au premier jour.

Elle veut aller vers lui. Bien qu'elle n'ait pas la sensation de marcher, son corps se déplace vers le garçon.

Des flashes reviennent dans son esprit. Le garçon en face d'elle est Chat Noir, mais aussi Adrien son camarade de classe. Tous ses souvenirs lui reviennent en tête, mais tout est fade. Il n'y a rien de rattaché à ces souvenirs. Aucune sensation, aucune émotion.

Pendant un moment, elle fixe ses yeux verts embués. Elle a l'impression qu'il manque quelque chose. Il est censé se passer quelque chose quand elle regarde dans ses yeux, mais là, il n'y a rien.

- Ladybug ! Soupire une nouvelle fois le Papillon.

Elle se tourne vers lui pour qu'il ait son attention.

- Ramène moi ma femme, s'il-te-plait ! La supplie-t-il.

C'est la première fois qu'elle voit son adversaire ainsi. Sa voix est cassée, il est soulevé par des sanglots et des larmes sont sur le point de tomber de ses yeux.

Elle connaît enfin le but pour lequel il a tant cherché à obtenir les miraculous depuis le début. C'est ça, qu'il veut réaliser. Il veut retrouver sa femme, pour enlever sa peine.

A-t-elle seulement ce pouvoir ? Une telle chose est-elle possible sur sa simple volonté ? Est-elle capable de ramener les morts et ceux qui ont disparut ?

Est-ce une bonne chose ?

Il n'est pas bon de revenir sur le passé, on ne peut changer les choses, juste parce qu'elles nous ont blessés, qu'elles ne nous ont pas plu. Il faut apprendre à vivre avec, à oublier la peine.

Elle regarde l'homme sur le sol. Le coup a été violent et il a du mal à se redresser.

Personne ne mérite de vivre dans la tristesse. C'est d'ailleurs son rôle, en tant que Ladybug, de libérer les victimes des akumas, en les purifiant et en leur faisant oublier leur peine. À chaque combat, elle s'est évertuée à ramener la joie dans les cœurs de ceux qui étaient abattus.

C'est ce qu'elle veut pour lui aussi. Papillon est un homme comme tous les autres. Il a ses faiblesses et ses manquements. Elle veut qu'il soit heureux.

Son regard se porte à nouveau sur son équipier.

Lorsqu'elle a combattu contre Chat, elle a ressentit toute sa détresse. Lui aussi a été blessé, mais il lui a fait confiance pour tout arranger.

Elle ne veut pas qu'ils vivent tous les deux dans le passé pour toujours. Elle veut les libérer de leurs tourments.

Elle veut qu'il laisse derrière eux leur passé pour aller vers l'avenir.

Sous ses yeux, les deux hommes se courbent, comme si une douleur les traversait. Se prenant la tête entre les mains et gémissant fortement.

L'homme se courbe et happe l'air, la bouche grande ouverte, tandis qu'elle voit le jeune garçon serrer les dents en refoulant un grognement.

Elle recule et retourne au chevet du blond.

- Adrien ? Demande-t-elle.

Il relève son visage, essoufflé et a un sourire pour elle.

- Je vais bien, lui souffle-t-il. Son poing se serre sur sa poitrine. Je vais bien, réitère-t-il.

Elle ne se préoccupe plus du Papillon, qui est dans son dos. La seule chose à laquelle ses pupilles s'accrochent, ce sont celles de son ami.

Pourtant, il y a quelque chose dans cet échange de tellement froid et impersonnel. Il manque de la chaleur dans son cœur, des frissons sur sa peau.

Elle a perdu quelque chose d'important en obtenant ce pouvoir et elle s'en rend compte maintenant. Tout lui est possible, sur sa simple volonté, une simple parole et la chose est. Cela aurait pu suffire à beaucoup. Un tel pouvoir, une telle puissance.

Néanmoins, ses yeux posés sur le visage rassurant du garçon, lui font comprendre ce qu'elle rate.

Elle a perdu son humanité. Elle a perdu ses sentiments, sa compassion, son empathie, l'amour. Tout ce qui fait d'elle, ce qu'elle est. Elle ne pourra plus jamais aimer Adrien. Elle ne pourra plus jamais rire avec Chat Noir.

Va-t-elle rester comme ça pour toujours ?

C'était un véritable cauchemar.

Si elle ne parvient pas à quitter cet état, tout ce qu'elle aime dans la vie ne lui sera plus jamais accessible. Ses yeux papillonnent et ses mains s'agitent. Des visages flash dans son esprit. Ces parents, Alya, Nino, le reste de ses camarades et enfin Chat Noir, Adrien…

Adrien lui a fait confiance pour tout régler et le sourire qu'il porte, continu à lui faire comprendre qu'il croit toujours en elle.

Alors elle ne veut pas, elle ne veut pas rester ainsi ! Ces choses ne l'intéressent pas. Elle veut pouvoir ressentir l'amour de son équipier, elle veut être digne de sa confiance.

Tout autour d'elle se met à tourner. C'est tout juste si elle voit Adrien se précipiter vers elle. Il y eut une lumière intense, puis ce fut le noir absolu.

Adrien la retient juste à temps quand elle s'écroule sur le sol.

- Ladybug ! Ladybug ! S'exclame-t-il en se précipitant sur elle.

Se mettant à genoux à ses côtés, il pose sa tête sur ses jambes.

La peine ombre l'empêche de bien la distinguer, il remarque néanmoins les petits êtres magiques, étalés à ses côtés.

Avec précipitation, il ramasse le Chat Noir.

-Plagg ? Appelle-t-il faiblement.

Il le dépose à côté de la jeune fille avant de ramasser plus délicatement la rouge.

- Coccinelle ? Souffle-t-il doucement.

Ce doit certainement être le kwami de Ladybug.

Et dire que tout ça est de sa faute. Si sa Lady ne revient pas, ce sera entièrement de sa faute. Si Plagg ne se réveille pas, c'est à cause de lui.

Un rayon de lune pénètre dans la pièce, et la lumière vient se poser sur le visage délicat de Ladybug.

C'est à cet instant qu'il la reconnait. Marinette. Il a infligé ça à Marinette….

Les larmes se mettent de nouveau à couler. Il soulève la jeune fille, la serre contre son torse et pose son front contre le sien.

- Marinette, réveilles-toi, s'il-te-plait. Implore-t-il entre deux sanglots.

Dans l'ombre de la pièce, le Papillon observe la scène. Sans bouger, sans parler. Il retire violemment son miraculous et le laisse tomber au sol. Noroo se matérialise dans l'air à côté de l'objet, au pied de son maître.

Il n'y eut pas un échange de regard, aucune parole prononcée, ni même un au revoir.

Juste comme il était apparut dans la vie du kwami, l'homme disparut dans l'ombre de la nuit.

Lentement, elle ouvre les yeux et la lumière du jour vient l'agresser. Elle veut bouger, mais bien vite, elle se rend compte qu'elle est vidée de toutes ses forces.

- Ne bouge pas ! Lui intime une voix douce.

Elle tourne ses yeux en direction de la personne, mais seul un visage flou lui parvient.

Elle souffle, avant de fermer à nouveau les yeux. Son cerveau lui rappelle les événements qui ont eut lieu. Un gémissement s'échappe de ses lèvres en repensant à ce qu'elle a vécu.

- Tu as mal quelque part ? S'inquiète la voix.

Cette fois-ci, elle la reconnait comme étant la voix de Chat, ou plutôt d'Adrien. Son cœur se réchauffe, son ventre se tord, un sourire se dessine sur son visage. Elle a retrouvé ses émotions.

- Non, je vais bien. Lui répond-t-elle d'une voix abimée, mais incroyablement joyeuse.

Ses yeux s'ouvrent à nouveau et le monde lui apparaît net. Le lieu lui est familier. C'est une chambre de l'appartement de Maître Fu. Comment est-elle arrivée ici ? Est-ce Adrien qui l'a porté jusque là ?

Le jeune homme est assit à ses côtés, sur le lit. Il l'observe inquiet et tente d'avoir un sourire rassurant sur le visage. S'il avait été en Chat Noir, certainement ses oreilles auraient été collées sur sa tête.

Il la voit essayer de se redresser, alors il l'accompagne dans son geste, pour qu'elle se mette à l'aise.

Une fois en position assise, Marinette lui sourit à son tour. Il n'ose pas soutenir son regard. Le poids de ce qu'il lui a fait subir est bien trop lourd.

- Je… Commence-t-il. Je suis désolé, craque sa voix.

Il soulève délicatement sa main et la caresse avec son pouce.

Ses épaules s'affaissent un peu plus et son dos se courbe.

- Je suis tellement désolé.

Une fois de plus, il est en train de pleurer et Marinette se met à penser que son Chaton a beaucoup trop pleuré ces dernières heures.

Avec son peu de force, elle l'attire à elle et il vient sangloter contre sa poitrine.

Elle le berce un moment. Avant que ses larmes se mettent elle aussi à couler.

- Ce n'est pas grave. Finit-elle par souffler.

Il se relève soudainement surprit.

- Mais tout est de MA faute ! Appuie-t-il. Je n'aurai pas dû me laisser aller. J'aurai du résister, je n'ai aucune excuse pour ce que j'ai fait ! Je t'ai tourné le dos !

Au fur et à mesure de sa phrase, il s'est reculé d'elle pour finir par se tenir debout. Il est comme paniqué, ne sait pas quoi faire de ses mains et s'ébouriffe sans cesse les cheveux.

- Tu avais besoin d'aide, commence-t-elle, et tu m'as fais confiance. Tu m'as fait confiance pour t'aider. Finit-elle par lui sourire.

Il stoppe tout mouvement et se tourne lentement vers elle.

- Tu n'es pas resté du côté du Papillon. Tu m'as fait confiance. Et c'est tout ce dont j'avais besoin.

Sa bouche s'ouvre, mais aucun son n'en sort.

Ils restent un moment dans le silence à se fixer. Il a les yeux bouffis d'avoir trop pleuré, les joues rouges et les cheveux en bataille. Elle a le visage pâle, les yeux fatigués et les lèvres sèches. Ils ne sont pas beaux à voir. Pourtant, ils ont l'impression, l'un comme l'autre, d'avoir la personne la plus merveilleuse du monde en face d'eux.

Ce n'est pas la révélation qu'ils s'étaient imaginés.

Adrien rêvait d'un petit événement intime, en haut de la tour Eiffel, après une de leur patrouille. Marinette avait pensé à instant solennelle, en présence de Maître Fu.

Mais ce qui était arrivé, était arrivé. Maintenant, ils étaient juste soulagés de voir que la personne en qui ils avaient le plus confiance, était déjà proche d'eux depuis le début.

Un ronflement à côté les fit sursauter.

Marinette suivit la direction des yeux d'Adrien pour voir trois kwamis, qui dorment sur une couverture, leur miraculous respectif posé à côté.

- Ils vont bien ? Demanda-t-elle en indiquant d'un geste de la tête les êtres magiques.

Il a un petit sourire, qui la fait fondre une fois de plus, avant de répondre.

- Ils sont épuisés, mais ils n'ont rien.

Elle note le kwami violet. C'est certainement celui du Papillon. Chat avait-il réussit à le stopper ?

- Tu as arrêté le Papillon ? Lui demande-t-elle.

Il hoche négativement la tête.

- Non. Il a simplement disparut…

Un nouveau silence s'installe. Adrien reste à bonne distance de la jeune fille. Il n'ose plus avancer vers elle et s'occupe en frottant ses mains. Il a tout à fait conscience de ce que la jeune fille à fait pour lui. Elle avait réussit à le sauver de sa détresse. Il peut le sentir dans son cœur. La peine n'est plus. Penser à sa mère ne le fait plus avoir mal comme avant, au contraire les souvenirs le rendent mélancolique, mais il n'en souffre pas.

Il s'humidifie les lèvres puis finit par parler.

- Merci, Marinette.

Elle lui jette un regard incrédule pendant une fraction de seconde. Il porte ses mains à son cœur avant de continuer.

- Pour tout ce que tu as fait.

Il voit sur le visage de sa Lady un sourire rayonnant et son ventre se tord devant ce spectacle.

- Je dois aussi te remercier. C'est ta confiance qui m'a fait tenir bon quand j'étais dans cette état bizarre.

Le rouge lui monte aux oreilles, alors il passe une main dans sa nuque. Le jeune garçon se sent ridicule de recevoir un tel compliment alors que c'était lui, qui avait placé son équipière dans cette situation. Mais il sent la sincérité dans sa voix et cela réchauffe son cœur.

Marinette l'observe du coin de l'œil. Elle est tellement rassurée que tout soit finit et elle espère de tout cœur qu'Adrien sera heureux à partir de maintenant.

Son regard note chaque détail chez le garçon, détails qu'elle associe maintenant à Chat. C'est son meilleur ami, celui que son cœur à choisit.

Sa chaleur lui manque déjà. Elle veut qu'il revienne contre elle. Et cette fois-ci, elle n'a aucun pouvoir pour faire sa volonté, si elle veut que la chose arrive, elle va devoir la provoquer.

- Adrien. Appelle-t-elle faiblement.

Il tourne précipitamment la tête.

- Oui ?

Elle lui fait signe de la main pour qu'il vienne jusqu'à elle. Timidement, il s'avance et s'assoit de nouveau sur le bord du lit.

Il la dévore du regard, elle peut le sentir et la chose la fait rougir.

La brune prend sa main dans la sienne et la caresse tendrement, comme il l'a fait auparavant pour elle.

- Je suis soulagée de voir que tu vas bien. Murmure-t-elle.

Adrien se penche un peu plus vers elle.

- Moi aussi, ajoute-t-il en plongeant ses prunelles dans les siennes.

Son front vient se coller contre le sien et leurs yeux se ferment. Savourant simplement la présence de l'autre.

D'un accord tacite, Adrien s'allonge à côté de la jeune fille, entourant sa taille de ses bras. Marinette se love contre son torse, bercer par sa respiration régulière, tandis que leur jambes s'entrecroisent dans un méli-mélo.

Tous deux ferment les yeux et finissent par s'endormir, baignant dans le confort de savoir l'autre tout près d'eux.

Quand maître Fu passe la tête par la porte, quelques minutes plus tard, il trouve les deux héros, blottis l'un contre l'autre, dormant paisiblement. Ils ont accomplit leur mission, ils peuvent à présent se reposer.

Il ne peut s'empêcher de sourire à cette vision alors que Wazz vient flotter à ces côtés.

- Je vous l'ai déjà dit maître, mais vous avez très bien choisit.

Le vieillard passe une main sur son bouc.

- Ces deux là sont fait l'un pour l'autre, sourit-il en refermant la porte.

Notes:

[..] car c'est toi [Dieu] qui as créé toutes choses, et c'est à cause de ta volonté qu'elles étaient et qu'elles furent créées. Apocalypse 4 v11

Je me suis inspiré d'un verset pour l'aspect "tout puissant" de Marinette, donc pas de grand geste, ni de rayon laser, juste de la volonté ^^

J'espère que cette suite aura été à la hauteur de la première partie !

Merci d'avoir lu jusque là !

Notes:

Vous êtes toujours là ? Oui, c'est la fin... Vous avez le droit de me haïr... Désolé pour tout ça...

Merci d'avoir lu.