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Tueur de Vampire

Summary:

Traduction française non-officielle de la transcription de l'épisode 10 de "The Magnus Archives"

Notes:

Si vous avez des commentaires concernant la traduction, n'hésitez pas!

Work Text:

MAG010 -#0100710

 

Tueur de Vampires

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ARCHIVISTE


Déposition de Trevor Herbert, concernant sa vie d’autoproclamé chasseur de vampires. Témoignage original donné le 10 juillet 2010. Enregistrement audio par Jonathan Sims, Archiviste-en-Chef de l’Institut Magnus, Londres.

 

Début de la déclaration.

 

ARCHIVISTE (DÉCLARATION)

 

Enfin. Ça fait près de 50 ans que c’est dans mes plans de vous rendre visite et de mettre ça par écrit, mais je suis finalement arrivé. Donc, par où commencer? Mon nom est Trevor Herbert, comme j’ai mis sur le haut de votre formulaire, et j’ai été sans abris pour la majeure partie de ma vie. En fait, si vous avez vécu à Manchester, il y a de bonnes chances que vous ayez entendu parler de moi.

 

On m’appelle ‘’Trevor le Clochard’’. Je veux dire, je ne suis pas vraiment facile à manquer, n’est-ce pas, et je vis sous le regard public depuis si longtemps que je pense être devenu une sorte d’institution. Ça aide que J’ai toujours eu un talent étonnant pour deviner l’âge des gens. Les passants traverseraient la rue pour venir me demander de deviner leur âge, et je leur dirais et la plupart du temps ils seraient sous le choc que j’aie visé juste. C’était amusant. Donc tout le monde dans le coin de Manchester connaît Trevor le Clochard, pour sûr. J’ai même entendu dire que quelqu’un m’a créé une page sur Internet et qu’elle a récolté plusieurs milliers de likes. Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire mais ça sonne sympa.

 

Évidemment ce n’est pas pourquoi je suis ici, pas vrai? Non, je suis ici parce que j’ai également dédié ma vie à trouver et tuer des vampires.

 

J’ai tué cinq personnes que je savais avec certitude qu’elles étaient des vampires, et il y en a deux autres qui l’étaient ou ne l’étaient peut-être pas. Il y a un homme que j’ai tué, malheureusement, que je sais maintenant était un humain, mais je sais aussi qu’il était un criminel violent alors j’essaie de ne pas trop m’en faire à ce sujet. Je sais que c’est dur à accepter pour n’importe qui, même une organisation comme la vôtre, mais je n’ai pas de preuves à vous donner excepté les dents de vampires que je vais laisser avec cette déposition.

 

Ne vous sentez pas mal de me dénoncer à la police pour mes meurtres, comme je suis certain que vous devrez le faire, puisque je viens récemment de recevoir un diagnostique de cancer des poumons en phase terminale, et je doute que je vais vivre bien longtemps. C’est une des raisons principales pour enfin mettre par écrit les détails de la mission que j’ai secrètement entrepris depuis le dernier demi-siècle.

 

J’ai tué mon premier vampire en 1959. À ce point j’avais encore une vie plutôt normale, hormis les abus de mon père auxquels notre famille était sujette. Il fût un homme abominable qui se retrouva à tuer ma mère en ‘56. C’était un cas évident de meurtre ivre, mais les tribunaux l’ont jugé comme un accident, et mon père évita la prison. Par chance, mon frère et moi-même n’eurent qu’à endurer seulement quatre mois de désagréments de sa part avant qu’il ne finisse par se boire à mort. J’avais treize ans, quand il est enfin mort, et mon frère en avait quinze. Suivant son décès, il y a eu plusieurs tentatives pour trouver un nouveau foyer pour les orphelins que nous étions, mais ils nous séparaient toujours, et il n’en était pas question, alors généralement nous fuguions. Au bout de quelques temps, nous sommes arrivés à préférer trouver notre chemin dans la rue plutôt que dans la maison d’un étranger.

 

C’est durant l’automne de 1959 que nous avons été recueillis par Sylvia McDonald. Ce n’était pas quelconque entente de famille d’accueil, mais le temps devint très froid vers la fin d’octobre, et il nous vit grelotter dans une ruelle près du Kings Arms Hotel, comme c’était dans le temps, sur Tipping Street avant que la rocade prenne le dessus. En y repensant, je crois que la chose visitait les pubs dans le but de trouver des faibles et des appauvris à tourner en victimes, et auprès de mon frère et moi-même, je dois dire, elle a réussi.

 

Le monstre avait l’air d’une femme âgée, une veuve je présumai, de la façon qu’il s’habillait en noir et avait d’étranges manières, que je sais maintenant être la marque d’un vampire, mais à l’époque je n’y ai pas prêté attention. Une grande partie des personnes plus âgées avaient vécu au travers des deux guerres, et ce n’était pas rare pour eux d’être un peu étranges. Je croyais que c’était le cas avec Sylvia McDonald, c’est ainsi qu’après une courte discussion, mon frère et moi acceptâmes l’offre de nourriture et logis.

 

Laissez-moi vous en dire un peu au sujet des manières de vampires, car une fois que je me suis appris à lire, j’en ai lu autant sur le sujet que j’ai pu, et le sujet n’est pas adressé souvent ni clairement dans ces livres que j’ai trouvé. Vous voyez, d’après mes propres observations, je crois que les vampires sont plus comme des animaux que des humains. Ceci ne doit pas être pris comme une simple tournure de phrase, mais plus à voir en lien envers comment ils fonctionnent. Je ne crois pas que les vampires soient humains en autres façons que leurs apparence, ni ais-je preuve qu’ils créent plus de leurs espèce en se nourrissant.

 

Une chose à noter est qu’ils ne parlent pas. En fait, selon mon expérience Ils sont totalement silencieux, n’ayant pas besoin d’air et aucune place dans leurs gorge pour une trachée. Ils sont capables de se faire comprendre, toutefois, avec clarté absolue, bien que la façon dont ils y parviennent ne l’as jamais été pour moi. Lorsque Sylvia McDonald s’est approchée de nous dans l’allée ce jour là, nous avons compris le nom qu’elle se donnait et que nous nous faisions offrir un repas et un lit, bien qu’elle n’a jamais émis un seul son.

 

Plus que ça, je ne me souviens pas que le fait qu’elle n’est pas dit un mot nous apparaisse comme étrange. Je n’ai jamais complètement compris comment ils réussissaient cela, et je doute pouvoir un jour, mais je ne peux que supposer que c’est une forme d’hypnose ou de contrôle mental instinctif.

 

Une autre idée fausse à laquelle j’ai toujours fait face en tentant de discuter des vampires est que le gens pensent qu’ils ne peuvent sortir le jour. Ils peuvent. Bien que je les ai vu éviter la lumière du soleil directement si possible, et en général porter des vêtements couvrants lorsqu’ils se déplacent durant la journée. Ils ne semblent pas avoir de difficultés significatives à le faire. Je les décrirais comme plus faibles le jour, mais que ce soit scientifiquement dût aux rayons du soleil, ou simplement parce que le Mal a moins de pouvoir aux heures du jour est incertain pour moi. Sylvia McDonald est venu à nous durant un après-midi couvert, et sa chair pâle était suffisamment exposée que, si le soleil pouvait réellement faire du mal aux vampires, elle aurait probablement été détruite.

 

Cet après-midi là, mon frère Nigel et moi acceptâmes de retourner à la maison de Sylvia McDonald dans l’espoir d’un toit au dessus de nos têtes pour un petit moment. Elle vivait sur Loom Street, qui est toujours là, quoique la maison elle-même fût démolie il y a longtemps, et maintenant il n’y a qu’un peu de brousse à l’endroit où elle se tenait. Parfois je retourne là pour rendre mon respect, puisque mon frère n’a pas de tombe ou de monument funéraire que je puisse visiter.

La maison était vieille, elle l’était déjà lorsque j’y suis allé en 1959, et en entrant j’ai été frappé par une odeur cuivrée et renfermée, que n’ai pas identifié comme du vieux sang à l’époque, puisque j’avais à peine 16 ans et ne possédais pas l’expérience que j’ai maintenant. Les meubles et la tapisserie n’avaient clairement pas été changés depuis plusieurs décennies, et tout était couvert d’une épaisse couche de poussière.

 

Même le plancher était pâlit par la poussière, excepté pour une ligne nette suivant où Sylvia McDonald allait, le bas de sa robe traînant derrière elle. Je me souviens m’être demandé si Sylvia McDonald prenait toujours exactement la même chemin dans sa maison, car j’ai vu d’autres lignes propres de passage dans les chambres devant lesquelles nous sommes passés. Aucun des meubles n’avaient l’air usés, et lorsque j’ai pris un livre d’une des étagères, les pages étaient solides d’humidité et de moisissure. J’ai commencé à me sentir mal à l’aise à ce point, mais n’importe quel pouvoir de persuasion que le vampire possédait me calma assez pour que je continue de le suivre avec mon frère.

 

Nous avons monté les escaliers, et je fus amené vers une petite chambre avec un lit à l’intérieur. On me fit comprendre que ça serait ma chambre, et fût laissé là pendant que Sylvia McDonald mena mon frère à la chambre juste à côté. Lorsqu’elle revint, elle apporta un bol de fruits et me l’offrit. Les fruits était clairement vieux de quelques semaines, à divers étapes de décomposition, mais seulement pour apaiser la créature je dénichai une pomme et quelques raisins qui semblaient comestibles et les mangeai. Elle m’a observé en silence tout le long, puis s’est retournée et s’est dirigée vers la chambre de Nigel.

 

À ce point, peu importe ce que la créature avait fait pour me rendre docile s’estompa, et j’ai commencé à réaliser à quel point tout était anormal. J’étais également en train de réaliser qu’il n’y avait pas l’air d’avoir d’issues faciles d’accès dans la maison. Toutes les fenêtres que j’avais vu étaient barricadées, et je me rappelle que Sylvia McDonald avait verrouillé la solide porte d’entrée derrière elle après notre arrivée. Alors je me suis seulement allongé sur le vieux lit moisi et j’ai attendu.

 

Je ne peux pas vraiment dire qu’est-ce que j’attendais, mais la nuit est arrivée bien assez vite, et je me disais que Sylvia McDonald était partie se coucher, n’ayant pas encore réalisé la sorte d’entité auquel j’avais affaire. Je voulais un peu de lumière pour me réconforter, mais la vieille maison ne semblait pas avoir d’électricité, donc j’ai utilisé mon briquet à cigarettes sur une chandelle que j’ai trouvé près du lit et me suis faufilé vers la porte. Elle n’était pas verrouillée, heureusement, et je suis sorti de la pièce qui m’avait été assignée puis me suis dirigé vers où je pensais que se trouvait mon frère.

 

Je suis entré et l’ai trouvé étendu dans son propre lit, faisant semblant de dormir. Après avoir parlé un peu, c’est devenu évident que Nigel n’était pas plus heureux avec notre situation que je l’était, et nous nous sommes résolus à une autre nuit dans les rues froides plutôt que de rester avec cette étrange femme. Pendant que nous discutions des façons possibles de s’évader, cependant, nous entendîmes un froissement de l’autre côté de la porte, et la poignée se mit à tourner. Ne voulant pas mettre en colère notre hôte bizarre, j’ai rampé sous le lit afin de me cacher, pendant que Nigel feigna de dormir.

 

De mon point de vue en dessous du lit, j’ai pu voir la porte s’ouvrir, et la jupe de Sylvia McDonald pénétrer la chambre et s’approcher du lit, Je suis simplement resté là et j’ai essayé de ne pas faire de bruit. Je n’en suis pas fier, et j’ai parfois la certitude que mon inaction a directement mené à la mort de mon frère, mais la plupart du temps j’accepte le fait que, si j’avais alerté le vampire de ma présence, et bien je serais mort également.

 

Peu importe, le fait est que je n’ai rien fait pendant que j’entendais des bruits de lutte au dessus de moi, et le cri étranglé de Nigel. La créature s’est dévoilée rapidement et le jeta sur le lit, quelque chose tomba par terre en face de moi, mais je lai ignoré, mes yeux rivés sur Sylvia McDonald qui se projeta sur mon frère. Elle a ouvert la bouche, à l’époque j’ai réalisé que c’était la première fois depuis que nous l’avions rencontré, et je ne pouvais rien voir à l’intérieur excepté une douzaine de dents longues et pointues comme celles d’un requin.

 

Dans un seul mouvement fluide, le monstre plongea ces dents profondément dans le cou de mon frère et arracha un gros morceau de chair. Le sang se mis à gicler de son corps en convulsions pendant que la gorge de Sylvia McDonald se mit à trembler. Sa mâchoire se détacha et une langue en forme de tube, longue avec à peu près l’épaisseur de mon avant-bras serpenta hors de sa gorge et s’agrippa à la plaie jaillissante. Il y eut un épouvantable bruit de déglutition, le premier son que j’ai vraiment entendu sortir de la créature, pendant que la langue suçait le sang du cou de mon frère.

 

Je suis resté étendu là à regarder pendant que son estomac se mit à se tendre et gonfler, le ventre devenu bulbeux étirait la robe noire qu’il portait. Après les plus longues dix minutes de ma vie, le vampire avait terminé. Sa langue se rétracta au fond de sa gorge, dégoulinant encore de sang et laissant tomber quelques gouttes sur le cadavre maintenant pâle de mon frère, et il s’est allongé au sol, apparemment repu.

 

Pendant que tout ça se passait, toute mon énergie avait été déployée pour m’empêcher de crier ou de dévoiler ma présence. Mais avec le vampire rassasié et couché sur le plancher, j’ai tourné mon attention vers ce qui était tombé de la main de Nigel quand il a été traîné en dehors du lit. C’était son couteau de poche. Je n’avais aucune idée qu’est-ce qu’une petite lame comme celle-ci pourrait faire contre une créature qui semblait bien plus forte et rapide que moi, mais je ne voyais pas d’autre options que d’essayer.

 

Je bougeais tellement lentement en m’approchant du couteau que j’avais parfois l’impression de ne pas bouger du tout. Je m’inquiétais que la créature allait me remarquer et me sauter dessus comme elle l’a fait avec Nigel, quoique maintenant je sais que l’odorat est l’un des sens les plus important du vampire, et qu’avec tout le sang qu’il y avait ici, il y avait peu de chance qu’il détecte mon odeur.

 

Saisissant le couteau dans mes mains, je rampai vers la créature qui digérait paisiblement la vie de mon frère, jusqu’à ce que me tienne au dessus d’elle. J’ai sentit une soudaine vague de colère et d’adrénaline monter en moi et avec une vitesse et une force que je ne savais pas que j’avais, j’ai plongé le couteau dans le ventre gonflé de sang de Sylvia McDonald.

 

Il éclata comme un ballon dégoûtant, et le sang se mit à couler. Les yeux de la créature s’ouvrirent d’un coup et elle agrippa sa blessure désespérément. Sa gorge n’était pas capable de hurler mais son visage affichait une douleur silencieuse et une colère pendant qu’elle se débattait au sol. J’ai trébuché en reculant, tentant d’essuyer le sang dans mes yeux, et je ressentis une brûlure inattendue sur ma main. J’ai réalisé que j’avais touché la chandelle encore allumée qui était restée sur la table de chevet.

 

Je ne sais pas à quoi je m’attendais lorsque j’ai attrapé la chandelle et l’ai appuyé contre une partie sèche de la robe de Sylvia McDonald. J’essayais seulement de trouver n’importe quoi pour lui faire mal avant qu’elle ne récupère de son ventre fendu. Mais je ne m’attendais certainement pas à ce qu’elle s’allume comme du petit bois. Le feu s’est rapidement propagé sur sa forme repoussante, bien que ce fût un peu plus lent aux endroits où le tissu ou la chair était encore humide de sang. Ça m’a frappé que les vampires doivent être des créatures très sèches lorsqu’ils ne sont pas gorgés et fraîchement nourris. Peut-être avais-je frappé avant que le liquide puisse s’étendre à travers son corps.

 

Peu importe la raison, Sylvia McDonald était en flammes, à un tel point que le reste de la pièce commençait en prendre feu également. J’étais dévasté à l’idée de quitter cette maison sans mon frère, mais il était clairement mort, et je devais m’échapper.

 

Je me suis rappelé que le vampire transportait un sac à main quand nous l’avions rencontré la première fois, et il avait utilisé une clé qui en provenait pour verrouiller la porte d’entrée. Il n’avait pas le sac à main sur lui à ce moment, toutefois, alors j’entrepris ma recherche désespérée à travers les autres pièces de la maison, tentant de le trouver. Je l’ai trouvé, en fin de compte, dans ce que j’imagine était la chambre à coucher du vampire. Je ne la décrirai pas en détails, excepté pour dire que c’est probablement là que la créature mangeait la plupart de ses repas. J’espère que ça peint une image assez claire pour vous. Mais j’ai trouvé la clé, et me suis échappé de cette maison avant que l’incendie ne me blesse sérieusement. J’étais terrifié à l’idée que la police arrive et me prenne pour un meurtrier, alors je ne suis pas resté dans le coin et j’ai fuis dans la nuit.

 

Il s’est passé près d’une décennie avant que je rencontre un autre vampire. Je vivais dans la rue depuis tout ce temps, occasionnellement dans et hors de certaines institutions, et j’avais presque réussit à me convaincre que Sylvia McDonald n’était qu’une mauvaise réaction due au stress de voir le meurtre de mon frère. C’est vers la fin des années 60 que j’appris le contraire.

 

C’était en 1968, je m’en souviens car ce fut l’année où United a remporté la Coupe Européenne, et j’en ai bien profité – les gens sont généreux envers les mendiants lorsqu’ils sont heureux que leurs équipe sportive préférée aie gagnée. Les vendredi soirs, je passais généralement mon temps autour du Oasis Club sur Lloyd Street, et demandais de la monnaie à quiconque avait l’air un peu éméché. Eh bien, cette nuit en particulier m’a beaucoup rapporté, car c’était une chaude soirée de juin peu de temps après la Finale de la Coupe, et tout le monde était de bonne humeur.

 

Maintenant, environs à onze heures et demi ce soir là, j’ai épié un étranger qui a passé la soiré à danser, frayant son chemin hors du club avec une compagne. Je me suis dit qu’ils devaient bien avoir quelques pièces, alors je me suis approché. Je leur ai donné mon baratin et attendu. L’homme m’a regardé et j’ai compris qu’il ne me donnerait pas d’argent, et je me suis mis hors du chemin. C’est quand il s’est retourné pour partir que j’ai réalisé qu’il n’avait pas ouvert la bouche, et les souvenirs de Sylvia McDonald sont remontés à la surface en un éclair.

 

Je ne savais pas trop quoi faire, alors je les ai suivi à distance. Je n’ai pas essayé de me cacher ou de me déguiser, car comme j’avais appris depuis longtemps, et c’est aussi vrai aujourd’hui que ça l’était dans le temps, que personne ne prête vraiment attention à un clochard. En les observant, j’ai vu la femme clairement ivre poser des questions à l’étranger, et chaque fois il ne ferait que la regarder, et elle sourirait comme s’il venait de lui donner une réponse rassurante, et trébucherait un peu derrière lui. Tout en n’ouvrant jamais la bouche.

 

Je ne savais vraiment pas quoi faire avec ça. Je n’avais aucune arme excepté le couteau de poche de mon frère que j’ai gardé aiguisé toute ces années, et bien que j’étais presque certain de ce que j’avais vu, j’hésitais à l’idée d’attaquer sans provocations et sans plans. Pendant que nous marchions, je gardai les yeux ouverts pour des morceaux de bois ou des poutres jetées et, en effet, j’ai remarqué une palette de bois brisée qui dépassait d’une poubelle, j’en ai pris un long bout et utilisé mon couteau pour l’aiguiser en pointe, ignorant les échardes. Bien qu’à l’époque je n’avais pas fait beaucoup de recherches sur ces monstres auxquels je faisait face, croyant mon expérience de jeunesse être le fruit d’un état mental troublé, j’étais tout de même au courant de leur prétendue faiblesse contre les pieux en bois.

 

J’avais maintenant suivi le vampire, que j’appris plus tard s’appelait Robert Arden, et sa victime jusqu’à l’immeuble où il, en toute apparence, vivait. Il est entré par la porte avant et la femme le suivi. Je n’étais pas assez rapide pour entrer avant que la porte ne se referme et je n’avais évidemment pas la clé, alors j’ai fait le tour des fenêtres et par chance, le vampire semblait vivre au rez-de-chaussée.

 

J’ai regardé par la fenêtre pendant qu’il guidait sa victime à travers un salon peu meublé. Je ne pouvais voir de traces évidentes d’un massacre précédent, mais je me suis souvenu comment Sylvia McDonald avait aspiré tout le sang de mon frère, alors cela ne m’a pas parut comme étrange. J’ai doucement tenté d’ouvrir la fenêtre, mais elle était verrouillée, j’ai donc cherché le jardin pour ramasser la plus lourde pierre que je pouvais trouver, et je continuai d’observer ce qui se passait à l’intérieur. Je devais m’en assurer. Bien assez tôt, Robert Arden se déplaça sans faire de bruit derrière sa proie maintenant assise, et il a finalement ouvert sa bouche pour révéler des rangs de ces dents de requins que j’étais certain se trouveraient là.

 

J’ai lancé la pierre que je tenais à travers la vitre, arrosant la pièce avec du verre brisé, et causant la femme à crier sous le choc. Robert Arden leva la tête de surprise et pendant un court instant nos yeux se rencontrèrent et je su que j’avais fait une terrible erreur. La femme regarda son compagnon monstrueux et, en voyant sa bouche maintenant ouverte, hurla sa terreur de plus belle.

 

D’un seul mouvement, bien plus rapide que ce que je m’attendais, Robert Arden fut au-delà de la fenêtre et sur moi. Je me suis débattu, mais il était beaucoup plus fort que moi, et je réussissais à peine à garder ses dents pointues loin de mon cou. C’est la première et dernière fois que la peau d’un vampire entra en contact avec la mienne. La chair était froide et spongieuse, comme l’intérieur d’une pomme abîmée, et j’ai senti la bile me monter à la gorge même pendant que je luttais pour ma vie.

 

Finalement, ses dents se plantèrent dans mon cou. Pas assez pour me tuer immédiatement mais avec assez de force pour que le sang coule. À ce moment je vis une sorte de frénésie dans les yeux de Robert Arden, et avec un spasme sa langue de sangsue bondi hors de sa gorge et je la senti s’attacher à mon cou. Je ne sais pas si vous avez déjà ressenti votre sang être pompé en dehors de vous, mais je ne le recommanderais pas.

 

C’est le moment où j’ai quelque chose à admettre. Durant les trois années précédant cet événement, ainsi que par intermittence au fil des ans depuis, j’ai eu une relation avec l’héroïne. Je l’ai essayé pour la première fois peu de temps après la mort de Nigel et depuis j’ai eu des périodes de rechute. J’ai toujours essayé de garder cela secret, car je réalise que j’ai une certaine réputation à maintenir et je ne voudrais pas l’endommager en révélant ma dépendance. Mais elle est importante pour cette histoire, car je crois que la quantité d’héroïne qui restait dans mon système cette nuit là fit que le vampire Robert Arden retira sa langue de mon cou et se mit à trembler, comme s’il était en train d’avoir une quinte de toux violente.

 

Je suis resté étendu, tentant de reprendre mes esprits suffisamment pour répliquer, lorsque je pris conscience des cris. La femme, qui avait été amenée en tant que victime, se tenait au-dessus de Robert Arden qui gigotait, le poignardant à répétition avec un couteau de cuisine. Aussi rapide et puissant qu’il était, le vampire ne sembla pas être capable de résister à cette soudaine vague de violence, et finit au sol. Cela m’a donné les précieuse secondes nécessaires pour me relever et retrouver mon pieu de bois improvisé. J’ai visé et l’ai plongé vers où je croyais que se trouvait le cœur de la chose. Ce fut plus facile que je ne l’avait pensé – le torse était mou et souple et il ne semblait pas y avoir de cage thoracique pour stopper le coup. Robert Arden devint rigide et immobile, apparemment incapable de bouger son corps, bien que je vis ses yeux se promener sauvagement.

 

C’est à ce point que la femme, je n’ai jamais appris son nom, laissa tomber le couteau et s’enfuit. Je ne l’ai jamais revu, mais elle m’avait déjà sauvé la vie. J’ai sorti mon briquet à cigarettes et mis le feu à Robert Arden. Tout comme Sylvia McDonald auparavant, il s’enflamma en quelques secondes et, lorsque la police est arrivée, il ne restait rien qu’une petite zone carbonisée sur l’asphalte. J’ai été chanceux cette nuit là, que personne ne m’aie vu ou aie appelé la police avant que j’aie terminé et me sois sauvé de la scène, mais j’ai toujours fait plus attention après ça.

 

Après cette nuit, cependant, je n’ai plus jamais été inquiet d’avoir tord au sujet de l’existence des vampires. Je gardai les yeux ouverts, quoique parfois avec trop d’enthousiasme, comme ce fut le cas pour Alard Dupont, que j’ai tué en 1982 et plus tard découvert qu’il était humain. J’en suis venu à croire qu’ils sont très rares, et se nourrissent peu fréquemment, puisque toutes les preuves indiquent que leur alimentation est fatale. S’il y avait beaucoup de vampires, ou s’ils mangeaient souvent, le nombre de disparitions serait remarqué par le reste de la société.

 

J’ignore ce qu’ils font avec les corps de leur victimes, et ça m’a toujours laissé perplexe, car ils ne possèdent pas de mécanismes pour manger de la nourriture solide, et je ne crois pas qu’il y aie beaucoup, si même il y en a, d’enquêtes au sujet de corps retrouvés drainés de leurs sang. Je ne crois certainement pas que les cadavres se réveillent en tant que vampire, car la population de vampire semble beaucoup trop petite pour que ce soit une possibilité.

 

ARCHIVISTE

Fin de la déclaration.

 

Selon Martin, qui était là lorsqu’ils ont pris cette déposition, c’est à ce stade de l'écriture que Mr. Herbert annonça qu’il avait besoin d’un peu de sommeil avant de continuer. On lui a montré la salle de repos où il est allé s’endormir sur le sofa. Il ne s’est pas réveillé; succombant malheureusement au cancer des poumons ici même. Martin a dit que le personnel était au courant de la gravité de l’état de Mr. Herbert, et lui avait conseillé d’aller chercher de l’aide médicale avant de donner son témoignage, mais ils se sont fait répondre sans détour par le vieil homme qu’il n’attendrait pas une seconde de plus pour exposer les faits. Je n’ai pas encore décidé si cela donne plus de crédibilité à son récit ou non.

 

Néanmoins, il y a des preuves substantielles supportant la version des faits donnée par Mr. Herbert pour tous les aspects excepté le vampirisme. Il y a un rapport de nouvelles d’un incendie de 1959 qui a consumé une maison sur Loom Street et a apparemment pris la vie d’un garçon de 18 ans, toutefois il n’y a aucune mentions du propriétaire de la résidence. Et un rapport de police de 1968 confirme la disparition de Robert Arden à Manchester dans des circonstances violentes, incluant une fenêtre brisée et les signes d’un feu, bien qu’aucun restes humains ne furent trouvés.

 

Il y a également un rapport de meurtre concernant un certain Alard Dupont, dont le cadavre partiellement brûlé fût retrouvé dans sa résidence le 2 août 1982. Malheureusement, Mr. Herbert n’a jamais été capable de nous donner les détails sur les autres, alors nous ne pouvons corroborer d’avantage.

 

Il y avait, cependant, un petit sac laissé sur le dessus de la déposition, qui semblait contenir six dents de requins de tailles variées. Selon notre échange avec le Département Zoologie au King’s College, elles ne correspondaient à aucune espèce actuellement connue.

 

Personnellement, je ne sais pas quoi penser. Je ne crois certainement pas aux histoires farfelues de vampirisme, mais je ne peux m’empêcher de remarquer que la déclaration si-haut semble être une photocopie d’une photocopie, et je n’ai trouvé ces prétendues dents de vampire nul part dans les Archives ni dans la salle de Confinement Sécurisée. J’ignore où sont les originales, mais le numéro de fichier apparaît sur plusieurs requêtes d’informations du gouvernement de l’Institut et contrats d’application de la loi. Il se peut qu’ils prennent le témoignage de Mr. Herbert bien plus au sérieux que moi.

 

Fin de l’enregistrement.

 

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