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Language:
Français
Series:
Part 1 of Nightingale Chronicles
Stats:
Published:
2021-02-08
Completed:
2021-02-08
Words:
41,935
Chapters:
15/15
Comments:
16
Kudos:
3
Hits:
86

Zoé Nightingale T1- Sorcière en perdition

Chapter 15: De l'imbécilité des lois

Notes:

(See the end of the chapter for notes.)

Chapter Text

Coincée dans l'ascenseur du Ministère avec ma mère et quelques sorciers sentant fortement le troll, j'essayais de respirer entre les barreaux pour avoir de l'air pur et juguler la nausée qui s'était déclarée à quatre heures le matin-même.

- Niveau 2, Département de la Justice magique, fit la voix féminine qui sortait d'on ne sait où.

Ma mère et moi quittâmes l'espace exigu de l'ascenseur avec un soulagement palpable, et profitâmes de l'avance que nous avions sur notre rendez-vous pour respirer à pleins poumons.

- Tout va bien ma chérie ? me demanda ma génitrice, les sourcils froncés et le front plissé par l'inquiétude.

- Ouais, tout va bien, je gère ! fis-je d'une voix un peu trop enthousiaste, car elle me dévisagea avec scepticisme.

J'hésitai, puis repris d'une voix plus faible :

- J'ai peur, maman. Je préférerais affronter Aleksei encore une fois et faire la bise à Rachel que d'aller au tribunal.

- Je comprends, Zoé. Tu n'as rien fait de mal, d'accord ?

- Tu veux dire, à part utiliser la magie malgré que je sois déchue ?

- C'était de la légitime défense, et je suis là pour témoigner pour toi, m'assura Catherine.

- Mais tu es ma mère, ton témoignage ne sera pas valable !

- Tu as sauvé le monde magique, jeune fille, compte sur moi pour le leur rappeler ! dit ma mère d'un ton féroce, une flamme glaciale dans son regard bleu. Allez, inspire à fond et on y va. Et, s'il te plaît, évite de les insulter, c'est plutôt mal vu en général.


Me voilà donc assise sur un fauteuil pourvu de chaînes devant une assemblée de vieux schnocks bureaucrates. Parano, comme toujours, je fixai avec entêtement les chaînes malgré les raclements de gorge du président de la Cour, qui voulait sans doute attirer mon attention. Ma mère, assise sur le côté, toussota et je consentis enfin à lever la tête.

- Bien, fit le vioque. Nous pouvons commencer. Zoé Sophia Maximoff…

- Nightingale, corrigeai-je par habitude.

L'homme leva un sourcil, et je me mordis la lèvre inférieure.

- Maximoff est le nom de mon père, mais j'ai choisi de prendre celui de ma mère. J'avais envoyé une lettre au Ministère au service des Changements de Noms, mais ces crétins ne m'ont jamais… enfin, bref. Excusez-moi.

L'homme me fusilla du regard, suivi de près par tous les membres de la Cour. Il redressa ses lunettes sur son énorme nez et continua la lecture de son papier.

- Donc, Zoé Sophia Maximoff… Nightingale. Vous avez été convoquée devant le Magenmagot pour répondre de vos crimes. Vous avez utilisé de la magie devant des moldus et leur avez fourni des armes enchantées, le tout malgré le fait que vous avez été déchue de votre rang de sorcière il y a de cela un an après votre exclusion de Poudlard.

- Injustement, je précise.

- Avez-vous réellement continué à pratiquer pendant l'année écoulée ? demanda une sorcière du premier rang.

- Hé bien… ça m'est arrivé, mais c'était pour…

- Tout en sachant que c'était illégal ?

- Oui, répondis-je, agacée qu'on m'interrompe. Mais c'était parce que…

- Avez-vous bien activé des runes devant des moldus ? fit un vieux ventripotent.

- Oui, mais il y avait ces créatures qui… !

- Malgré le fait qu'il s'agit d'un acte de magie ?

- Mais oui, mais si vous me laissiez m'expliquer…

- Êtes-vous consciente de la gravité de vos actes, mademoiselle Maximoff ?

- Nightingale ! Et oui, je sais que j'ai merdé, mais il y avait une putain de guerre en cours ! explosai-je.

Un mouvement se fit dans la salle, et des murmures et autres exclamations s'élevèrent dans l'assemblée. Ma mère serra son sac à main contre sa poitrine.

- Ecoutez, bande de vieux débris. J'ai été forcée de me battre à la place de vos aurors parce que vous et les autres dignitaires sorciers du monde entier n'avez pas été foutus d'intervenir pour arrêter Aleksei ! beuglai-je pour être entendue. J'ai fait mon devoir pour protéger High Wycombe et Londres contre une armée de créatures menée par un mage noir qui ne voulait rien de moins que prendre le contrôle des deux mondes, alors ne venez pas me reprocher le fait que j'ai réglé tous vos problèmes !

- Restez à votre place, jeune fille ! s'étrangla une sorcière qui aurait d'après moi déjà dû être sur son lit de mort.

Ma mère secoua la tête discrètement alors que j'allais rétorquer, et je me décidai à l'écouter. Je m'installai confortablement dans mon fauteuil, bien décidée à ne pas leur montrer que j'étais morte de trouille.

Des discussions commencèrent à fleurir un peu partout dans la salle et, vraiment énervée, je commençai à tapoter mes ongles sur les bras du fauteuil, ravie du claquement sec que cela produisit.

- Silence ! lança le président. Bien, appelons un premier témoin. Catherine Elaine Nightingale ?

- Pas juste, t'as droit au Nightingale, soufflai-je à ma mère alors que nous échangions nos places.

Elle me sourit et prit place dans le fauteuil. Une sorcière commença à lui poser des questions.

- Êtes-vous bien la mère de l'accusée ?

- Oui, en effet, dit posément ma mère.

- Je lis ici que vous avez été enlevée par Aleksei Maximoff il y a une semaine. Est-ce vrai ?

- Tout à fait.

- Savez-vous pourquoi il s'en est pris à vous ?

- Il voulait nous faire passer toutes les deux de son côté, mais j'ai résisté lorsqu'il s'est introduit chez moi. Il a réussi à me stupéfixer, ainsi que le jeune moldu qui se trouvait avec moi.

- Donc, vous avez utilisé vous aussi la magie devant un moldu, fit un sorcier que je me mis aussitôt à détester.

- Je n'ai jamais dit ça, répondit innocemment ma mère. J'ai pris des cours de karaté avec des collègues moldus, à High Wycombe.

Je retins difficilement un rire tandis que les sorciers de la Cour s'interrogeaient sur le sens du mot karaté.

- Donc, fit un sorcier plus futé que les autres, vous avez combattu un mage noir avec des arts martiaux ?

- Tout à fait, sourit ma mère.

- Bien, veuillez nous raconter la nuit du 18 janvier dernier, s'il vous plaît.

- Je me suis réveillée dans une clairière, dans la réserve naturelle. J'ai vu ma Zoé à côté d'Aleksei inconscient, et je sais que c'est elle qui l'a vaincu, puisque vos aurors me l'ont dit.

- Donc, vous savez qu'elle a utilisé la magie illégalement pour vaincre ce même mage noir ?

- Pas du tout, elle l'a assommé avec une poêle, affirma ma mère, mortellement sérieuse. Vous avez bien vu la bosse qu'il avait sur le crâne, non ? Et la trace de l'impact dans la poêle ? Elle n'y a pas été de main morte, conclut fièrement Catherine.

- Nos aurors ont senti une importante vague de magie peu avant leur arrivée sur les lieux, signala une sorcière.

- C'était de la magie accidentelle. Ma fille n'a plus de baguette, et comme elle devait être morte de peur, sa magie a réagi, comme celle des enfants sorciers. Vous n'arrêtez pas d'enfants, dites-moi ? persifla ma génitrice. Alors oui, elle a été honnête en admettant avoir utilisé de la magie, mais c'était accidentel, et ça relevait de la légitime défense. Or, il me semble que vos lois admettent une exception pour ce cas de figure bien précis.

- Votre fille s'est impliquée elle-même dans cette situation, donc ce n'était pas de la légitime défense, dit le sorcier que je détestais déjà.

- Hé bien, mettez-vous un peu à sa place. Imaginez qu'un mage noir attaque votre ville et enlève deux personnes innocentes auxquelles vous tenez énormément. Les aurors n'arrivent pas malgré l'envoi d'un pigeon postal, et vous savez que 93 000 personnes sont en danger de mort, sans compter la population londonienne. Peut-être que si ma fille avait été pleutre, elle aurait attendu l'arrivée hypothétique des forces de l'ordre. Sauf que ma fille est une jeune femme courageuse qui a appris, après son exclusion de Poudlard, à ne faire confiance qu'à elle-même. C'est pourquoi elle a volé à mon secours et à celui d'un moldu, ce que la plupart des sorciers de ma connaissance n'auraient pas eu le cran de faire.

Les propos de ma mère jetèrent un froid embarrassé sur l'assemblée. Bordel, j'adore cette femme !

- Ah, et elle a sauvé plus de cent mille personnes dans la foulée. Vous admettrez que ce n'est pas rien, ajouta-t-elle, profitant du silence qui régnait à présent dans la salle. En vérité, je pense que vous voulez l'envoyer en prison parce qu'elle a fait votre boulot à votre place.

- Comment osez-vous …?! s'indigna une vieille pie en robe rouge.

Ma mère se leva, digne comme une reine malgré sa petite taille.

- J'ose vous dire une vérité qui vous dérange, oui, et avec plaisir, croyez-le. Vous nous avez écartées toutes les deux de la communauté magique sans nous laisser de chance de nous défendre et vous pensez qu'on va gentiment vous attendre avant de prendre une décision qui peut mettre des milliers de vies, même moldues, en jeu ? Vous vous trompez, madame. Nous n'avons plus aucune confiance en ce Ministère, ni en les lois que vous défendez, souvent au détriment des plus faibles. Ma fille a sauvé deux mondes, seule avec un ustensile de cuisine. Lequel d'entre vous aurait eu les couilles de faire ça ?!

Nouveau silence embarrassé, mais des sourires fleurissaient sur les visages des plus jeunes membres du Magenmagot.

- Enfin, il me semble que nous avons été exclues du monde magique, n'est-il pas ? reprit ma mère. Donc, il me semble que nous ne sommes plus sous votre juridiction, mais sous celle des moldus, et ils n'ont pas déposé plainte contre ma fille, loin de là. C'est une héroïne, faut vous y faire.

Le silence se prolongea, puis une jeune sorcière se leva de sa chaise. Elle avait les cheveux broussailleux, mais portait sa robe avec distinction. Son visage m'était très familier…

- Hé bien, je pense qu'il n'y a plus grand-chose à dire après ça, dit-elle d'un ton dégagé. Qui est pour l'abandon des charges qui pèsent sur mademoiselle Nightingale ?

Ah, oui, tiens, c'était Hermione Granger, la copine d'HP. Sa photo se trouvait sur les cartes de Chocogrenouilles.

La plupart des membres de la Cour, surtout les plus jeunes, levèrent la main dans un bel ensemble, libérant sans le savoir mes épaules de l'énorme poids qui pesait dessus.

J'étais libre ! Yahouuuu !

- Puisque cette jeune femme a sauvé le monde magique ainsi que plusieurs milliers de moldus, je propose que nous la récompensions pour services rendus à la communauté. Qui vote pour une réhabilitation de mademoiselle Nightingale en tant que sorcière, avec la possibilité de terminer ses études à Poudlard ? continua Granger avec un sourire un peu sournois.

Les mêmes personnes levèrent de nouveau la main et j'ouvris de grands yeux, estomaquée.

Redevenir une sorcière, retourner à Poudlard ! Avoir une baguette rien qu'à moi ! J'avais désiré ça pendant des mois, et voilà qu'on m'offrait le tout sur un plateau d'argent ! Mon cerveau sous le choc se mit à hurler "Oui oui oui ouiii !", mais une autre pensée me traversa l'esprit.

Si je redevenais une sorcière, je retomberai sous la juridiction du Ministère qui pourrait alors me condamner au premier petit méfait. Certes, je pouvais aussi essayer de me calmer, mais ce n'était pas mon genre, je me connaissais assez bien, merci. Ensuite, je ne verrai plus mes amis moldus. Même s'ils étaient agaçants par moment, ils étaient beaucoup plus sympathiques à mes yeux que les élèves de Poudlard, ces monstres de prétention et de mesquinerie.

Hermione Granger me regardait avec attention, attendant sûrement ma réponse. Décidant sur l'instant que je respectais cette femme, je me levai et m'éclaircis la gorge, histoire de ne pas me ridiculiser.

- J'apprécie votre généreuse proposition, mais je dois la décliner. Même si elle est plus dure, la vie de déchue ne me déplaît pas. On doit constamment trouver le moyen de parvenir à nos fins sans la magie, et ainsi on comprend mieux les moldus, je trouve ça assez classe. En plus, les moldus que je connais m'ont témoigné plus de gentillesse que la plupart des sorciers que j'ai rencontrés pendant une grande partie de mon adolescence. Je voudrais rester avec eux, si ça ne vous dérange pas. Merci, au revoir.

Je saluai la Cour d'un vague signe de la main et pris la direction de la sortie avec ma mère sous les yeux estomaqués des sorciers présents.

Le tout avait duré trente minutes à tout casser.


- Et donc je suis acquittée, annonçai-je le lendemain matin mes trois moldus préférés.

- Félicitations ! s'exclama Violet.

- Dommage, soupira Rachel avec un clin d'œil si discret que je faillis le manquer.

 - Dans mes bras ! fit Steve en essayant de m'embrasser.

Mouvement de recul de la part de votre narratrice adorée.

- Yerk, pousse pas ta chance, moldu, le célibat me convient !

- Et puis elle est à moi, renchérit Violet avec un air de péteuse.

Rachel leva les yeux au ciel et alla rejoindre sa place à l'avant de la classe quand la prof débarqua.

- Bien, je vais vous rendre vos notes de partiels, déclara Stéphane Bern 2.0. Zoé Nightingale, vous devez encore justifier votre absence d'hier !

- J'étais à mon procès, dis-je rapidement.

La prof ouvrit de grands yeux et mes voisins de table ricanèrent.


- Au fait, j'ai oublié de te rendre ton téléphone, avec tout ça.

- Oh, garde-le, comme ça tu n'auras plus besoin d'envoyer ton pigeon chieur chez nous pour nous parler, s'esclaffa Violet en me rendant l'appareil.

- Heu, ouais, pas faux. Tu es sûre ?

- Mais oui, de toute façon je ne m'en servais plus. Il faudra juste que je fasse expédier les factures chez toi.

- Bon, ben, merci ? balbutiai-je.

Steve rigola. Nous étions à quatre dans un bar et, contre toute attente, nous ne buvions pas de l'alcool illégalement mais bien du soda. Mine de rien, j'avais décidé d'arrêter de me faire remarquer, disons… au moins pendant trois jours.

…Bon, d'accord, disons une journée.

- Hé, n'empêche, tu as battu un record, m'apprit Violet.

- Comment ça ? Quel record ?

- Tu sais bien, Harry Potter bat toujours les méchants à la fin de l'année scolaire, répliqua Rachel.

- Tu as mis exactement la moitié du temps, toi ! beugla Steve.

- Rah, la ferme, tout le monde t'entend !

- Maiheu !

- Les hommes sont tous des bébés, décréta Rachel en sirotant son sirop de fraise. Mais au fait, ils ont retrouvé toutes ces créatures qui se sont enfuies ?

- Je sais pas et je m'en cogne, tant qu'on ne m'emmerde plus avec cette histoire stupide !

- Oh.

- N'empêche, c'est dingue. On a sauvé le monde et personne ne le sait à part nous, grommela Violet.

- Hé bien, tant que nous on le sait, c'est suffisant, non ? fis-je en souriant au-dessus de mon Coca.

Prochaine étape : obtenir mon diplôme !

Et pour ce qui suivra, hé bien, l'avenir me le dira !

Notes:

Zoé Nightingale reviendra dans un tome 2 :D

Notes:

A suivre...
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