Chapter Text
Octobre 1605:
-New-York en vue ! cria la vigie.
Le docteur Banner releva la tête, un sourire soulagé en apercevant au loin les maisons de briques et les marins fourmillant sur le port. Après avoir chaleureusement remercié Adrian, qui l'avait quitté à l'escale précédente, pour tout ce qu'ils avaient fait pour lui, Bruce s'était cloitré dans sa cabine et avait tenté de réfléchir à la situation.
Il avait évité de trop y penser au cours des deux dernières semaines, espérant ainsi que son subconscient lui ramènerait un indice sur les étranges événements, mais jusqu'ici rien de plus ne lui était revenu. Peut-être aurait il plus de chances en rentrant chez lui...
Un long soupir échappa au savant alors qu'il sortait sur le pont, où les marins finissaient d'amarrer le navire au quai. Comment allait il expliquer à Betty un événement qu'il ne comprenait pas lui même ? La pauvre avait dû être morte d'inquiétude en apprenant sa disparition. Et puis il restait le mystère de son attaquant.
Autre problème majeur; Qui aurait pu avoir avantage à voler ses recherches ?
Bruce salua le capitaine du navire et se dirigea vers sa demeure. À moins que l'intrus ait voulu dérober l'amulette elle-même, il ne parvenait pas à comprendre qui aurait pu gagner quelque chose à voler ses recherches. Finalement, ses questions n'avaient plus grandes importances puisque l'objet devait être tombée à l'eau en même temps que lui et ses documents...
Bruce se frotta le front avec ennui. Cela n'avait aucun sens ! Ses recherches ne concernaient que les légendes d'une civilisation oubliée, dont il tentait de reconstituer l'histoire. Aucun trésor n'était concerné, quand bien même il se serait trouvé une personne sur cette planète pour y croire. Et qui aurait intérêt à se débarrasser de lui ? Il ne faisait d'ombre à personne et ne possédait à sa connaissance aucun ennemi mortel !
La première chose à faire décida t'il était de rendre visite à Betty. Et s'il avait de la chance, l'amiral Ross aurait ouvert une enquête sur sa disparition.
-Attention ! cria un parfait inconnu, le faisant s'arrêter brusquement.
Sorti de ses pensées, les yeux de Bruce s'écarquillèrent en voyant un énorme trou s'ouvrir dans la chaussée devant lui. Stupéfait, il releva la tête.
Devant lui, au lieu du port fortifié agrémenté de maisons à l'avant charmant se trouvait un champ de ruines. Ca et là résistaient quelques demeures courageuses, mais les quais de pierre avaient été complètement défoncés. Des dizaines d'ouvriers s'affairaient de toute part, dégageant les plus petits gravas alors que la mer comblait les plus gros vides de la forteresse. On aurait dit que le port avait été attaqué par une armée professionnelle, équipée de canons de haute facture.
Bruce se tourna vers l'inconnu qui venait de lui éviter la chute, un jeune garçon aux cheveux châtains et à l'air roublard.
-Excusez moi, mais vous savez ce qu'il s'est passé ici ? demanda le savant d'une voix incrédule.
Il reçut un regard dubitatif en retour.
-Vous venez de débarquer ou quoi ? La ville ne parle que de ça depuis deux semaines !
Comme Bruce ne répondit pas à sa provocation, le garçon écarquilla les yeux et éclata de rire.
-Au moins on peut dire que vous avez de la chance, glissa t'il d'un ton rusé. Je suis probablement une des personnes les mieux informées sur ce qui c'est déroulé ce soir là. Je vous propose un marché: une version fiable des faits en échange de cinq pièces d'or.
Cinq pièces d'or ? s'exclama le savant en manquant de s'étouffer.
La somme était conséquente, sans compter qu'il n'avait plus que des pièces d'argent sur lui. Face à sa réaction, le jeune châtain posa un bras amical sur son épaule.
-Un prix juste quand tu auras entendu mon histoire, crois moi ! dit il d'un ton rusé en lui adressant un clin d'œil. Faisons un marché; la moitié de la somme avant l'histoire et si elle te parait suffisamment convaincante, tu me donnes le reste après. Marché conclu ?
Bruce se crispa brusquement face au contact étranger, mais tâcha de garder la tête froide. Il était fortement probable qu'il s'agisse d'une arnaque. Cependant, le savant n'avait pas vraiment le luxe de demander des explications à d'autres.
-Je te donne deux pièces d'argent et on verra ce qui suit en fonction de ce que tu raconteras, dit il calmement en tendant au garçon l'argent. Celui ci lui adressa un regard méprisant puis haussa les épaules.
-Très bien, je vais laisser passer parce que je suis de bonne humeur et que tu m'as l'air d'un chic type, dit il avec une pointe d'humour. Il y a deux semaines, les soldats ont été attaqués par une force incontrôlable aux alentours de minuit, expliqua l'homme avec une voix amusée. Ils ont bien tentés de la mettre hors d'état de nuire, mais elle était invulnérable ! Elle résistait au tirs de fusil et les gardes se sont rapidement trouvés débordé. La mystérieuse chose s'est d'abord attaquée aux passants puis quand l'armée s'est mise à l'attaquer, elle est devenue folle et à commencer à tout détruire autour d'elle !
-Une... force? répéta Bruce d'un ton clairement dubitatif.
Pour toute réponse, le narrateur tendit la main. Avec un soupir agacé, le savant y déposa une pièce d'argent supplémentaire.
-Seulement ? s'indigna le garçon. Pour un jeune homme, je trouve que vous tendez un peu trop vers l'avarice.
-Termine ton histoire, raconteur, répliqua Bruce.
-Bien, bien, monsieur, répondit le garçon d'un ton amusé. Beaucoup de rumeurs ont couru par la suite, des plus sensées aux plus déraisonnables; les uns disaient que c'était une attaque espagnol, les seconds que c'était une riposte française, d'autres de l'Iron Man. Les plus insensés ont prétendu qu'il s'agissait de la flotte Hydra, mais croyez moi, ils ont tous tort.
Se penchant vers Bruce, il regarda rapidement autour de lui. Constatant qu'ils étaient seuls, il se pencha et murmura:
-Les quelques survivants ont tous été formels. Ils ont été agressé par un énorme dragon !
-Pardon ? glapit Bruce.
-Un dragon, confirma le garçon. Quoique d'autres l'ont décrit plus comme un serpent gigantesque, donc je ne sais pas quels témoignages favoriser.
Par tous les dieux, il s'était fait arrêté par un fou. Félicitations Bruce, pensa le savant. Tu sais les choisir tes informateurs ! Le garçon ne sembla pas s'émouvoir de son incrédulité.
-C'est vous qui avez demandé, se défendit le fou. Si vous préférez un mensonge plus crédible, ne requêtez pas la vérité. Maintenant, si vous aviez assez d'amabilité pour me payer...
Bruce le regarda avec stupeur. Comment espérait il lui faire croire une histoire pareille ? À lui, un homme de science par dessus tout ! Quand le narrateur réalisa qu'il ne lui donnerait rien de plus, il poussa un long soupir.
-Vous voyez, c'est pour ça que je demande toujours une avance ! Les gens sont d'une bêtise affligeante et d'une avarice effarante. Je vous souhaite une bonne journée, monsieur.
Le garçon s'éloigna donc, laissant Bruce paralysé. Toute cette histoire lui laissait un arrière goût amer, comme une chose dont il aurait été supposé se souvenir.
-Attendez, cria t'il en courant vers le garçon, qui ne s'arrêta pas pour autant.
Lui saisissant l'épaule, Bruce le fit sursauter mais ne lâcha pas l'affaire.
-Quoi ? s'écria l'individu avec panique. Ce n'est pas moi, je n'ai rien fait... ! Ah, c'est vous.
-De quel couleur avez vous dit que le dra... serpent était encore ? demanda Bruce, laissant courir l'étrange comportement.
-Je ne l'ai pas dit, répondit son interlocuteur avec ennui. Mais bon, je suppose qu'une seconde bonne action ne me tuera pas... D'ailleurs, c'est amusant que vous vous posiez cette question ! C'est l'unique point sur lequel tous se sont accordés.
Comme Bruce ne réagissait pas, il roula des yeux et répondit.
-Vert. Le dragon était vert.
Sitôt qu'il eut répondu, le garçon aux cheveux châtains disparu, laissant Bruce sous le choc. Ses doigts descendirent dans sa veste, en tirant fébrilement un dessin rapidement esquissé par les enfants à Porto Rico suite à la demande de Bruce. Puis ses yeux se reportèrent sur les dégâts matériels, preuve irréfutable que quelque chose de terrible s'y était déroulé.
Bruce secoua la tête, chassant l'idée qui venait de lui traverser l'esprit. Il étudiait la science depuis des années. Aucune créature mystique n'avait jamais été répertoriée de façon scientifique et il ne serait pas assez faible pour croire à ce genre de fadaises ! La première chose à faire était d'aller retrouver Betty et de s'assurer qu'elle allait bien.
Mais les similarités avait trouvé écho quelque part dans l'esprit du savant. Un énorme serpent avait été aperçu aux endroits où il avait perdu et retrouvé connaissance.
Tous deux verts.
La coïncidence était assez fine pour introduire le doute chez Bruce. Et une fois qu'il se fut installé, le doute n'avait pas la moindre intention de repartir.
À suivre... potentiellement
