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Le grand jeu

Summary:

A cause d'une erreur des nornes lors de leur tissage, Loki n'est pas exposé par Laufey pour mourir lors de la grande guerre opposant les jotüns et les asgardiens, mais est destiné à être envoyé à Asgard en guise d'otage dans le cadre d'un traité de paix entre les deux camps.

Sur parchemin, cet arrangement semble convenir aux deux parties. En réalité, Odin comme Laufey voient en Loki un pion pour accomplir leurs propres desseins, encore obscurs au prince jotün qui est loin d'avoir dit son dernier mot et n'a aucunement l'intention de se laisser manipuler.

De son côté, Thor est dubitatif sur sa fonction de gardien pour un otage jotün.

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Quelques arrangements entre l'univers des films Thor, le peu que je sais des personnages dans les comics (vraiment peu) et la mythologie nordique.

Les jotüns sont hermaphrodites et Loki totalement genderfluid. Laufey est le père-mère biologique de Loki et Farbauti est sa nourrice.

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Rate T susceptible de passer en M ou E selon les futurs développements.

Chapter 1: Prologue

Chapter Text

Parfois, l’histoire n’est pas toujours celle qu’on raconte. Parfois, l’histoire posée dans les livres ne reflète que la réalité de celui ou celle qui y a posé les mots, occultant ou déformant les faits selon le prisme étroit de son esprit et de ses valeurs.

L’histoire telle qu’elle est narrée ici est le reflet de ces distortions. Une réalité telle qu’elle aurait pu être. Des évènements qui n’eurent jamais lieu et d’autres fermement ancrés dans la trame tissée par les Nornes, Urd, Verdandi et Skuld, au pied de l’Yggdrasil.

Facétieux destin que celui des asgardiens, filé puis tissé par les trois dames jotün. Et, tandis qu’un serpent s’était faufilé dans un panier de coton pour y semer la pagaille, Urd s’empara d’un bâton pour l’en chasser.

Verdandi fit la moue devant le tas de nœuds informe qu’avait provoqué la créature en se faisant un nid de mensonges et Skuld entreprit patiemment de défaire les nœuds un par un, en soupirant. Il fallait remettre de l’ordre dans le destin de ces deux enfants avant que l’on s’aperçoive qu’on les avait malencontreusement –bien que cela fusse l’œuvre non pas d’une Norne mais d’un serpent- liés d’une façon totalement imprévue…

Le serpent siffla de manière désobligeante et chercha un autre nid dans les fourrés au pied de l’Yggdrasil. Il dodelina légèrement de la tête et se lova sur lui-même. Fixant son regard sur l’impétueux Ratatosk descendu de son perchoir pour importuner les géantes un instant avant de disparaître sous une racine pour s’entretenir avec le grand serpent Nidhögg, il se mit à rêver.

***

La bataille avait fait rage dans les plaines glacées de Jotünheim.

Les cadavres raidis des asgardiens et des jotüns jonchaient le sol sur des centaines de mètres à la ronde et Odin se tenait là, devant les portes closes de la forteresse d’Utgard où les géants de glace s’étaient retranchés.

Nul son ne parvint aux oreilles d’Odin et de ses guerriers hormis le souffle du vent glacial et mortel ratissant le champ de bataille.

« Laufey ! »

Le nom du souverain de Jotünheim surgit des poumons du Père de toutes choses tel un tremblement de terre, un ultimatum lancé par un souverain à un autre. Une dernière chance de capituler ou de mourir.

Le géant à la tête couronnée apparut soudain en haut des remparts d’Utgard, brandissant au-dessus de sa tête un nouveau-né vagissant, minuscule pour un géant des glaces, probablement faible et difforme aux yeux de son peuple. Laufey était silencieux, suspendant l’enfant par-dessus les remparts, fixant d’un air dur et déterminé son ennemi en contrebas.

Horrifié à l’idée qu’un enfant puisse servir de bouclier au roi des géants, un guerrier asgardien fit un pas en avant, prêt à se servir de sa lance pour répondre à l’affront fait à son propre roi quand Odin l’arrêta d’un geste de la main, les lèvres serrées et contrites, le front sérieux.

« Laufey, que signifie donc ceci ?
- Odin, ceci, est l’avenir que tu réserves aux géants de glace : un avenir difforme et malingre qui ne tient qu’à un fil ! »

L’enfant pleurait maintenant à grandes larmes, la position dans laquelle il était retenu, suspendu dans le vide, lui faisait mal et instinctivement peur. Ses jambes s’agitèrent vainement dans le vide mais Laufey le retenait fermement.

« Où veux-tu donc en venir ? » S’agaça le roi d’Asgard.

Laufey inspira profondément avant de reprendre la parole.

« Cet enfant s’appelle Loki et est le dernier né de ma lignée. Cet enfant né trop tôt est la conséquence de la guerre que tu as amenée ici !
- Comment oses-tu ?! s’exclama une guerrière asgardienne, outrée par ces accusations.
- Silence ! ordonna Odin. Que veux-tu, Laufey ?
- Retire tes troupes et rentre à Asgard. Je n’attaquerai pas ton royaume, j’ai trop de choses à faire avec le mien.
- Qu’en est-il de cet enfant ? s’enquit le Père de toutes choses.
- Privé de mère, il mourra. Les loups veilleront à ce que sa mort soit rapide. »

Les cris de l’enfant faiblirent drastiquement, comme si lui-même avait décidé d’arrêter de lutter pour vivre, si jeune et déjà presque mort.
Les quelques soldats d’Asgard au pied du rempart grincèrent des dents, vociférant à la barbarie et appelant au massacre avant d’être à nouveau rabroués par leur roi.

La décision d’Odin ne se fit pas attendre bien longtemps.

« Je retirerai mes troupes à la condition que tu élèves cet enfant, Laufey. Et, quand il sera en âge de quitter ces terres, tu l’apporteras à Asgard en tant qu’otage et garantie de ta parole et de la mienne ! Elève-le correctement ou les conséquences sur ton royaume pourraient s’avérer délétères ! »

Et sur ces paroles, Odin appela le gardien du Bifröst et disparut avec ses troupes, laissa là Laufey et son fils maudit.