Actions

Work Header

STIGMA

Summary:

Du haut de ses vingt-deux ans, Jimin apprenait encore.
À faire confiance, à se construire, à taire ses secrets.
Grâce à son art et son entourage il semblait s'en sortir.
Mais une âme fragilisée par un passé douloureux, n'était-elle pas sujet à succomber face à la vulnérabilité d'un amour naissant, passionnel... et criminel.

'' Je ferai en sorte de tout bien enfouir. Pour que plus rien ne paraisse visible. Comme un masque qui cacherait mes faiblesses, mes doutes, mes blessures. Et peut-être des parcelles de quelque chose de plus ambiguë. De moins évident à identifier. Ou plutôt, que je déniai volontairement.

Car n'était-il pas inquiétant...

... d'éprouver des choses pour quelqu'un...

... impliqué dans une affaire de meurtre ? ''

Notes:

Chapter 1: Prologue

Chapter Text

Lorsque je sortis du théâtre, le vent frais qui circulait en cette soirée de février fit frissonner mon épiderme.

L’espace grouillait de spectateurs, parasitant la vue d’ensemble que j’avais, perché en haut des escaliers de pierre.

Après un moment de repérage, je le vis.

Il était là.

Sur la rue pavée, en bas des escaliers, il patientait.

Les mains dans les poches, la tête baissée, il m’attendait.

''Retrouve moi dehors'' avait été la seule indication présente sur la petite carte qu’il avait glissée dans le bouquet de lys.

Mon cœur se mit à battre.

Malgré l’appréhension, des pulsions d’excitation me poussèrent à dévaler les marches pour le rejoindre.

Arrivé en bas, il ne me restait que quelques mètres avant de l’atteindre.

Mais tout s'enchaina très rapidement.

Trop rapidement.

Le bruit des gyrophares résonnèrent dans l’air et les pneus crissèrent sur le goudron.

De partout, des hommes en uniforme débarquèrent, se ruant un à un sur l’étudiant de musique.

Une marée de cris s’éleva parmi la foule.

D’une ouïe incertaine, je perçus une suite de mots.

''… Monsieur Min Yoongi, au nom de la loi, je vous arrête pour le meurtre de Min Sungwook. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz sera retenu contre vous…''

D’un geste efficace, un policier l’immobilisa et lui passa les menottes.

Déconcerté, l’interpellé ne se débattait pas.

Il releva cependant la tête.

Nos regards se croisèrent.

Ses yeux sombres se noyaient dans la peur. Les miens s’affolaient dans l’effroi.

Notre contact dû se rompre.

Ils l’emmenèrent jusqu'à une voiture et le firent monter dedans.

Mes membres se retrouvèrent paralysés, figés dans l’espace.

Une bulle isola ma conscience de l’atmosphère générale qui s’enflammait sous les commentaires incessants du public.

Ce n'était pas réel.

Ça ne pouvait pas être réel.

Pourtant, je vis les voitures s’éloigner, en emportant avec elles le son strident des gyrophares.

L'endroit demeura vide.

Une minute.

Une simple minute avait suffi pour tout emporter dans la nuit.