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Un hôtel, dans Saint Pétersbourg...
Le bruit d'une porte, qui se referma violemment, réveilla Yuri trop brusquement. Il leva la tête, encore dans le brouillard, fusillant du regard le malappris qui avait osé déranger son sommeil !
"Désolé, malá kočka! intervint immédiatement Emil, fraîchement lavé, à l'entrée de la salle de bain. Je ne voulais pas..."
"Il est quelle heure.. grommela l'Omega, la voix enrouée suite à leurs activités des derniers jours. Tu te barres, ça y est?" ajouta-t-il en montrant le bagage d'un signe de tête.
Le Tchèque acquieça distraitement, tout en vérifiant qu'il avait toutes ses affaires, rangea son nécessaire de toilettes.
"Tu as certainement oublié, mais on a dû venir ici précipitamment. Coach Yakov a emmené avec lui une partie des costumes. Et j'ai un avion pour Bangkok à prendre, vu que la finale se déroule la bas."
"Tu vas avoir moins de temps pour t'exercer à cause de moi.. s'excusa Yuri, penaud. Ça craint un peu.."
"Ça va le faire, t'inquiète! Rit l'Alpha. C'est sûr que ton retard n'était pas au bon moment, mais on peut pas y faire grand chose !"
Le blond hocha silencieusement la tête, grimaçant alors qu'il tentait de s'asseoir, avec difficulté.
"Je dois y aller.. déclara Emil. Tu veux que je leur demande de te monter une tisane, pour te soulager?"
"Pas la peine je vais dormir, ça devrait me calmer. Mais merci quand même.."
Le patineur plus âgé, visiblement rassuré par sa réponse, referma vite sa valise.
"D'accord.. obtempéra-t-il, tout en enfilant sa veste. Bon, le taxi va pas tarder, il ne faut pas que je rate encore une fois le vol. Ah, n'oublie pas que la chambre est déjà payé, tu pourras partir tranquille!!"
"Quoi!? Tu déconnes, putain.."
"Uvidíme se přiště, kočičko!"
Le Tchèque claqua la porte derrière lui, faisant jurer l'Omega, qui était dépité par sa désinvolture. Dès qu'il fut seul, il se recroquevilla dans le lit, grognant suite à l'inconfort qu'il ressentait toujours, perdu dans ses pensées.
C'était la première fois, depuis le retour de ses chaleurs l'année précédente, qu'il avait eu autant de retard. La panique l'avait envahi à tel point qu'il était même allé à la pharmacie, lorsqu'il avait commencé à avoir des nausées. Il s'était sentit incroyablement soulagé, en ne voyant aucun "plus" apparaître sur les dizaines de test qu'il avait acheté. Il n'aurait pas pu supporter de voir le symbole fatidique..
Il secoua frénétiquement la tête, refusant de songer plus encore à de tels choses. Il ferma les yeux pour se reposer, comme il l'avait dit quelques minutes plus tôt.. Ce qu'il ne parvint pas à faire, tant ses phéromones et celles de Emil étaient imprégnés et se mélangeaient, dans les draps..
Il se leva, bien que peu aisément, décidé à prendre une douche, afin de rentrer chez lui.
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"Yuri? s'étonna Julie. Tu es déjà là ?"
La Française, inquiète de la mine pâle, cireuse, du jeune Omega, alla immédiatement remplir la bouilloire. Elle prépara une infusion le temps qu'il se mette un minimum à l'aise, en attente d'une quelconque explication.
"Merci.. marmonna le blond en prenant la tasse qui lui était tendu, pour se réchauffer. Sofya dort encore?"
La Bêta lui indiqua l'horloge, dont l'heure matinale lui donna bien vite la réponse.
"Elle ne devrait pas tarder à se réveiller, je pense. On doit aller avec Georgi à la Nouvelle Hollande, pour qu'elle joue un peu au parc. Tu peux te reposer encore.. Non, n'insiste pas ! ajouta-t-elle, comprenant qu'il allait protester. Tes chaleurs sont peut-être finis, techniquement, mais t'as besoin de te soulager des contrecoups!"
Il ne pouvait pas la contredire, tant la gêne dans son bas ventre se faisait vive, malgré l'infusion à la camomille. Il maudit intérieurement son impulsivité, certain que marcher - voire même courir - autant peu après la fin des chaleurs n'avait pas amélioré sa condition..
"Tu aurais dû rester plus longtemps à l'hôtel, petit tigre... soupira Julie, en lui posant les médicaments et un verre d'eau. T'avais largement le temps de rentrer."
"C'est que.. marmonna le Russe, avala ses comprimés avant de continuer. J'pouvais pas trop supporter les odeurs dans la chambre.."
La brune fronça les sourcils, confuse.
"Mais c'est comme d'habitude, non? Ça te gêne, mais tu ne te..."
Le blond se leva, ne voulant absolument pas entendre la réalité dépeinte de vive voix par son amie, la surprenant davantage.
"Yuri..."
"Je vais aller dormir.. l'interrompit il. T'as raison, je suis crevé, je pourrais pas.. Ça ne vous dérange vraiment pas, à Georgi et toi, de veiller sur elle au moins jusqu'à cet aprem ?"
"Évidemment que non, tu le sais bien.."
Il se dirigea vers sa chambre, non sans avoir remercié l'ancienne danseuse, refermant derrière lui dès qu'il fut à l'intérieur. Il se précipita dans son placard, dans lequel était caché, emballé, la veste au drapeau turquoise et jaune. Il s'allongea sur son lit, enfouissant son nez dans le vêtement, pour en sentir la faible odeur.
Il se sentait terriblement malade, à l'idée de l'avoir trahi, avec Emil. Cette sensation, toujours là lors de ses chaleurs avec le Tchèque, était amplifié par le fait qu'il avait cru être.. Il soupira longuement, tentant de se rassurer, tant cette possibilité approchait des moins mille, entre les préservatifs et son implant contraceptif..
Sentant une vague de douleur arriver, il huma plus longuement le faible parfum boisé, appartenant à l'amour de sa vie. Il murmura faiblement, dans un sanglot..
"Beka..."
Au même moment, qu elque part dans les côtes Finlandaises...
"..Bek! Otabek !!"
Le susnommé sursauta à peine, à l'entente de son prénom, ainsi qu'au petit coup qu'il reçut à l'épaule. Il se tourna vers la personne responsable, qui le dévisageait avec un doux sourire, faussement embarrassé.
"Que veux tu Elias?"
L'Omega, d'origine danoise, ne fit pas grand cas de la froideur du Kazakh, y étant - comme leurs camarades - habitué.
"L'infirmier des Alphas te cherche partout.. expliqua-t-il. Il m'a demandé de venir te trouver, vu que les autres étaient occupés. Il n'a pas vraiment donné de raison, mais vu à quel point tes phéromones s'échappent, ce n'est pas dur de deviner.."
Il se posta devant l'Alpha, montrant ostensiblement sa nuque découverte, une main posée sur le bras doré. Il leva son regard océan vers Otabek, l'air séducteur.
"Tu sais, si tu en as marre des médocs ou des piqûres, je peux parfaitement t'aider.. continua-t-il, en effleurant le bras du brun. Il y a tellement peu d'Alphas convenables, ici.. Tu ne sembles avoir aucun intérêt pour les Omegas, mais je peux changer ça.."
Il relâcha ses propres phéromones pour confirmer ses dires, tout en posant ses mains sur les joues piquantes du patineur. Cependant, ce dernier n'eut pas la réaction auquel il s'attendait. Il tressaillit au regard noir, ainsi qu'au grondement sourd, empli de colère, de l'homme face à lui.
"Lâche moi tout de suite.."
"Qu.. quoi!? bafouilla le Danois, décontenancé. M.. Mais tu.."
Il glapit, complètement à la merci du parfum lourd que s'était mis à dégager le jeune Alpha. Il recula prestement, bien qu'avec difficulté, comme hypnotisé.
"Ne m'approche surtout pas ! grogna Otabek. Tu n'es pas mon Omega!"
"Oula oula, ça a déjà commencé apparemment.."
"Waldek! soupira Elias, soulagé à la vue du nouveau venu. Fais gaffe, il est..."
"En rut, merci, j'avais compris! le coupa sèchement le Bêta. Pourquoi t'as été assez bête pour le rejoindre!? T'as vraiment cru que tu pourrais tenter ta chance avec lui!? Il a déjà un compagnon !"
Il retint un juron face à la mine déconfite de l'Omega, lui fit signe de dégager. Ce que l'autre sans hésiter, convaincu par le regard noir du Polonais. Ce dernier, une fois certain d'être seul avec Otabek, lui signala sa présence. Si au début le Kazakh avait ses instincts qui prenaient le dessus, grognant même sur Waldek, l'absence d'odeur apaisa brièvement sa colère.
"Yura.. supplia-t-il, dans sa langue natal, s'appuyant fermement sur le Bêta. Où est mon Yura?"
"Je t'amène à lui, d'accord ? lui proposa son ami, s'excusant mentalement pour ce piètre mensonge. Mais il faut d'abord que tu te calmes, ok? Il t'attend à l'infirmerie.. "
Il parvint à le déposer, bien qu'avec difficulté, à l'infirmerie de la base. Il ne s'en alla que lorsque le Kazakh eut reçu de quoi atténuer les effets du Rut, une injection qui plongeait son utilisateur dans un profond sommeil. Pourtant, ça ne l'empêcha pas d'appeler l'Omega, dans un mélange de Russe et de sa propre langue.
Peiné par la souffrance du patineur au coeur d'or, tel son nom de famille, Waldek ne put s'empêcher de murmurer..
"Combien de temps va-t-il devoir supporter ça.."
