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Un lit pour deux

Summary:

Quand Sherlock épuise John à vouloir à tout prix faire chauffer ses neurones sur une affaire digne de ce nom alors même qu'il les refuse à tour de bras, c'est tout naturellement que le médecin finit par rendre les armes pour aller s'effondrer dans un coin en espérant se faire oublier, mais on n'échappe pas à Sherlock comme cela.

Notes:

Le Calendrier du fluff continue avec le thème Calmer et un couple que j'affectionne beaucoup, même si je n'ai pas du tout l'habitude de l'écrire. C'est un moment de fluff doux quoique un peu awkward (Sherlock, quoi) et sans prétention, mais qui, j'espère, vous fera du bien.

Et Lili, prends donc ce petit texte en remerciement pour ton excellente Christmas Magic is here ! qui m'a tellement éclaté (sérieux, allez lire ça, c'est juste génial). Je pense que tu reconnaîtras une certaine situation ;)

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

S'il y avait bien une chose en laquelle John Watson était passé maître, c'était de calmer les ardeurs de Sherlock. Un mot, un seul, suffisait parfois, ou, mieux, l’une de ses piques bien senties destinées à le forcer à réfléchir, à détourner son attention de son obsession du moment suffisamment longtemps pour lui accorder un répit et faire un peu baisser sa tension. Mais le détective-consultant était particulièrement infernal lorsqu'il manquait d'affaires aptes à stimuler convenablement ses neurones et la situation empirait de jour en jour, si bien que John commençait à voir le bout de son imagination pourtant fertile.

Ainsi, il s'était littéralement effondré après avoir renoncé à tenir tête au génie furieux qui tournait en rond dans le séjour comme un lion sous stéroïdes. Totalement inconscient du fait que son unique interlocuteur avait disparu, Sherlock avait vociféré jusqu'à quatre heures du matin, moment où il s'était enfin aperçu que John n'avait toujours pas répondu à sa question, trois-cent-vingt-cinq autres questions plus tard, pour la simple et bonne raison qu’il n’était plus là. Il l'avait trouvé étalé à plat ventre et tout habillé en travers de son lit fait. De gros cernes noirs cerclaient ses yeux fatigués et il n'avait même plus la force de ronfler.

En le voyant ainsi, Sherlock eut un léger pincement au cœur, une sensation qu'il connaissait encore mal, mais qu'il détestait déjà cordialement. Voir John dans cet état lui était pénible et même si son égo avait la vie dure, savoir qu'il en était là par sa faute augmentait d'autant son malaise. Il soupira et entreprit de le déplacer doucement pour le coucher convenablement et confortablement sur le lit, lui retira ses chaussures, desserra sa ceinture et partit chercher sa propre couette pour le couvrir. Ceci fait, il le borda soigneusement comme un gros nem duveteux, sortit, puis revint, ressortit et revint encore pour finalement s'arrêter sur le seuil de la porte. Certes, leur relation avait évolué ces dernières semaines, quelques baisers et quelques étreintes avaient été échangées, mais cela faisait-il pour autant de lui son petit ami ? Était-ce trop que de vouloir rester avec lui ? Est-ce que ça lui ferait seulement plaisir ? Si John avait été réveillé, il lui aurait sans doute fait remarquer qu'il pouvait clairement voir les rouages chauffer sous le rideau de boucles. À cette pensée, Sherlock sourit. Au diable les cas de conscience.

Il contourna le lit, étudia un instant le minuscule espace disponible entre John et le rebord, puis s'allongea contre lui dans un équilibre précaire qu'il stabilisa du mieux qu'il le pouvait en passant un bras autour de son torse et en se retenant à son biceps à travers la couette. Après réflexion, il glissa aussi sa jambe par-dessus celles du médecin. Ainsi accroché comme un koala trop grand pour sa branche, il sourit d'un air satisfait et s'endormit presque aussitôt, épuisé par sa nuit de frustration intellectuelle.

*

La matinée était déjà bien avancée quand John s’éveilla. Il cligna péniblement des yeux dans la lumière du jour en se demandant quel était l'idiot qui avait eu la brillante idée d'ouvrir les rideaux, avant de se rappeler que l'idiot, c'était lui et qu'il ne les avait en fait pas tirés. En tentant de bouger son bras, il s’aperçut qu’il était… comme saucissonné… et sentit un poids contre lui. Il se rendit alors compte qu'il était sur le dos et effectivement saucissonné. Ouvrant les yeux pour de bon, il fixa un instant le plafond les sourcils froncés, l'air de réfléchir, puis tourna la tête vers Sherlock.

« Oh. »

Le brun n'était clairement pas doué pour les démonstrations d'affection et elles étaient, la plupart du temps, relativement gênantes car malvenues ou mal amenées. John sourit en constatant que celle-ci ne dérogeait pas à la règle. La posture de Sherlock était à la fois comique et attendrissante, avec les fesses qui dépassaient dangereusement du lit, même s'il l'immobilisait si efficacement qu'il ne pourrait sans doute jamais se lever, à moins de les faire tous les deux basculer hors du lit dans un sursaut fort peu élégant. Il pouffa en imaginant la scène tandis qu'une vilaine envie de se gratter l'oreille venait sournoisement le titiller.

« Sherlock, misère, murmura-t-il sans se départir de son sourire, même quand tu dors, tu es infernal. »

Naturellement, ce reproche n'en était pas un et faute de main libre pour le faire, il caressa la tête de Sherlock de sa joue et se tordit le cou pour lui baiser le front. Un long soupir d’aise lui répondit et il devina que son compagnon commençait à émerger. Souriant tout contre les boucles brunes, il se retint de rire en lui chuchotant :

« J’aime que tu t’allonges contre moi, Sherlock, vraiment, j’adore, mais ce qui me ferait aussi extrêmement plaisir dans le cas présent, ce serait que tu lâches mon bras pour que je puisse l’extraire de cette couette et me gratter l’oreille avant que ça ne me rende complètement dingue. »

Un ricanement étouffé lui parvint quand Sherlock obéit et le soulagement intense que John ressentit en s’exécutant le fit lui-même rire.

« Merci. »

Les yeux de chat du détective se levèrent vers lui lorsqu’il recula la tête pour le dévisager. À nouveau, John lui embrassa le front.

« Bonjour, fit Sherlock dans un ronronnement.

― Bonjour, répondit John. Tu ne voudrais pas… je sais pas… t’allonger sur le lit, par exemple ? J’ai peur qu’on finisse tous les deux par terre si l’un de nous s’avise de respirer trop fort.

― Je suis parfaitement bien comme je suis et c’est totalement stable.

― Évidemment. »

Le regard courroucé que lui lança Sherlock le fit rire, d’autant plus que son instinct exercé lui soufflait que quoi qu’il en dise, le désastre était tout proche. Vexé, le détective commença à remuer mais se figea aussitôt dans un sursaut en manquant de chavirer – avec John bien sûr.

« C’est vrai, tu as raison. Tout m’a l’air parfaitement sous contrôle, observa celui-ci pour le taquiner.

― Ça l’est, affirma Sherlock.

― Sois gentil et ne fais plus de mouvement brusque. »

Cette fois, ils échangèrent un regard complice et rirent de concert, ce qui ne tarda pas à attirer madame Hudson qui les cherchait depuis un moment. En les découvrant, elle fit la moue, leva les yeux au ciel en s’apercevant qu’ils l’ignoraient, puis reparti vaquer à ses affaires. Elle les rosserait plus tard.

Elle ferma la porte dans un réflexe, les faisant sursauter. Évidemment, ce qui devait arriver arriva : Sherlock commença à pencher vers le parquet tandis qu’ils s’arc-boutaient tous deux dans une vaine tentative pour conserver leur équilibre. Vaine, en effet. Lentement, presque au ralenti, ils basculèrent hors du lit dans un grand fracas. Ainsi entassés, ils bataillèrent pour s’extirper de la couette, mais John s’appuya malencontreusement sur une zone sensible appartenant à Sherlock qui l’immobilisa dans une prise de karaté foireuse. Hilares, ils renoncèrent à s’en dépêtrer et restèrent là, emmêlés par terre et à demi ensevelis sous la couette. La main de John alla s’égarer dans les cheveux de Sherlock qui, à nouveau blotti contre lui – enfin, en travers serait plus correct – poussa un profond soupir de bien-être.

Au bout d’un moment, madame Hudson frappa au plafond avec son balais.

« Presque, madame Hudson… » murmura Sherlock.

Ils en rirent si fort qu’ils en eurent les larmes aux yeux.

Notes:

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