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Le Hobbit de ces Dames

Summary:

À Edoras, les hobbits essayent de convaincre Merry de leur raconter une partie jusque là cachée de son histoire…

 

Ce petit épisode se situe dans l'univers de "I will not say the Day is done", plus précisément au chapitre 14 "Les Voyageurs".

Work Text:

« Tu vas bien nous le dire ! insista encore Pippin.

— Laisse-le tranquille, Pip', dit Frodo d'une voix raisonnable quoique légèrement amusée. Ce ne sont pas nos affaires.

— Mais… »

Un seul regard de Sam le fit taire et il croisa les bras, boudant un peu. Merry rit.

« Un gentilhobbit ne dévoile pas ses secrets, et tu devrais le savoir, Pip. D'ailleurs, toute cette conversation fait rougir Sam.

— Ce n'est pas vrai ! » s'écria Sam qui, en effet, arborait sur ses joues rondes un teint rose des plus charmants.

Frodo lui serra la main et déposa un baiser sa sa joue.

Ils étaient tous étendus sur des coussins et des couvertures moelleuses dans leur chambre commune d'Edoras, se reposant après leurs voyages et attendant que le banquet en l'honneur de Frodo commence. La conversation avait débuté, comme souvent, avec Merry et Pippin partageant leur partie de l'aventure. Merry avait mentionné avec beaucoup de fierté comment il avait combattu aux côtés de la belle Dame Éowyn. Il raconta avec beaucoup de détails leur confrontation avec le Roi Sorcier et comment ils avaient tous deux été guéris par les mains d'Aragorn. Mais après cela, son histoire était passée directement à la dernière bataille et Pippin avait décidé qu'il ne se laisserait pas distraire. Merry cachait volontairement des parties de ce qui s'était passé dans les Maisons de Guérison et le Took était déterminé à lui faire raconter toute la vérité.

Ils étaient tous là à présent, à essayer de découvrir ce qui s'était passé entre Merry et Dame Éowyn juste avant que le peuple libre ne rassemble de nouveaux ses forces pour marcher sur la Porte Noire.

« Sam peut rougir tant qu'il veut, rétorqua Pippin en faisant la moue pour de bon, ce n'est pas comme s'il était un vierge innocent, n'est-ce pas, Frodo ?

— Pippin ! s'écrient Merry et Frodo à l'unisson.

— Pourquoi me visez-vous, M. Pippin ? demanda Sam, offensé. Ce n'est pas moi qui cache ma vie amoureuse à tout le monde. »

Frodo ricana à ces mots et Merry eut l'air choqué.

« Eh bien, je ne m'attendais pas à ce que toi, Sam, tu te retournes contre moi. Je ne voulais pas en parler parce que je ne voulais pas choquer vos oreilles innocentes. Mais puisque vous avez l’air déterminé à vous mettre dans tous vos états, je vais vous le dire. »

Pippin laissa échapper un grand rire et s'installa plus confortablement sur ses coussins. Frodo se blottit contre Sam et sourit.

« Vous devez comprendre que Dame Éowyn était Dernhelm pour moi jusque tard dans la bataille. Cela ne m'a pas empêché de me prendre d'affection pour lui. C'était perturbant pour moi car, comme vous le savez, je ne suis généralement pas attiré par les personnes de sexe masculin.

— Dernhelm t'attirait ? s'exclama Pippin.

— Cela ne m’étonne pas, dit Frodo avec entrain, l'amour de Merry pour les dames est tel qu'il peut flairer une demoiselle à cent lieues à la ronde ! »

Sam éclata de rire avant de plaquer une main sur sa bouche. Frodo lui embrassa l'épaule.

« Très drôle, Frodo. Au moins, moi, je n'ai pas d'écailles sur les yeux lorsqu'il s'agit de savoir qui est attiré par moi ou non.

— Aïe, je suppose que c'est mérité », dit Frodo en grimaçant.

Sam lui caressa doucement le dos.

« Quoi qu'il en soit, j'ai été à la fois soulagé et choqué lorsque j'ai réalisé que je ne convoitais pas un puissant guerrier viril mais la Dame du Rohan elle-même ! Mais je n'ai pas eu le temps d'y réfléchir, car la bataille était sur nous et nous avons tous deux été blessés.

— Mais vous avez guéri... dit Pippin avec enthousiasme.

— Oui, Pip, tiens-toi tranquille. Nous avons guéri, et nous avons passé beaucoup de temps à parler et à apprendre à mieux nous connaître. La boisson nous y a un peu aidés.

— Oh, ça ne présage rien de bon, dit Frodo.

— Ça dépend de ce que tu entends par là, répondit Merry avec effronterie. Au bout d'un moment, elle a commencé à poser des questions sur les hobbits et leur… anatomie. J'étais donc plus qu'heureux de fournir des réponses. Des réponses palpables. »

Pippin hurla de rire et se roula par terre. Sam ouvrit de grands yeux ronds tandis que Frodo ricanait joyeusement.

« Je me refuse à vous raconter tout ce qui s'est passé alors, dit Merry d'un air entendu, car ce ne serait pas courtois envers la Dame. Même si ce qui s'est passé s'est passé plusieurs fois, et que nous avons chacun fait des études d’anatomie avec beaucoup de sérieux. »

Et, en effet, Merry ne dit plus rien. Pippin riait, à la fois ravi et outré, Frodo avait l'air amusé et Sam se cachait le visage. Ils parlaient de la sœur du Roi Éomer, épouse du Seigneur Faramir ! N'avaient-ils aucune honte ?

« N'avez-vous pas du tout eu le cœur brisé, alors ? demanda Sam timidement. Je veux dire, quand la Dame a épousé le Seigneur Faramir. »

Cette question sembla dégriser Pippin qui s'essuya les yeux et attendit la réponse.

« Tu dois comprendre, Sam, que la Dame et moi sommes comme... des compagnons de guerre. Avec quelques avantages. Nous tenons beaucoup l'un à l'autre. Mais mon coeur n'appartient à aucune dame.

— Car il appartient à chacune d’entre elles », plaisanta Frodo, souriant toujours.

Merry lui jeta un coussin à la figure.

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