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Près des étoiles

Summary:

Se pourrait-il que le Docteur ait enfin trouvé non pas un mais son compagnon ? Quelqu'un qui n'aurait pas dû exister, une anomalie temporelle... mais quelqu'un à qui il n'aurait pas à dire au revoir. Pas de si tôt.

Notes:

Ce texte est le troisième du Calendrier du fluff, sur le thème Splendide (plus d'infos dans la série éponyme) et avec un fandom sur lequel je n'avais encore jamais écrit (et un couple que j'affectionne). Il se passe après la fin de la saison 4 sans tenir compte de la 5e et contient quelques légers spoilers. Je ne sais pas ce que ça vaut, mais j'ai aimé l'écrire et j'espère que vous aimerez cette petite dose de fluff interstellaire.

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Depuis qu'il était devenu en quelque sorte immortel, Jack Harkness avait vécu d'innombrables aventures – et était mort à peu près autant de fois dans autant de situations différentes. Il avait vu des merveilles comme des horreurs, mais il y avait une chose dont il ne se lasserait jamais : le TARDIS. Avec ses dimensions irréelles, ses gadgets et ses câblages à la MacGyver, ce vaisseau le faisait rêver, mais ce qui lui plaisait le plus dans cette petite cabine bleue – bon, en dehors de la piscine – c'était le Docteur. Cet homme, enfin, ce Seigneur du Temps, l'avait envouté dès qu'il l'avait rencontré. S'il avait changé de tête depuis et s'il était devenu un peu plus caractériel, il n'avait rien perdu de son charme, ni de sa répartie. Et sa nouvelle moue prognathe avait quelque chose de charmant.

Adossé à l'entrée du couloir, il le regardait s'affairer pour piloter le TARDIS qui tanguait dangereusement, comme toujours, tandis qu'il tirait un bouton d'une main, s'agrippait au tableau de bord de l'autre et frappait du pied sur un point précis de l'autre côté de la colonne centrale. Celle-ci pulsait en rythme et le Docteur jubilait. Comme Jack aimait le voir ainsi, heureux et enthousiaste. Il sourit en repensant au jour où il avait refusé de l'accompagner, préférant travailler pour Torchwood et rester avec Ianto. Son sourire s'élargit. Il avait bien fait de prendre cette décision. Ianto serait heureux avec son homme et lui était heureux avec son Docteur.

D'un coup, le TARDIS s'immobilisa dans une brusque secousse et Jack tomba à la renverse.

« Ça y est ! s'exclama le Docteur. Excellent !

— Brutal, surtout, intervint Jack en se relevant. Où est-ce qu'on est ? »

Sans répondre, le Docteur lui sourit d'un air malicieux et fit un signe de tête vers la porte. À la fois impatient et ravi, Jack se hâta de l'ouvrir et ce qu'il vit lui coupa le souffle. Ils se trouvaient dans la nébuleuse de l'Aigle, face à de colossales colonnes d'hydrogène froid et de poussières interstellaires que les Humains avaient baptisées Piliers de la Création. Les couleurs spectaculaires de l'amas ouvert emplissaient toute l'ouverture du TARDIS, c'était magnifique.

« Joyeux anniversaire. »

Malgré tout ce qu'il avait vu, Jack s'émerveillait toujours devant pareil spectacle, surtout quand c'était son Docteur qui le lui offrait. Même quand il se trompait de date.

« Ce n'est pas mon anniversaire. » corrigea-t-il distraitement en se penchant pour mieux admirer le spectacle.

L'air de rien, le Docteur le retint par le pantalon.

« C'est l'anniversaire du jour où on s'est rencontrés. » précisa-t-il.

Jack fondit instantanément et se retourna pour le dévisager.

« Pour l'anniversaire du jour où je t'ai embrassé pour la première fois, je veux voir une étoile exploser. »

Le Docteur rit.

« Vendu.

— Viens ici. »

Tout sourire, Jack l'attira à lui et l'embrassa, emprisonnant son visage entre ses mains tandis que le Docteur appuyait les siennes de chaque côté de la porte du TARDIS. Ç'aurait été dommage de mourir maintenant, même après un baiser pareil.

« Tu aimes ? s'enquit le Docteur entre deux baisers.

— Tu embrasses divinement bien.

— La nébuleuse, Jack, rétorqua le Docteur en riant. Et ne me dis pas que tu n'en as jamais embrassé une. »

Son compagnon rit à son tour avant de faire la moue.

« Je ne suis pas sûr. »

Le Docteur s'assit d'un air faussement excédé, les jambes pendant dans l'espace à l'extérieur du TARDIS et Jack ne tarda pas à faire de même, un bras autour des épaules du Seigneur du Temps. Au bout de quelques secondes, le Docteur tendit la main droite et Jack la prit, entrelaçant leurs doigts. Ils restèrent ainsi longtemps, appuyés l'un contre l'autre à admirer le splendide spectacle que leur offrait l'espace.

« Tu dois être lassé de ces choses-là, après toutes ces années, dit doucement Jack en comptant distraitement les étoiles qu'il voyait briller à travers la poussière.

— Non. »

Le Docteur se tut un instant, puis reprit :

« Si je m'en lassais un jour, je ne serais plus digne d'être un Seigneur du Temps. »

Jack tourna la tête pour l'embrasser sur la tempe.

« Tu es le plus digne de tous.

— Je suis le seul qu'il reste.

— Je t'aime. »

L'aveu le surprit et il leva les yeux vers Jack pour le voir lui sourire. Doucement, le capitaine effleura son front de ses lèvres, lâcha sa main et lui releva la tête pour l'embrasser avec tendresse. Il savait combien le Docteur était habitué à la solitude et combien il avait souffert et il savait aussi qu'il était difficile pour lui de se laisser aller à l'aimer. Quand on appartenait à une race dont les individus étaient capables de se régénérer et de traverser les millénaires, on savait que s'attacher aux humains était quelque peu futile. Pourtant, le Docteur ne pouvait pas s'en empêcher. Et Jack n'était pas un humain ordinaire. Il était une anomalie temporelle, un humain capable de revenir d'entre les morts et de l'accompagner dans sa longue existence bien plus longtemps que n'importe quel compagnon. Jack ignorait jusqu'à quand pourrait durer sa vie et il savait que c'était ce qui le retenait, que plus le temps passé ensemble serait long et plus il souffrirait de sa perte, mais il y avait aussi une possibilité pour que Jack puisse vivre aussi longtemps que le Docteur. Après tout, ce pouvoir lui venait du TARDIS. Et Jack était un optimiste, alors il préférait y croire.

« Je t'aime. » répéta-t-il doucement entre deux baisers.

Peu à peu, le Docteur se détendait et se laissait aller contre lui. Son souffle était chaud sur sa peau, ses lèvres humides et sa langue douce contre la sienne. Il était si proche qu'il sentait ses deux cœurs battre avec force tandis qu'il l'embrassait passionnément.

« Je suis heureux d'être avec toi, ici, maintenant, hier et demain, poursuivit-il en reprenant son souffle. Laisse-moi entrer dans ton monde. Laisse-moi être tien. Sois mien. »

Une larme roula doucement sur la joue du Docteur tandis que Jack l'embrassait encore.

« Crois-y. Crois-y comme j'y crois. J'y crois parce que je t'aime et que je veux y croire. S'il te plait, crois-y avec moi. Aime-moi comme je t'aime ou ramène-moi et ne reviens jamais. »

Prononcer ces mots lui avait terriblement coûté, mais cela devait être dit. Il voulait y croire, mais il ne voulait pas y croire en vain. Le Docteur rompit le baiser mais sans le repousser et inspira profondément, son front contre le sien. De longues secondes passèrent sans qu'aucun d'eux ne parle, puis le Seigneur du Temps dit :

« Je ne te ramènerai pas. »

Les pupilles de Jack s'agrandirent tandis qu'il le dévisageait. Sous ses yeux, l'expression du Docteur changeait lentement. De petits plis apparaissaient aux coins de ses yeux et sa mâchoire adorablement prognathe esquissait un sourire.

« J'y crois, Jack, murmura-t-il en effleurant son nez du sien. Oh oui j'y crois et j'y crois si fort... si tu savais comme j'y crois... Reste avec moi, Jack. Reste toujours avec moi. »

— Je resterai. Toujours. »

Il cueillit la nouvelle larme avec sa langue dès qu'elle pointa au coin de l’œil du Docteur qui rit de son geste en le serrant contre lui et en enfouissant son visage dans le creux de son cou. Comme il était bien ainsi, avec cet homme extraordinaire, dans leur TARDIS, devant un tel spectacle. Oui, se disait-il alors que Jack lui embrassait l'oreille, c'était vraiment magnifique. Advienne que pourra. Après tout, ce point n'était pas fixe. Aujourd'hui, ils étaient là, ensemble. Ils s'aimaient et s'embrassaient avec tendresse et la profonde affection qu'ils ressentaient l'un pour l'autre sublimait l'éclat de la nébuleuse qui leur servait d'écrin. C'était là tout ce qui comptait.

Ils étaient heureux tous les deux, ici et maintenant, comme hier et demain.

Ensemble, ils accompliront encore nombre de merveilles et sauveront quantité de mondes, mais d'abord, qu'ils s'aiment et qu'ils le fasse avec force et bonheur, passion et tendresse, comme ils savaient si bien le faire.

Notes:

Défis du serveur Les défis galactiques :
- Défi de Sarah et Voirloup n°76 : Écrivez sur un fandom dont vous n'avez pas l'habitude (moins de 10 fics)
- Cap ou pas cap d'écrire un texte petit ou long sur Jack Harkness et le Docteur de ton choix ?
- Horoscope du 27-05-2021 : Gémeaux : Jack Harkness / le Docteur (Doctor Who)
- Trois cent douzième baiser : Un baiser entre deux personnes du même sexe
- Si tu l'oses (4/100) : 488. Amour, Mort et Immortalité
- Préjugé 21 : Les hommes ne pleurent pas
- Alphabet des thèmes n°7 : A : Amour
- Titre du 25/11/2021 : Près des étoiles
- 78) 50 nuances de yaoi (3/50)
- Écrire sur un nouveau fandom
- 100 façons d'aimer (11/100)
- Prompt 120 : « Je t’aime. »

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