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One more broken hearts

Summary:

Alec Hardy et Ellie Miller étaient collègues. Partenaires. Associé·e·s. Ami·e·s. On les avait même accusé·e·s d'être amant·e·s, à leur grand désarroi.
Mais peu importe le nom qu'on donnait à leur relation, iels devaient admettre qu'iels partageaient désormais une immense partie de leur quotidien - et en toute honnêteté, ce n'était pas pour leur déplaire.

 

[recueil d'OS indépendants sur la relation entre Alec Hardy et Ellie Miller ; résumé de chaque OS et tags correspondants à l'intérieur]

Notes:

... Je peux tout expliquer.
David Tennant et Olivia Colman qui se cherche des noises pendant 3 saisons. Voilà, ça suffit à me donner envie d'écrire des pages et des pages de domestic fluff sur elleux (pcq oui, il n'y aura que ça ici) (et du hurt/comfort en MASSE) (et de longues introspections sur à quel point iels tiennent l'un·e à l'autre sans se l'avouer) (oui on est pas là pour faire original on est là pour vous vendre un·e des broship/QPR anglais les plus underrated)
Je ne sais pas trop mon rythme de publication, ni combien d'OS vont venir remplir ce recueil, mais j'en ai déjà 3 en attente (oui je sais je suis bcp trop trash) donc enjoy yourself !
J'éditerai les tags et les spoils sur la série à chaque fois, mais attention : j'ai beau écrire du fluff™, Broadchurch est une série policière avec de gros TW tels que : pédophilie, meurtre d'enfants, viol. Ces thèmes risquent d'être mentionnés au fil des OS, donc take care <3
Bonne lecture !

Siffly

Chapter 1: Deux vies volées en éclats

Summary:

Spoilers final de la saison 1

Le coupable a été démasqué et le monde d'Ellie a volé en éclats. Alors, tant bien que mal, Alec essaye de recoller les morceaux et d'apaiser sa peine. Ça ne résout rien, mais ça les aide, tou·te·s les deux.
Pas de TW particuliers

Chapter Text

Elle est là, assise sur ce fauteuil qui semble l’avaler, dans cet imperméable horriblement orange, les yeux bouffis par les larmes.

Elle est là et elle veut des réponses, des explications, un sens à la tempête qui est en train de ravager sa vie - et Alec aimerait tant être l’ancre à laquelle elle pourrait se rapprocher, être cette main qu’elle pourrait serrer fort jusqu’à ce que le vent s’apaise. Il aimerait tant la protéger, elle qui a soudainement l’air si fragile et si perdu.

Pas elle, pitié. N’importe qui, mais pas elle.

Ellie est gentille, souriante, avenante, le genre de personnes à ramener des cadeaux à tout le monde en revenant de voyages. Une bonne détective, une bonne mère, une bonne amie - n’importe qui à Broadchurch pourrait le dire. Bordel, même lui pourrait le dire. Elle l’a supporté, l’a aidé, l’a accompagné depuis de trop longues semaines, alors qu’il continuait de la mettre à distance - parce qu’il n’a pas le temps pour tisser de véritables liens, parce qu’il y a une famille à consoler, un coupable à trouver, des peines à apaiser. Lui qui était foutu, avec un corps foutu, une réputation foutue, lui s’est reconstruit avec cette enquête, avec ce petit bout de femme à ses côtés.

Ellie ne mérite pas qu’on brise sa vie, qu’on la déchire, elle n’est pas prête pour tout ce qui va suivre et qu’il devine déjà - les rumeurs, les fausses accusations, les souvenirs, les regrets. Il devine et il aimerait l’en protéger, parce que c’est ce qu’il a toujours fait - il assume pour les autres, parce qu’il ne sait faire que ça pour les aider.

Mais ici, pas de poste de DI, de renommée, ou même de mariage à sacrifier. Simplement Ellie Miller et ses larmes - et c’est déjà mille fois trop.

Alors il bafouille, il brode, et il n’y arrive pas, iels le savent aussi bien l’un-e que l’autre. Alors il creuse, et continue de creuser jusque tard dans la nuit, parce que même si ça n’apporte pas de réponses à Ellie, ça l’occupe, ça espace ses sanglots.

Et tant pis s’il doit la serrer dans ses bras par moment, parce qu’elle n’arrive plus à s’arrêter de pleurer, il lui doit au moins ça.

- Vous m’avez dit de ne pas faire confiance, tout au long de l’enquête.

- Je voulais tellement avoir tort.

Il sent ses propres larmes monter, mais il serait si indécent de pleurer à son tour. Elle vient de perdre son mari, remplacé par un odieux meurtrier. Il n’a pas de peine à épancher dans cette histoire - si ce n’est des remords que ce soit tombé sur elle.

- Vous saviez ce matin. C’est pour ça que vous m’avez envoyée interroger Nigel. Vous vouliez me protéger.

Il ne répond pas, ce n’est pas la peine. Elle sait. Peut-être pas tout - elle ne sait sans doute pas qu’il ne pensait qu’à elle, en menant cette enquête à son terme ; qu’il a espéré, prié, cru jusqu’au bout qu’il s’était trompé, même si tous les faits lui donnaient raison. Mais elle sait les grandes lignes, et cela lui suffit.

- J’étais sincère. Vous avez fait un excellent travail durant ces longs mois.

- Et ça m’a tout coûté.

C’est ainsi qu’il se retrouve à lui parler de Sandbrook. De Tess et de son amant, de ce pendentif, des deux filles dont il n’a pas été capable de retrouver le meurtrier. Du prix qu’il a dû lui aussi payer en laissant tout cela derrière lui, irrésolu, en suspens, et de sa vie qui semble elle aussi en suspens depuis toutes ces années. Il ne sait pas s’il l’aide en se confiant à elle ainsi - au moins un peu, puisqu’elle ne l'interrompt pas.

Puis, peu à peu, elle parle à son tour de sa vie ici : de sa famille qui est dans cette petite ville depuis des générations ; de sa sœur qui accumule les dettes sans qu’elle ne puisse véritablement l’aider ; de ses deux petits garçons qu’elle va devoir élever seule désormais. Il lui parle des disputes de ses parents quand il était enfant ; de Daisy qui ne lui répond plus au téléphone et qu’il a l'impression d'avoir perdue ; même de Tess, de la colère, de la trahison, de l’amour qui lui porte encore.

Il est tard quand il la raccompagne devant la porte de sa chambre. Lucy et Olly sont reparti·e·s depuis longtemps, et Tom et Fred dorment sans doute déjà. Et dans ce couloir mal éclairé, Ellie l’attire une dernière fois contre elle - et il l’enlace doucement, la berçant presque, profitant une dernière fois du calme de cette bulle qu’iels ont réussi à construire et qu’il va falloir quitter.

Alors il l’entend murmurer, la voix étouffée par sa chemise dans laquelle elle a enfoui son visage :

- Merci.

Il a envie de protester, de soupirer, de rétorquer qu'il n'a pas fait grand chose, mais, pour une fois, il n'a pas envie d'avoir le dernier mot. Pas ce soir, pas avec elle.

Mais c’est la première fois de sa carrière que des remerciements à la fin d’une enquête lui font si mal.