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Une famille peut aussi être à deux

Chapter 36: Pardonner

Notes:

Salut tout le monde !
Je sais que cela fait une éternité que je n'ai pas posté, je m'en excuse platement !

Voici un chapitre que j'avais écrit à l'époque mais que je n'ai jamais posté.
Je pense qu'il est parfait pour "clôturer" ces mini histoires.

Peut-être qu'à l'avenir, j'aurais la foi d'en écrire d'avantage, mais pour le moment, je préfère m'arrêter ici. Je vous partage simplement celui-ci, pour ne pas l'avoir écrit pour rien.

Je suis en ce moment sur l'écriture d'une nouvelle fanfic, sur le thème d'AOT. C'est assez long (très long en réalité) et je suis dessus depuis le début d'année. Je ne l'ai pas encore fini, mais j'espère que ça vous plaira !

En tout cas, merci à ceux qui lisent mes histoires. Je sais qu'il y en a des meilleures que d'autres, mais je trouve amusant de vous les partager, même si certaines sont plus anciennes que d'autres (et difficiles à lire pour moi...)

En attendant, je vous souhaite une bonne lecture, et à bientôt pour de nouvelles aventures !!
Nenettek

Chapter Text

Son genou bougeait de frustration sous la table à manger. Le brouhaha du repas était un fond qu’elle se devait de supporter encore un peu. Les autres parlaient avec animation des récents évènements, et de comment tout allait de mieux en mieux pour eux.

Ichigo venait de recouvrer ses pouvoirs et les fullbringer venaient d’être maîtrisés, donc effectivement, tout allait pour le mieux. L’adolescent roux était aux anges de revoir ses amis, ne cessant de les remercier pour ce qu’ils ont fait, de comment ils lui ont manqué et de tout ce qu’un adolescent de son âge avec des pouvoirs comme les siens pouvaient ressentir.

Bien-sûr, Rangiku était touchée par cela. Elle avait elle-même donné une partie de son pouvoir à Ichigo et était absolument ravie de retrouver son ami. Ils lui devaient tous beaucoup, et elle ne faisait pas exception. Elle avait d’ailleurs prévu de passer une excellente après-midi et soirée avec ses amis, de boire pour fêter le retour du roux et de se remémorer les bons souvenirs.

Eh bien, elle avait mal calculé son coup. Pour ce qui est de la dernière partie, elle n’avait pas complètement tort. Pour ce qui est de passer un excellent moment et boire pour fêter un évènement comme celui-ci, elle repassera.

Toshiro ne cessait de lui envoyer des regards inquiets et mal-à-l’aise, comme s’il voulait s’assurer qu’elle allait bien ou qu’elle n’allait pas faire une scène. Et c’était peut-être le seul à être aussi inquiet de ses lèvres en traits, ses sourcils légèrement froncés et son regard mauvais. Elle se forçait à sourire chaque fois que quelqu’un lui adressait un mot, s’excusant d’être fatiguée de sa semaine de travail et de ne pas avoir autant d’énergie qu’à son habitude.

Bien-sûr, ce genre d’excuse ne serait jamais passée pour ses amis dans d’autres conditions. Elle était toujours Rangiku Matsumoto, la plus belle femme du Seireitei qui ne disait jamais non à un verre, fatiguée ou non. Elle était toujours la première à vouloir faire la fête. Pourtant, aucun de ses amis shinigami ne s’est permit de soulever ce fait, et cela passait largement au-dessus pour les amis humains d’Ichigo, qui ne la connaissait pas assez. Tous les shinigamis autour de cette table, excepté Ichigo, avaient compris quel était le problème, et ils semblaient assez intelligents pour ne pas pousser leur chance trop loin.

Le problème avait un nom.

Et ce nom était connu de tous autour de cette table, quel qu’en soit la raison.

Ce nom était même autour de cette table.

Shiba Isshin.

Où devrait-elle dire, Kurosaki Isshin.

Leur ancien Capitaine.

Rangiku regarda les légumes dans son assiette, que la sœur d’Ichigo avait cuisiné pour eux tous, et les repoussa légèrement avec sa fourchette.

Elle n’avait pas faim.

Pas faim de nourriture, en tout cas.

Elle avait cependant faim, était même affamée, de s’entretenir avec l’homme. Elle était affamée de lui arracher la tête.

Et c’est tout ce à quoi elle pouvait penser depuis une heure, depuis qu’elle l’avait vu.

Mais malheureusement, il y avait trop de personnes extérieures pour qu’elle puisse dire ce qu’elle voulait. Les amis d’Ichigo ne méritaient pas d’être mêlés à leurs histoires. Ichigo lui-même méritait de passer une bonne soirée.

Et Toshiro était là. Il ne cessait de la regarder avec inquiétude, comme s’il ne savait pas vraiment quoi faire. Comme s’il savait que c’était à elle de régler les choses avec Isshin, mais qu’il voulait être sûr qu’elle allait bien.

Et elle ne pouvait pas dire ce qu’elle pensait réellement de l’homme devant le garçon.

Parce qu’il avait des choses à dire également, et qu’elle savait qu’il serait beaucoup plus doux qu’elle. Parce qu’Isshin avait aussi été important pour lui dans le passé. Assez pour qu’il soit touché par ce qu’il s’est passé, mais d’une façon bien différente de Rangiku.

Mais cela n’empêchait pas les autres de s’amuser et de fêter les retrouvailles. Rangiku était contente pour eux et-

« -pense, mais j’ai été ravie d’apprendre que tu es devenu Capitaine, Toshiro. » Rangiku se figea sur place, sa fourchette émettant un son stridant contre son assiette qui attira l’attention de toutes les personnes réunies.

Ah oui, quelque chose qu’elle n’avait pas encore mentionné : Isshin faisait comme s’ils étaient de bons vieux amis se retrouvant après toutes ces années. Et cela rendait Rangiku absolument folle.

Il avait essayé de lui adresser un mot, mais le regard mortel qu’il avait reçu l’avait fait reculer et froncer les sourcils. Dieu. Il avait froncé les sourcils. Comme s’il ne comprenait pas l’animosité soudaine du Lieutenant.

Un grand silence suivit la déclaration de l’homme.

Toshiro lui lança un regard rapide, presque effrayé par la soudaine attention. « Euh… Merci ? » il semblait incertain et lui lança un nouveau regard, avant de reprendre une rapide bouchée de sa nourriture.

Comme s’ils sentaient la soudaine ambiance tendue, les autres conversations ne reprirent pas, ce qui plongea la table dans un silence lourd et pesant.

La seule personne assez stupide pour continuer à parler était inévitablement-

« On m’a dit que tu étais devenu un bon Capitaine. Je suis sûr que tes hommes doivent être fiers de servir sous tes ordres. »

« Toshiro n’est pas qu’un ‘bon Capitaine’, c’est un excellent Capitaine. » cracha Rangiku, plongeant son regard dans le sien. Ses yeux étaient d’un noir corbeau qu’elle avait longuement regretté. Mais ce temps était révolu. « Il est bien meilleur que son prédécesseur et se soucis du bien-être de ses hommes. » continua-t-elle, tapotant son index contre sa fourchette, essayant d’évacuer sa frustration autrement que de lâcher verbalement sa colère purement et simplement. « Donc oui, je suis particulièrement fière de lui. » conclu-t-elle en prenant malgré tout une bouchée de son assiette, comme pour lui signaler de ne plus en parler.

Toshiro semblait vouloir disparaitre à côté d’elle et Isshin lui envoya un regard calculateur avant de se pencher plus en arrière sur sa chaise.

« Je vois, je suis ravi de l’apprendre. » dit-il et remonta les manches de sa chemise « J’espère que nous aurons la possibilité d’en parler plus amplement après ce délicieux repas. »

« Certainement. » répondit-elle sèchement avec un hochement de tête.

Isshin garda son regard encore quelques secondes avant d’entamer une nouvelle conversation avec Karin, et les autres reprirent rapidement leurs discussions après ça.

Rangiku était frustrée et en colère. Elle n’avait pas prévu de voir Isshin Shiba aujourd’hui. Elle avait tiré un trait sur l’homme il y a des années et ne s’était pas attendue à le retrouver dans le salon d’Ichigo en venant ici.

Mais maintenant qu’elle avait toutes les pièces du puzzle, il était tellement évident de pourquoi Ichigo était aussi puissant et têtu et… Putain. Elle était tellement frustrée. Elle aurait dû le voir. C’était une évidence maintenant. Beaucoup de chose criait à Isshin chez Ichigo. Mais elle n’avait jamais fait attention. Et si ça avait été le cas, elle aurait pu s’éviter de se retrouver dans cette situation. De mettre Toshiro dans cette situation.

Le garçon jouait avec ses couverts dans son assiette sans rien dire, regardant son verre comme s’il était beaucoup plus intéressant que les personnes dans cette pièce. Il semblait vouloir simplement disparaitre de cette situation et Rangiku ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.

Personnellement, elle était énervée contre l’homme. Elle ne ressentait que de la colère envers lui et avait particulièrement envie de lui faire entendre son point de vue. Toshiro, lui, avait sûrement une idée différente des choses. L’homme l’avait blessé, c’était incontestable, mais c’était aussi son premier capitaine. C’était l’homme qui avait accepté de donner une chance à un enfant sans expérience, à le pousser à de grandes choses et à être présent pour lui (jusqu’à un certain moment).

Rangiku avait envie de l’étriper, mais elle comprenait pourquoi Toshiro se sentait aussi mal. C’était un peu comme retrouver un père absent : frustrant mais donneur d’espoir.

« Fini ton assiette. » souffla-t-elle dans son oreille, passant une main dans son dos. Il leva un regard mi-ennuyé mi-effrayé vers le sien, et elle lui sourit. Elle ne devait pas montrer trop en détails à quel point elle était en colère. C’était particulièrement ridicule comme situation. Elle savait qu’Isshin avait été comme un père pour le garçon, pendant un certain temps, où au moins un oncle proche. Elle savait aussi qu’elle était ce qui se rapprochait le plus d’une mère pour lui, ce qui menait à cette situation. C’était comme s’ils étaient des parents divorcés, que le père était parti et qu’ils se retrouvaient par hasard des années plus tard. « Allez, mange tes légumes. » pressa-t-elle, regardant sa propre assiette.

Cette comparaison était parfaitement ridicule. Ni Isshin, ni elle, n’étaient les parents de Toshiro. Et ils n’étaient certainement pas mariés, ou divorcés. Ils n’y avaient jamais eu la moindre attirance romantique entre eux.

Mais les faits étaient qu’ils étaient quand-même ici.

Et c’était ridicule.

Etonnement, Toshiro recommença à manger sans rien dire. Il semblait un peu secoué et essayait sûrement de traiter les informations, tout comme elle.

Rangiku avait un peu hâte que tout cela se termine.

Rukia se risqua à lui parler, et elle fournit un effort pour répondre au jeune lieutenant avec un sourire. Peut-être devrait-elle penser à autre chose jusqu’au moment venu. De toute manière, elle ne pouvait pas faire grand-chose d’autre en attendant. Alors elle rentra dans la discussion, essayant de ne pas faire attention au regard corbeau qui se tournait de temps en temps vers elle.

Les minutes ont commencé à défiler plus rapidement, et c’était pour le mieux. Le dessert est rapidement arrivé et tout le monde s’est extasié devant le gâteau absolument magnifique que Yuzu avait cuisiné.

Puis tout le monde à débarrassé, dans la bonne humeur et les blagues. L’humeur de Rangiku était un peu remontée. Elle avait ignoré cet homme pendant des années, elle pouvait le faire pendant encore quelques heures. Il ne méritait pas assez d’attention pour gâcher son après-midi.

Toshiro aussi sembla se détendre légèrement. Extérieurement il était toujours le capitaine froid, et cela n’avait pas changé de tout le repas, mais elle pouvait voir la différence, et ses mouvements étaient moins crispés.

Le reste de l’après-midi s’est passé sans accro, ou presque, mais Rangiku a réussi à gérer toutes les situations. Isshin a tenté quelques approches vers Toshiro, mais elle les a toutes arrêtées, soit en prenant le garçon et en l’amenant à l’autre bout de la pièce ou du jardin, soit en disant directement à l’homme de partir quand elle sentait sa patience diminuer. Toshiro n’a rien dit à ce sujet de la journée. En fait, il a à peine ouvert la bouche de l’après-midi. Il semblait juste se cacher discrètement chaque fois qu’Isshin le regardait et que leur regard se croisaient.

« Vous devriez dormir ici tous les deux ce soir. La chambre d’amis est déjà prête. » proposa Ichigo quand tous ses amis commencèrent à partir. Chacun sortait avec un grand sourire et un geste de la main.

« Oh, ne t’inquiète pas, nous allons rentrer tranquillement chez Inoue. » répondit Rangiku, cherchant déjà son capitaine des yeux. Le gamin s’amusait (autant qu’il se le permettait, c’est-à-dire en tirant la gueule mais en étant impliqué) avec Karin à jouer au football dans le jardin.

« Honnêtement, Rangiku » l’adolescent attira une nouvelle fois son attention. Il leva la main pour montrer son père derrière son épaule sans même se retourner. « Je pense que vous devriez avoir une conversation avec lui. » déclara-t-il, et Rangiku serra la mâchoire. Bien-sûr.

« Alors tu- »

« Il me l’a dit. » coupa la fraise, lui épargnant de parler sur le sujet. « Je savais déjà qu’il était un ancien Capitaine, mais pas de quelle division. Après le repas, je lui ai posé la question et il m’a avoué que c’était la dixième et… » il haussa les épaules, regardant finalement son père avant de revenir vers elle. « Tu étais son Lieutenant et Toshiro votre Troisième Siège. » Rangiku hocha la tête, même si ce n’était pas une question. « Je ne connais pas les détails, mais d’après ce que j’ai compris, tu as le droit d’être en colère. » Cela l’étonna. Elle s’était attendue à ce qu’il défende son père et lui dise de reculer. Ichigo la regarda avec un sourire compréhensif avant de hausser les épaules à nouveau « C’est un super père, un bon médecin et était un bon mari. La vie qu’il s’est construite ici n’a rien de difficile ou de mal, mais je sais qu’il faisait d’autres choses avant… avant ma mère ou moi. Et sur ça, je ne pense pas avoir mon mot à dire, c’est vous qu’il a blessé. Même si c’est mon père, je pense que ta colère est légitime mais j’aimerais que vous vous expliquiez. Je tiens à vous trois et… » il fit un signe vers Toshiro qui se moquait de Karin qui était tombée au sol. « Je suis sûr que vous pouvez vous entendre à nouveau. »

Rangiku continua de serrer la mâchoire, regardant Toshiro. Karin était peut-être le premier ami de son âge qu’il avait. Kusaka avait été une expérience assez compliquée, même s’il continuait de dire qu’ils étaient amis, bien que l’autre ait tenté de le tuer à plusieurs reprises.

« Nous verrons… » finit-elle par dire. « Je ne peux rien te promettre, Ichigo, mais sache qu’il n’y a rien de personnel avec toi. »

« Même s’il est parti pour fonder une famille ici ? » demanda l’adolescent avec un froncement de sourcil inquiet.

« Tu n’y es pour rien. Je ne vois pas en quoi tu serais responsable de quoi-que-ce-soit. » répondit-elle avec un sourire encourageant.

« Ouais » ria-t-il sans humour « Pas faux. » il regarda à nouveau Toshiro, puis soupira alors que ses amis l’appelaient pour lui dire aurevoir. « Essaye au moins de ne pas le tuer, j’ai encore besoin de lui. »

« Je ne promets rien. » dit-elle alors qu’il levait les yeux au ciel et lui faisait un geste de la main, avant de partir rejoindre ses amis.

Le soleil était couché depuis longtemps maintenant, et bien qu’ils n’aient pas vraiment fait de dîner, ils avaient eu de quoi grignoter toute la journée, donc personne n’avait faim. Elle regarda l’heure sur son téléphone et se rendit compte qu’il était plus tard que l’heure à laquelle elle demandait à Toshiro de se coucher. Oui, elle demandait au garçon de se coucher à une certaine heure. Alors bien-sûr, il ne pouvait pas tout le temps respecter cela, car ils étaient parfois en mission ou avaient beaucoup de chose à faire, mais elle essayait de l’éloigner le plus possible du travail pour les nuits, car elle savait qu’il serait capable de rester au bureau toute la nuit si elle n’était pas dernière lui. C’était aussi pour préserver sa santé. Elle l’avait déjà trouvé malade au petit matin après qu’il ait enchaîné plusieurs nuits blanches, et ne voulait pas que cela se reproduise.

Se dirigeant vers le jardin où les deux jeunes jouaient depuis plusieurs heures sous les lumières artificielles, elle pencha la tête et les observa pendant quelques minutes, les bras croisés sur sa poitrine.

Elle était heureuse que Toshiro ait une amie de son âge. Même s’il soutenait que Karine n’était qu’une connaissance et qu’il lui parlait simplement parce qu’elle était la sœur d’Ichigo, il ne pouvait pas nier qu’il était toujours d’accord pour lui rendre visite ou s’amuser avec elle.

Elle savait très bien qu’il la considérait comme son amie.

S’apprêtant à demander au garçon d’aller se préparer pour aller dormir, elle ferma la bouche quand une présence à côté de la sienne apparue.

Au début, aucun des deux ne parla. Rangiku ne savait pas trop ce qu’elle devait dire pour commencer sans se donner en spectacle. Heureusement pour elle, l’homme ne savait pas tenir sa langue.

« Ne sont-ils pas adorables ? »

Elle renifla de sarcasme, ravalant sa réplique. Elle préféra ne pas répondre et s’avancer.

« Toshiro » appela-t-elle, attirant l’attention du garçon « Va prendre une douche et te coucher. » elle leva la main au-dessus de son épaule.

« Ici ? » demanda-t-il alors que Karine essayait de le dribler, malgré le fait qu’il parlait.

« Oui, on a la chambre d’amis. »

Si Toshiro hocha la tête, elle ne le vit pas, car Karine récupéra le ballon et il se mit à lui courir après. Rangiku leva les yeux au ciel, sachant qu’ils allaient finir leur partie, quel qu’elle soit.

Elle croisa les yeux d’Isshin quand elle se retourna et lui envoya un regard noir. Il était l’heure d’avoir quelques explications.

Apparemment, l’homme était d’accord avec elle et l’invita d’un simple geste à rentrer dans la maison. Rangiku s’avança et alla jusqu’à la cuisine, espérant que tous les autres ne viendraient pas les déranger.

« Toshiro, je ne le répèterai pas ! » cria-t-elle en entrant, lançant un regard entendu au garçon, qui cette fois, hocha correctement la tête.

« Ne devrions-nous pas l’attendre ? » demanda l’homme quand il entra à son tour dans la cuisine.

« Je préfère qu’il n’assiste pas à ça. » répondit-elle en croisant les bras sur sa poitrine, se tournant vers lui. « Nous devons avoir une conversation entre adultes. »

L’homme soupira, passant une main dans ses cheveux en baissant la tête de défaite. « Alors tu es vraiment énervée, hein ? »

« A ton avis ? » cracha la femme, s’appuyant contre l’évier de la cuisine.

Isshin ne dit rien pendant quelques secondes, et ils se regardèrent simplement. Il finit par soupirer et détourner le regard avec résilience.

« Je suis désolé. »

« Cela ne suffit pas. » l’amertume était perceptible dans sa voix et si Isshin avait la décence de l’entendre, il ne dit rien. « Tu nous as abandonné il y a des années, sans explication, et maintenant tu fais comme si de rien n’était. »

« Je n’ai pas eu le choix, Rangiku. » se justifia l’homme, ouvrant les bras dans un geste qui pourrait s’identifier à de la peine. « Il y avait beaucoup en jeu et… » il sembla chercher ses mots et Rangiku le regarda simplement avec un sourcil levé, attendant l’excuse qui allait suivre. « Et je n’ai pas eu le temps de- »

« Pas eu le temps ? » répéta-t-elle, outrée. « Est-ce-que tu te fous de ma gueule ? Tu avais tout le temps de nous expliquer ce qu’il se passait. Tout le temps de nous demander de t’accompagner. Tout le temps du monde, Isshin, pour ne pas nous abandonner comme tu l’as fait ! »

« Je suis désolé pour ça. » répéta-t-il, restant calme malgré le fait qu’elle lui criait dessus. « Il y avait beaucoup en jeu. Je suis désolé. Je n’ai pas réfléchi. »

La mâchoire de Rangiku se serrait et se desserrait, comme si elle ne savait pas si elle devait hurler ou rester muette devant un tel imbécile.

« Magnifique. » dit-elle alors, sentant sa gorge se serrer de rancœur. « Alors tu es désolé, tu n’as pas réfléchi, et nous pouvons recommencer nos vies. »

« Rangiku, je suis déso- » essaya à nouveau de s’excuser l’homme quand il vit les larmes dans ses yeux, qu’elle refusait de laisser couler.

« Il ne s’agit pas de moi. » coupa-t-elle, levant une main pour l’arrêter. « Je suis et étais déjà adulte. Je peux comprendre pourquoi tu nous as quitter. » elle lui lança un regard noir. « Moi aussi, j’ai été amoureuse d’un homme, et comme toi, il n’est plus ici pour en témoigner. » sa mâchoire se serra. « Mais Toshiro était et est toujours un enfant. » L’homme ouvrit la bouche mais elle leva une nouvelle fois sa main pour le faire taire. « Je peux comprendre les raisons qui t’ont poussé à prendre cette décision. Mais je ne peux pas comprendre comment, à aucun moment dans ton putain de cerveau, il ne t’est venu à l’esprit de nous prévenir. » il y avait encore ces larmes dans ses yeux, qui la rendaient encore plus en colère. Elle ne voulait pas pleurer. « Je ne sais pas moi, une phrase, un message, une lettre… Juste… juste un au revoir. » elle détourna les yeux et prit une grande respiration. Une nouvelle fois, il allait parler, mais elle le coupa. Elle avait attendu ce moment pendant près de 17 ans, alors il allait la laisser parler. « Toshiro te voyait comme son héros. Il t’admirait. Tu lui as montré comment être un bon officier, comment survivre dans un monde difficile, comment apprendre à être meilleur, à se dépasser. Mais tu lui as aussi appris que n’importe qui pouvait partir de sa vie sans un mot. »

« Je n’ai pas pensé à- »

« Toshiro est un enfant, Isshin ! » Elle en avait marre des excuses. « Est-ce-que tu sais combien de fois je l’ai retrouvée malade parce qu’il restait toute la nuit au bureau ? Combien de fois il s’est blessé à l’entraînement parce qu’il avait la responsabilité de devenir le prochain Capitaine ? Combien de fois j’ai dû le rattraper et le rassurer parce que ce n’était qu’un enfant brisé ?! » Ça y est, elle pleurait.

Parce qu’elle pouvait comprendre. Mais Toshiro n’avait été qu’un enfant qui admirait son Capitaine. Parce qu’il s’était ensuite retrouvé dans une guerre qui n’aurait jamais dû être la sienne.

Un mouvement près de la porte attira leur attention à tous les deux, et Toshiro se tenait là, le visage pâle, le ballon avec lequel il jouait plutôt dans ses mains.

Rangiku croisa son regard et elle vit toute la peur de ce qu’il se passait. Elle détourna les yeux, regardant loin des deux alors que son mascara avait sûrement coulé maintenant.

« Je… Euh… Je cherchais mon pyjama. » déclara le garçon, sa voix se brisant en un murmure.

Un grand silence s’en suivit. Toshiro attendait manifestement une réponse, et souhaitait sans aucun doute disparaître de la surface de la terre. Isshin ne répondit pas, et elle pouvait le voir s’appuyer contre une chaise, prenant son visage dans l’une de ses mains. Rangiku regarda les différents dessins et décorations douteux sur la porte du frigo des Kurosaki, qui étaient bien plus intéressants que le reste.

Elle attendit que la boule dans sa gorge diminue pour parler, ne regardant à aucun moment l’un ou l’autre. Parce qu’elle ne voulait pas que Toshiro la voit pleurer. Parce qu’Isshin pouvait aller se faire foutre.

« Ich- » elle se racla la gorge, levant une main à son nez « Ichigo a monté le sac dans la chambre. » Elle porta ensuite sa main à son visage pour essuyer son visage, essayant d’enlever le mascara qui avait coulé. Elle tourna la tête vers le garçon qui semblait incertain de s’il devait entrer dans la pièce ou fuir à l’étage. « Et lave toi les dents. » dit-elle en lui offrant un petit sourire qui, comme elle l’espérait, lui suffirait pour partir.

Toshiro n’avait toujours pas l’air certain de ce qu’il devait faire, mais hocha la tête. Pourtant, il ne bougea pas pendant plusieurs secondes.

Ses mains pétrissaient le ballon qu’il tenait, son regard alternant d’un adulte à l’autre.

Un grand silence s’en suivi, mais aucun d’eux ne dit rien. Même Isshin semblait à court de mots. Pourtant, c’est lui qui ouvrit la bouche en premier, après presque une minute de silence.

« Toshiro, écoute… » sa voix était légèrement plus rauque que d’habitude, mais Rangiku n’allait sûrement pas avoir de la peine pour lui. Certainement pas. L’ancien Capitaine soupira et passa une main dans ses cheveux noirs. « Je suis désolé, gamin. Pour tout ce qu’il s’est passé. »

Pourtant, Toshiro ne répondit pas. Il se contenta de planter ses yeux turquoise dans ceux de l’homme et de le dévisager. Même Rangiku, à cet instant, avait du mal à lire en lui.

Isshin finit par soupirer à nouveau. « Je sais que je vous ai blessés… tous les deux. » il tourna son regard vers Rangiku, qui se mordit la lèvre pour ne pas lui lancer une autre remarque glaciale. « Et je suis désolé. » dit-il plus doucement « Pour ce que ça vaut pour vous. »

A nouveau, aucun d’eux ne répondit.

Rangiku attendait que Toshiro s’en aille pour recommencer à hurler sur leur ancien Capitaine. Le garçon, quant à lui, continuait de fixer froidement l’homme. Ses doigts tripotaient toujours le ballon dans ses mains avec nervosité, mais son regard était purement glacial.

« Je t’ai déjà dit ce que ça valait pour moi. » finit par lâcher Rangiku, les bras croisés, s’appuyant contre le comptoir. Elle soutint le regard des deux autres quand ils la regardèrent.

Isshin hocha la tête, résigné. Il comprenait qu’il avait définitivement tout perdu avec elle. Même une chance de se racheter.

Toshiro finit par se râcler la gorge. Les deux adultes tournèrent leurs regards vers lui, et il prit une grande respiration, essayant manifestement de garder un semblant de courage alors que la situation était compliquée.

« Capitaine Shi-… ou Monsieur Kurosaki… je ne sais pas trop … » ses joues s’empourprèrent légèrement, avant qu’il ne se racle à nouveau la gorge. Il croisa le regard de Rangiku, avant de soutenir à son tour celui de l’homme. « Je comprends pourquoi vous l’avez fait. » déclara-t-il. Ce gamin était beaucoup trop intelligent pout son propre bien. « Je vous pardonne. » Rangiku sentit ses yeux brûler.

Pardonner à cet homme, après ce qu’il leur avait fait… Après ce qu’il lui avait fait… ce n’était pas juste. Il ne méritait pas d’être pardonner.

Rangiku voulait lui dire qu’il ne prenait pas le bon choix. Qu’il ne devrait pas prendre cela à la légère et qu’il devait y réfléchir. Elle voulait lui dire qu’Isshin ne le méritait pas. Absolument pas.

Pourtant, elle ne dit rien. Toshiro était assez grand pour prendre ses propres décisions. Il était assez mature pour comprendre la complexité de la situation, et assez intelligent pour savoir ce qui était le mieux pour eux.

Cependant, elle ne pouvait pas prendre la même décision que lui. Par respect pour Toshiro, qui était trop gentil. Par respect pour toute la douleur qu’ils avaient enduré.

Elle ne pouvait pas lui pardonner.

Mais elle ne dit rien.

« Cependant » continua Toshiro, son regard se durcissant à tel point qu’il lançait des éclairs. Le ballon dans ses mains gela légèrement, avant qu’il ne le lance à Isshin, qui l’attrapa avec un sourcil levé. Le garçon lui lançait son regard le plus mauvais. « Ne la faite plus jamais pleurer. » cracha-t-il « Ancien Capitaine ou père de famille, je n’hésiterai pas à vous le faire regretter si ça se produit à nouveau. »

Et avec un dernier regard noir, Toshiro disparu dans les escaliers, pour aller chercher son pyjama.

Alors que la surprise se lisait sur le visage d’Isshin, un petit sourire triste se dessinait sur celui de Rangiku.

Toshiro avait toujours été comme ça. Très protecteur avec elle, presque autant qu’elle l’était parfois avec lui.

Au moins, elle pouvait se délecter de l’expression abasourdie d’Isshin, avant qu’il ne secoue la tête et n’affiche un sourire fier.

« Enlève ce sourire. Tu ne mérites pas ce gamin. » raya Rangiku, mais cela ne fit qu’accentuer l’expression de l’homme.

« Oh, je sais. » dit-il avec un haussement d’épaules. « Mais je suis heureux de voir que vous veillez l’un sur l’autre. Ça me rassure. »

Rangiku leva les yeux au ciel.

Toshiro semblait avoir accepté ce que l’homme était devenu, et le fait qu’ils avaient été rayé de sa vie. Le Lieutenant avait encore du mal à voir les choses ainsi, mais comme elle l’avait dit, il ne s’agissait pas d’elle, mais de Toshiro.

Donc si le gamin voulait recréer quelque chose entre eux, Rangiku ne l’empêcherait pas. Comme elle l’avait dit, elle ne pouvait pas pardonner à Isshin les conséquences de ses choix stupides, mais si Toshiro voulait essayer, alors peut-être qu’elle pourrait tolérer l’homme quelques fois.

« Sans rancune ? »

« Va te faire foutre. »

Putain, qu’est-ce qu’elle ne ferait pas pour ce gamin ?

Notes:

N'hésitez pas à m'envoyer vos idées de scènes qui pourraient convenir à leur relation.
Merci :)