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Français
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Published:
2021-12-04
Words:
2,387
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1/1
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160

Achille et Patrocle

Summary:

Achille et Patrocle, une histoire bien connue, une romance tragique, qui n'a jamais arrêtée d'être revisité par tout le monde. Et bien, aujourd'hui, j'ai décidé de mettre ma pierre à l'édifice.

Notes:

Ok, j'ai changé d'avis le truc le plus dur, c'est pas de trouver un titre, mais de faire le résumé...

Je sais que depuis la Grèce Antique, y a pas mal d'écrits qui se sont perdus donc on n'a pas vraiment moyen de retrouver l'histoire originale de Patrocle et Achille, et même à l'époque, les auteurs n'étaient pas d'accord entre eux. Donc ouais, mon histoire peut avoir quelques différences avec celles que vous avez déjà entendues mais j'ai lu une version où Achille décidait de se retirer des combats pour que tous les grecs meurent et qu'il puisse prendre Troie avec Patrocle, ça m'a inspirer alors j'ai écrit ça.

Passez un bon moment ;)

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Achille et Patrocle. Patrocle et Achille. Deux corps mais une seule âme, liés par le tissage des Moires, que rien ne semblait pouvoir défaire. Cela fascinait les Dieux qui voyaient les deux hommes devenir plus puissants chaque jour qu’ils passaient ensemble. Tous étaient d’accord pour dire qu’un homme comme Achille n’aurait jamais dû voir le jour ! Comme le disait la prophétie, il était bien plus fort que son père. Mais cela aurait du s’arrêter là. Si les Dieux avaient forcé Thétis à concevoir un fils avec un mortel, c’était bien pour éviter qu’elle mette au monde une créature surpuissante. Mais il semblerait qu’ils aient fait une erreur de calcul quelque part car Achille n’était rien sinon surpuissant. Les Dieux, orgueilleux, pensaient avoir la situation en main, pensaient que jamais ce mortel ne pourrait les égaler et se demandaient, curieux et sûr d'eux, jusqu’où sa force pouvait aller.

Et puis il était avec Patrocle, puis il devenait fort. Il semblerait que le jeune homme débloquait quelque chose en lui, rendant le demi-dieu plus puissant que jamais. Patrocle qui aurait pu sembler banal, sans intérêt si on ne regardait pas de plus près, mais cachant ses talents et les cultivant avec soin. Thétis avait été la première à voir le danger, à refuser qu’Achille et Patrocle restent ensemble. Mais c’était déjà trop tard, leurs Destins étaient liés, nul ne pouvait plus rien y changer.

 

Certains Dieux voyaient leur relation d’un bon œil. La plupart s’ils étaient honnêtes. La plus fervente à leur amour, était sans surprise, Aphrodite. La Déesse de l’amour et de la beauté appréciait toujours ses plus grands adorateurs. Si Pénélope était la loyauté, Priam l’amour familial, Achille et Patrocle étaient l’Agape, l’amour tendre et pur, le dévouement. De plus, Aphrodite aimait les causes perdues. Leur amour, après tout, était voué à la peine et la douleur sitôt qu’ils avaient embarqué pour Troie.

Artémis avait vu progressivement leur amour s’épanouir lors de leur apprentissage chez Chiron. Elle les avait vu devenir des hommes forts et courageux, avait été témoin de leurs premiers tâtonnements dans la vie adulte et s’était attachée à eux. De plus, ils avaient appris, grâce au vieux centaure, à respecter la vie sauvage et la Déesse protectrice de la Nature ne pouvait qu’apprécier cela. Achille et Patrocle étaient bien l’un des rares sujets sur lequel elle et Aphrodite se mettaient d’accord. Ces deux Déesses ne pouvaient s’entendre sur rien mais leurs deux protégés permettaient de régler leur différence, durant un moment du moins.

Héra était également favorable à leur amour. Elle avait un faible pour ceux qui se juraient fidélité même hors mariage et qui tenaient leur parole. Même s’il y avait eu un léger accro à Skyros, Achille n’avait jamais pensé à quelqu’un d’autres que Patrocle. La Déesse du mariage aimait ce genre de dévouement qu’elle ne retrouvait pas chez son mari, Zeus.

Héphaïstos, Dieu du Feu, mari cocu d’Aphrodite, appréciait, tout comme Héra, leur dévotion l’un envers l’autre. Il en était aussi jaloux. Puisque lui, un des Olympiens, ne pouvait avoir ce genre d’amour éternel, pourquoi des mortels l’auraient ? Malgré cette jalousie bouillonnante, il admirait secrètement l’ardeur et la passion qu’ils mettaient dans leur amour. Il savait à point un mariage, une relation de manière générale, demandait du travail, beaucoup de travail. Pourtant, ni Patrocle, ni Achille ne rechignaient à mettre la main à la pâte. Ils osaient se lancer dans leur relation et c’était une force inestimable, force qu’Héphaïstos respectait.

Une autre divinité qui appréciait le couple était Apollon, Dieu de la médecin, des arts, du soleil et de tellement d’autres attributs. Lui qui aimait les belles choses ne pouvait pas rester indifférant à la beauté qui rayonnaient d’eux lorsqu’ils étaient ensemble. C’était comme si deux pièces s’emboitaient avec justesse ! Leur amour était tellement fort que les Moires avaient dû tisser le Destin autour d’eux. Et c’était quelque chose qui faisait vibrer la fibre artistique d’Apollon.

La Déesse des moissons et de la fertilité, elle qui d’ordinaire ne se mêlait pas aux humains, avait aussi eu un faible pour Patrocle et Achille. Depuis que Perséphone, sa fille bien-aimée, s’était mariée par amour à Hadès, Dieu des Enfers, Déméter s’était retrouvée à chérir ce genre d’amour sincère à chaque fois qu’elle le voyait. Elle, qui n’avait jamais pu trouver ce genre d’amour, désirait protéger ces couples autant qu’elle le pouvait.

Dionysos, Dieu de la fête, aimait l’aspect fou de leur relation. Personne n’aurait pu prévoir qu’Achille et Patrocle finiraient par se rencontrer et encore moins par s’aimer aussi intensément. Patrocle, le prince exilé, et Achille, le prince chéri de son royaume. Patrocle le timide, le sage et Achille l’extraverti, le téméraire. Qu’est-ce qui colle aussi bien entre eux ? Si Dionysos devait répondre, il dirait qu’il y a rien et c’est pour cela qu’il apprécie ce couple. Parfois, la vie n’a pas besoin d’avoir de sens.

Le dernier Olympien soutenant la relation entre les deux mortels était, pour la grande surprise de tous, Arès. En effet, le Dieu de la Guerre ne s’intéressait pas souvent à la romance entre mortels. Parfois Aphrodite lui parlait des déboires des humains mais il n’y prêtait jamais vraiment attention. Pourtant Achille et Patrocle l’avaient intrigués. Achille, sur le champ de bataille se démarquait naturellement. Il était une force sur laquelle compter. Pour cela, il avait déjà attiré l’attention d’Arès. Mais lorsque Patrocle était avec lui, il devenait une véritable bête sauvage prête à tout pour protéger son amour au besoin. Mais Patrocle n’était pas non plus en reste. Il était un combattant redoutable, fort et rusé. Il utilisait l’aura que son compagnon dégageait pour faire des ravages parmi les Troyens qui avaient fait l’erreur de trop être absorbé par Achille. Le massacre qu’ils laissaient dans leur sillage était ce qui avait plu à Arès, pas leur amour. Même si c’était ce qui conduisait à ces tueries, le Dieu Vengeur reconnaissait volontiers le lien entre l’amour et la guerre.

Zeus, Roi des Dieux, était quant à lui, fermement contre cette relation. Il y a des siècles, il avait coupé les humains en deux, les séparant de leur âme-sœur parce qu’ils étaient trop puissants ensemble. Le Seigneur du Ciel n’avait jamais remis sa décision en question et en voyant la puissance qu’Achille et Patrocle débloquaient ensemble, il était très heureux de l’avoir fait. Qu’est-ce que cela aurait été s’ils étaient liés depuis le début ? Zeus avait désormais la preuve, preuve dont il n’avait pas besoin, qu’il avait fait le bon choix.

Poséidon, en tant que Dieu de la mer et des tremblements de terre, aimait le chaos. Il aimait détruire sans que cela ait forcément un sens. Il n’avait pas besoin de raisons derrière ses actes et c’était bien pour cela que lui et Athéna, la déesse de la sagesse, s’entendaient sur rien. Sauf pour Achille et Patrocle. Ils étaient décidément une manière bien particulière de réunir les Dieux et Déesses de l’Olympe, en quelque sorte. Poséidon avait eu de nombreuses maîtresses, et même s’il s’était marié, il ne s’était pas posé pour autant. Le dieu de la mer restait frivole coûte que coûte, alors qu'Achille et Patrocle étaient la fidélité. C’était donc presque naturel que Poséidon ne soutienne pas le couple. Ils étaient à l’opposé de tout ce qu’il était.

C’était similaire pour Hermès, Dieu des voyageurs, des marchands, des voleurs et messager des Dieux. Il voligeait absolument partout, sans s’arrêter. Il n’avait jamais pris le temps de rester auprès d’une femme ou d’un homme. Il n’avait pas non plus pris le temps de se préoccuper des mortels et de leur romance depuis très longtemps. Aussi, Hermès était globalement neutre envers Patrocle et Achille mais s’il devait choisir un camp, il serait contre. Le messager des Dieux n’aimait pas l’attachement, il aimait trop sa liberté et refusait de voir qu’il était possible de vivre heureux en couple.

Pour finir, Athéna, Déesse de la sagesse, considérait l’amour comme futile et handicapant. Selon elle, Achille et Patrocle prouvaient son point. Achille était déjà impulsif à l’origine mais lorsqu’il était avec Patrocle, cela s’aggravait. Et le sage et réfléchi Patrocle devenait impulsif lui aussi lorsque son amour était impliqué. Plusieurs fois, cela leur avait porté préjudices. Athéna pensait, peut-être avec raison, que chacun aurait pu être beaucoup plus sans l’autre.

 

Ce sujet de discord faisait trembler l’Olympe. Les divinités mineures craignaient ce sujet. Les retombées arrivaient parfois jusqu’aux mortels. Tous attendaient avec peur le moment où les deux héros mourront et où il faudra décider s’ils deviendront des dieux, comme Héraclès auparavant. Devront-ils devenir ensemble des divinités ou juste Achille ?

Finalement, la guerre de Troie les mit tous d’accord.

 

La légende parle de la colère devenue légendaire d’Achille pour une femme qui lui a été enlevée par le roi des Rois, Agamemnon. Mais ce n’était pas vraiment ce qui s’était passé. Achille s’était retiré des combats car il désirait que tous les Grecs meurent et qu’il envahisse Troie uniquement avec Patrocle. Ainsi, ils prouveraient aux Dieux qu’ils ne pourraient jamais les séparer et qu'ils mériteraient d’être ensemble aux Champs-Élysées.

Ce n’est qu’un détail car au final, le résultat était le même, Achille et ses Myrmidons se retirèrent des combats et les Grecs enchainèrent les défaites malgré tous leurs efforts. De nombreux héros supplièrent Achille de reprendre les armes mais en vain. Le demi-dieu était obstiné et il irait au bout de son idée. En désespoir de cause, voyant leurs alliés acculés sur la plage et les navires commencés à prendre feu, Patrocle supplia à son tour son amant de prendre les armes. Il ne voulait pas d’une gloire acquise grâce à la mort de tous leurs compagnons. Mais Achille était déjà obnubilé par l’idée de l’éternité aux côtés de son amant. Finalement, voyant qu’il ne pourrait jamais le convaincre de se battre, Patrocle réussit à le persuader de lui prêter son armure pour porter secours aux Grecs. Les Troyens craignaient trop Achille, ils sonneront la retraite sitôt qu’ils verront les Myrmidons dirigées par celui qu’ils penseront être Achille. Cela permettrait de sauver les bateaux, les femmes, les enfants et les blessés, tous retrancher dans l'arrière du camp.

Le plan fonctionna à merveille, les Troyens fuyaient sous les traits de Patrocle malgré les cris d’Hector pour qu’ils continuent l’assaut. La force de Patrocle n’égalait pas celle d’Achille mais elle était suffisante pour l’imiter. De plus, il avait passé tellement de temps aux côtés du héros que se glisser dans sa peau fut facile. Peut-être trop. Emporter par la rage de vaincre d’Achille, Patrocle ne put se retenir de pourchasser les Troyens un peu plus loin, juste encore un peu, encore un peu, pour finir par arriver devant les murs de Troie, exploit qu’aucun Grec n’avait pu réussir jusqu’à présent.

Ce fut à ce moment que Patrocle réalisa que son amour avait raison. Les deux hommes, ensemble, peuvent prendre Troie, cette cité qui leur résistait depuis dix ans. Juste les deux. Ils n’avaient pas besoin des Grecs, ils pouvaient très bien le faire seuls. Et ce fut cet instant qui scella le destin des deux amants.

Achille et Patrocle pouvaient effectivement envahir Troie ensemble. Patrocle avait prouvé qu’il était un héros sans pareil non seulement en arrivant jusqu’aux portes de Troie mais également en tuant un fils de Zeus en combat singulier. Sans compter sur Achille !

Les Dieux savaient qu’Achille était une force incroyable, bien sûr qu’ils le savaient, il le prouvait tous les jours depuis dix ans. Il avait une sorte de bête sauvage en lui, comme un dragon prêt à se déchaîner et à tout détruire autour de lui. Il se réveillait durant la bataille et faisait des carnages, se défoulant sur les soldats Troyens, encore et encore. Rien ne pouvait arrêter ce dragon, il dévorait tout et finirait bien par dévorer l’âme d’Achille, réduisant le héros à une version cruelle et sans pitié de lui-même. Achille n’avait pas encore succombé à cette bête sombre grâce à Patrocle qui ramenait tous les soirs l’âme d’Achille avec des gestes et des mots doux. Achille était le côté sombre du couple, la facette la plus puissante et la plus dangereuse mais Patrocle était là pour compenser et rappeler au héros qu’il n’y avait pas que la violence et la mort autour. Malheureusement, Patrocle semblait avoir lui aussi succomber à la bête. S’il tombait maintenant, personne ne pourrait retenir Achille. Patrocle se tiendrait à côté de la bête, participant au massacre au lieu de le contenir.

 

Il fallait faire quelque chose pour empêcher cela. Mais le Destin était de leur côté, les Moires avaient déjà plié plusieurs fois face à eux et il ne faisait aucun doute pour les Olympiens qu’elles le plieraient à nouveau s'il le fallait. Alors, ils allaient devoir changer le Destin par eux-mêmes. Tous finirent par rejoindre Zeus, Poséidon, Hermès et Athéna. Ils acceptèrent tous, dans l’optique de mettre fin à tout ça, mais seul Apollon eut le courage de porter le coup fatal à Patrocle. Aucun autre Dieu n’osait affronter la colère d’Achille lorsqu’il découvrira ce qu’ils ont fait à son amour.

 

Alors, par trois fois, Apollon fit tomber Patrocle des murs de Troie qu’il gravissait. Lorsque Patrocle tomba la troisième fois, il n’eut pas le temps de recommencer avant qu’Hector ne l’atteigne. Le combat qui suivit fut bref, mais il changea le cours de la guerre.

Patrocle tomba au combat, tué d’une lance en plein cœur, et Achille perdit la meilleure partie de lui-même.

 

Le Destin reprit le cours qu’il aurait dû suivre, Achille fut tué par Paris grâce à Apollon et les Grecs envahirent Troie tous ensemble, grâce à une ruse d’Ulysse. Achille entra dans la légende, certes avec quelques modifications mais il eut la gloire qu’il voulait tant.

Bien sûr, aucun des deux guerriers ne devinrent un dieu, leur affront était bien trop grand. Et peut-être que la guerre avait montré des facettes du couple qu'ils préféraient ne jamais revoir. Autant les laisser en Enfer, là où ils feraient moins de dégâts s'ils se déchainaient. Ils avaient déjà défié les Dieux de les séparer lorsqu'ils n'étaient que de chétifs humains, qu'est-ce que cela serait s'ils devenaient divins ? Dans un dernier accès de pitié, ou peut-être que c'était plus par peur de représailles, mais les dieux décidèrent d’interférer auprès d’Hadès, Dieu des Enfers, pour que Patrocle rejoigne les Champs-Élysées et puisse être aux côtés d’Achille pour l’éternité.

Notes:

Merci d'avoir lu jusqu'au bout ! N'hésitez pas à laisser des commentaires et des kudos si ça vous a plu !