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« Comment ça jouons-y ensemble ça va être formidable tu verras c’est intense tu passeras un moment unique en communion avec un baron ?
― Avec Baron, pas avec un baron. Baron, c’est le cheval. Et je suis certain d’avoir mis davantage de virgules dans ma phrase, rétorqua posément Henry entre deux gorgées d’Earl Grey, et tu as oublié un et entre intense et le dernier tu. »
Interdit, Alex le dévisagea une bonne quinzaine de secondes.
« Tu peux pas te contenter d’écrire cette scène, toi qui es tellement fantastiquement doué pour ça, au lieu de me le faire subir physiquement ? »
Totalement imperturbable, Henry continuait de lire son Jane Austen.
« Oh, je le ferais si je n’aimais pas autant te faire subir des choses physiquement, ô toi, ma chère et pauvre victime, énonça-t-il d’un ton extraordinairement neutre qui, bizarrement, fit d’autant plus frémir Alex.
― Gnh, gémit celui-ci.
― D’ailleurs, continua tranquillement Henry, l’équitation fait de très belles fesses. Et de très belles jambes, accessoirement.
― Gnh. » gémit derechef Alex.
C’est drôle comme il faisait chaud, tout à coup. Il ouvrit un bouton de sa chemise d’un geste mécanique sans quitter le prince des yeux. Évidemment tout à fait conscient de l’attention dont il faisait l’objet, Son Altesse Royale le Prince Henry Tête-de-Gland prit un malin plaisir à user de ses charmes sans avoir l’air d’user de ses charmes, justement.
Il but une dernière gorgée de thé en se léchant distraitement les lèvres, caressa innocemment la page de son livre avant de la tourner, suça longuement la cuiller avant de la déposer dans la tasse vide, ferma son livre et laissa courir sa main sur le dos avant de le saisir fermement pour le poser sur la console… Enfin, dans un mouvement presque félin qui manqua de faire défaillir Alex, il se leva, s’étira, puis vint vers lui.
Les joues rougies et le souffle quelque peu haché, le fils de la présidente des États-Unis regarda le prince d’Angleterre s’approcher comme un chat avance vers sa proie quand il a la ferme intention de jouer avec avant. Il déglutit.
Henry s’arrêta à quelques centimètres de son visage, un sourire carnassier sur son beau visage de connard royal. Cette fois, Alex ne parvint pas à déglutir. Le sourire d’Henry s’élargit. Il pencha légèrement la tête, comme s’il voulait l’embrasser, puis murmura :
« Alex, mon cher, mon beau, mon magnifique Alex, veux-tu réaliser l’un de mes plus grands fantasmes ? »
Dans un état second, l’Américain répondit : « Oui. »
Henry s’approcha encore et effleura ses lèvres du bout de la langue.
« Je veux te voir contracter tes muscles fins sous ta peau dorée. Je veux te voir transpirer. Je veux te voir ébouriffer tes boucles noires. Je veux te voir me faire ton fameux sourire ravageur. Et je veux te voir faire tout ça monté sur Baron. »
Alex redescendit aussitôt de son nuage et son sourire devint narquois.
« Je vais faire tout ça dès maintenant en montant mon prince. »
Henry déglutit.
Alex le poussa sur le lit, l’enfourcha et lui vola un baiser fougueux.
