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L'hommage

Summary:

Pour Henry, la journée avait été particulièrement longue, même si Alex s'était fait un devoir de l'égayer en le bombardant d'une multitude de vidéos et autres gifs de bébés animaux mignons, si bien que SAR commençait à se demander s'il n'y avait pas un message subliminal dans cette avalanche de bonnes bouilles à faire fondre...

Notes:

Pour le cinquième thème du Calendrier du fluff (voir la série), Clair, j'ai choisi de partir sur ce petit couple que j'aime beaucoup, même si on ne peut pas dire que le fandom soit particulièrement fréquenté en français. Bon, après, il n'est pas nécessaire d'avoir lu le livre pour comprendre ce texte, par contre, ça a un peu... hum... échappé à mon contrôle, dirons-nous, mais... eh bien... j'ai trouvé ça drôle et j'espère quand même que vous aimerez !

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Henry était fatigué, la journée avait été longue et Alex lui manquait. Alex qui s'était fait un devoir d'employer la sienne à l'ensevelir sous de très (trop) nombreuses vidéos et gifs d'animaux mignons, souvent accompagnés de « Tu as vu ça ? Tu savais que ça existait ? » ou de « Jesus, j'aurais jamais cru que c'était aussi mignon un bébé [insérer n'importe quel animal]. Regarde ça ! ». Si bien qu'Henry avait fini par se demander s'il n'y avait pas anguille sous roche. Avachi dans l'un des imposants fauteuils de sa luxueuse chambre, il sourit devant le gif de bébé flamant rose qui venait d'apparaître dans leur conversation.

« Je salue ta capacité à dénicher des bébés oiseaux mignons. Ça demande un certain talent. » écrivit-il.

La réponse ne se fit pas attendre : trois bébés grèbes huppés sur le dos de leur parent. Henry soupira tandis qu'Alex rétorquait :

« C'est incroyablement mignon, un oiseau.

— Un oiseau adulte, oui, souvent, mais un oisillon, généralement, c'est juste laid. » lui envoya-t-il.

Suivirent des vidéos des classiques canetons et poussins, mais aussi un certain nombre de bébés pluviers, cygnes et autres manchots. Le prince se passa une main sur le visage sans pouvoir s'empêcher de sourire. Il devait bien reconnaître que ce harcèlement animalier lui mettait du baume au cœur.

« Merci, écrivit-il à Alex. Ça fait du bien de les regarder. » À sa grande surprise, un discret bip de notification se fit entendre, aussitôt suivit d'un « Merde ! » fort peu élégant mais ô combien reconnaissable. Quelques secondes plus tard, la tête d'Alex apparut dans l'embrasure d'une porte.

« Salut, dit-il d'un air embêté. Euh... surprise ? »

D'abord interdit, Henry le dévisagea puis, réalisant qu'Alex était effectivement là, il bondit littéralement de son siège pour lui sauter au cou et le serrer contre lui, heureux qu'il était de le revoir. Amusé, son compagnon rit doucement en enfouissant son visage dans le creux de sa gorge.

« Je croyais que tu ne pourrais pas revenir avant jeudi prochain !

— Je me suis arrangé, mentit Alex.

— Tu mens comme tu respire. »

Alex le fit taire en l'embrassant. Évidemment qu'il mentait, il s'était absenté pour une obligation, c'était vrai, mais il n'avait jamais été prévu qu'elle dure aussi longtemps. Faire la surprise à Henry en rentrant plus tôt, en revanche, était totalement prémédité. Il y avait juste eu un petit quelque chose de véritablement imprévu en plus. D'ailleurs...

« C'était quoi, ça ? demanda Henry.

—  Quoi donc ? s'enquit obligeamment Alex alors qu'il savait pertinemment de quoi parlait Henry.

— Un oiseau chante.

— Ouais, les oiseaux font ces choses-là. Ce sont des oiseaux. Ils font... des trucs d'oiseaux.

— On est en février.

— Et ?

— Les oiseaux ne chantent pas comme ça en hiver, Alex.

— La preuve que si. »

Henry soupira, puis leva un sourcil soupçonneux en constatant que David, qui avait jusque-là totalement ignoré Alex lorsqu'il avait surgi de nulle part – et qui donc était déjà là depuis un moment quand lui-même était entré dans sa chambre – vint soudainement le flairer, avant de partir la truffe au sol par là d'où le brun était arrivé. Foutu chien de chasse, pensait Alex en le regardant passer.

Naturellement, Henry le contourna pour suivre le beagle et le trouva à farfouiller sous un grand drap qui semblait couvrir quelque chose d'oblong avec un sommet pointu autour duquel était lové le chat de sa sœur qui arborait un air possessif. De temps à autre, un léger bruissement se faisait entendre, parfois suivit d'un poc! entre le bois et le métal. Le visage du prince se tourna vers son petit ami dans un haussement de sourcils des plus équivoques.

« Alex, c'est quoi, ça ?

— Aucune idée. Sûrement un arbre à chat, fit-il négligemment en désignant ledit chat installé là comme s'il y avait toujours été.

— Un arbre à chat, répéta Henry. As-tu seulement déjà vu un arbre à chat ?

— Oui et quand je vois le prix que ça coûte et la place que sa prend, je me demande pourquoi certains s'obstinent à en acheter alors que de toute façon, ces crevards vont jouer avec les cartons et se coucher sur les meubles. »

Henry ne put s'empêcher de rire.

« Alex, murmura-t-il en l'attirant à lui pour lui embrasser le front, qu'est-ce que tu as fait ? »

Il n'y avait aucun reproche dans sa voix, juste de l'affection et Alex pouvait littéralement l'entendre sourire.

« Enlève le drap et tu verras. »

Drap sous lequel s'était désormais installé David qui formait une petite pointe au pied de la grande comme il était assis à étudier ce qu'Henry ne voyait pas encore et que lui-même ne pouvait que sentir dans la mesure où le drap lui retombait devant la truffe. Seule dépassait sa queue qui allait et venait à la façon d'un métronome. Après une brève hésitation, Henry tendit le bras et souleva le chat pour le poser par terre, puis retira doucement le drap et étouffa un gloussement fort peu princier.

« Un canari ? Tu as amené un canari à Buckingham ? »

L'incongruité de la chose le faisait ricaner. Philip allait faire une attaque et sans doute une crise et il trouvait cela génial. D'un air solennel, Alex le contourna pour aller se poster près de l'oiseau et annoncer :

« Je te présente le grand, le beau... bon, d'accord, le minuscule mais absolument splendide... Citrouille. »

Citrouille, articula Henry sans le prononcer avant de partir dans un fou rire incontrôlable en saisissant la référence. Fier de sa bêtise, Alex le regardait en souriant jusqu'aux oreilles. Le malheureux prince dû se plier en deux tellement il riait. Quant au canari, il semblait ravi d'avoir de la concurrence et se mit à siffler joyeusement à quatre-vingt décibels.

« Alex, commença Henry, c'est génial et j'ai vraiment, mais alors vraiment hâte de voir la tête de Philip, mais juste... pourquoi ?

— Cadeau de Saint-Valentin. Un peu en avance. Et surtout pas prévu. Mais quand je l'ai vu, j'ai été incapable de résister.

— Et toi et moi, on sort ensemble ? demanda le prince sur un ton moqueur. À quel moment tout ça a dérapé à ce point ? »

Alex rit à son tour.

« Quand tu m'as suggérer d'acheter une maison de vacances à Majorque avec une dinde.

— Misère.

— Un canari, c'est beaucoup plus passe-partout.

— C'est beaucoup plus vivant que des dindes de Thanksgiving, surtout, renchérit Henry.

— Tu es horrible. »

Ils se dévisagèrent plusieurs secondes au son de la splendide sérénade de l'oiseau.

« Il fait un boucan d'enfer, constata Henry.

— Il nous offre son chant mélodieux, corrigea Alex.

— Il va ameuter tout Buckingham.

— Hum... Sûrement. On mettra ça sur le dos de ta sœur. »

Le prince pouffa.

« Citrouille ? fit-il en sortant son téléphone pour afficher une photo de feue Citrouille première du nom. Hum... J'imagine que de loin et avec beaucoup de brouillard on pourrait imaginer leur trouver un air de famille. »

Alex luttait pour conserver un air désinvolte mais sa mâchoire crispée sous-entendait plutôt qu'il hésitait entre rire et s'indigner.

« C'est un hommage. » dit-il finalement.

À la dinde de Thanksgiving. Évidemment. Après un énième soupir, Henry observa l'oiseau qui avait cessé de chanter pour se concentrer sur le chat qui venait de passer une patte entre les barreaux de sa cage pour tâter le terrain. Il devait bien avouer qu'il était magnifique, d'un bel orange clair, presque pastel et qui s'estompait par endroits, parfois jusqu'au blanc, comme si un artiste l'avait éclaboussé en secouant son pinceau, et son chant était particulièrement beau. Après tout... pourquoi pas...

« Je comprends mieux pourquoi tu m'as enseveli sous les oiseaux aujourd'hui.

— Sous les bébés animaux, corrigea Alex.

— Dont quatre-vingt-dix pourcent d'oisillons.

— C'est juste.

— Tu n'as rien de subtil. »

C'était indubitable. L'Américain l'attira à lui pour l'embrasser, puis ajouta :

« Tu vas prendre bien soin de Citrouille, commença-t-il.

— D'accord, mais à une condition.

— J'ai déjà peur.

— Joue au polo avec moi.

— Ah non, tu vas pas recommencer avec ça !

— Alex, je passerai ma vie à te harceler avec ça, s'il le faut, alors autant céder tout de suite. »

Il fit une pause, puis :

« Dans l'intérêt de Citrouille.

— C'est un chantage absolument ignoble.

— En effet. Alors ? »

Alex soupira et lança un regard de reproche à Citrouille qui s'était remis à chanter haut et clair tandis que chien et chat s'étaient assis à ses pieds pour l'observer, donnant l'impression qu'ils assistaient à un récital improvisé.

« D'accord. Mais tu me le paieras.

— J'en suis sûr. »

Le prince le serra contre lui et posa ses lèvres sur son front en inspirant profondément.

« Je suis content que tu sois là, murmura-t-il.

— Je t'aime. Même si tu me manipules allègrement.

— Allez, je sais que tu adores ça.

— C'est faux. » rétorqua Alex en souriant.

Il entoura son prince de ses bras et lova son visage dans le creux de son cou, inspirant son parfum en sentant les discrets battements de son cœur contre son nez. Évidemment, il avait acheté Citrouille sur un coup de tête parce qu'il avait aperçu l'oiseau alors qu'il repensait à cette histoire de dindes et qu'il avait une couleur de citrouille au soleil, et il n'avait absolument aucune idée de la façon dont le reste de la famille royale anglaise allait accueillir son nouveau – et bruyant – membre. Sans parler des journalistes et du monde en général dans la mesure où lui-même avait la ferme intention d'en faire un genre de mascotte sur son compte Instagram. Mais chaque chose en son temps.

Notes:

Oh, et je tiens à souligner que j'ai lu My Dear F***ing Prince en anglais et que dans la VO, la dinde avec laquelle Alex a bien failli acheter une maison à Majorque s'appelle Cornbread. Je sais qu'en français, il y a Citrouille et Cannelle, mais j'ignore avec laquelle il avait le plus d'affinités, alors je m'excuse platement auprès de vous si d'aventure il s'avérait que je me suis trompé de dinde.

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