Chapter Text
Warlock entra dans la chambre de Doug ; ce dernier lui adressa un sourire et lui indiqua de la tête la chaise à côté de la sienne, attendant que l'extra-terrestre commence la conversation.
Il ne dit rien pourtant, et Doug continua de programmer, profitant de la compagnie, jusqu'à ce qu'un coup d'oeil lui apprenne que Warlock, au lieu de s'étirer sur son siège pour lui passer un bras autour de cou et de regarder son écran pour voir s'il se sentait des liens fraternels avec le nouveau programme, s'était recroquevillé sur sa chaise, en une boule de circuits dont pendaient des protubérances qui ressemblaient à des gouttes de sueur, des larmes de crainte ou d'embarras.
"Qu'est-ce qui se passe, Locke ?" demanda-t-il, inquiet. "Une mauvaise nouvelle ?"
"Négatif. Je voudrais soumettre une requête." Warlock ajoute rapidement. "Une que j'ai déjà soumise à tous les amisdemoinouveaux mutants."
"Ne te gêne pas !" répond Doug en riant.
"Qu'est-ce que c'est que..." Warlock s'interrompit, et sa tête sembla faire un tour complet autour de son corps. "Est-ce qu'il y a quelqu'un à qui selfsoulfrienddoug porte un amour de la nature romance ?"
"Wow !" s'exclama Doug. "Tu as demandé ça à tout le monde !?" Sur eux ou sur moi, pensa-t-il un instant, puis il rejeta l'idée comme stupide.
"Ce n'était pas exactement la même question."
Doug pensa à Kitty, pour qui il avait réussi à sentir plus d'amitié que d'amour, puis à Betsy, qui était une adulte, et rougit jusqu'aux oreilles. "Je ne crois pas. Pas entièrement. Peut-être. Disons qu'il y a quelques filles que j'aime beaucoup, mais... j'aimerais bien."
"Les humains ne savent pas identifier amour/romance ?" demanda Warlock, marquant sa surprise.
"Pas toujours."
Le visage de Warlock s'éclaira, et son corps donna un peu moins l'impression se s'être fait compresser dans un cimetière pour voitures.
"Il y a quelqu'un que tu penses aimer, Locke ?" demanda Doug. "Mais tu n'es pas certain ?" Il était surpris, mais il ne pouvait pas imaginer d'autre explication. En fait, il se sentait presque un peu jaloux, parce qu'il avait toujours cru être le plus proche de Warlock, et cela ne semblait pas avoir changé, et il n'avait rien vu... mais ce n'était pas forcément quelqu'un de l'équipe ! Peut-être la jolie scientifique qu'il avait rencontrée à New York, ou même Spider-man - non, probablement pas Spider-man. Et puis, il ne pouvait pas rester un bébé et exiger de Warlock qu'il reste toujours avec lui pour le protéger, il fallait bien que cela change un jour !
"Peut-être." répondit Warlock, s'enfouissant à nouveau dans sa confusion et dans un grand trou à l'intérieur de son propre corps.
Doug sentait une avide curiosité à propos de la personne, mais si Warlock devait lui confesser cela, il lui aurait déjà dit. "Et pourquoi veux-tu savoir si c'est de l'amour, Warlock ? Pour pouvoir lui dire ?"
"Négatif !" s'exclama Warlock. "Juste pour savoir !" Il remua ses longs doigts dans tous les sens comme pour détourner l'attention de ce qu'il disait. "Selffriends disent agréable et disent aussi douloureux, disent différent de famille et disent créer une famille, disent protéger et disent demander, disent proximité et disent différences, self aimerait vivre toute la vie plus fort que l'amitié mais pas contact physique et procréation, et selffriendshan dit différent pour tout le monde mais lignes pareilles, et self ne sait plus !"
Doug soupira. C'était un concept difficile pour les humains qui avaient grandi avec, et il n'osait même pas imaginer pour un extra-terrestre. "Est-ce que tu es sûr de tes sentiments, Warlock ? Est-ce que la seule difficulté est comment cela s'appelle, ou est-ce que tu ne sais pas ce que tu ressens ?"
Warlock hésita, fixa Doug. "Self sait très bien ce qu'il ressent, juste pas les mots."
"Alors tu en sais peut-être plus que moi." dit Doug en souriant. "Que n'importe lequel d'entre nous, des fois. "Si tu veux dire que c'est de la romance, c'en est, et si tu ne veux pas... est-ce que tu penses que donner un nom en anglais changerait quelque chose à tes sentiments ?"
"Peut-être ?" demanda Warlock, les yeux pleins d'espoir. Il rajouta. "Ou en grec. Selffriendamara a expliqué en grec. Agape, eros, philia."
"Et est-ce que tes sentiments ont besoin de changer, Locke ? Est-ce qu'ils te font souffrir ?"
"Négatif. Possibilité : ils devraient ?"
"Jamais !" s'exclama Doug. "Les langages qu'on apprend changent notre façon de penser, tu le sais ? Quand je comprends les mots des autres, je comprends aussi des idées que je n'aurais jamais eues. Mais pourquoi laisser les mots... pourquoi les laisser te blesser si tu ne souffres pas ? Tu as appris incroyablement vite, Warlock, mais c'est pour que tu utilises les mots. Pas pour que tu les laisses te changer. Tu n'as pas besoin de changer. Tu es déjà parfait. Si l'anglais ne suffit pas, si le grec ne suffit pas, peut-être qu'il existe une autre langue pour tes sentiments, et sinon, tu as le droit de l'inventer !"
Il réfléchit encore. "Y a-t-il quelque chose que tu voudrais de cette personne, Locke ? Que votre relation change ?"
"Non ! Qu'elle ne change jamais !" Warlock se mit à frissonner. "Self a peur. Self a toujours peur de tout."
"Mais qui... est-ce que je peux aider ?"
Warlock avança timidement un de ses doigts, toucha la joue de Doug très doucement. "Self aime selsoulfrienddoug."
"Oh." La première réaction de Doug fut de se demander quelle sorte d'amour, et avec quels mots le définir, avant de se morigéner pour sa propre hypocrisie. Enfin, le soulagement l'envahit, fit pétiller son corps.
"Mais self ne sait pas comment. Self veut rester avec lui toujours. Self veut veiller sur lui toujours." continuait l'extraterrestre paniqué. "Pourtant, self ne veut pas que ses sentiments soient une arme pour lier. Et self est peut-être masculin, même si self doute encore."
Doug le serra dans ses bras très fort. "Oh, Locke. Sais-tu que moi aussi j'ai eu peur que tu t'en ailles, peur d'avoir besoin de moi et que tu n'aies pas besoin de moi ?"
Warlock redevint long et fin, s'enroula autour de lui comme un ami cher et comme une couverture chaude, la joue contre la sienne.
"Requête : quel est le nom," demanda Warlock, "quand on est heureux et conséquemment on laisse son coeur agir comme il le voudrait sans avoir peur ?"
"Je trouverai." murmura Doug. "Mais pour l'instant, nous savons ce que c'est, et c'est le plus important."
