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My Hero Academia: Singularity Sins

Chapter Text

 

C'était une frappe précise, puissante, faites pour faire céder les jambes et engourdir tout le corps. Kaoru poussa un cri lorsque son frère s'effondra au sol, aussitôt forcé à se relever par Ibuki.

— Enfoiré, hoqueta Kazuto. Enfoiré de...

Kaoru cria quand un autre coup plaqua son frère contre le mur. Il tenta de s'avancer, mais Jobu posa une main sur son épaule. Juste une main, l'air si incertain que Kaoru n'aurait pas su dire si c'était une menace ou s'il essayait de l'aider.

— Ibuki!, haleta Kiyomi tandis qu'Ibuki tordait le bras de Kazuto dans son dos. C'est...

Mal. Kaoru pu presque voir le mot sur ses lèvres, mais c'était comme s'il ne pouvait pas sortir pour défendre Kazuto et Kaoru. Comme si rien de ce qu'on leur faisait ne pouvait être mal. Kaoru tendit la main vers son frère, mais cette fois-ci Jobu le força à reculer, dansant d'un pied sur l'autre avec hésitation.

Ibuki évita le regard de ses amis tandis qu'il tenait en respect un Kazuto gesticulant et vociférant. Il n'aimait pas être là. Personne ne voulait faire ça, mais il le ferait.

— Ils auraient acceptés ça, tes parents?, lâcha simplement le garçon-météo.

Kiyomi tressaillit comme si on l'avait frappé.

— Ils devraient être là, insista doucement Ibuki. Ils détestaient l'idée d'aller sur cette mission tous les deux, mais ils l'ont fait parce que leurs amis avaient besoin de leur aide. Leur aide pour combattre les foutus Seigneurs de la Folie. Ils sont juste devant toi, ceux qui ont tout déclenchés. Tu crois que tes parents accepteraient qu'Heaven et Halloween se balade chez toi comme s'ils n'avaient rien fait de mal? Ou ils se battraient?

La jeune fille ne répondit rien. Mais c'était comme si elle s'était détournée. Soudain, toute colère avait quitté son regard, elle avait juste l'air fatiguée.

Ensuite, Ibuki posa les yeux sur Jobu:

— Et toi? C'est le genre de héros que tu veux être? Le héros médicament qui soigne les connards?

Jobu tremblota un peu, et Kaoru sentit quelque-chose renoncer en lui aussi. Kaoru et Kazuto ne valaient pas le coup qu'on les défende. Ils n'en valaient pas la peine, comprit Kaoru avec un profond désarroi.

— Ils n'ont pas le droit de se prélasser ici sans rien savoir, conclut Ibuki en appuyant sur la nuque de Kazuto pour le tenir en respect. On va juste leur montrer.

— C'est moi qui vais te montrer!, rugit Kazuto. Lâche-moi! Si tu veux te battre, lâche-moi et...

— Jobu, tu t'occupes de lui, ordonna Ibuki en jetant le petit brun à Jobu.

Au grand effroi de Kaoru, Jobu obéit. Maladroitement, il saisit quand même les bras de Kazuto, qui peina presque autant à se défendre que face à Ibuki. Kaoru recula en tremblant quand le garçon-météo posa sur lui un regard calme.

— Moi, lâcha-il, je prends Heaven.

— Non, balbutia Kazuto soudain blafard. NON!

Quand le garçon lui saisit les poignets, Kaoru découvrit une nouvelle dure réalité: il était faible, un peu plus petit que les autres adolescents de l'agence, sûrement plus jeune de plusieurs années. Kazuto et lui n'avaient aucunes chances face à des grands qui avaient clairement l'habitude de se battre.

— C'est pour de vrai, haleta Jobu dans un infime rire incrédule en raffermissant sa prise sur Kazuto. Regardez ça. Ils ne savent plus se défendre.

— On n'en sait rien!, protesta tout de même Kiyomi un peu en retrait. Ça ne vaut pas le coût de risquer nos vies!

— Je suis désolé, haleta Kaoru lorsqu'Ibuki lui tordit un bras dans le dos. Je suis désolé, je ne poserais plus de questions, je...

— Le touche pas!, hurla Kazuto. Tu ne touches pas à mon frère!!!

— Il aura rien si tu te tiens tranquille, assura Ibuki. Mais comme ça je peux être sûr que tu joues pas au plus malin, non?

Ibuki commença à forcer à avancer Kaoru, tandis que Jobu se chargeait d'un Kazuto fou de rage. Ibuki ne mentait pas, il ne faisait pas mal à Kaoru, pas vraiment. Mais il ne lui laissait pas la moindre chance de lui échapper non plus, ni à lui ni à personne ici. Ibuki venait de commencer quelque-chose, ce genre de réactions en chaînes où chaque horrible erreur ne semble plus pouvoir s'arranger qu'avec une encore plus grosse. Quoi qu'il arrive maintenant, une fois arrivé là où ils allaient plus personne n'oserait s'arrêter pour y réfléchir.

— Ils peuvent se rappeler à n'importe-quel moment!, s'écria Kiyomi en les suivant malgré tout.

— Ils ont leurs bracelets., trancha Ibuki en forçant Kaoru à le précéder dans l'escalier.

— Lâche-moi!, hurla encore Kazuto furieux. On s'en fout, on ne vous emmerdera plus, lâche-moi ou je te jure que...

— Asumi-senseï dit qu'ils ne peuvent pas utiliser leur alter, marmonna Ibuki, et je la crois.

— Tu es juste furax, oui!, s'exclama Kiyomi désespérée. Tu as le droit d'être en colère, Ibuki, mais hurle, frappe dans quelque-chose, fait ce que ferait une personne normale! Tu vas ruiner l'expérience. Asumi-senseï en a besoin pour que son alter à elle puisse leur...

— Elle trouvera un autre moyen. Ce n'est pas juste.

Le frère de Kaoru rua sur tout le trajet et hurla comme un beau diable, mais il était aussi facile à dominer physiquement que Kaoru lui-même. Si quelqu'un l'entendait, tout le monde s'en fichait, ou même tout le monde savait que ça allait se produire. Un dernier escalier de pierre étroit en colimaçon les mena juste sous l'un des toits en pointe de l'église, dans une grande salle au centre de laquelle trônait une énorme cloche. Il n'y avait pas vraiment de mur, rien que des pilier aux quatre coin pour soutenir le toit.

Kaoru cru s'évanouir lorsque Jobu força Kazuto à se pencher au bord du vide.

— Si vous touchez à mon frère, rugit Kazuto, si vous lui faites quoi que ce soit...

On aurait dit un animal, il avait presque la bave aux lèvres. Jobu avait l'air plus effrayé que lui, mais maintenant qu'ils avaient commencés tout ça, continuer à obéir à Ibuki était sans doute la seule chose qui rassurait le garçon vert. Il lui donna un coup pour le forcer à se mettre à genoux. Subitement, dés qu'il posa le regard à l'horizon, Kazuto arrêta complètement de bouger. On l'aurait dit ensorcelé. Plus calme, Ibuki raffermit sa prise sur Kaoru, en s'assurant encore de ne pas lui faire mal. Il se méfiait de Kazuto, mais Kaoru était juste effrayé, lui.

— Avance, ordonna-il doucement.

De toute façons, il ne lui laissa pas le choix. Kaoru était sûr qu'ils voulaient les jeter dans le vide, et la soudaine docilité de Kazuto le terrorisait. Une hésitation presque imperceptible, absolument infime, tressaillit dans les doigts d'Ibuki lorsque Kaoru commença à haleter de peur.

— Reste tranquille, maugréa le garçon-météo en mettant Kaoru à genoux à côté de son frère. Tu vas juste regarder.

— Deux minutes et on redescends, murmura Kiyomi d'une voix étranglée, les bras croisés près de la porte. Ou je vais voir les profs.

Au début, Kaoru ne fut pas tout à fait certain de ce qu'on lui faisait voir. Juste le paysage. Le quartier dominait les environs, et Tokyo s'étendait sous leurs pieds dans le crépuscule, avec ses centaines de rues serpentines et les lumières des premiers phares qui commençaient à s'allumer. Au-delà, il y avait l'autoroute. Mais encore plus loin... Kaoru cru une seconde que ça pouvait être le soleil couchant. Peut-être qu'il y avait deux soleil. Celui dont il se souvenait qui rougeoyant encore un peu plus haut dans le ciel, et l'autre, posé sur la ligne d'horizon, un soleil noir. On aurait dit un trou qui défigurait l'horizon. Puis le garçon comprit.

C'était un dôme.

Un dôme d'un noir absolu, aussi grand qu'une ville toute entière. Il s'élevait si haut dans le ciel qu'on l’apercevait même à des centaines de kilomètres. Comme si Dieu avait agité négligemment son stylo plume, et qu'une unique goutte d'encre s'était écrasée près de Tokyo.

— Qu'est-ce que c'est que ça?, murmura Kaoru sans même s'en rendre compte.

— Ça, articula sèchement Ibuki, c'est Musutafu, la Ville des Héros. La ville de UA, et c'est ce que vous lui avez fait. C'était une des plus grandes villes du Japon, tout le monde connaissait quelqu'un là-bas.

Il tremblait pour de bon maintenant, ses efforts pour conserver son étrange ton neutre étaient désespérés, comme si sa vie en dépendait. Rester calme. Son nuage frémissait un peu plus fort à chacune de ses respirations difficiles. En fait, Kaoru avait de la peine pour lui. Kiyomi avait raison, même sans le connaître c'était évident que ça ne lui ressemblait pas de brutaliser des garçons plus jeunes. Mais il parvint à dire lentement, le regard dans l'immense dôme noir au loin:

— Ma famille est à l'intérieur. Tout le monde dans cette agence a perdu quelqu'un à cause de vous. Alors vous allez me dire comment vous êtes sortis. Vous allez me dire si mon grand-père là-dedans est encore vivant.

— N'importe-quoi, ricana Kazuto.

Son frère avait l'air terrorisé, mais Kaoru était profondément soulagé de le voir sortir de sa transe. Il rugit en ruant pour se libérer, les genoux glissant dans le vide. Jobu faillit bien une seconde basculer avec lui, mais il le tira en arrière juste à temps.

— N'importe-quoi!, hurla encore Kazuto en tentant vainement de lui mettre un coup de boule. On vient pas de là. On s'est réveillé en bas, dans nos chambres. S'il y avait eu un truc avant, on s'en souviendrait!

— C'est ça, que tu crois?, lâcha Ibuki. Que les orphelins naissent dans les orphelinats, tout grands et braillards comme toi? Non. Il faut des types dans votre genre, pour faire des orphelins.

— Je comprends rien, haleta Kaoru au bord des larmes. Je ne comprends pas.

Kazuto se figea. Sa respiration se fit plus profonde, et pourtant bien plus menaçante:

— Mon frère va pleurer. Lâche-le.

— Dis-moi si les habitants de Musutafu sont encore en vie là-dedans, ordonna Ibuki les dents serrées, et il aura le droit de redescendre.

— Vous comprenez pas. Mon frère va pleurer. S'il verse une seule larme, mais vraiment rien qu'une, je te balance dans le vide avec moi. Y a pas d'histoire de dôme, ou de héros. Vous êtes en train de faire mal à mon fr...

Un grésillement l'interrompit soudain, et une odeur de fumée.

Si ça avait été juste Ibuki, Kazuto aurait pu passer toute la journée à hurler et menacer en vain. Mais c'était Jobu qui tenait le petit brun. Et soudain, Jobu écarquilla les yeux, le souffle court. Même Ibuki ne put retenir la peur qui se peignit sur son visage. Presque fasciné, Kaoru suivit leur regard. Un étrange mucus verdâtre s'échappait des mains de Jobu, un truc qui exhalait une fumée aigre... et en le tenant, il en avait mit par accident sur les bracelets rouge qui entravaient Kazuto. Le brun grogna de douleur quand la mixture lui brûla la peau.

Jobu. Nom de héros: Globule. Alter: Disease! C'est un homme microbe. Il est capable de produire dans son propre corps toutes les maladies, et de s'en servir pour se battre! Il connaît aussi pas mal de remèdes, mais une seule mauvaise manip', et c'est la pandémie!

— Jobu, haleta Kiyomi en faisant enfin un pas en avant. Qu'est-ce que tu as fais?

— Mince, s'affola Jobu. Je fais de l'acide quand je stresse, je...

— Ne le lâche pas!, s'écria Ibuki tandis que sa chevelure doublait soudainement de volume. Son alter, il risque d'utiliser son alter!

Le bracelet de Kazuto laissa échapper encore quelques étincelles, puis un bruit inquiétant, le bruit d'un appareil qui s'éteint. Les deux frères échangèrent un regard. Kazuto n'avait pas la moindre idée de l'utilité du bracelet ou de ce qu'il se passait, mais il savait l'essentiel: Jobu le tenait moins bien, rien qu'un tout petit peu moins fort.

D'une soudaine torsion, Kazuto parvint à saisir le poignet du garçon microbe et tenta de le tirer dans le vide.

— JOBU!, hurla Kiyomi en se jetant enfin en avant.

Elle saisit son ami sous les bras pour le faire reculer, mais trop tard : à l'instant où Kazuto toucha Jobu, une étrange matière noire et visqueuse jaillit de tout le corps de Jobu, comme une seconde silhouette faite de pétrole, reculant hors de lui. Elle ne garda forme humaine qu'un instant avant de commencer à se déformer en se contorsionnant.

Ce n'était pas le pouvoir de Jobu, réalisa Kaoru. C'était celui de Kazuto.

Night Craft, fit la voix de Kazuto dans la mémoire de Kaoru. Scarecrows!

C'était une de ses techniques préférées.

— Merde, balbutia Jobu en reculant, merde, merde, merde!

Tout le monde s'écarta de la créature sculptée dans les ombres, sauf Kazuto.

En quelques instants, elle grandit, allongea dans de sinistres craquements des bras et des jambes interminables. Mais Kaoru ne voyait qu'une seule chose, une qui l'horrifiait peut-être encore plus que le monstre lui-même: la créature de Kazuto avait l'air faite de la même matière que le dôme à l'horizon. Comme si Ibuki ne mentait pas, comme s'ils avaient vraiment pu créer cette cage.

— Recule, Jobu, grogna Ibuki en lâchant doucement Kaoru. Evite même de regarder ce truc.

Maintenant, le monstre était plus grand qu'un homme adulte, plus de deux mètres. Une tête chauve et sans visage se solidifia dans le pétrole, puis elle se fendit en deux pour ouvrir une gueule énorme, débordantes de crocs en désordre. La créature planta dans la pierre des mains presque aussi grandes que les adolescents, achevées par d'immenses griffes noires. Elle portait un costume cravate. C'était de la folie, ça n'avait aucun sens, mais la chose portait réellement une chemise blanche souillée de pétrole, une veste élégante et une cravate. Sous la taille elle n'avait pas de jambe, rien qu'un corps noir sinueux comme celui d'un serpent, interminable. Rapide comme l'éclair, la créature s'enroula autour de la cloche et y planta ses griffes pour pousser un râle à glacer le sang, dévisageant les élèves un à un.

— Le slenderman !, hurla Jobu blafard. C'est lui! C'est... c'est le vrai... le...

— C'est juste un cauchemar que tu fais souvent, Jobu, du calme !, lâcha Ibuki les dents serrées.

— Un cauchemar ?, balbutia Kaoru.

Kazuto n'avait pas l'air effrayé, lui. Il regardait l'abomination avec une lueur étrange dans le regard, effrayante. Son monstre quitta la cloche pour venir tourner autour de lui, en renâclant et en grognant. Mais Kazuto avait juste l'air... soulagé.

Étrangement, Kaoru savait ce que c'était. Le slenderman, une vieille légende urbaine à propos d'un homme aux membres interminables qui emportait tous ceux qui croisaient sa route à la nuit tombée. Mais il n'existait pas, littéralement, ce n'était rien d'autre qu'une histoire!

Soudain, Kaoru croisa le regard de son frère, et d'autres choses remontèrent à la surface de son esprit.

Kazuto Yûme. Nom de vilain: Halloween. Alter: Night Craft. Il peut donner vie à tous les cauchemars qu'on eu ses victimes cette semaine! Ça ne marche que sur les gens qui ont peur de lui!

Kazuto ferma les poings et, dressé derrière-lui, son slenderman fit autant de ses énormes mains squelettiques, comme une marionnette.

Notes:

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