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Il était une fois un enfant né dans un village de pêcheurs. Son destin aurait dû être simple et paisible ; une enfance joyeuse et un peu turbulente, jusqu’à l’âge adulte, où il reprendrait la barque de son père et épouserait une fille quelconque du village. Cependant, le destin avait d’autres plans pour l’enfant ; alors que son père et sa mère l’emmenaient à l’église du village pour le faire baptiser, ils croisèrent le chemin d’une vieillarde bossue, d’allure pauvre mais vêtue d’étoffes fines et très bien taillées. Elle s’arrêta devant les parents, leva les mains au ciel et s’exclama d’une voix forte ;
« Cet enfant perdra une main. »
La mère blanchie d’épouvante, serrant son nourrisson contre son sein. La vieillarde ne s’arrêta pas là ;
« Cet enfant perdra une main ; si c’est la gauche, il gagnera un amour beau et sincère. Si c’est la droite, il gagnera une gloire qui ne connaîtra pas de fin, et son nom sera chanté jusqu’à la fin des temps. »
La vieillarde claqua trois fois sa langue sur son palais, puis tourna les talons et disparus. Nul ne la revit plus jamais.
Les parents du nourrisson se regardèrent, sans comprendre, puis coururent voir le prêtre du village, accompagnés de ceux qui avaient assisté à la scène ; à force de cris, tous le village vint.
Après avoir entendu l’histoire, le prêtre annonça que la vieillarde était une sorcière, et préconisa de confier l’enfant à l’Église ; il pourrait être ordonné prêtre et avoir l’amour de Dieu et la gloire de Le servir sans perdre aucune de ses mains. Le maire, en revanche, proposa de l’envoyer servir au palais. Là-bas, il aurait la formation qui lui permettrait d’être un héros qui apporterait gloire et prestige sur leur village. L’Ancienne du village, aussi âgée que sage, balaya toutes ces recommandations et affirma qu’il valait mieux que dès qu’il aurait l’âge, il rencontre un grand nombre de femmes, car la gloire est bien dangereuse et n’apporte pas le bonheur. L’amour non plus, mais au moins on ne risque pas sa vie.
De même, tous les habitants du village eurent leur mot à dire si bien qu’au final, les parents du nourrisson décidèrent de n’écouter personne, et de l’élever normalement. Chacun retourna à sa vie, et le nourrisson fut baptisé Killian.
À mesure que les années passaient et que l’enfant grandissait, tout le monde, hormis ses parents, cherchait à déterminer quelle main il perdrait.
Lorsqu’il eut cinq ans, il chassa des chiens errants en jetant une pierre de la main droite ; on vit un signe de sa future gloire.
Lorsqu’il eut douze ans, par jeux, il embrassa chastement sur la joue un camarade de jeux, et l’idée qu’il puisse perdre la main gauche devint soudain insupportable à une partie du village, sans que l’autre ne comprenne vraiment pourquoi.
À treize ans, il apprit à se battre grâce à un chevalier errant, ce qui rassura une partie du village.
À quinze ans, il faisait le désespoir des mères, charmant tous les jeunes gens avec son large sourire.
À seize ans, le village pu enfin reprendre une vie plus tranquille lorsque Killian s’embarqua sur un bateau pirate, à la recherche d’aventure.
Le bateau se nommait le Jolly Roger, était un fier navire de bois sombre, voguant rapidement sur n’importe quelle mer. L’équipage, disparate et accueillant, était dirigé d’une main de fer par un capitaine nommé Barbe Noir.
Très vite, Kilian se lia d’amitié avec un mousse, plus jeune de quelques années. Il se prénommait Jaime, et fuyait lui aussi une existence pauvre.
À Jaime, et Jaime seul, il confia la prédication qui lui avait été faite. Les deux amis en riaient beaucoup, car Killian ne croyait pas en toute cette histoire de prophétie qu’il trouvait saugrenue, et son nouvel ami allait dans son sens.
Un beau jour, le bateau navigua au-dessus de la cité de la Reine des Mers. Bien sûr, les pirates ne pouvaient le savoir, mais la Reine des Mers ne s’en préoccupa guère ; irritée par l'ombre que faisait le navire, elle envoya l’un de ses monstres préféré ; un serpent de mer long de plusieurs lieux, qui jaillit devant le bateau en sifflant et crachant son venin.
Très vite, les pirates prirent leurs armes et coururent charger les canons. Aux ordres du capitaine, un boulet parti et s’enfonça dans l’œil de la créature, qui siffla de colère et le goba tout rond.
Un silence de stupeur se fit à bord, et une seule personne réagi ; saisissant un harpon, Killian s’élança vers la créature, et, profitant que sa tête était encore basse, plongea l’arme dans le deuxième œil, jusqu’à la cervelle de la créature, qui mourut sur le coup.
Les autres pirates crièrent de joie, applaudirent et le nommèrent capitaine, ce qui s’avéra une bonne chose quand la Reine des Mers jaillit hors des eaux. Couverte de bijoux étincelant, elle avait des cheveux courts et noirs et une longue queue de poisson rouge. Elle siégeait sur une vague gigantesque, sur laquelle se tenaient de nombreuses sirènes et tritons.
« Alors, dit la Reine d’une voix terrible, voilà que les humains de ce détestable navire me dérangent et tuent mon animal. »
Les pirates se réunirent derrières leur capitaine, bien contents de le laisser devant eux. Mais Kilian ne se laissa pas intimider, et s’avança face à la Reine.
« Noble reine, nous nous excusons ; nous ne savions pas que vous étiez là, et nous n’avons fait que défendre nos vies face à une menace. »
La Reine hésita un instant.
« Vous avez été courageux ; que ce courage soit récompensé. Je vous offre une chance de ne pas mourir noyés, submergés par ma colère. Si vous l’acceptez, j'ai une quête pour vous. »
Les pirates blanchirent, et seuls Killian et Jaime continuèrent de regarder la Reine.
« Quelle est cette Quête ? »
« Dans le Royaume de la Forêt Enchantée, la Reine et son Consort ont une fille, la Princesse Emma. Nous nous sommes juré un amour éternel, et elle devait me rejoindre sous les mers, et devenir la femme, mais ses parents s’opposent à l’union. Ramenez-moi ma bien-aimée, et aussi longtemps que vous naviguerez, vous connaîtrez toujours une mer clémente. Échouez, et votre bateau sera coulé la prochaine fois que vous tenterez de naviguer. »
« Nous acceptons. »
La Reine se retira. L’une de ses suivantes, aussi belle que sa souveraine et couverte d’autant de bijoux, à la chevelure rousse au lieu de noir, resta et ordonna à la mer de l'amener à hauteur du bateau. Elle offrit une perle d’une grosseur et d’une couleur fantastique.
« Cette perle est un présent de la Reine pour les parents de sa bien aimée. Montrez là pour qu’ils vous accordent audience. »
La sirène rousse disparue au fond de la mère et Killian ordonna de préparer le navire pour voguer vers le lieu de leur quête.
La Reine des Mers leur accorda un bon vent, et ils arrivèrent le lendemain soir dans la Forêt Enchantée. Immédiatement, ils allèrent voir la Reine Blanche et son Consort, le Prince Charmant. Ces derniers les attendaient dans la salle d’apparat, sans la princesse. Il n’y avait que des gardes, regardant d’un mauvais œil les pirates.
« Vos Majestés, la Reine des Mers m’envoie chercher sa bien aimée, votre fille. Voici une perle offerte par l’une de ses Dames, en preuve de notre bonne foi. »
« La Princesse Emma ne peut venir avec vous ; elle est notre seule héritière. Si elle règne au fond des mers, personne ne pourra reprendre le royaume à nos morts .»
Killian tenta de négocier, suppliant d'accéder à la volonté de la Reine des Mers, mais les souverains ne cédèrent pas, jusqu’à que les portes de la salle du Trône s’ouvrent à la voler, laissant place à la Princesse Emma à la chevelure d’or.
« Mère, Père, je ne peux plus vous laisser dire ça. »
Elle s’avança jusqu’au centre de la salle, et salua Killian et Jaime, le seul pirate qu’il avait amené avec lui.
« J’ai un frère, le prince Bart. Il fut confié au Sorcier Rumplestiltskin en échange de la sécurité du Royaume. Lui peut régner »
La Reine Blanche intervint.
« C’est un pacte fait avec Rumplestiltskin. Nul ne peut le briser. »
« Mais nous pourrions proposer un autre pacte. »
« Tu es la princesse, tu ne peux y aller seule. Et nul ne t’accompagnera. Les gens ont trop peur de lui, après ce qu’il s’est passé avec ton frère. »
Killian s’avança.
« Mon équipage et moi-même escorterons la princesse .»
Et il en fut ainsi.
À l’aube, la princesse et les pirates partirent en route pour la demeure du Sorcier Rumplestiltskin. Les pirates n’étaient guère rassurés de voyager si loin de la mer, mais aucun d’autre ne souhaitait retourner sur un bateau sans la Princesse.
Seul Killian s’inquiétait de ce que le Sorcier demanderait en échange du prince…
Les pirates et la princesse mirent trois jours à traverser la grande forêt du Royaume Enchanté, jusqu’à la tour du sorcier Rumplestiltskin. Ce dernier ne ressemblait pas vraiment à un homme ; s’il en avait la forme, sa peau ressemblait plus à celle des crocodiles que les Pirates avaient vu sur les fleuves de Royaumes du Sud, qu’à celle d’un humain. Et de l’avis de Killian il semblait au moins aussi dangereux et retors.
« Princesse Emma ! Quel plaisir de vous revoir ! »
« Je veux récupérer mon frère. »
Le Sorcier rit, ce qui fit reculer tous les pirates.
« Votre Altesse ne se le rappelle peut-être pas, mais vos parents m’ont confié votre frère en échange de mon aide pour battre la sournoise Cora, qui tentait de s’emparer du royaume. »
Le capitaine Killian décida de s’avancer, et de tenter de négocier à son tour. Il en allait de la vie de son équipage, après tout.
« Mais pourquoi demander le prince ? »
« En remplacement de mon propre fils, qu’une autre Sorcière m’a volé. »
« Donc, si on va récupérer votre fils, vous libérerez le prince Bart ? »
le Sorcier hésita un instant, avant de sourire.
« Nous avons un accord. »
Le sorcier frappa dans ses mains, et une porte s’ouvrit, dévoilant un jeune homme roux, qui écoutait visiblement derrière. Sans se laisser impressionner, le jeune homme se dépêcha de courir se jeter au cou de sa sœur, avant de regarder autour de lui.
« Des pirates, c’est génial ! »
Il alla voir un pirate à la jambe de bois.
« Vous êtes le capitaine ?! »
Avant même d’avoir une réponse, il se tourna vers Jaime.
« Mais t’es déjà pirate ?! Tu es jeune pourtant ! »
« Je suis mousse. »
« Trop bien ! »
Et sans s’interrompre, il lui posa une dizaine de questions sur la vie à bord d’un bateau, sans vraiment écouter la réponse. Ignorant les deux jeunes gens, le Sorcier se tourna vers la Princesse Emma et Killian.
« Écoutez-moi bien. Il vous faudra aller à l’Est, tout à l’Est, pour trouver la Sorcière en question. Il ne vous faudra croire aucun de ses mots, vous m’entendez ? Et faites attention à vous, une dangereuse créature la protège. Il vous faudra sans doute combattre. Il y aura du danger. »
Emma releva la tête.
« Je suis prête à tout pour enfin ramener mon frère chez nous. »
Killian accepta.
« De toute façon, on a guère le choix, on doit veiller sur la princesse. Mais je laisserai Jaime ici. Si nous échouons, permettez-lui d’aller expliquer la situation en toute sécurité à ses parents. »
Rumplestiltskin acquiesça.
Lorsque la princesse et les pirates partirent, le Prince Bart fut ravi d’avoir un compagnon pour rester avec lui, alors que le mousse Jaime rouspétait d’être laissé derrière.
Il fallut une lune complète aux pirates pour arriver à la demeure de la sorcière suivante. En chemin, ils rencontrèrent nombres de menaces, que le groupe affronta ensemble Durant ce temps, la Princesse Emma s’attacha aux pirates, et devint une amie très proche du capitaine.
Kilian, lui, se demandait si dans tous cette quête insensée, la prophétie faite à sa naissance allait s’accomplir… Ce qu’il n’espérait pas. Il tenait à ses deux mains, merci bien. Être un pirate voguant avec son équipage et un bon tonneau de rhum lui donnait plus envie que l’amour ou la gloire.
Après une lune complète de voyage, le groupa arriva donc la forêt de la mystérieuse Sorcière. Très vite, les compagnons surent qu’ils étaient arrivés au bon endroit ; les arbres étaient plus grands, plus larges, et d’une étrange couleur, comme si quelqu’un s’était amusé à les peindre aux couleurs de l’arc-en-ciel. Les plus beaux arbres avaient des bandes d’écorces orange vif, orange pâle, blanches, rose vif et rose sombre.
Le plus surprenant, dans cette forêt, était les animaux qui allaient et venaient sans crainte. Ainsi, prêt d’une rivière, une louve semblait amie avec une seiche.
La princesse et les pirates se regardèrent, surpris, quand une flèche tomba entre leur pied. Une voix s’éleva des profondeurs de la forêt.
« Ceci est le premier et dernier avertissement. Donnez votre identité, et ce que vous voulez faire en ces lieux, ou tournez les talons et ne revenez jamais. »
« Je suis le capitaine du bateau pirate le Jolly Roger. Je me nomme Killian, et voici mon équipage, ainsi que la Princesse Emma du Royaume Enchanté. Nous cherchons la Sorcière, pour une Quête. »
Une femme blonde tenant un arc sortit des bois.
« J’imagine que Rumplestiltskin vous envoi.
« Hé bien… Oui ? »
Elle soupira, et sans lâcher son arc, tourna les talons.
« Venez. Ma Dame avait prévu votre arrivée. »
L’étrange femme les conduisit à travers la Forêt aux milles et une couleur, jusqu’à un étrange manoir, flottant dans les airs. Sur les escaliers, les attendaient une femme vêtue de vêtements qui auraient certainement fait scandale à la cour, et un homme, qui avait l’air passablement ennuyé de les voir. La femme sourit.
« Je suis l’Enchanteresse Zatanna. Il y a bien longtemps, j’ai juré que moi et ma chère Artémis, nous protégerions et aideront tous ceux qui ont des ennuis avec le Sorcier Rumplestiltskin. Et je crois que vous êtes dans ce cas. »
D’un geste, elle sortit une baguette magique, et l’agita. Les portes du manoir s’ouvrirent, et elle invita la troupe à entrer.
À l’intérieur, une grande table avait été dressée. Dessus, un somptueux festin attendait d’être dévoré. Zatanna alla s’asseoir au bout de la table, Artémis était à sa droite, le mystérieux homme à sa gauche. Emma s’assit aux côtés de la première, Killian aux côtés du second.
Alors que le festin commençait, Zatanna demanda au capitaine de conter son histoire, ce qu’il fit, en commençant par ce jour où le serpent de la Reine des Mers avait attaqué leur navire.
Lorsqu’il en arriva au pacte avec Rumplestiltskin, l’homme inconnu soupira.
« Son fils n’a pas été « volé ». »
« Je répète juste ce qu’il m’a dit. »
« Mon père vous a menti. »
« Votre… Pardon ? »
« Je suis Baelfire, le fils du Sorcier Rumplestiltskin, et Zatanna ne m’a pas volé, mais accueilli, quand j’ai fui la demeure de mon père. »
En se redressant, le dénommé Baelfire raconta son histoire.
« Lorsque j’étais très jeune, mon père, ma mère, et moi-même vivions tranquillement. Mais un jour, un terrible Monstre captura ma mère, et mon père fit tout pour la libérer. Dans sa quête effrénée de la libérer, il apprit les arts obscurs, mais en vain. Terrifié parce ce qu’il devenait, je me suis enfui, et Zatanna et Artémis m’ont recueilli. Elles m’ont promis qu’un jour le Monstre retenant ma mère serait tué, et qu’elle pourra retrouver mon père. Mais je n’y crois pas. »
La Princesse Emma intervint.
« Baelfire, je vous en pris… Vous devez raisonner votre père, pour que mon frère retourne chez nos parents. »
« Je ne peux pas. Je me suis juré de ne jamais le revoir, tant qu’il serait détruit par cette douleur. »
Après un sourire, l’Enchanteresse Zatanna se racla la gorge.
« Et ce moment est presque arrivé. Le Monstre sera bientôt tué. Par lui. »
Elle pointa Kilian du doigt.
« Oh non. Non, ce n’était pas l’accord.»
« C’est vous qui tuerez ce monstre. C’est ainsi que les choses sont écrites. »
« Encore une prophétie? »
Elle lui sourit.
«Vous perdrez bien une main ; si c’est la gauche, vous gagnerez un amour beau et sincère. Si c’est la droite, vous gagnerez une gloire qui ne connaîtra pas de fin, et votre nom sera chanté jusqu’à la fin des temps. Et c’est en affrontant ce monstre, que vous perdrai la main. »
« Comment savez-vous ça ? »
« Une Enchanteresse sait tout. »
« Et c’est censé me donner envie d’y aller ? »
Ce fut Artémis qui le rassura.
« Tous ceux qui ont affronté ce monstre sont morts, à l’exception de Rumplestiltskin, qui s’en est sorti grâce à sa magie. Quoi qu’il arrive, vous survivrez. »
Les regards de la Princesse et du Capitaine se croisèrent, et ce dernier repris la parole.
« Comment puis-je vous croire ? Le Sorcier Rumplestiltskin m’a averti que vous tenteriez de me mentir. Vous essayez peut-être de nous envoyer à nos morts. »
Baelfire se mit à rire.
« Vous avez vu mon père. Vous pensez vraiment qu’il ne peut pas mentir? De plus… »
Il plongea ses yeux bruns dans ceux du capitaine.
« Je viendrais avec vous. Si vous pouvez vraiment libérer ma mère, alors je dois venir. »
« Ainsi nous pourront vous surveiller, en cas de trahison. »
« Exactement. »
Et il en fut ainsi.
À l’aube, Baelfire fit ses adieux à Zatanna et Artémis et se joignit au groupe pour un nouveau voyage vers là où un Monstre retenait sa mère. Un dernier voyage, l’espérait Killian ; les pirates commençaient à se lasser des allers-retour pour aller chercher des gens.
Lors de ce voyage, Baelfire passait beaucoup de temps avec Emma et Killian, et le trio devint très vite ami.
Cependant, pour une raison qu’aucun des deux hommes ne comprenait, Emma se mit très vite à les laisser pour passer du temps avec le reste des pirates, avec lesquels elle s’entendait très bien. Mais les deux hommes, concentrés par le prochain combat, ne cherchèrent guère à y réfléchir.
Le Monstre se cachait au fond d’un terrible marécage. Pour accéder à sa cachette il fallait trouver son chemin dans un dédale d’île, de boue, et de nuages de moustiques. Et si les pirates aimaient naviguer, le marécage n’était pas exactement une partie de plaisir.
Alors que le groupe se rapprochait du centre du marécage, des cris se faisaient entendre. Des cris rauques et terrifiants, qui poussèrent les pirates à annoncer qu’ils préféraient attendre à la sortie. Après tout, si l’Enchanteresse avait raison, seul Killian pourrait vaincre le Monstre…
Ainsi, seul Killian, la Princesse Emma et Baelfire arrivèrent face au Monstre. Il ressemblait à un géant, à la peau couverte d’écailles noirs, avec de longues ailes et de très grandes cornes. Ses yeux rougeoyaient comme les flammes qu’il crachait.
Derrière lui, figée dans de la roche telle une statue, reposait une femme aux yeux clos.
Killian alla seul voir le Monstre, confiant en Emma et Baelfire qui restaient derrière lui. L’épée à la main, il provoqua la créature, qui le regarda en sifflant. Hélas pour lui, le combat était équilibré ; c’était comme s’il affrontait une montagne.
Pour contrebalancer sa taille, Killian décida de se mouvoir le pus rapidement possible. Il courrait entre les pattes du Monstre, piquant ses jambes avec son épée. La créature rugissait, et Killian ne s’arrêtait jamais.
Hélas pour lui, le monstre réussi à l’atteindre ; d’un large coup de griffe, il trancha la main u capitaine pirate, qui s’évanouit à ses pieds. Voyant leur ami à terre, Emma et Baelfire n’hésitèrent pas. Profitant du fait que le monstre ne les regardait pas, et qu’il était blessé, ils prirent leurs armes, et coururent droit sur lui. En s’aidant, ils escaladèrent le Monstre, jusqu’à pouvoir enfoncer leurs épées dans le cou du Monstre, qui s’effondra en hurlant.
Une fois le géant tombé raide mort, la pierre qui maintenait la femme prisonnière se craquela, et la libéra. Alors que Baelfire serait enfin sa mère dans ses bras, Emma se pencha vers Killian ; le pirate avait besoin de soin.
Killian se réveilla plusieurs jours plus tard, dans la demeure du Sorcier Rumplestiltskin. À son chevet se tenait Baelfire, qui l’avait veillé tout au long du retour, et alors que son père le soignait.
La première chose que le capitaine pirate fit en se réveillant, c’est de lever les bras, et de constater quelle main il avait perdu. Seule la droite apparue devant ses yeux.
« Si je me souviens de ce que l’Enchanteresse a dit, tu as gagné le véritable amour. »
« Je préférerai ma main. »
« Je comprends. »
Killian regarda autour de lui.
« Où suis-je ? »
« Chez mon père. »
Baelfire lui raconta tous ce qu’il s’était passé après son évanouissement.
« La Princesse et le Prince attendent ton réveil. Dès que tu seras prêt, ils t’accompagneront jusqu’au château. Ensuite tu devras amener la Princesse à sa promise. »
« Ouais, enfin. »
« J’aurais une question à te poser, mais d’abord, Jaime voudrait te parler. »
Baelfire sortit rapidement de la chambre, laissant place au jeune mousse. Les deux amis discutèrent un moment, alors que l’un racontait ses voyages et son combat, et l’autre, sa captivité chez le Sorcier.
En finissant son récit, Jaime baissa les yeux.
« Le Prince Bart… le Prince Bart m’a demandé de rester avec lui au château. »
« Pourquoi ? »
« Hé bien… Nous sommes amoureux. »
« Oh… Mais la Reine et son Consort ne risquent pas de désapprouver ? Ils ont l’air de tenir à ce que la succession soit assurée, et tu es un pirate. »
« Oh… Il suffit de passer cinq minutes avec Bart pour savoir qu’il ne laissera pas ses parents me faire quoi que ce soit… »
« Alors si ça te rend heureux, je t’autorise à quitter l’équipage. »
« Il ne faudra pas oublier de venir me voir. Avec ton grand amour. »
Jaime se retira pour laisser Killian se reposer.
Les pirates, la Princesse et son frère ne partirent qu’une semaine plus tard. Durant ce laps de temps, Killian ne vit que deux fois le Sorcier Rumplestiltskin ; la première fois, il était ravi du retour de sa femme, Belle, la seconde fois, il semblait en colère, et lança un regard noir à Killian.
Le matin du départ, Baelfire se présenta dans la chambre du pirate.
« Capitaine Killian, je viens vous demander quelque chose. »
« Je t’écoute. »
« Maintenant que je n’ai plus à vivre sous la protection de l’Enchanteresse, je souhaite voir le monde. Pour cela, je voudrais que tu m’acceptes sur ton navire. Permets-moi de voyager avec toi. »
« Même si nous devrions bénéficier de la protection de la Reine des Mers, la vie d’un pirate n’est pas de tout repos. »
« À tes côtés, j’ai contribué à tuer un Monstre. Qu’est-ce qu’il pourrait arriver de pire ? »
Les deux hommes échangèrent un regard, et Killian sut qu’il ne pourrait jamais plus accepter d’être loin de Baelfire.
« Soit le bienvenu sur le Jolly Roger. »
Ainsi, au grand mécontentement du Sorcier Rumplestiltskin, Baelfire partit avec les pirates. Seule son épouse, Belle, sut calmer sa colère.
Au château de la Reine Blanche et du Prince Charmant, les deux époux se réjouirent de retrouver leurs deux enfants. Hélas, ils parurent moins ravis de se rendre à l’évidence que leur fille allait partir se marier, et qu’ils allaient devoir héberger un ancien pirate. Cependant, le Prince Bart ne mit pas longtemps à prouver à ses parents que Jaime était une personne exceptionnelle, et le Prince Charmant décida de le prendre sous son aile pour lui apprendre quels étaient les devoirs d’un prince Consort.
Les pirates et la Princesse Emma prirent alors la Mer ; il ne fallut que peu de temps pour que la Reine des Mers et sa cour jaillissent des eaux. En voyant sa promise, la Princesse se jeta à l’eau pour nager jusqu’à elle. L’humaine et la sirène s’embrassèrent alors passionnément, alors que la magie de la seconde transformait la première en sirène.
Après avoir retrouvé son aimée, la Reine des Mers se tourna vers les pirates.
« Vous m’avez amené ma promise. Comme promis, je vous offre ma bénédiction ; vous aurez toujours une mer clémente. En revanche, que je ne vous reprenne plus à naviguer au-dessus de mon palais, sauf si c’est pour rendre visite à ma future femme. »
La cour des mers replongea sous l’eau, et les pirates purent enfin reprendre le cours de leur existence, avec Baelfire en plus parmi eux.
Durant les mois suivant, les pirates observèrent leur capitaine et Baelfire, sans vraiment leur comprendre. Au vu des regards qu’ils se lançaient à longueur de journée, et de la prophétie que l’Enchanteresse avait énoncée lors du festin, ils avaient rapidement compris que le grand amour de Killian était Baelfire. Mais visiblement, les deux concernés n’avaient pas compris ce détail.
Alors un jour, l’équipage les enferma toute une journée dans la cale, jusqu’à qu’ils finissent par se parler.
S’ils durent nettoyer entièrement le bateau à la brosse à dent en représailles, ils ne le regrettèrent pas, et furent tous fiers comme des paons, lorsque Killian et Baelfire s’embrassèrent enfin.
Fin.
