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Language:
Français
Series:
Part 38 of Nuits du FoF , Part 1 of De la lumière verse
Stats:
Published:
2020-09-01
Updated:
2026-05-04
Words:
487,968
Chapters:
185/190
Comments:
1,055
Kudos:
64
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12
Hits:
5,285

De la lumière.

Chapter 185: Les lumières s'affolent.

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

Depuis un moment, les choses partaient en vrille à Storybrooke et Peter Pan ne pouvait plus se voiler la face à ce sujet.

Rumplestiltskin qui résistait au contrôle de sa dague d'abord, maintenant Henry qui habitait semble-t-il de nouveau chez Regina et qui se faisant échappait à son emprise, non, plus rien n'allait et il était temps pour lui d'agir.

De comprendre ce qui se tramait dans ce qui avait fini par devenir sa ville.

À moins que ce ne soit qu'une coïncidence, ça n'avait aucun sens que son arrière-petit-fils soit retourné chez sa mère adoptive, sauf s'il avait récupéré ses souvenirs.

Ce qui n'était pas possible, à part s'il avait cessé de prendre ses médicaments, ce qui n'était pas le cas, l'immortel en était presque sûr, ou alors…

Ou alors…

Pris d'un terrible pressentiment, il fonça vers les archives malgré l'heure tardive, presque déjà convaincu à l'avance de savoir ce qu'il allait y trouver.

§§§§

Même si c'était impossible, le sorcier eut presque l'impression, alors qu'il faisait face à ce qui aurait dû être le livre de contes d'Henry Mills et qui pourtant n'était rempli que de pages blanches, que le livre était en train de lui rire au nez.

Serrant les dents, affreusement contrarié par cette découverte qu'il n'avait pas vue venir, qu'il n'avait pas su anticiper il quitta les lieux rapidement, ruminant ce mauvais coup du sort et ce que cela pouvait signifier pour lui.

Le livre n'avait pas disparu comme par enchantement, jamais le moindre signalement de faits étranges n'avait été rapporté, en dehors de…

Se figeant brusquement alors qu'il s'en souvenait, il se demanda comment il avait fait pour ne pas s'en être rendu compte plus tôt.

La panne de courant, bien sûr, évidemment, ça avait dû se passer à ce moment-là, même s'il ne savait toujours pas comment, après tout elle avait duré moins d'une minute.

La seule chose dont il était certain, c'était que le capitaine Crochet était impliqué, qu'il avait sûrement, d'une manière ou d'une autre, récupéré l'ouvrage, l'avait remplacé par un faux, l'avait donné à Henry et ça avait suffi pour lui rendre ses souvenirs, expliquant son comportement suspect des derniers jours.

Ce qui ne pouvait également signifier qu'une chose, il avait eu accès à un objet magique, personne ne serait parvenu à un tel cambriolage autrement, peut-être était-il en contact avec le ou les inconnu(e)s dont il avait senti l'arrivée à Storybrooke sans jamais les trouver.

Bien…

Ils avaient peut-être remporté une bataille mais ils étaient loin d'avoir gagné la guerre, et s'il y avait bien une chose que Peter Pan savait faire quand il le fallait, c'était être patient.

Il attendrait que Wendy les trouve, où qu'ils soient, qui qu'ils soient, parce que viendrait bien un jour où Henry communiquerait avec eux en face à face et ce jour-là…

Oh ce jour-là, il ne les raterait pas, et ils regretteraient amèrement d'avoir voulu jouer contre lui au sein d'une partie où les dés étaient pipés depuis le début en sa faveur.

§§§§

Lundi 29 avril 2013.

«Excusez-moi, est-ce que vous êtes Neal Cassidy?

En voyant cette jeune femme qu'il reconnut rapidement comme étant une des serveuses du Granny's l'aborder alors qu'il venait de manger dans le restaurant et qu'il en sortait, Neal fronça les sourcils, confus.

- Oui, c'est bien moi. Pourquoi?

- Je m'appelle Lacey French, je suis la petite-amie de votre père.

Le jeune homme se figea, stupéfait.

Il ne savait même pas que son père avait de nouveau quelqu'un dans sa vie, en fait, il ne savait rien de lui, il aurait pu être mort qu'il ne l'aurait pas su par lui-même, ne l'aurait appris que par le journal ou par le notaire, tant il n'avait plus de contact avec lui depuis des années.

Hé ben je ne savais pas qu'il les aimait jeunessongea-t-il aussitôt avec cynismese retenant évidemment de le dire à voix haute.

- Ravi de l'apprendre, lui rétorqua-t-il d'un ton froid, est-ce que je peux savoir ce que ça a à voir avec moi? C'est lui qui vous envoie?

Ça ne l'aurait pas étonné si c'était le cas, qu'il veuille renouer avec lui en chargeant quelqu'un d'autre de le faire à sa place au lieu d'agir lui-même, il était toujours aussi lâche qu'avant, c'était franchement pathétique.

À sa grande surprise, la brune secoua la tête.

- Non, à vrai dire il ne sait même pas que je suis là, ça fait un moment qu'il avait prévu de vous contacter mais comme il ne l'a toujours pas fait, j'ai préféré prendre les devants et venir vous voir. Il aurait dû vous appeler mais… je pense qu'il a peur.

- Qu'est-ce que vous voulez?

- J'aimerais que vous acceptiez de le revoir, de lui parler.

- Je n'ai pas vu mon père depuis près d'une dizaine d'années, lui répondit-il avec un air bourru, ce n'est pas maintenant que ça va changer, et sachez que je me porte très bien sans lui, merci bien.

Lacey soupira.

- Je n'en doute pas, et je comprendrais qu'après la manière dont il s'est comporté avec vous, cela vous ôte toute envie de renouer le dialogue, mais… je veux que vous sachiez qu'il a changé. Qu'il est désolé de ce qu'il a fait, qu'il est différent maintenant.

- Qu'il vienne me le dire lui-même dans ce cas, siffla Neal avec acidité et colère.

C'était beaucoup trop facile de venir s'excuser par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre des années trop tard, alors que le mal était déjà fait depuis si longtemps.

Lacey soutint son regard avec détermination.

- Il le fera, je peux vous l'assurer, je vous le répète il n'est plus le même qu'avant. J'en sais quelque chose, j'ai passé un certain temps à le mépriser, je ne serais pas là devant vous si je n'en étais pas persuadée. Il veut arranger les choses, et pour vous ce ne sera peut-être pas suffisant, pas assez, trop tardif, et c'est tout à fait normal. Mais je veux seulement que vous sachiez que votre père veut essayer, qu'il veut vraiment essayer, qu'il vous tend la main, à voir si vous voulez la saisir ou pas.

Neal grimaça, la trouvant plus convaincante que ce à quoi il s'attendait.

Et puis, après tout, ça pouvait n'avoir lieu qu'une fois et si son père le décevait une fois de plus, comme il s'y attendait, il pourrait partir et ne plus jamais le revoir de sa vie comme il en avait eu l'intention jusque-là…

- Dans ce cas, pourquoi pas. Vous serez là?

- J'en ai l'intention, pourquoi?

- J'avoue que je suis curieux de connaître un peu plus la femme qui a fait changer mon père.

- Je ne l'ai pas changé, le contredit-elle, il l'a fait de lui-même, il a dû finir par comprendre qu'il était temps pour lui de le faire, qu'il n'était pas trop tard. Je suis contente de l'y avoir aidé si c'est bien le cas.»

Neal n'était pas sûr d'être d'accord avec elle, mais après tout, qu'importe, il n'ajouta rien de plus et se contenta de s'accorder sur une date de rendez-vous avec elle.

§§§§

Lundi 6 mai 2013.

Lorsque Lacey lui dit qu'elle était allée voir son fils sans rien lui dire et avait organisé un rendez-vous entre eux trois au restaurant, il n'avait même pas eu envie de se mettre en colère.

Certes, elle avait fait ça derrière son dos, mais il avait bien conscience que, paralysé par la peur, le doute et la crainte du rejet, jamais il n'aurait osé prendre son téléphone pour l'appeler et la situation aurait continué de rester la même, pourrissante, stagnante, sans que rien ne change jamais.

Et une multitude de et si sans réponses aurait continué de lui torturer l'esprit jusqu'à le mener à la folie.

Maintenant il avait peut-être la chance et l'opportunité d'arranger les choses avec Neal, et c'était grâce à elle.

Le revoir après tout ce temps lui fit un choc immense.

Certes, Neal avait dix-huit ans quand il avait coupé les ponts avec lui, il venait de devenir adulte, mais il sortait à peine de l'adolescence, pour lui il était encore son petit garçon, celui dont il avait dû s'occuper seul après la mort de sa femme.

Il était si différent.

Maintenant c'était un adulte, un adulte au regard froid et empli de colère, ce qui n'étonna aucunement l'antiquaire.

Il avait, après tout, beaucoup de choses à se faire pardonner.

«Bonsoir pa… Commença Neal avant de brusquement se raviser et de répéter sobrement uniquement le premier mot. Bonsoir. Bonsoir Lacey.

S'il avait su qu'ironiquement, comme son fils, il avait évité d'utiliser le mot désignant l'un de ses parents, mais pour d'autres raisons que lui…

- Bonsoir, fit la serveuse.

- Bonsoir Neal, lui répondit Robert Gold d'une voix emplie d'émotion, je suis heureux de te voir et je te remercie d'être venu. Tu… tu m'as beaucoup manqué.

À moi aussi, lui aurait sûrement répondu Neal s'il avait été honnête.

Mais ce n'était pas vraiment comme s'il avait le sentiment que son père méritait qu'il le soit.

- Si tu le dis, se contenta-t-il de répondre en haussant les épaules avant de s'asseoir.

Il savait qu'il était injuste avec lui, avant que toute communication ne cesse entre eux, son père avait tenté de le contacter à plusieurs reprises, lui promettant de changer mais Neal n'y avait jamais accordé aucun crédit.

Et d'après les rumeurs qu'il avait entendues à son sujet, il n'avait pas eu tort…

Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour que soudainement, tout soit différent, il aurait bien aimé le savoir.

Puis, son père fit ce à quoi il ne se serait jamais attendu de sa part, ce qu'il n'avait jamais fait depuis qu'il avait commencé à changer en pire.

Il prononça les trois petits mots que Neal Cassidy avait désespérément rêvé d'entendre plus de dix ans plus tôt.

- Je suis désolé. Je veux m'excuser pour le tort que je t'ai causé, autrefois, même si ça n'effacera jamais la manière odieuse dont je me suis comporté. J'avais… j'avais tort et tu as raison, je suis devenu un être méprisable et cruel, ignoble, je… J'essaye de me racheter et cette fois ce ne sont pas des mots en l'air.

Neal haussa un sourcil sceptique.

- Oh, vraiment?

Il avait déjà entendu ce genre de promesses, bien des fois, à son travail, venant de maris violents et de pères abusifs.

Ils mentaient à chaque fois.

Ils ne changeaient jamais.

À la différence que son père avait choisi de le faire de son plein gré, pas parce qu'il y avait été forcé et contraint.

Alors peut-être qu'il pouvait lui donner une chance.

- Oui. Quelqu'un a fini par me faire ouvrir les yeux et par me faire comprendre qu'amasser le plus d'argent possible ne me rendrait pas heureux et que je n'étais pas obligé d'être un monstre, que je pouvais… devenir meilleur.

Lorsque Lacey sourit, Neal sut qu'elle était responsable et ce constat lui fit bien plus mal qu'il ne l'aurait cru.

Alors pourquoi ne pas m'avoir écouté quand je te disais exactement la même chose papa?

Pourquoi est-ce que je n'étais pas suffisant, pourquoi est-ce que je n'étais pas assez pour que tu décides de devenir une meilleure version de toi-même pour moi?

- Il était temps, ne put-il s'empêcher de relever avec amertume.

Son père ne fit pas le moindre commentaire, ce qui le surprit, avant il n'aurait pas manqué de s'énerver et de se mettre en colère face à ses critiques pourtant justifiées.

- C'est vrai. Je ne peux pas te contredire à ce sujet.

- Oh. C'est… un changement, effectivement.

- Minime, je le sais bien, lui répondit-il. C'est pour ça que je voulais aussi te dire que… que même si c'est arrivé des années après et peut-être trop tard, j'ai fini par suivre tes conseils.

- Quoi donc, tu as accepté de ne plus augmenter tes loyers de manière exorbitante ou tu as accepté dans ta grande mansuétude de les baisser légèrement? Ironisa Neal, ne s'attendant pas vraiment à grand-chose venant de lui.

- Non, le contredit-il, en fait, j'ai vendu pour une somme symbolique tous les bâtiments que je possède à Storybrooke à leurs locataires. Désormais, je ne possède plus rien en dehors de la boutique et de ma maison. Storybrooke est enfin libérée de mon influence et peut dormir en paix.

Neal manqua s'étouffer avec son verre de vin en entendant cela.

- Attends, quoi?

Est-ce que son père lui faisait une blague?

Ils n'étaient pas le premier avril pourtant…

Son père lui sourit, amusé.

- C'est… c'est vrai? Balbutia son fils, incrédule. Tu veux dire que… que tous ces gens qui avaient du mal à finir leurs mois à cause de l'argent qu'ils te devaient, ils… ils sont propriétaires de leurs logement? Tu ne peux plus les expulser, c'est fini?

Le Ténébreux acquiesça.

- C'est terminé. J'ai plus d'argent qu'il ne m'en faut pour vivre pendant près de cent vies de toute façon, autant en profiter pour ne pas accabler tous ceux qui sont moins fortunés que moi.

- Je… je ne m'y attendais pas, je l'avoue, admit Neal, toujours éberlué. Tu as choisi de faire ça pour moi?

- En fait, j'ai lancé le processus avant même de savoir que tu avais accepté de me revoir. Inconsciemment, je l'ai probablement fait en pensant à toi, parce que tes mots me hantaient toujours, mais c'est aussi parce que Lacey est venue un beau jour dans ma boutique me hurler dessus parce que je voulais saisir le camion de son père qui n'avait pas payé son loyer dans les temps. Ça m'a donné à réfléchir.

Le jeune homme regarda l'aspirante bibliothécaire, un petit bout de femme qui ne payait pas de mine, avant de cligner des yeux à plusieurs reprises, interloqué.

- Vous… vous êtes allée voir mon père pour lui hurler dessus? Demanda-t-il à la brune.

- C'est exact. Je l'ai… assez sévèrement engueulé je dois dire.

- Vous… vous me dites que vous êtes allée voir un des hommes lui plus puissants et les plus terrifiants de la ville et que vous l'avez regardé droit dans les yeux pour ensuite lui dire qu'il était un connard?

- C'est… assez résumé mais c'est plus ou moins ça, admit-elle.

Neal éclata de rire.

- C'est dingue, vraiment. Et le plus dingue je pense c'est que ça ait marché.

Lacey et l'antiquaire rirent à leur tour.

Puis, peu après, Neal reprit son sérieux et soupira.

- C'est… c'est très bien, vraiment et c'est plus que ce que j'attendais de toi je dois dire…

- Mais? Continua monsieur Gold avec inquiétude.

- Mais je voudrais savoir une chose. Est-ce que tu accepterais de cesser de pourrir la vie de James Rogers? Je pense qu'il a assez payé pour ce qui est arrivé à maman.

Le soulagement qui envahit aussitôt l'immortel fut incommensurable.

S'il n'y avait que ça, ce n'était pas grand-chose…

Sa propre réaction le surprit lui-même, parce qu'avant, tout comme le fait de laisser ses locataires devenir propriétaire de ses logements (autrement qu'en les faisant payer une fortune), cette idée lui aurait été intolérable.

James Rogers avait brisé sa famille, il ne méritait rien d'autre qu'une souffrance égale à celle qu'il lui avait infligée, même si ça n'avait été qu'un accident.

Tout était différent désormais, et lui aussi, il était plus apaisé, moins en colère, il savait que l'ancien ami de son fils ne méritait pas sa colère ou sa vindicte éternelle, d'ailleurs, cela faisait longtemps qu'il n'avait plus pensé à lui, qu'il n'avait pas essayé de lui prendre le peu qu'il avait.

Une preuve de plus qu'il avait réellement changé.

C'était le cas depuis ce rendez-vous avec Lacey, où il avait eu le sentiment d'être enfin redevenu lui-même.

Avec un peu de chance, ça continuerait de durer.

- Aucun problème, lui affirma-t-il avec sincérité, de toute façon tu as raison. Il est temps pour moi de laisser le passé et les vieilles rancœurs derrière. Je le laisserai tranquille, tu as ma parole.

Un air surpris et ravi apparut sur le visage de son fils.

- Tant mieux dans ce cas. Je vais attendre un peu pour voir si tu mérites ma confiance, mais, papa… J'aimerais qu'on se revoie un autre jour, pour parler. Lacey vous êtes la bienvenue, j'aimerais apprendre à mieux vous connaître.

- Moi également, sourit la jeune femme qui n'avait pas beaucoup parlé, préférant laisser le père et le fils à leurs retrouvailles.

- J'en serais très heureux, lui répondit son père, un sourire sur les lèvres.»

Puis, alors qu'ils disaient au revoir (il ne le prit pas dans ses bras, c'était trop tôt pour ça), il réalisa que, non seulement les choses s'étaient bien mieux passées qu'il ne l'aurait pensé ou espéré mais qu'en plus…

Son fils acceptait à nouveau de l'appeler papa.

§§§§

Mercredi 8 mai 2013.

Emma n'avait plus besoin de l'interroger en ce qui concernait le dossier du gang du crâne et pourtant, elle ne cessait de revenir au manoir.

Contrairement à Regina, Henry ne s'empêchait pas d'espérer.

Il savait bien que les choses ne pouvaient pas être aussi simples qu'il l'aurait voulu, que ça aurait été trop beau, que Peter Pan ne l'aurait pas permis, de même que la malédiction, mais…

Mais…

Il y avait des choses qui ne trompaient pas.

Le fait que la bonde vienne souvent les voir, pour parler de l'avancée de l'enquête, là où il n'y avait pratiquement rien à dire, Peter Pan était toujours le plus malin, et le Sort Noir les protégeait trop bien, lui et son gang pour qu'ils puissent y changer quoi que ce soit, et elle restait de plus en plus longtemps.

Au début, c'était cinq minutes durant les premiers jours, puis dix, vingt et maintenant depuis un moment, c'était plusieurs heures, elle passait du temps avec lui, avec Regina et son regard ne semblait plus aussi douloureux qu'avant quand elle posait les yeux sur le salon qui recelait tant de bons et de mauvais souvenirs pour elle, tous aussi fabriqués les uns que les autres.

Elle avait même mangé avec eux la veille, discutant pendant une éternité avec l'ancienne mairesse, riant avec elle, la regardant avec amour et tendresse et quand elle était partie, Henry était presque sûr de l'avoir vue être à deux doigts d'embrasser la brune, avant d'y renoncer.

Il avait bien conscience que c'était grâce à sa présence qu'elles avaient pu se retrouver, renouer, envisager de passer à autre chose, faire éclater la vérité malgré tous les mensonges, qu'il était le ciment qui faisait tenir leur relation, c'était le cas depuis le début.

Sans lui, s'il n'avait pas disparu dans la Forêt Enchantée, jamais elles n'auraient accepté de s'allier, jamais elles ne seraient devenues amies, jamais elles ne seraient tombées amoureuses.

Jamais elles ne seraient devenues son plus grand espoir de briser la malédiction.

Ils n'y étaient pas encore, mais presque.

Après tout, personne ne pouvait arrêter le Véritable Amour, pas même un sorcier immortel tout puissant.

§§§§

Lundi 13 mai 2013.

Emma vivait pratiquement vingt-quatre heures sur vingt-quatre au manoir désormais, la seule raison pour laquelle elle n'y dormait pas c'était, Henry en était convaincu, pour ne pas succomber à la tentation de s'y réinstaller, pour ne pas concrétiser l'idée déjà présente dans leurs têtes à tous les trois qu'elles étaient de nouveau ensemble.

L'enfant savait bien qu'Emma aurait prétendu, s'il l'avait interrogée à ce sujet, que c'était uniquement pour assurer sa sécurité, mais c'était un mensonge grossier, depuis un moment, même quand il n'était pas au manoir pour donner le change auprès du gang, elle venait, il le savait.

Si elle souhaitait rester dans le déni, c'était son problème, pas le sien…

Et surtout, sa présence faisait du bien à Regina, Henry le sentait, certes elle ne buvait déjà plus d'alcool avant ça, sa dépression semblait perdre du terrain, mais depuis que le petit garçon et surtout la blonde étaient au manoir, elle souriait plus souvent et ça suffisait pour qu'Henry accepte de garder espoir.

«Emma… Je voudrais savoir quelque chose.

La Sauveuse lui lança un regard interrogatif.

- Je t'écoute.

- Une fois que… quand tout sera fini, quand on aura réussi à démanteler le gang, que Peter Pan nous laissera tous tranquilles et en paix, est-ce que… Est-ce que toi, Regina et moi on… on pourra être une famille?

Il avait attendu avant d'oser poser cette question, attendu que le cœur d'Emma ne semble plus brisé en mille morceaux dès qu'elle regardait l'ancienne mairesse et ne pouvait s'empêcher de revoir Daniel.

Être sûr que les ravages de la malédiction n'étaient plus aussi présents qu'avant, qu'Emma Swan, la vraie Emma Swan était revenue malgré l'oubli.

Avant, il le savait ça aussi, elle aurait dit non immédiatement, le fait de la voir hésiter à lui donner une réponse le remplit donc d'espoir.

La vérité c'était qu'Emma y avait déjà pensé, comme un rêve inaccessible, éthéré, quelque chose qu'elle ne pourrait jamais avoir.

Parce qu'avoir de nouveau une famille, avec Regina qui plus est, après la tragédie qui les avait frappées toutes les deux, lui semblait encore inimaginable.

Le fait qu'Henry y ait songé aussi rendait ça presque réel.

C'était rapide, peut-être trop, et elle en avait bien conscience, mais ce gosse avait réussi à franchir ses barrières et à gagner son affection si vite que c'en était presque terrifiant, malgré Daniel, malgré la douleur causée par la perte de son enfant, alors…

Alors…

- Est-ce que c'est Regina qui t'a demandé de dire ça?

Il secoua la tête avec virulence.

- Non, lui répondit-il et elle comprit qu'il disait la vérité, elle n'a rien à voir là-dedans.

Elle attendit quelques minutes avant de répondre.

- Je… je ne sais pas Henry. Je ne sais vraiment pas. Peut-être?»

Ce n'était pas un oui mais ce n'était pas un non non plus, alors Henry allait s'en contenter pour le moment.

§§§§

Ce fut l'espoir qui les perdit.

Ce fut parce qu'Henry, heureux et enthousiaste, fonça le lendemain après son passage à la planque du gang, tout droit à la ferme pour alerter Killian, Zelena et Hadès de la bonne nouvelle, qu'il ne fit pas attention, qu'il ne fut pas assez vigilant, et ce fut pour ça que Moraine put le suivre sans se faire repérer.

Elle s'était faite discrète jusque-là, mais en voyant Henry s'éloigner du centre-ville, elle l'avait suivi sans se faire voir, soupçonneuse, et alors qu'il parlait au barman et aux deux sorciers, elle avait pris une photo qu'elle avait plus tard montrée à Peter Pan.

Tout ce qu'ils avaient bâti ensemble avec acharnement allait bientôt s'effondrer, tel un château de cartes.

Mais bon…

Ce qu'Henry Mills ne savait pas ne pouvait pas lui faire de mal.

§§§§

Peter Pan sut qu'il avait eu raison dès l'instant où il vit la photographie sur le téléphone portable de Wendy Darling.

Killian était là, évidemment, cela ne le surprenait pas, Henry et lui étaient vraiment alliés, son arrière-petit-fils l'avait dupé et ça lui restait en travers de la gorge.

Quant aux deux autres personnes sur la photo, il ne les connaissait pas, ces fameux Kelly et Chad West ne lui disaient rien du tout, les quelques recherches qu'il fit dans les registres de la ville montra qu'ils ne possédaient rien sur eux et à vrai dire, le fait est qu'ils n'avaient commencé à faire parler d'eux à Storybrooke qu'après…

Oui.

Après l'étrange vague de magie qui avait traversé la ville, donc c'était eux les inconnus qui venaient de l'extérieur.

Peter Pan sourit avec satisfaction.

Je vous tiens enfin.

Il restait seulement un problème…

Comment avaient-ils fait pour se déplacer par magie sans qu'il ne s'en rende compte, alors que tout accès à la magie était bloqué et qu'il avait le contrôle jusqu'à preuve du contraire?

Ça n'avait aucun sens…

Ce ne fut qu'à sa dixième vérification de la photo, sur son propre téléphone, qu'il tiqua finalement sur les chaussures que portait la rousse.

Sortant un livre de magie parmi ceux qu'il avait récupérés suite à la malédiction et qui appartenaient autrefois à son fils et à Regina Mills, il le fouilla jusqu'à trouver l'objet magique qui correspondait.

Oui ça ne pouvait pas autre chose.

Souliers d'argent.

Transportent son propriétaire n'importe où il souhaite aller.

Fonctionnent dans n'importe quel monde.

C'était pour ça que restreindre la magie n'avait pas été suffisant, ça expliquait tellement de choses maintenant, mais ça ne changeait absolument rien.

Il savait qui ils étaient, où ils étaient et dès qu'Henry retournerait les voir, il viendrait pour les arrêter.

Et Henry comprendrait enfin qu'on ne jouait pas impunément avec lui à un jeu auquel il excellait depuis toujours.

§§§§

Jeudi 23 mai 2013.

Lorsque Henry rentra dans la ferme ce jour-là, il ignorait encore à quel point sa vie allait bientôt basculer, et pas pour les bonnes raisons.

Mais une fois de plus, tout à sa joie, il avait été imprudent, sans doute parce qu'il avait le sentiment qu'enfin, c'était fini, ils avaient gagné, ou presque.

«Elles ont un rendez-vous ensemble demain! Confia-t-il aux trois autres, les yeux brillants. Pas au manoir, mais ailleurs, au restaurant, et je ne serai pas là, donc ce sera vraiment romantique, alors je pense que… je pense que ça peut vraiment marcher maintenant. Qu'on va y arriver.

Killian sourit, clairement aussi optimiste que lui.

- Bravo Henry, bien joué, c'est du très bon… travail.

En voyant son sourire brusquement disparaître et son visage se décomposer à la vitesse de l'éclair, Henry comprit avant même d'entendre des applaudissements de toute évidence sarcastiques derrière lui que le pire venait de leur tomber dessus.

- Hé bien, lança alors la voix de Peter Pan, insupportablement joyeuse et triomphante, cette voix qu'il aurait aimé ne plus jamais avoir à entendre de sa vie, surtout dans ces circonstances, voilà une réunion plus qu'inattendue. Henry, veux-tu bien me présenter à tes amis?»

Il n'avait même pas entendu la porte s'ouvrir, tellement emporté par ce qu'il croyait être sa prochaine réussite.

Henry se retourna et, face à son arrière-grand-père, il sentit son cœur sombrer tout au fond de sa poitrine.

Non, par pitiéimplora-t-il intérieurement, s'adressant à l'univers entier, à quelqu'un qui aurait pu l'entendre et exaucer son vœuje vous en supplie, tout mais pas ça.

Et pourtant si…

À suivre

Notes:

Titre du 24/12/2022: Les lumières s'affolent

Scorpion : Emma (OUAT)

13 septembre 1995 – Robbie Kay

E: Emma Swan

Créature 38 : Sorcière

Prénom 49 : Emma

Défi Sarah & son cerveau n248- Votre perso est un héros

Et si 1494 : Et si… Regina n'avait pas réussi à contre-carrer la malédiction de Pan et qu'ils avaient effectivement perdu la mémoire en restant à Storybrooke (OUAT)

Quatre aspects de… Félicie (le chat de Sifoell): Régime : Écrire sur quelqu'un qui a un régime particulier en raison de sa santé ou sur Dudley (HP)

137) 100 façons d'écrire du drama

44) 50 nuances de OUAT

11 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, anniversaires de nos artistes, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, et si, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)