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Relation improbable

Summary:

Katsuki est amoureux de Deku. Voilà l'implacable vérité dont il prend conscience suite à une discussion avec Eijrio. Si déjà la nouvelle semble impossible à accepter, créer une relation avec lui semble encore plus improbable. Après tant d'années de haine et de mépris, vont-ils réussir à avancer ensemble et ce, malgré une classe de commère, des familles envahissantes, des profs étranges et leurs grands rêves respectifs ?

Notes:

Bonjour ! J'avais envie d'essayer ce site même s'il n'est pas très connu encore chez les français, alors je commence avec cette histoire que j'ai déjà assez avancé !
Je publierais le 1er et le 15 du mois normalement
Les chapitres se suivent chronologiquement, mais ils racontent tous une histoire assez indépendante donc ils peuvent être lu dans le désordre
Bref, je vous laisse à la lecture !

Chapter 1: Prologue : Les souvenirs

Chapter Text

Katsuki jeta un coup d’œil distrait aux exercices que faisaient Eijiro. Depuis que ce dernier avait réussi les examens du premier trimestre grâce à l’aide du blond, il revenait régulièrement squatter chez lui pour travailler. Si Katsuki avait d’abord essayé de le dégager, il avait assez rapidement abandonné. Eijiro semblait vraiment apprécier ces moments, et ils profitaient aussi énormément à ses notes. Enfin même s'il ne l'avouait pas, lui aussi avait fini par aimer travailler à ses côtés.

— C’est de la merde tête d’ortie. Recommence.

Et il gagnait encore plus d’occasion d’être désagréable en plus.

— J'y comprends rien à ce chapitre, tu veux pas me donner un coup de main ?

Il reprit ses explications avec un profond soupire. La patience n’était vraiment pas un concept facile à mettre en pratique pour lui. De plus, Eijiro n'avait aucune réelle motivation pour travailler ce jour-là et n'arrêtait pas de se déconcentrer sur tout et n'importe quoi.

Il avait d'ailleurs arrêté d'écouter pour regarder les gouttes de pluie s'écraser sur la fenêtre. Le mois d'août était presque fini, et il était plutôt réconfortant de retrouver enfin un peu de pluie après ces mois de chaleur étouffante.

— Putain si ça t'intéresse pas rentre chez toi !

— Pardon mec, mais ça fait déjà deux heures qu'on bosse ! Je suis en train de devenir fou là. Mais euh... Je peux attendre qu'il arrête de pleuvoir avant de rentrer ?

Katsuki lâcha un grognement mécontent mais Eijiro prit tout de même ça pour une affirmation. Il se leva en s'étirant, engourdi après tout ce temps de travail. Il se rapprocha machinalement de la fenêtre sous le regard circonspect du propriétaire des lieux.

— Oh c'est Izuku ? interrogea-t-il d'un coup.

Plus par curiosité que par réelle envie, Katsuki le rejoignit pour voir effectivement leur camarade classe avec un sac de course rentrant probablement chez lui, à l'abri sous son parapluie. Mais il se figea à l'angle d'une rue. D'abord hésitant, il finit par s'y engager jusqu'à atteindre une petite boîte en carton, où ils devinaient d'ici plusieurs chatons. Il y déposa délicatement son parapluie en faisant attention à ce qu'aucun d'entre eux ne soit mouillés, avant de repartir dans l'autre sens en pressant le pas.

— Ouah, lâcha Eijiro. Ça c'est un mec bien.

— Ta gueule, répliqua Katsuki en se sentant légèrement insulté dans cette phrase.

— Hé je disais juste ça comme ça ! Il habite dans le coin non ?

— Mmh.

— C'est pour ça que vous vous connaissiez depuis longtemps ? Je suis sûr qu'il était trop chou quand il était gosse.

— Si ça t'intéresse tant, t'as qu'à le rejoindre sous la flotte ok ?!

Il soupira à l'entente de sa menace à peine camoufler avant de reprendre :

— Aller mec, je te raconterais toutes mes histoires d'enfances après.

— J'en ai rien à foutre de ta vie.

— T'es vraiment pas cool hein ! T'as pas un album photo quelque part ?

Il illustra sa phrase en cherchant toute trace de l'objet convoité dans sa bibliothèque. Au grand étonnement de Katsuki, il en ressortit avec un cri triomphant, un album à la main. Avant qu'il n'ait pu s'énerver contre lui, Eijiro l'ouvrit au hasard pour tomber sur une image de lui avec Izuku, âgé de 3~4 ans tout au plus.

— Ouah ! Vous étiez trop mignon ! rigola-t-il. Vous aviez l'air ultra proche en plus.

— Arrête de raconter de la merde et rend moi ça tête d'ortie ! s'énerva Katsuki en tentant de lui reprendre l'album des mains.

Eijiro réussit à l'esquiver, en feuilletant rapidement les pages.

— Bordel laisse-moi brûler ce truc de merde ! poursuivit-il en produisant une explosion.

Elle atteint son camarade, mais trop habitué à ses crises d'humeur il s'était protégé avec son alter.

— Non mais ça va pas, c'est trop précieux, tu vas pas détruire un album photo !

— Comme si j'en avais quelque chose à foutre !

Il produisit une autre explosion, qui fut immédiatement suivit d'un cri déchirant :

— KATSUKI ! ARRÊTE D'UTILISER TON FOUTU ALTER DANS LA MAISON !

— TA GUEULE LA VIEILLE ! répondit-il sur le même ton.

Eijiro profita de ce moment de déconcentration pour regarder d'autres photo.

— Sérieux mec, sur la moitié des photos y a Izuku. Il vous est arrivé quoi pour que vous vous détestiez à ce point ?

Abandonnant son projet suite à l'échange verbal avec sa mère, Katsuki se laissa tomber au sol en fulminant.

— Pourquoi ça t'intéresse tant bordel ?

— Vous avez une relation tellement chelou tous les deux, y a forcément une histoire derrière ça !

Après un énième soupire, Katsuki interrogea à demi-mot :

— Qu'est-ce que tu veux savoir ?

Sans attendre qu'il ne change d'avis, Eijiro commença son interrogatoire.

— Vous étiez amis quand vous étiez enfants ?

— Pas vraiment... Enfin on était un groupe de gosse à trainer tout le temps ensemble parce qu'on habitait dans le même quartier. Mais déjà à cette époque je pouvais pas le blairer.

— C'est là que t'as commencé à l'appeler Deku ?

— Mmh.

— Il était comment alors ?

Katsuki mit un peu plus de temps à répondre cette fois-là. Ça le gênait de devoir le décrire. Et puis il hésitait à révéler son absence d'alter à l'époque. Mais il avait encore trop du mal à digérer ce mensonge pour le partager.

— Il a pas trop changer j'suppose... C'était un crétin incapable de se débrouiller tout seul. Il passait son temps à chialer pour de la merde, mais il avait cette putain de manie d'aider les autres, comme s'il servait à quelque chose.

— C'est pour ça que tu l'aimes pas ? demanda-t-il prudemment.

— De quoi ?

— Ça revient souvent, le fait qu'il va toujours aider les autres. C'est ça qui t'énerve chez lui ?

— En gros ouais.

— C'est pas un peu léger comme raison ?

Sous le regard assassin du blond, il changea de sujet :

— Et toi tu as changé alors ?

— Un peu je crois, avoua Katsuki en jetant un coup d'œil à son visage souriant sur l'une des photos. J'étais... un peu plus expressif que maintenant.

— Tu m'étonnes ! Je suis incapable de t'imaginer sourire comme ça.

Katsuki leva les yeux au ciel en grognant. Il savait qu'il avait un peu plus changé que ça, mais c'était difficile à exprimer précisément.

— En fait je crois que j'ai surtout changé depuis mon entrée à Yuei. Et lui aussi d'ailleurs...

— Vous rêviez tous les deux d'y entrer depuis toujours non ?

Il hocha vaguement la tête. Leur rêve était plutôt de suivre les traces d'All Might que d'aller à Yuei en soi mais il avait la flemme de développer.

— Alors vous avez toujours été en compétition pour ça ?

Katsuki fronça les sourcils, agacé par toutes ses questions qui lui faisaient remuer beaucoup de souvenir. Il grimpa sur son lit pour s'y affaler en fermant les yeux. Il entendit vaguement l'autre faire de même.

— N-Non... Quand on était petit, c'était plutôt un rêve commun je crois.

— Sérieux ? s'étonna Eijiro. Alors vous partagiez quand même quelque chose non ?

— Je me souviens pas vraiment, soupira-t-il en fronçant davantage les sourcils. Mais ouais, je... je crois bien qu'on voulait être héros ensemble à un moment. M'enfin il me faisait chier quand même, et puis c'était une grosse merde donc euh... C'était pas vraiment un projet commun, mais ça me dérangeait pas qu'il veuille faire la même chose quoi...

Il entendit très nettement Eijiro rigoler et il s'empressa de lui jeter un regard courroucé malgré le ridicule de la situation.

— Et donc c'est quoi qu'a changé ?

— J'en ai juste eu marre de lui.

— Quoi du jour au lendemain tu t'es mis à le détester ?

— Non, c'est juste que...

Il se redressa en passant la main dans ses cheveux. Ses souvenirs étaient tous plutôt confus à cette époque. Il ne se souvenait pas nettement de changement dans son attitude envers Deku, même s'il se souvenait d'une époque où ils étaient plus proche d'une certaine façon. Deku non plus n'avait pas vraiment changé de comportement d'ailleurs, c'était peut-être juste qu'ils étaient incompatibles depuis le début.

— On arrêtait pas de se prendre la tête en général, alors petit à petit on a arrêté de trainer ensemble.

— Mais ça marcherait si vous aviez perdu contact ça, alors que là vous êtes devenu ennemis en quelque sorte. Je ne sais pas moi, il doit bien y avoir quelque chose qu'a déclenché votre première dispute, ou la première fois que vous vous êtes battus.

— Je l'ai toujours frappé, répliqua Katsuki.

— Ouah. Quel bon ami tu fais mec.

Pour toute réponse le blond le repoussa brutalement pour qu'il tombe de son lit ce qui provoqua le rire d'Eijiro, et arracha même un petit sourire à Katsuki.

— Ok j'ai compris pourquoi vous vous êtes séparés. Mais pourquoi plusieurs années après tu le détestes encore ? Il doit bien y avoir un truc.

— Je sais pas, soupira Katsuki excédé par ses questions. Tout chez lui m'énerve ok ? Et puis au collège c'était presque une habitude de me foutre de sa gueule. Je me suis jamais demandé pourquoi, c'est comme ça c'est tout.

Un silence lui répondit. Un peu étonné par ce manque de réaction, il tourna la tête vers Eijiro qui se réinstallait sur le lit en fronçant les sourcils.

— Quoi ? demanda-t-il malgré lui.

— C'est... C'est juste bizarre venant de toi. Je veux dire, tu es loin d'être con. Et malgré ton caractère de merde tu sais prendre de bonne décision quand il faut. Me regarde pas comme ça tu sais que c'est vrai. Mais pourtant quand il s'agit d'Izuku on dirait que t'as oublié de réfléchir. Sérieusement mec. Ça fait je sais pas moi, dix ans que tu le détestes et tu t'es jamais demandé pourquoi ? Y a pas une seule fois où t'en as eu marre de te foutre de lui et où tu as voulu passer à autre chose ? Je veux dire, tu peux ne pas aimer quelqu'un, mais rester en permanence en colère contre lui sans raison c'est pas normal. Si tu veux mon avis, ou même si tu le veux pas, j'ai l'impression que y a un truc inconscient là-dedans. Genre tu lui en veux pour certaines choses mais tu en es même pas conscient. Tu te voiles la face mec.

— Ouah tu t'improvises psy maintenant tête d'ortie ? grogna Katsuki qui ne savait pas quoi répondre à ses propos.

— Ouais bah t'en as besoin là. Pose-toi la question, qu'est-ce que tu penses de lui ? Et qu'est-ce que tu ressens vraiment pour lui ?

Katsuki baissa les yeux en se perdant dans ses pensées. Même s'il avait envie de se moquer des paroles de son ami, elle le mettait mal à l'aise par le fond de vérité sur lequel elle s'appuyait. Pourquoi avait-il toujours ce besoin de l'insulter, de le frapper ou de le rabaisser ? Surtout présent au collège enfaite.

Plus jeune, ils trainaient périodiquement ensemble jusqu'à ce que Katsuki le tabasse pour une raison quelconque. Alors Deku s'éloignait d'eux pendant un moment avant de revenir de temps en temps. A cette époque, il n'en avait que faire de lui quand il n'était pas avec eux. Enfin, ça l'énervait de le voir l'ignorer. Deku était capable de passer de l'admiration la plus béate pour lui à l'indifférence totale et ça l'agaçait. Pourtant il n'aspirait pas vraiment à être son modèle vu tout ce qu'il faisait pour l'éloigner, mais ça lui plaisait quand même au fond.

Ensuite, quand ils avaient grandi et atteints le collège, Deku n'avait plus eu rien à voir avec ce gamin qui l'idolâtrait. Il avait juste peur de lui, et ça lui avait procurer un plaisir malsain de le voir trembler dès qu'il approchait. C'était peut-être pour ça qu'il avait continué à le frapper ? Il aimait simplement ça ? Il savait très bien qu'il était violent et impulsif. Ça lui avait toujours plu de se battre. Il avait tendance à se passer les nerfs sur le premier venu.

Mais pourtant ses "bagarres" avec Deku, si on pouvait appeler ça comme ça tant elles étaient restées à sens unique durant des années, ne lui apportaient aucun plaisir. Il en ressortait toujours plus frustrer qu'avant. Frustré de le voir pleurer, de le voir répliquer, de le voir lutter à sa manière. Et ça c'était le plus inquiétant. Si ça ne lui apportait rien, pourquoi avait-il continué ? Qu'est-ce qui faisait que Deku était différent des autres, simples défouloirs occasionnels, alors que lui restait sa cible favorite ?

Il n'aimait pas son côté naïf et rêveur. Il ne comprenait pas qu'il continue de rester optimiste malgré tout qui s'opposait à lui. Quelqu'un de normal se serait résigné. Lui jamais. C'était incompréhensible. Donc agaçant. N'est-ce pas ?

— Katsuki ?

Et puis il pleurait pour un rien. Ça aussi ça l'énervait. Mais c'était plus difficile de comprendre pourquoi. Il n'aimait juste pas ça. Enfin le pire restait sa manie de secourir les gens à tout va. C'était le summum de sa chiantise. Personne ne lui avait jamais demandé de l'aide. Et d'ailleurs il ne servait généralement à rien. Alors pourquoi est-ce qu'il continuait malgré tout à essayer d'aider les autres ?

Encore ce foutu entêtement d'optimiste. Ça devrait être interdit d'être aussi obstiné. Bon il faut bien avouer que Katsuki n'avait rien à lui envier à ce niveau-là. Il s'entêtait à détester Deku même lorsqu'il n'avait rien de particulier à lui reprocher.

— Hé Katsuki !

— Tu m'énerves avec tes questions à la con.

— Attends ça t'as quand même fait réfléchir ! Alors t'as compris quelque chose ?

— J'aime bien le détester, c'est tout.

Eijiro ne put s'empêcher de rigoler de la facilité de cette réponse. A vrai dire, ce n'était pas vraiment la conclusion de Katsuki sur la question, mais vu qu'il n'arrivait à rien de toute manière, il préférait penser ça plutôt que rester sur des doutes stupides que la tête d'ortie venait de lui apporter. Parce qu'il ne voulait pas y penser. Les choses étaient très bien telles qu'elles étaient, alors ça ne servait à rien de vouloir les changer.

— Tu sais qu'on est pas censé aimer détester quelqu'un ? Tu peux aimer quelqu'un, voire aimer l'emmerder, mais détester quelqu'un c'est relou normalement.

— J'en ai rien à foutre.

Avec un sourire en coin, Eijiro poursuivit :

— C'est plutôt fun en fait... Ça veut dire que t'apprécie un peu sa compagnie quand même.

— C'est pas ce que j'ai dit !

— Bah, si tu aimes le détester, ça veut dire que t'aimes bien qu'il soit là, pour le détester bien sûr. S'il avait été dans un autre lycée, tu aurais pas pu continuer à le détester.

Katsuki cligna des yeux plusieurs fois en le dévisageant. Il lui semblait que son ami était censé être con, pourquoi il se mettait à lui sortir des raisonnements à deux balles d'un coup ?

— Tu me fais chier. J'en sais rien d'accord ? Mais en tout cas j'en ai rien à branler de cette merde de Deku.

— Mmh si tu le dis.

Bien entendu, Eijiro n'avait pas du tout l'air convaincu ce qui agaçait encore plus le blond. Il était bien décidé à lui faire entendre raison, mais ce dernier reprit la parole plus rapidement.

— Tu m'as bien dit que tu étais gay non ?

— Et ? interrogea-t-il un peu déconcerté par le changement de sujet.

— Ton genre de mec… ce serait pas les gars pas très grands, mignons, gentils et un peu naïfs, sur qui tu as une emprise totale ?

Katsuki se figea, comprenant malgré lui où il voulait en venir. Ils étaient un peu en train de parler d'une des seules personnes à qui tous ces critères correspondaient en même temps.

— Enfin je dis ça comme ça hein… Mais tu sais qu'on dit que les garçons adorent embêter les filles qu'ils aiment. Et avec ton caractère de sadique, ça doit pas arranger l'affaire.

Eijiro semblait vraiment faire des efforts pour ne pas laisser un immense sourire s'étaler sur son visage mais c'était peine perdue. Cependant en réalisant le regard froid, pardon, glacial du blond sur lui, il se reprit malgré tout.

— Euh...

— Attend, tu sous-entends quelque chose là ?

— Euh non... assura-t-il avec une voix pas du tout virile. Tu sais quoi, je crois que je vais y aller.

Alors qu'il tentait de se relever pour quitter aussi rapidement que possible le quartier, Katsuki l'attrapa par le col pour le forcer à s'allonger brutalement.

— Pardon Katsuki me tue pas ! Je déconnais, c'était pas sérieux !

— Ah ?

— Ouais voilà, je voulais juste rigoler un peu ! Et puis comme toi et Izuku vous êtes un peu... enfin tu vois quoi.

— Non je vois pas justement.

Eijiro déglutit devant son air si sérieux et la prise toujours ferme sur sa chemise.

— C'est juste que... Te mets pas en colère hein ? Mais vous avez tous les deux l'air importants l'un pour l'autre... Bon Izuku c'est évident, mais toi aussi au final, il a un peu un rôle à part pour toi. Et même si tu aimes pas parler de lui, tu... enfin y a pas mal de trucs qui te font penser à lui en général, et regarde là on parle de lui depuis tout à l'heure et tu... tu accordes rarement autant d'attention à d'autres sujets...

Il conclut sa phrase en activant son alter de durcissement pour se protéger en cas d'une réponse violente de son ami à ses propos. Katsuki était plutôt tenté d'y céder, mais il fut agacé en le voyant prévoir si vite sa réaction alors il préféra le lâcher en grognant.

— Pourquoi tu dis que c'est évident pour Deku ?

Il regretta immédiatement ses paroles sorties un peu trop vite à son goût. Surtout en voyant les yeux exorbités du roux. Il détourna le regard en essayant d'avoir l'air en colère, mais il était un peu trop gêné pour ça. Deku ne l'intéressait pas. Enfin il n'en avait rien à faire de lui dans tous les domaines, pas uniquement en tant que potentiel euh... Bref. Deku avait toujours été une grosse merde qui ne méritait pas son attention. Point. Alors pourquoi donc ça lui semblait soudainement si important de comprendre quel genre de relation et de pensée il avait pour lui ?

— De- enfin Izuku, te... 'fin je sais pas, il t'admire, te met sur un piédestal inaccessible mais qu'il rêve d'atteindre ? Il a l'air d'avoir peur de toi mais il essaye tout le temps de se rapprocher de toi.

— N'importe quoi, répliqua-t-il immédiatement.

— Tu te fous de moi ? répondit Eijiro, oubliant momentanément tout réflexe de survie. Tout le monde dans la classe pourra te le dire, à part peut-être lui qui s'en rend pas compte mais encore je suis même pas sûr.

Katsuki n'était pas vraiment convaincu par ses paroles. A tous les coups, ce crétin se faisait encore des films d'un rien. Deku avait toujours été comme ça. A s'attacher fort aux gens, même lorsqu'ils le rejetaient. Ça n'avait rien de particulier à voir avec lui. D'ailleurs ça aussi ça l'agaçait.

— Euh Katsuki ? Tu sais que... enfin j'en ai rien à faire de qui tu aimes ou que tu détestes. Et tu as l'air un peu bizarre là... Tu es sûr de ne pas... tu sais, être amoureux de lui d'une certaine façon ?

— Je n'aime pas Deku, rétorqua-t-il gravement entre ses dents.

— Même physiquement ? Je veux dire, il est plutôt mignon non ?

— Tu veux vraiment parler de mec ?

— Bah t'es gay et tu es mon meilleur ami ok ? J'essaye juste de t'aider.

— Tu m'aides pas.

— Et puis c'est pas comme si tu pouvais en parler à quelqu'un d'autre.

Katsuki s'allongea près de lui en soupirant. Cette situation n'aurait même pas dû être possible, comment ils en étaient arrivés là ? A vrai dire, cette conversation le faisait un peu flipper sans qu'il sache réellement pourquoi. Ce n'est pas comme si elle allait changer quoi que ce soit de toute façon.

— Peut-être que... physiquement, c'est un peu mon genre... mais juste un peu hein ! Et j'ai pas dit que je l'aimais ! Juste que physiquement il est pas trop moche.

— Tu mens grave mal en fait, réalisa Eijiro en souriant.

— Je ne mens pas ! s'écria-t-il en se sentant bêtement à rougir. Rah putain ! Pourquoi est-ce que je perds mon temps à parler avec toi de toute façon ! Pense ce que tu veux je m'en branle.

— Ok ! rigola-t-il. Du coup, il te plaît assez pour que tu puisses sortir avec lui ?

— NON ! s'énerva-t-il en rougissant à nouveau et en libérant une petite explosion sur ses draps. Putain regarde ce que tu m'as fait faire avec tes conneries !

— Pourquoi ? continua-t-il. T'as pas envie d'être en couple ?

— Non, répliqua-t-il machinalement. J'ai pas que ça à foutre de m'occuper de quelqu'un.

— C'est pas un chien hein.

— Bah un chien c'est moins chiant qu'un copain.

— T'as déjà été en couple non ?

— Ouais. Et c'est de la merde. Il demande de l'attention, des sorties, de l'affection et d'autres conneries du genre.

— Donc c'est pas tant Izuku que le fait d'être en couple qui te dérange, supposa Eijiro.

— Pourquoi tu veux absolument me caser avec ce crétin ?

— Parce que tu l'aurais pris beaucoup plus mal si tu le détestais vraiment. Je dis pas que tu l'aimes, rajouta-t-il en voyant Katsuki froncer les sourcils. Juste que, tu pourrais peut-être apprécier d'être avec lui ? T'as déjà pensé à l'embrasser ?

— Non.

Pourtant à ce moment-là, l'image de lui-même embrassant le visage rougi de Deku s'imposa dans son esprit, produisant indéniablement une tension dans son bas ventre. Et merde, il était pas réellement attiré par le nerd quand même ?

Katsuki se tourna sur le ventre, enfouissant sa tête dans ses bras croisés pour essayer de cacher son visage toujours coloré. Est-ce que ça pouvait expliquer sa tension et sa frustration à chaque fois qu'il le voyait ? Non vraiment, c'était tiré par les cheveux tout ça. Il savait que ça l'énervait de voir Izuku sourire comme un idiot. Enfin, c'était peut-être dû à cette gêne qu'il ressentait dans ces moments-là, mais qu'il avait toujours été incapable d'expliquer.

— Oh non... gémit-il plaintivement en regrettant tout de suite d'avoir eu cette conversation.

— Je vais prendre ça pour un oui du coup, rigola-t-il. Putain mec j'aurai jamais cru ça de toi.

— Je te jure que si tu répètes cette discussion je te tue, rétorqua-t-il froidement sans lever la tête.

— Pas de soucis je suis une tombe ! Tu peux compter sur moi.

Ils restèrent immobiles et silencieux pendant un moment. Katsuki chercha désespérément une réponse à ses questions parmi tous les souvenirs qu'il avait de Deku.

— J'aurai jamais cru pu voir un Katsuki amoureux ! lâcha finalement le roux un début de rire dans la voix.

— Je suis pas amoureux.

— Bien sûr, on fait quoi du coup maintenant ?

Katsuki tourna légèrement la tête pour voir le sourire idiot de son meilleur ami qui le dévisageait comme si c'était la meilleure journée de sa vie. Lui était plutôt partisan de se cacher sous sa couette pour le moment.

— Rentre chez toi, souffla-t-il. Je vais juste... réfléchir un peu à tout ça.

— Pas de soucis mec ! Si t'as besoin d'un truc tu m'appelles !

En quelques minutes, Eijiro avait récupéré ses affaires et était parti, laissant finalement Katsuki seul et traumatisé. Est-ce que en une quinzaine de minute il venait de se rendre compte qu'il était très certainement amoureux de son ami d'enfance ?

Ami d'enfance qu'il avait toujours cru détester et méprise, qu'il avait frappé et humilié pendant des années, qu'il avait éloigné de lui autant que possible à la moindre occasion, qu'il avait tout fait pour rendre malheureux et qui devrait, selon toute logique le détester maintenant...

Et merde.