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Pas d'oiseaux dans le ciel aujourd'hui

Summary:

Flash haïssait le lycée. Il haïssait l'arrivée de l'automne. Il haïssait tout.
Surtout Peter Parker.

Notes:

L'histoire se situe un peu avant Far From Home, les personnages secondaires et professeurs sont tirés des comics!
La taille des chapitres variera probablement par la suite.

Chapter 1: Le plus grands des connards

Chapter Text

Peter Parker était, sans le moindre doute, le plus grand des connards que le Monde ait pu connaître.

Il avait ces manies détestables de se montrer comme étant supérieur aux autres par ses connaissances intellectuelles qu’il n’hésitait pas à déployer ouvertement autour de lui. Une main levée par si, un vingt sur vingt par là. Oh Peter, vous êtes tellement brillant !
À vomir.
Mais là n’était qu’un détail infime de la personnalité irritante du garçon.

Il avait ce genre de foutus sourires, toujours incertain, qu’il lançait à tout va pour rendre la situation à son avantage. Ces sourires auxquels personne ne voulait dire non. Auxquels personnes ne pouvait dire non.
Ça crevait les yeux. Le type était un putain d’hypocrite. Un manipulateur. Pensait-il vraiment que le chocolat de ses prunelles avait une influence quelconque sur ce que les gens pensaient de lui ?

Et puis, le plus détestable de tout; c’était un authentique Loser. Non, vraiment.
La définition du dictionnaire avait été rédigée en le regardant, à coup sûr. Un perdant, un raté, un paumé.
Avec ces stupides t-shirts, ces stupides baskets aux lacets défaits, ces stupides sweat-shirts faisant trois fois sa taille.
Pathétique.

Et il déambulait là, comme un chiot égaré dans les couloirs du bahut, fixant ses chaussures et bousculant inconsciemment les autres étudiants. À croire que même mettre un pied devant l'autre correctement, il n’y parvenait pas.
Putain d’incompétent.
Putain de Pénis Parker.

Il voulait le cogner. Écraser son poing contre ce visage à tout point impeccable. Abolir son foutu sourire confus, et ses prunelles immenses gorgées d'incertitude.

Qu’il arrête une fois pour toute de s’excuser à profusion. De bafouiller devant la classe, de tirer les manches trop longues de ses vêtements. Qu’il arrête de rire avec son idiot de copain, encore plus pathétique que lui.
Qu’il arrête de baisser les yeux en le croisant.

Arrête de baisser les yeux. Regarde-moi.

Regarde-moi.

Oui, Peter Parker était vraiment le plus grand des connards.

 


 

« Tu es un bon garçon. Un très bon garçon. »

Le murmure est étouffant, partout à la fois. L’odeur de l’alcool lui envahit la gorge, l’esprit, les poumons.
Tout est trop bruyant, silencieux. Nauséabonde.

Tout est trop.

« Eugène. Tu m’entends, quand je te parle ? »

Une main passe sur son visage et le garçon retient son souffle. Sa joue le brûle encore de la claque reçue, une ombre pivoine apparaissant petit à petit sur sa pommette.
Le regard de Flash se pose sur le verre de vin qui pend de façon nonchalante entre les doigts fins de sa mère. Une goûte du liquide pourpre glisse depuis le fond de celui-ci pour terminer sa course sur le carrelage en damier.

« Espèce de bon à rien. »

Le miel de la voix de sa mère se transforme abruptement en glaçon. Le transperçant comme une épine, le paralysant.

La femme en robe de soirée se lève dans un claquement de langue irrité.

« Tu m’as ruiné, tu le sais, ça ? »

Flash hoche aveuglément la tête. Chaque mot semble venir en écho depuis la pièce voisine.

« Tu m’as rendu affreuse. Malheureuse. Et après, c’est moi qui devrai me sentir coupable ? Tu essaies de me rendre encore plus triste que je ne le suis déjà ? »

La gorge du garçon est serrée. Ses ongles s’enfoncent dans les paumes de ses propres mains, perçant la chaire.

« C’est à cause de toi si ton père et moi ne nous aimons plus. »

La phrase le frappe en plein visage comme un coup de poing.
Il aurait voulu s'échapper.
Disparaître. Ne plus jamais devoir lever ses yeux sur le visage déformé par les larmes de sa chère et tendre mère.
Son maquillage coule le long de ses traits. Son rouge à lèvre est éparpillé. Son visage a pris une teinte pivoine, à croire qu’elle allait éclater à tout instant.

« Va dans ta chambre, trésor. »

Sa voix est brisée, méconnaissable. Flash aurait voulu la prendre dans ses bras.

Il quitta la pièce en titubant.
Tout est trop.

Tout est assourdissant.

Tout est trop.

Devant le miroir de sa chambre, Flash ne se reconnaît pas. La marque d’une main baguée rougit sa joue. Il devra mettre des glaçons dessus pour qu’elle disparaisse avant le matin.

La main du garçon passe à travers ses propres cheveux sombres. Ils ont poussés trop vite. Il déteste ça. Il aurait voulu les couper, ici et maintenant.
Il déteste ça. Il déteste ça.

L’obscurité dévore les murs de sa chambre trop grande pour lui, tout comme le silence. Pourtant, il ressent la brûlante sensation de devoir se boucher les oreilles.

Taisez-vous tous.

 


 

« Yo, Parker! Tu l’as dégoté où ce t-shirt ridicule ? Chez ma grand-mère ? »

Des ralliements dérisoires résonnèrent dans le local de Physique, Peter évitant les regards tout en s’avançant entre les bancs.

« Ne les écoute pas, mec. Je trouve ton t-shirt super stylé ! »

Ned accompagna ses propos d’un pouce en l’air, le garçon aux cheveux châtains le remerciant d’un sourire tout en prenant place à ses côtés.

Dans l’arrière-plan, Flash fit rouler ses yeux. Ça lui donnait envie de vomir.

« Vous attendez quoi pour vous rouler une pelle ? »

D’autres rires s’élevèrent, Ned se retournant pour présenter son majeur dans un faux rictus au provocateur comme s’il s’agissait d’un cadeau de Noël.

« Suce ton père, Flash. »

Les yeux de Flash s’ouvrirent de surprise dans un sourire faussement choqué, des exclamations enjouées s’élevant autour d’eux.

« Est-ce que c’est possible d’avoir un peu de silence dans cette salle de classe ? »

Le professeur de Physique à la démarche fatiguée laissa tomber sa lourde sacoche sur son bureau.

Le calme revint aussitôt dans le local, les rires se transformant en murmures, avant de s’éteindre entièrement.

Alors que le bruit de la craie crissant déjà contre le tableau s’élevait dans le local, Flash laissa un soupir exaspéré lui échapper. Il haïssait le cours de Physique.
Il haïssait le lycée.

Il haïssait tout.

Surtout Peter Parker.

Son attention se posa une poignée de secondes sur le dos du garçon qui prenait déjà note devant lui.
La forme des épaules de celui-ci se dessinait sous le pan de tissus de son stupide t-shirt.
Quel nul.
Flash remonta ses prunelles le long de la colonne vertébrale de Peter, s’éternisant un instant sur ses omoplates pour terminer sa course sur sa nuque. Quelques boucles châtaines retombaient hasardeusement sur celle-ci.

Peter se retourna, le désagréable sentiment d'être observé le faisant broncher, et Flash ne put que baisser ses yeux par réflexe.

Espèce de con.

Le garçon aux cheveux sombres porta son porte mine à sa bouche, mordillant nerveusement le bout de celui-ci.

Il le détestait.

Il se détestait.

 


 

« Les bleus, vous allez sur le terrain ! L’équipe rouge, prenez leur place sur le banc. Allez on se bouge! »

Un coup de sifflet s’éleva à travers la plaine et les étudiants se dispersèrent au pas de course.

« Bonne merde, Parker. »

Lança Flash dans une pointe d’ironie dérisoire, bousculant d'un coup d'épaule le garçon châtain qui manqua de trébucher.
Peter jeta un regard irrité par-dessus son épaule, Ned donnant une tape amicale dans le dos de son ami tout en lui sifflant quelque chose à l’oreille.
Ils éclatèrent de rire en même temps.

Flash fit grincer ses dents, prenant place sur le banc aux côtés de ses coéquipiers. Quel ennuie.

Un second coup de sifflet, et le batteur fit se rencontrer la batte métallique et la balle dans un claquement vif. Des exclamations s’élevèrent sur le terrain, les joueurs se mettant en mouvement.

« Allez les bleus ! »

Flash laissa reposer son menton dans la paume de sa main, suivant d'un œil égaré la partie de base-ball qui se déroulait devant lui.

Brad fonçait dans une course cadencée d’une base à l’autre, visant le Home Run alors que parallèlement, l’équipe jaune semblait incapable d’attraper la balle qui volait encore par dessus leurs nez.

« Parker, concentre-toi un peu ! »

Le garçon appelé qui discutait avec son ami sur le terrain se mit aussitôt en mouvement, comme s'il venait de recevoir un coup de décharge électrique.

« Vas-y Brad ! »

Flash suivit des yeux Peter qui s’empara de la balle en cuire qui roulait à quelques mètres de ses pieds, la lançant d’un geste puissant en direction de la base suivant.

Aussi maladroit semblait-il, cet idiot était tout de même plutôt doué en ce qui concernait les activités physiques, Flash devait l'admettre.

La balle lancée par le garçon arriva d'une façon presque calculée jusqu'au batteur, celui-ci l'attrapant au vol. Des clameurs triomphantes éclatèrent dans l'air, Brad s’interrompant dans sa course effrénée en pestant face à sa pittoresque défaite.

« Et c’est un point pour les jaunes ! »

Le sifflet de Jacoby s’éleva pour annoncer la fin de cette première manche, les joueurs regagnant un à un leur emplacement précédent.

« Tu gères Parker ! »

Ned offrit un high-five à son ami qui lui rendit dans un sourire enjoué.

Flash fit se croiser ses bras sur son torse dans un roulement d'yeux exaspérés.
Ned était encore plus idiot que son ami le taré. À eux deux, ils devaient former l'entièreté d'une cellule. C'était ridicule.

La partie de base-ball s'éternisa pendant encore la moitié de l'heure d'éducation physique, les étudiants lançant des exclamations à tout va au rythme que la balle volait d'un bout à l'autre du terrain.

La brise d'un début d'octobre sifflait des paroles incompréhensibles à travers les herbes hautes du terrain de base-ball. Les rayons du soleil rougissaient les feuilles tombantes des arbres, et les journées se faisaient plus courtes.
L'automne était arrivé.

« Vous avez fait du bon travail, tout le monde. »

Des frappes dans les dos en signe d'éloges furent accompagnées par des plaintes de soulagements, les étudiants se dirigeant en harde en direction des les vestiaires.

« Hey, Parker. »

Brad s'avança en direction de l'appelé qui sembla pâlir à vue d’œil. 

Les regards des étudiants furent attirés comme des mouches sur les deux camarades de classe qui se faisaient face dans les vestiaires.

La main de Brad se tendit en direction de Peter.

« C'était une bonne partie. »

L'expression de Peter se métamorphosa de l'inquiétude à la perplexité, pour conclure sur un sourire enchanté. Il empoigna la main qui lui était tendue.

« Je suis d'accord ! »

La surprise des autres étudiants planait comme un étrange courant d'air, déçus de ne pas avoir pu assister à une bon petit cassage de gueule journalier.

Un sentiment de frustration tordait le ventre de Flash, et il fit claquer la porte de son propre casier dans un regard en coin en direction de Peter.

Le garçon retira son t-shirt tout en discutant avec Ned d'une mine enchantée.
Oh putain.

Depuis quand ce type avait-il gagné autant de muscles ? D’où est-ce qu'il sortait ça ? C’était comme s’ils étaient apparus du jour au lendemain. Et il fallait dire que la garçon cachait plutôt bien son jeu, avec ses stupides sweat-shirts immenses et sa posture courbée.
Pas que Flash aurait pu voir la différence. Il ne le regardait pas autant. Il ne le regardait pas du tout, d'ailleurs.
Ça serai flippant.

Pour la seconde fois, Peter leva son regard chocolat en sa direction, et Flash sentit une sensation de brûlure s'emparer de son visage. L'imbécile oubliait toujours qu'il stagnait trop longtemps lorsqu'il s'égarait dans ses réflexions.
D'un geste casuel Flash s'empara de son sac à bandoulière, fermant son casier à clé derrière lui tout en détournant les yeux.

Les prunelles de Peter qui ne semblaient pas s'être détachées de lui lui brûlaient le dos.

« Yo Flash, tu nous accompagne ? On va au terrain de basket du parc. »

Flash enfouit les clés de son casier dans la poche de son pantalon, portant son attention sur Jason qui s'était appuyé sur le casier en face du sien.

« Je peux pas aujourd'hui. Je dois surveiller ma sœur. »

Les sourcils de l’aîné se haussèrent de perplexité.

« Gérald ne peut pas le faire à ta place? »

« Il est parti en congé pendant trois jour. Ça me casse les couilles. »

Jason leva ses yeux au ciel, s'emparant de son propre sac à dos.

« Ça c'est con pour toi. »

Flash hocha la tête, emboîtant le pas de son camarade de classe qui se dirigeait déjà en direction de la sortie des vestiaires. Il jeta un dernier regard par dessus son épaule, son souffle se suspendant lorsque ses yeux percutèrent ceux de Peter.

 


 

« Pourquoi maman pleurait hier ? »

Flash haussa les épaules, posant son cavalier blanc sur l’échiquier.

« Elle devait être triste. »

« Mais elle est tout le temps triste ! »

La fillette fit la moue, et Flash laissa s'échapper un soupir.

La maison paraissait encore plus grande qu'à l'accoutumée, ce soir là.
Leur mère était partie en voyage d'affaire de deux jours à Philadelphie, et leur père devait rester au commissariat plus tard que prévu pour régler quelques affaires.
Quand à Gérald, celui-ci avait décidé que c'était le moment idéal pour partir aux caraïbes avec sa femme. Il ne pouvait pas le blâmer, en soit. Le pauvre homme n'avait pas prit de congé depuis presque cinq ans qu'il travaillait au service des Thompson.

« Tu penses que si je lui fais un dessin elle sera contente à nouveau ? »

« Peut être, Jesse. Sans doute. »

Un sourire éclaira le visage de la cadette et elle reporta son attention sur le plateau de jeu. Elle posa sa tour à un endroit peu stratégique. Il suffirait à Flash de bouger son fou, et il remportait la partie. Il se contenta toutefois d'utiliser sa tour qu'il avança d'une case.
Ça ne servait à rien de rendre sa sœur triste en la battant aux échecs.

« Tu penses que papa rentrera bientôt ? »

Jesse plongea sa main dans la bol et M&M's posé devant elle, en sortant un de couleur rouge qu'elle lança dans l'air. Le bonbon termina sa chute sur la tapis, et la fillette prit une mine déçue avant de réessayer avec un bleu, cette fois-ci.

« Je ne sais pas. Mais tu devra aller dormir avant qu'il ne rentre. Tu sais que papa n'aime pas trop être dérangé quand il rentre du travail. »

« Je sais, je sais... »

Cette fois-ci, le bonbon arriva exactement dans la bouche de la fillette qui lâcha une exclamation de victoire. Flash esquissa un sourire retenu.

Il n'était pas vraiment courant pour le garçon de se permettre de rire lorsqu'il se trouvait dans sa maison. Les murs y étaient haut et glacés, le carrelage brillant ne reflétant rien d'autre que des souvenirs amers.

Ne rentre pas avec tes chaussures pleines de terre, Eugène, sinon papa sera très très fâché.

Il se remémorait d'un soir précis où il avait oublié de retirer ses baskets en revenant de l'école, et avait parsemé de boue le carrelage luisant jusqu'à la cuisine.

Papa avait été, en effet, très très fâché.

Le nez ensanglanté de Flash avait également souillé le carrelage, ce soir-là.

« Tu veux regarder un film ? »

Interrogea Flash qui comprit que les échecs étaient peut être trop compliqués pour une gamine de sept ans.

« Mais aucun de nous n'a encore gagné ! »

« On créé notre propre règle du jeu. Si on veut, on dit qu'on a tous les deux gagné. »

Une étincelle traversa les yeux ébène de Jesse dont le visage fut éclairé d'un sourire. Elle hocha la tête avec enjouement.

L’aîné remit en ordre la table basse du salon, rangeant le jeu de société dans l'étagère en bois avant d'accompagner sa sœur devant l'écran plat. Cet écran si grand, qu'ils n'avaient que très rarement l'occasion d'utiliser. C'était comme pénétrer dans un temple sacré.

« Qu'est-ce que tu veux regarder ? »

« Dory. »

« Tu ne l'as pas déjà vu ? »

« Si, mais je veux le regarder encore. »

Flash fit un haussement d'épaules. Si ça lui faisait plaisir.

Le film fut lancé, et ils s’enfoncèrent tout les deux dans l'imposant sofa en cuir de papa.

Ces moments là n'étaient qu'à eux. Sans culpabilité. Sans reproche. Sans cris, sans pleurs, sans vaisselles brisées.

Juste eux.

Le film se termina trop vite, Jesse s'étant endormie avant l'arrivée du générique de fin. L’aîné vint donc éteindre la télévision, ce qui réveilla la gamine qui lui offrit un sourire fatigué.

« Viens. Papa va bientôt rentrer, il faut aller dormir. »

Ils montèrent les escaliers en colimaçons qui menaient directement au corridor où se trouvaient les chambres.

Flash aida sa sœur à s'installer dans son lit qu'il avait toujours jugé comme étant trop grand pour elle, lui présentant une peluche qu'elle étreignit spontanément.

« Je t'aime Flash. »

Sa voix était éreintée, et l’aîné esquissa un sourire tout en fermant la porte derrière lui.

Il éternisa un instant sa main contre la poignée de la porte à présent fermée, se pinçant les lèvres. Ses yeux le piquaient, et il se détesta pour ça.

Arrête un peu de toujours chialer comme une putain de gonzesse.

L'écho de la porte d'entrée qui se refermait brusquement résonna à travers la demeure.

La gorge de Flash se cintra, et il relâcha enfin la poignée.