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Karaoké

Summary:

Kara, atteinte d'une grave maladie, va faire la connaissance de Lena lors d'un karaoké qui changera sa vie à jamais. Si jusqu'à présent elle s'était résigné à son sort, désormais, elle a une raison de se battre...

Notes:

Hello, j'espère que ce one shot plaira :)

Work Text:

J'étais encore endormi tranquillement dans mon lit quand je suis soudainement réveillé par Alex, ma sœur qui ne comprend pas que j'ai pourtant un besoin énorme de me reposer. Comment pourrait-elle le comprendre d'ailleurs, je ne lui ai toujours pas dit la vérité et je ne compte pas lui en parler.
Je maugrée dans mon lit et lui lance un coussin dans la tête, coussin qu'elle arrive d'ailleurs à éviter habillement.
J'ai fait l'erreur de lui avoir accordé la veille mon autorisation pour l'accompagner à cette soirée karaoké ce soir afin qu'elle puisse me présenter Kelly, sa compagne depuis plusieurs mois et dont elle veut enfin que je fasse la connaissance.
Je souris à ma sœur devant son enthousiasme, car malgré tout, je suis heureuse pour elle, elle ne sera pas seule quand elle aura besoin de quelqu'un à ses côtés et cela me rassure un peu.
Mais je ne comprends pas cet entêtement à vouloir me réveiller si tôt alors que la soirée n'était que le soir.

— Pourquoi tu tiens absolument à me réveiller maintenant, la soirée n'est que ce soir Alex ? Laisse-moi dormir, tu veux !

— Kara, il est déjà 16 h !

Je regarde alors mon réveil et je constate avec effarement qu'Alex à raison et qu'il est déjà 16 h. Je m'excuse auprès d'elle et je lui sors une excuse comme quoi hier je suis revenu super tard et que c'était pour ça que je suis encore au lit à cette heure-ci.
Après d'âpres négociations, Alex finit par sortir de ma chambre contre la promesse de me lever et de me préparer en moins d'une heure.
À peine sortie je me laisse retomber lourdement sur le lit, mon corps plus fatigué et lourd que jamais. Pourtant je prends ce qui me reste de force, je me lève et arrive à aller prendre ma douche sans trop de difficulté. Aujourd'hui je suis visiblement dans un bon jour. Cela me soulage un peu, je n'aurai pas trop à souffrir lorsque nous irons à cette soirée ce soir avec Alex.
Une heure après, je suis enfin prête. Pour l'occasion je me suis habillé assez simplement. Un jean noir ainsi qu'une chemise en soie noire et une simple paire de baskets. Je vois Alex qui soupire face à ma tenue, mais je ne me sentais pas de lui expliquer que si je m'habillais de cette manière c'est que cela m'aidait tout simplement. Je prenais chaque petite chose qui me rendait la vie agréable, je le prenais et en profitait un maximum parce que je savais que tout cela ne serait que provisoire et que cela ne durerait pas.
Mais la vie était ainsi faite et je ne pouvais rien y changer.
Je me dirige vers le frigo afin de manger un peu, mais Alex m'en empêche. Apparemment elle a prévu que l'on aille d'abord au restaurant afin de me présenter Kelly et que nous irions ensuite à la soirée karaoké.
Pour une fois je suis assez satisfaite du choix de ma sœur, au moins je pourrais faire connaissance avec la femme qu'elle aimait dans un lieu plus intimiste et plus calme. Parce qu'un karaoké n'était pas vraiment l'endroit idéal pour cela.
Mais à chaque fois, Alex me tannait pour y aller. Elle savait que j'avais une belle voix et voulait donc que j'y chante, mais, étant ma sœur, je doute qu'elle soit vraiment très objective à ce sujet.

C'est donc dans cet esprit-là que nous partions avec Alex en direction du restaurant alors qu'il était maintenant 18 h 30.
Alex avait mis bien plus de temps que moi à se préparer et de ce fait, je ne m'étais pas gêné pour la charrier un peu. Elle pouvait bien parler que je dorme tard vu le temps qu'elle mettait pour ne choisir ne serait-ce qu'une simple chemise ou pantalon.
Nous arrivons au restaurant quelques minutes plus tard. Nous sommes à peine arrivés que je vois Alex qui se précipite presque en courant vers une jeune femme afin de la prendre dans ses bras. Son enthousiasme me faisait sourire et je supposais donc que cette femme était Kelly.

— Kelly je suppose ? demandais-je un brin amusé par le comportement enfantin de ma sœur.

Alex finit par se détacher de Kelly afin de la laisser répondre.

— En effet, et toi tu dois être Kara, je pense ?

— Vous pensez bien, rigolais-je

— Ho pas de vouvoiement entre nous, on se tutoie, on sera surement amené à nous voir assez souvent à l'avenir, et puis depuis le temps qu'Alex me parle de sa petite sœur si géniale j'avais hâte de te connaître !

— Et bien Alex ne m'a jamais parlé de toi, lui répondis-je avec un clin d'œil qui signifiait tout le contraire

Le restaurant se passait plutôt bien. J'étais dans l'un de mes bons jours donc j'arrivais plus ou moins à passer une bonne soirée. Kelly était vraiment une femme adorable et géniale et cela me rassurait encore plus, car dans l'avenir Alex allait avoir besoin d'elle, un besoin énorme.
Mais mon regard et mon attention furent bientôt subjugués par autre chose. Et dès lors, je ne prêtais plus aucune attention à ma sœur et sa petite amie.
En effet une femme venait d'entrer dans le restaurant. Des cheveux longs et de couleur jais, une silhouette parfaite et des yeux... bon sang, je ne pensais pas avoir vu des yeux aussi magnifiques dans ma vie. Ils étaient d'un vert hypnotisant, cela en était presque irréel.
J'étais complètement subjugué par la jeune femme et je ne pouvais m'empêcher de regarder intensément celle qui venait d'entrer. Mon cœur ne savait plus où donner de la tête, j'avais la bouche qui était devenue sèche, je tremblais presque et j'étais complètement ailleurs, dans un monde où je me voyais un avenir, un avenir avec cette femme alors que je savais que cela serait impossible et m'étais interdit.
Celle-ci était accompagnée d'une grande brune aux cheveux longs, mais quand elle me regarda et posa son regard sur moi, elle me sourit et là, je découvris que c'était probablement la plus belle chose que je n'avais jamais vue dans ma vie.
Ce sourire avait été éphémère, mais je savais déjà qu'il serait la lumière dans ce que je m'apprêtais à vivre dans l'avenir.
J'observais toujours la mystérieuse jeune femme qui s'installait tranquillement avec sa probable amie à une table. Et je constatais qu'elle aussi me fixait parfois, jetant son regard émeraude droit dans mes yeux, ce qui faisait fondre mon cœur et créait dans mon corps une douce chaleur très agréable.

— KARA !

Alex me sortit de ma léthargie. Visiblement j'avais été dans les nuages plus longtemps que je ne l'aurai cru et Alex avait dû presque crier afin de me ramener à la réalité.
— Je crois qu'elle est bien plus intéressée par la brune aux yeux verts qui se trouve là-bas que notre conversation, rigola Kelly

Alex regarda à son tour et trouva en effet la jeune femme suffisamment jolie pour s'attirer une tape sur l'épaule de la part de sa petite amie.

— Ha heu... désolé Kelly

— Va lui parler si elle te plait autant ta belle inconnue ? plaisanta Alex

— Hein ? Quoi ? Mais non pfff, n'importe quoi, lâche-moi !

— Laisse la tranquille Alex, ta sœur est assez grande pour s'occuper elle-même de ses histoires amoureuses !

— Merci, Kelly, finalement je t'aime bien, rigolais-je

Le reste du dîner se passait ainsi, entre taquineries de la part de ma sœur qui me tannait pour que j'aille aborder cette femme qui me plaisait et moi faisant connaissance avec Kelly, la nouvelle compagne d'Alex.
Quelques fois je tournais mon regard vers la jeune femme, pour constater que la plupart du temps elle me fixait également intensément. Cela gonflait chaque fois mon cœur d'une énergie nouvelle que je ne lui connaissais pas. Et surtout, il arrivait parfois à cette inconnue de me faire un sourire, et là mon être entier revenait à la vie l'espace d'une seconde, plus vivant que jamais.
Toute bonne chose ayant une fin, nous quittâmes le restaurant près de deux heures plus tard. J'étais un brin nostalgique et déçu de devoir finalement quitter de vue la jolie brune qui avait réussi l'exploit de me redonner le sourire. Un sourire sincère, vrai, vivant.
En quittant l'établissement, je n'avais pu m'empêcher de constater que mon inconnue m'avait regardé une dernière fois avec ce petit quelque chose de différent dans le regard. Peut-être de la déception, un voile de tristesse ou autre, mais ça, je ne le saurais jamais malheureusement.
C'est donc avec un certain pincement au cœur de ma part que nous avons quitté ce restaurant.
Nous arrivons à la soirée karaoké quelques minutes plus tard. À cette heure-ci les routes étaient assez désertes et nous avions pu atteindre notre destination assez facilement et sans encombre.
Nous nous installons toutes les trois à une table et nous commandons à boire. Un simple coca pour moi et des bières pour ma sœur et sa compagne. J'avais l'impression que ma sœur se moquait de moi avec mon coca. Même en soirée je ne buvais jamais d'alcool et en dehors du fait que je n'aimais pas ça, ce n'était pas forcément bon non plus pour moi donc je préférais éviter, sauf si vraiment je n'avais pas le choix.

— Alors Kara, qu'est ce que tu vas nous chanter ? me demanda Alex

— Pardon ? Parce que tu crois que je vais chanter ? Même pas en rêve ! Mais je veux bien te filmer toi et ta copine si tu veux !

— Allez Karaaaaaa !!! Stppppppppp !

Alex continuait ainsi de tenter de me convaincre de chanter pendant une bonne dizaine de minutes. Je ne me laissais pourtant pas convaincre et je voyais Kelly qui rigolait de nos petites disputes de sœurs. Elle avait l'air de beaucoup s'amuser de nos petites joutes verbales. J'avoue que d'ordinaire je n'aimais pas beaucoup les petites amies de ma sœur, mais pourtant, cette fois, c'était différent. Il y avait dans le regard d'Alex quelque chose de magique, quelque chose de nouveau, ce petit pétillement dans les yeux qui ne trompait personne. Alex l'aimait, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.

Mais nos petites taquineries furent interrompues quand je me figeais d'un coup sur place. La belle brune du restaurant venait de réapparaître et mon cœur, ma respiration, tout en moi venait de se fixer en une seule image qui dorénavant était devenue la plus belle que je n'avais jamais vue, elle...
Sa chevelure, ses yeux verts, sa prestance, bon sang que cette femme avait une prestance, une aura que je n'avais encore jamais détecté chez quelqu'un et qui faisait vibrer chaque parcelle de mon être. Je l'observais, n'écoutant plus aucun des mots que ma sœur sortait de sa bouche, ma tête, mes yeux et surtout mon cœur étant bien trop accaparés par la vision qui s'offrait à moi.

Je ne pouvais détacher mon regard de la mystérieuse jeune femme que nous avions précédemment remarqué.
Le monde se figea encore plus qu'il ne l'était déjà lorsque ses yeux remarquèrent de nouveau ma présence. Je voyais alors ses traits s'étirer dans un sourire, un sourire qui m'était destiné. Et puis un clin d'œil, un clin d'œil de sa part en ma direction et je fondais complètement et ma main, de sa propre volonté lui faisait un petit signe afin de la saluer.
Je ne savais pas ce qui m'avait pris de lui faire signe, mais cela avait été plus fort que moi, ma main avait obéi aux pensées de mon cœur et non de ma raison, qui elle, me disait clairement de ne pas trop me faire d'illusions.

Elle répondit à mon salut par un petit signe de main et une douce chaleur m'envahit alors. Je sursaute, d'un coup ma sœur a claqué ses doigts devant moi afin de me sortir de ma léthargie. Kelly donne une petite tape sur le dos de sa petite amie, lui faisant un petit signe de tête afin qu'elle regarde dans la direction qui m'obsédait afin qu'elle aussi remarque la présence de la brune.
Je vois alors Alex qui me fait un grand sourire et je sens les ennuis qui allaient commencer, je le sentais fortement et j'avais raison.

— Bah alors Kara, qu'est ce que tu attends pour aller lui parler ?

— Pardon ?

— La jeune femme, j'ai bien remarqué que tu la mates depuis le resto, et là, elle est de nouveau là, c'est un signe Kara, un signe alors fonce !

— Mais pfff, mais alors là, n'importe quoi ! Je ne l'avais même pas remarqué !

Mon mensonge ne passait pas inaperçu et je me faisais méchamment chambrer par ma sœur et Kelly, bien que je ne la connaissais que depuis ce soir, mais s'y mettait également.

— Bon vous me saouler toutes les deux, je suis assez grande pour m'occuper moi-même de ma vie amoureuse, alors je vous laisse entre vous je vais me rafraîchir un peu afin de ne pas vous tuer sur place, ça ferait mauvais effet !

Elles se moquaient une dernière fois de moi avant que je ne me lève afin de rejoindre les toilettes pour femmes de l'établissement. J'étais néanmoins assez amusé par leur comportement et de les voir si complices, cela me réchauffait le cœur et me rassurait pour leur avenir.

Il y avait la queue devant les toilettes alors j'attendais patiemment mon tour les bras croisés sur ma poitrine et le dos accolé contre le mur.
Je fermais les yeux l'espace d'un instant, le temps pour moi de reprendre mon souffle et de m'habituer aux sons des différentes musiques qui passaient. La plupart de celles et ceux qui passaient au karaoké ne savaient clairement pas chanter et j'avais de plus en plus mal à la tête de devoir subir tout ça.
Je fus cependant surprise par un son qui me sortit de mes rêveries.

— Bonjour, mademoiselle, je suis heureuse de pouvoir vous parler enfin, j'attendais cette occasion depuis le restaurant de tout à l'heure.

Quand j'ouvre les yeux, je vois la magnifique femme aux yeux verts et cheveux de jais qui m'avait hypnotisé précédemment me faire un grand sourire. Elle était là, devant moi, faisant instantanément emballer mon cœur d'une vitesse si rapide que j'en perdais mon souffle et l'espace d'une seconde je ne me rappelais même plus de la manière dont on respirait.
C'est donc en prenant une grande inspiration que je pris mon courage à deux mains afin de lui répondre. Cela sembla l'amuser, car je voyais bien qu'elle avait remarqué mon trouble pour ma plus grande honte.

— Heu... oui, bonjour, pardon, j'étais perdu dans mes pensées...

— Je vois ça, j'espère que j'en faisais partie ?

— Quoi donc ?

— De vos pensées...

— Vous ne perdez pas de temps dis-donc ? répondis-je un brin amusé par ses avances à peine voilé

— La vie est bien trop courte, je n'ai pas envie de perdre de temps, surtout lorsque l'on rencontre pour la première fois l'amour de sa vie...

— Ha oui ? Carrément ? Vous y allez un peu fort là non ? rigolais-je

— Pas du tout, je constate c'est tout

— La femme qui vous accompagne serait surement ravie que vous me disiez ça !

— Sam est simplement ma meilleure amie, elle dit que je travaille trop et voulait m'aérer l'esprit, la meilleure idée qu'elle n'ait jamais eue je dois dire...

— Mais j'ai constaté une légèrement pointe de jalousie dans vos paroles, je ne vous laisse donc pas indifférente, est-ce que je me trompe ?

Je me mordis la lèvre, elle avait parfaitement raison, mais je ne voulais pas lui laisser cette satisfaction aussi facilement cependant.

— Je n'étais pas jalouse, juste curieuse.

— J'aime la curiosité, mais si nous commencions par le commencement, je m'appelle Lena, et vous ?

— Hmmm, je ne sais pas si vous méritez de connaître mon nom, vous semblez si sûr de vous que je sois l'amour de votre vie ? Vous vous trompez peut-être si ça se trouve ?

— Et bien, c'est soit cela, soit je suis atteinte d'une grave maladie cardiaque qui fait battre mon cœur à une vitesse folle et dangereuse... me répondit-elle d'un clin d'œil

Je déglutis à sa dernière phrase, mal à l'aise, mais je reprends contenance afin de lui répondre.

— Vous ne me connaissez même pas, je suis peut-être une femme que vous n'apprécierez pas dans l'avenir tentais-je de modérer

— Ça, j'en doute, j'ai un très bon instinct et il ne m'a encore jamais trompé, cela dit je ne connais toujours pas votre nom alors que vous connaissez le mien, il y a une certaine injustice là-dedans.

Je lui souris, je la connaissais à peine, mais déjà elle avait ce pouvoir sur moi que je n'arrivais pas à expliquer. Mais ce n'était pas un pouvoir malsain ou autre, non, c'était au contraire très agréable, comme si cette femme avait le don, le don de me rendre plus forte que je ne l'étais en réalité.

— Kara, je m'appelle Kara Danvers, et pour répondre à l'interrogation que vous vous demandez sûrement, les deux femmes qui m'accompagnent sont ma sœur et sa nouvelle compagne.
Nous continuons ainsi à parler et à faire connaissance de longues minutes. Tellement que j'en oublie complètement ma sœur et Kelly et que je ne sais même plus pourquoi j'étais ici au départ.

C'est seulement lorsque je vois arriver ma sœur qui se demandait où j'étais bien pu passer que je réalisais que nous étions restés ainsi un certain temps.

— Kara qu'est-ce que tu f...

Je vois ma sœur qui se stoppe quand elle constate que je discute avec la femme du restaurant, un léger sourire aux lèvres qui ne me dit rien qui vaille.

— Ha... OK, je comprends mieux, la fille du restaurant qui t'obsédait tout à l'heure t'a accaparé, c'est bon je te laisse !

Je devenais rouge écarlate, ma sœur venait de me mettre la honte niveau triple XL et j'avais des envies de meurtre.
C'est le rire de Lena qui me sort de mes pensées.

— Je le savais !

— Quoi donc ?

— Que je vous plaisais !

— Je n'ai jamais dit que c'était le cas !

— Vous, non, pour je ne sais quelle raison vous tentez de me résister, mais votre sœur vient de me le confirmer... me susurra-t-elle en se penchant vers moi afin de me répondre au creux de mon oreille.

Je ne savais plus quoi répondre, cette femme m'avait eu, je lui plaisais, et elle avait grillé en beauté que c'était réciproque.

— Que diriez-vous de venir prendre un verre avec moi ? me demanda-t-elle finalement

— Et votre amie ?

En se penchant vers la salle afin de me faire regarder dans la direction de Sam, Lena me fit remarquer que la jeune femme ne devrait avoir aucun souci à se soucier d'autre chose que de ne plus voir sa meilleure amie.
En effet, Sam était déjà en galante compagnie, draguant et se faisant draguer ouvertement par un beau jeune homme.

— Et ma sœur et sa compagne ?

— Je les ai vus quitter l'établissement dès qu'elle est venue vous voir tout à l'heure.

— Hein, quoi ? Mais !!! Je vais la tuer celle-là ! m'énervais-je presque alors que je faisais rire Lena, visiblement amusée par mon comportement.

— Si même votre sœur a compris que j'étais l'amour de votre vie, vous pouvez bien accepter ce verre avec moi non ?

Je rougis en remontant mes lunettes dans une sorte de tique qui semblait bien amuser Lena qui ne se priva pas pour m'en faire la remarque. Je devrais dire non. Le peu de raison qu'il me reste me pousse à dire non. Mais une sorte de force invisible, ce que je ressens très certainement, me pousse à accepter et sans que je m'en rende compte, j'ai déjà acquiescé à la demande de Lena de boire un verre avec elle.
Elle semblait ravie et me fit le plus beau des sourires. Nous nous installons donc à une table et nous commandions à boire. Moi toujours avec mon coca et elle, elle prit un verre de vin. Puis nous commençons à faire connaissance. J'appris que son nom de famille était Luthor, qu'elle venait d'une famille très riche, mais qu'elle avait préféré se construire elle-même et ne pas profiter de l'argent de sa famille. Famille qu'elle avait d'ailleurs pour moitié fait mettre en prison. Son frère notamment avait fait assassiner plusieurs juges et c'était grâce aux preuves que Lena avait accumulé contre lui que celui-ci pourrissait aujourd'hui en prison jusqu'à la fin de sa vie.
Plus cette femme parlait, plus je tombais pour elle et plus je regrettais qu'à la fin de la soirée je doive lui avouer, pour son propre bien, que nous ne pourrions plus nous revoir. Et cette idée me serrait le cœur de plus en plus. De toute évidence j'aurai énormément de mal à le faire, car si j'étais honnête avec moi-même, je crois que pour la première fois de ma vie je tombais amoureuse, vraiment amoureuse. Et le pire dans tout ça c'est que je savais que je devais y mettre fin avant de trop la faire souffrir.

— Et vous alors ?

— Moi ?

— Oui, vous. Je vous ai parlé de moi et de presque toute ma vie, et j'aimerais en apprendre un peu plus sur vous dorénavant.

— Je ne préfère pas parler de moi, il n'y a rien de vraiment intéressant à savoir... tentais-je de botter en touche

— Je suis sûr que ce n'est pas la réalité et que sous cette apparente timidité, se cache un tempérament de feu et qu'il me tarde d'apprendre à vous connaître.

— Ho croyez moi, si vous saviez vous n'auriez pas envie de me connaître davantage...

J'avais presque chuchoté ses paroles, mais Lena les avait cependant bien entendu et maintenant elle semblait encore plus intriguée par moi. Cela me flattait tout autant que tout ça commençait à me faire peur. J'avais peur de trop en dire, peur de laisser tout ça aller trop loin et que je ne puisse plus rien y faire pour y changer quoi que ce soit.

— SVP, je vous le demande ! Parlez-moi un peu de vous.

Lena insistait tellement, sans pour autant être lourde que je fondis et acceptais de lui parler un peu de moi.
Je lui confie alors que j'ai un don pour la musique, qu'il suffit que j'entende les notes d'une chanson une seule fois et je suis capable de la retranscrire sur n'importe quel instrument de musique. Je suis en effet aussi capable de jouer de n'importe quel instrument tant que j'arrive à mémoriser chaque note de l'instrument en question avant.

— Voilà, voilà au moins une chose que vous savez sur moi.

— Et quelle chose ! Comment ça se fait que vous ne vous serviez pas de ce talent ? demanda Lena perplexe

— Et bien... je j'en aurai jamais le temps malheureusement donc cela ne sert pas à grande chose... soufflais-je à demi-mot

— Vous faites un métier si prenant ? rigola-t-elle

— Pas exactement... je suis écrivain et journaliste, mais cela n'est plus très important pour moi aujourd'hui

— Vous faites bien des mystères jeune fille. Vous m'intriguez de plus en plus et il me tarde d'apprendre à vous connaître davantage.

Je souris à sa remarque et bois une nouvelle gorgée de ma boisson. Ses yeux étaient fixés sur les miens et j'avais beaucoup de mal à résister à l'envie de lui avouer toute la vérité. Mais pour son bien il valait mieux qu'elle n'en sache pas trop. Elle était un rayon de soleil, et je savais que ce rayon illuminerait le reste de ma vie. Pourtant, elle ne devait pas en faire partie.
C'était sans compter sur sa détermination. Elle me proposa un défi qu'il m'était difficile de refuser. Mais il était impossible qu'elle le réussisse alors j'acceptais, certaine de gagner et du coup de ne pas avoir à lui parler de ma vie.

— Je vous propose un marché. Vous voyez le jeu de fléchettes là-bas ?

Je me retourne afin de voir de quoi elle parlait et j'acquiesce.

— Oui, et ?

— Et si j'arrive à mettre dans le mille chacune des trois fléchettes en me mettant à plus de dix mètres de distance, non seulement vous accepter de me parler de votre vie, mais vous le faites en chanson sur une musique que j'aurai préalablement choisit.

— Si vous êtes aussi doué que vous le dîtes en musique, cela ne devrait pas vous poser de problèmes de devoir changer les paroles de la chanson et d'y mettre l'histoire de votre vie à la place non ?

Je lui tends la main afin de sceller notre deal. Je ne pensais pas une seconde qu'elle arriverait à mettre dans le mille trois fois de suite à une distance aussi importante de la cible.
Au contact de sa peau contre la mienne, je sens un frisson me parcourir l'intégralité de mon corps, mais ô combien il avait été agréable. Je n'avais jamais rien ressenti de tel. Et si une simple poignée de main me faisait cet effet-là, je n'osais imaginer ce que je ressentirais si Lena prenait l'initiative de poser ses lèvres sur les miennes. Il est fort probable que mon cœur n'y survivrait pas.
Elle se lève, plus souriante que jamais alors que je la suis dans la foule. Elle demande poliment aux personnes déjà en place avec les fléchettes de leur céder la place et qu'elle n'en a que pour une minute.
Elle se place devant la cible à une bonne dizaine de mètres et lance la première fléchette. À mon grand étonnement, celle-ci atterrit en plein milieu de la cible. Puis elle se tourne vers moi, me fait un léger clin d'œil et sans même un regard vers la cible jette une nouvelle fléchette qui atterrit droit sur celle qu'elle avait précédemment lancée.
Cette fois je commençais vraiment à avoir de plus en plus peur. Elle montait en moi et je ne pouvais rien y faire. Lui dire la vérité sur moi, même en chanson, je savais que cela la ferait fuir et que je ne la reverrais plus jamais. Pas que cela me gêne vraiment vu que je n'avais pas l'intention de la revoir après cette soirée. Mais là c'était différent, je vivrais ça comme un rejet et cela ne serait pas de mon propre choix, je ne choisirai rien et j'en aurai surement le cœur en miette.
Cette peur se confirma quand elle lança la dernière fléchette de nouveau en plein dans le mille.
Je déglutis quand elle se tourne vers moi un grand sourire étirant ses lèvres et le regard triomphant. Elle s'approche alors d'une démarche presque féline tout en se mordant sensuellement les lèvres.
Je déglutis encore plus fort lorsqu'elle se penche à mon oreille afin de me souffler ces mots :
— Voilà jeune fille, à votre tour maintenant de me compter votre vie.

Puis, sans que je m'y attende, elle posa ses lèvres sur ma joue juste à la commissure de mes lèvres. Cela eu pour effet de me faire cesser de respirer. Si j'avais encore quelques doutes, cette fois j'en étais sur, j'avais clairement eu le coup de foudre pour cette femme que je connaissais à peine.
Mais un pari était un pari.

— Vous savez, je vais honorer mon pari, mais...

— Mais ?

— Mais je pense que vous allez vite le regretter...

— Je ne pourrais jamais regretter d'apprendre à connaître celle qui est l'amour de ma vie.

— Je vous trouve bien arrogante, rigolais-je

— Ce n'est pas le cas, je suis sûr de moi c'est tout et je suis persuadé que vous le sentez aussi, sinon vous ne m'auriez pas laissé aller aussi loin non ?

Je me mordille la lèvre. Elle a raison, parfaitement raison et non seulement elle le sait, mais elle en joue. Je botte en touche. Je ne voulais tout de même pas lui donner la satisfaction de lui donner verbalement raison, j'avais quand même ma fierté.

— Alors, cette chanson, laquelle voulez-vous me faire chanter ?

- Somewhere Only We Know de Keane. Cela vous va-t-il ?

— Je trouve cette chanson magnifique en effet... bon, puisque j'ai perdu mon pari, je vais m'atteler à la tâche et vous chanter ma vie.

Je n'étais pas vraiment enchanté de devoir chanter ainsi devant la jeune femme, mais le sourire triomphant qu'elle affichait faisait tomber toutes mes barrières. Elle avait le plus magnifique des sourires que je n'avais jamais vus.
Je la connaissais depuis peu, mais je savais déjà que la fin de ma vie serait changée à jamais et j'en étais désolé. J'en étais désolé, car j'allais devoir la laisser partir afin de ne pas la voir souffrir, lui laisser une chance de vivre sa vie, d'être heureuse et de m'oublier.
Alors que je m'apprêtais à monter les deux marches de l'estrade qui menaient au piano et au micro qui me permettrait de chanter, Lena attrapa ma main afin de me retourner et sans que je ne m'y attende une seconde posa ses lèvres sur ma joue une seconde fois. Un baiser appuyé, bien trop pour que cela ne soit qu'amical, un baiser d'encouragement comme elle venait de me le susurrer à l'oreille. J'en avais parfaitement conscience et cela faisait bondir mon cœur en dehors de sa poitrine et je ne savais pas si j'aurai la force de lui dire de partir, de ne pas se retourner et de m'oublier. Il le fallait, pour son bien il le faudrait...
Elle me fit son sourire le plus enjôleur, puis me laissa aller sur l'estrade pour rejoindre le piano. Je m'y installais et effleurais chaque touche en soupirant et fermant les yeux. Je savais que ce que je m'apprêtais à faire allait la bouleverser, mais il le fallait, pour son bien il le fallait.
Je commence alors à jouer au piano les notes de « Somewhere Only We Know », remplaçant cependant les paroles originales par mes propres paroles comme elle me l'avait demandé et comme elle le regretterait sûrement.

 

un simple regard, de beaux yeux verts
J'ai su que ma vie ne serait plus la même
La peur m'habite, elle est mon monde, avant ta rencontre, la lumière de ma vie
Oh comme j'aimerai, me laisser aller,
Aller à cette chaleur qui emplit mon cœur d'or
J'voudrais tellement, mais je ne peux pas
Je ne peux me le permettre sous peine de souffrance
Souffrance pour toi, souffrance pour moi
Souffrance pour nous et aucun avenir de nous
Tu voulais connaitre ma vie, je vais te la dire,
C'est une vie qui est finie, je n'en ai plus
Voilà ma vie, une maladie
Cinq pour cent c'est mon taux de survie, autant dire
Que je suis finis, voila ma vie
Effrayer vraiment pour la première fois de ma vie
Aujourd'hui jamais je n'ai eu autant peur
De devoir laisser quelqu'un derrière moi,
Seule et meurtri que provoquera ma mort
Un pied dans la tombe je suis, je suis lasse
Lasse de devoir nous laisser
Je te laisse le choix, de partir maintenant, ne plus jamais revenir et avoir une vie
Je te laisse le choix,
ne plus revenir,
finis ta vie loin de moi,
soit heureuse en vie
J'ai enchainé les relations d'un soir, sachant que jamais elles ne souffriraient
Pourtant avec toi, tout est différent
Sachant que mon cœur m'a été volé
Oublie-moi, vie ta vie loin de moi
Sois heureuse en vie
Sois heureuse sans moi
Part et ne te retourne pas
Part et ne te retourne pas

Au fur et à mesure que j'avais commencé à chanter et que je prononçais ses paroles, je voyais le regard de Lena changer. Il était passé de l'euphorie à la peur, de la peur au désespoir, du désespoir au courage. Je ne pouvais pas savoir ce que Lena avait dans la tête, et pour être honnête, je pensais qu'elle serait partie avant la fin de la chanson. Mais contre toute attente elle était restée.
Alors c'est la peur au ventre que je descendais de l'estrade afin de la rejoindre. Elle avait les bras croisés sur la poitrine et elle me regardait avec un air que je n'aurai su définir. Son regard était si intense, si profond. Mais il ne reflétait pas la pitié, la pitié de la personne qui apprend que l'un de ses proches est condamné et qu'on ne sait pas regarder autrement qu'en baissant les yeux.
Non, à la place, elle me regardait comme si j'étais la 8ème merveille du monde. Alors quand elle prit la parole, j'avais peur de ce qu'elle allait dire, j'avais peur qu'elle ne veuille pas partir et qu'elle ne me force à l'éloigner pour son propre bien.

— Je ne vous connais que depuis quelques heures, mais... je sais cependant une chose, la maladie on l'emmerde, je ne la laisserai pas me voler l'amour de ma vie !

Je la regardais, j'étais à la fois dubitative et presque euphorique de voir autant de détermination chez elle. Mais je crois qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce à quoi elle s'embarquait si elle voulait persister dans cette voie-là.

— Je crois que vous ne savez ni ce que vous dîtes ni ce qui vous attend si je vous laisse embarquer dans cette voie là...

Je la vois alors s'approcher de moi, je ne sais pas ce qu'elle me veut, la musique est forte et je ne suis plus très sûr si les battements frénétiques de mon cœur sont dus à la proximité de Lena ou à cause de ma maladie. Mais je sais une chose, si elle continue de s'approcher de moi de cette manière-là alors que je recule au fur et à mesure qu'elle avance vers moi, je ne répondrais plus de rien.
Arrive le moment où je ne peux plus reculer et Lena me fait maintenant face. Je déglutis, et j'essaie de garder une certaine contenance, mais cette femme, depuis le premier moment où j'avais posé mes yeux sur elle, je savais, je savais qu'elle serait la seule à me faire cet effet-là. Cet effet-là qui nous rend euphoriques, fait palpiter nos cœurs, nous donne à la fois du courage tout autant qu'il nous effraie tant son intensité est sans égale.
Elle lève sa main pour la poser tendrement sur mon visage. Cela me fait frissonner et instinctivement je prends sa main qui est toujours posée sur mon visage.

— Rien ne me ferait plus plaisir que d'apprendre à vous connaître. Peu importe votre passé, votre maladie, tout cela n'est pas important, la seule chose qui importe ici, c'est vous et ce que je ressens pour vous...

Sa voix qui avait été assurée toute la soirée avait été tremblante et presque hésitante, me confirmant la sincérité de ses propos, ce qui me toucha au plus haut point.
Si je m'étais toujours posé la question de savoir si nous pouvions aimer au premier regard, je ne me posais plus la question désormais, je le savais, la réponse était oui, un grand oui.

— Je me fiche de votre maladie, ce n'est pas elle qui m'a fait avoir le coup de foudre pour vous, mais s'il faut faire avec alors... alors nous vivrons avec, mais je ne vous laisserai pas partir ou vous éloigner de moi sans me battre.

— Vous ne savez pas dans quoi vous voulez vous embarquer.... aujourd'hui est un bon jour, mais ce n'est pas toujours le cas, je suis épuisé presque H24, rien que d'être dans cet environnement m'épuise ce soir, je ne suis venue que pour faire plaisir à ma sœur qui n'est pas au courant de ma maladie...

— Votre sœur n'est pas au courant ?

— Non, avouais-je penaude

— Et je ne compte pas lui dire, alors comme je vous l'ai dit dans la chanson, vous pouvez partir, je ne veux pas vous imposer ça...

— Vous ne m'imposez rien, c'est si je vous laissais partir que je le regretterai toute ma vie...

Lena, malgré que je tentais encore et encore de l'éloigner de moi, insistait malgré tout. Et même si je ne voulais pas la faire souffrir, ce qui arriverait forcément si nous continuions dans cette voie-là, la voir ainsi se battre pour moi me flattait et me touchait au plus profond de mon cœur. Et je me disais que malgré tout ce qui se passait dans ma vie, j'avais de la chance que le monde est mis Lena sur mon chemin. Peut-être que ma fin serait un peu plus douce que ce que je ne l'aurai cru.
Nous partions de ce karaoké et Lena m'emmenait chez elle. Dès qu'elle avait su que cet environnement m'épuisait, elle avait proposé que nous continuions la soirée dans un endroit plus calme et son appartement était venu comme une évidence.
C'est ainsi que malgré moi nous faisions connaissance. D'ordinaire, un jour comme celui-ci où je me sentais suffisamment en forme, je trouvais une fille pour la soirée, je la ramenais chez moi et nous passions la nuit ensemble, puis le lendemain je lui faisais comprendre qu'elle devait partir et ne plus jamais revenir.
Je ne voulais pas prendre la peine de m'attacher, à quoi bon puisque de toutes les manières mon temps était compté... Mais avec Lena c'était différent et j'avais peur de savoir pourquoi malheureusement.
Et dans tous les cas c'était plus fort que moi, comme si cette femme avait trouvé le moyen de percer à jour la carapace que je m'étais construite tout autour de moi afin de me protéger.
Mais je ne me sentais pas oppressé ou forcé, je ne me sentais pas non plus mal ou gênée. Étonnamment je me sentais bien, comme protégée par une sorte de cocon qui était là, tout autour de moi et qu'il me faisait me sentir bien pour la première fois depuis si longtemps.
En revanche, je commençais à culpabiliser. Car pour être honnête, je commençais à tomber amoureuse de cette femme et je savais qu'un jour je devrais la laisser ici, seule et qu'elle en serait dévasté. Alors je ne comprenais pas cet entêtement à vouloir absolument me connaître et me découvrir.
Voilà le torrent de pensées qui traversait mon esprit lors du chemin qui nous menait à son appartement.
Arriver là-bas je découvrais un appartement immense, et je le supposais d'une grande luminosité grâce aux baies vitrées et je me surprenais à vouloir voir ce que cela donnait à la lumière du jour.
Je devais être perdu dans mes pensées, car lorsque Lena me proposa un verre à boire, cela me fit sursauter. Je la vois sourire à ma surprise puis me tendre un verre de jus de fruits.

— Alors, que faites-vous dans la vie Lena ? Votre famille est riche d'après ce que vous m'avez dit, mais vous ne m'avez pas parlé de ce que vous aviez fait pour vous soustraire à la volonté néfaste de celle-ci ? demandais-je avec curiosité en tentant vainement de masquer le trouble qui s'emparait de moi.

— Et bien j'ai créé ma société de bio-ingénierie. J'ai créé quelques nanorobots qui sont encore en phrase de test, mais qui je l'espère pourront aider à soigner la plupart des cancers. Me répondit-il avec un clin d'œil ?

Nous sommes confortablement installés dans son canapé et tout en portant son verre de vin à ses lèvres, elle me regarde d'une manière si intense que j'en oublie de me rappeler la manière dont on respirait.

— C'est pour ça que je ne suis pas inquiète pour vous, je suis sûre que je pourrais vous aider.

Cette femme est vraiment pleine d'espoir, mais je ne veux pas qu'elle s'en fasse de faux.

— Ne vous faites pas trop d'espoir, ma tumeur est minuscule, mais en raison de son emplacement il n'existe aucun appareil d'opération assez petit pour l'atteindre sans me...

— Sans vous ?

— Sans me ramollir le cerveau et ne pas me faire devenir un légume... quelle ironie... avouais-je penaude et le regard fuyant

— Pourquoi ça ? Et bien ma tumeur est si petite que si elle était située à un autre endroit on pourrait l'extraire sans aucune difficulté. Mais elle est tellement bien placée qu'on ne peut ni l'opérer ni faire de chimio dessus.

— Elle ne va faire que grandir et me tu...

Je fus stoppé par Lena qui me coupa la parole.

— Stop, je ne veux pas vous entendre dire ce mot, vous n'êtes pas encore morte et je compte bien m'atteler à ce que ce ne soit jamais le cas, me sourit-elle

— Pourquoi faites-vous ça ?

— Faire quoi ?
— Ça, être si sûr de vous, vouloir me sauver à tout prix alors que tous les médecins et spécialistes que j'ai vus m'ont dit que c'était impossible, pourquoi vouloir faire ça ? Tenter de me donner de l'espoir ? Cela ne sert à rien, je suis condamné, je me suis faite à l'idée de mourir...

Les larmes commençaient à vouloir m'envahir, mais je refusais de les laisser couler. Mes yeux étaient donc rougis et je luttais avec moi-même afin que rien ne s'échappe de mes orbites.
Lena posait alors son verre sur la table basse pour s'approcher de moi et elle fit une chose auquel je ne m'attendais vraiment pas. Elle me prit mon verre des mains pour le poser sur la table puis me prit les deux mains dans les siennes. Ce contact me fit frissonner, elle le sentit puisque je la vis légèrement sourire face à ce constat.
Puis elle me regarda droit dans les yeux tout en replaçant tendrement une mèche de mes cheveux derrière mon oreille et elle se pencha vers moi pour me susurrer ces mots que jamais je ne pourrais oublier :

— Parce que je refuse de croire que le ciel vous ai mis sur mon chemin pour simplement vous laisser mourir... m'avoua-t-elle l'émotion la gagnant à son tour.

— Dès que j'ai croisé vos yeux dans ce restaurant j'ai su, j'ai su que vous changeriez ma vie, et peux importe qui vous êtes ou votre maladie, je n'ai pas l'intention de la laisser gagner

— Vous êtes bien sûr de vous !

— L'amour est une force, vous devriez lui accorder un peu plus votre confiance au lieu de votre désespoir...

— L'amour ? Carrément ?

— Eh bien... Regardez-moi droit dans les yeux et dites-moi qu'en ce moment même vous ne ressentez rien, que votre cœur ne bat pas des records de vitesse ou que vous n'avez pas oublié comment faire pour respirer ?

— Et qu'est-ce qui vous fait penser que c'est ce que je pense ?

— Parce que c'est ce que je ressens en ce moment même et que je refuse de croire que cela n'est pas partagé...

Je ravale ma salive et passe machinalement ma langue sur mes lèvres alors qu'un léger sourire tente de s'étirer sur mon visage contre ma volonté. Je savais que Lena avait parfaitement raison et qu'elle avait réussi à percer à jour ce que je ressentais également.

— Vous êtes bien sûr de vous...

— Et bien, je ne peux pas savoir ce que vous pensez, mais si j'ai tort et que je me penche vers vous pour poser mes lèvres sur les vôtres, vous devriez me repousser, voir me gifler non ?

Comme je ne répondais rien et que mon cerveau avait complètement disjoncté suite à ces derniers propos, je la vis s'approcher de moi, toujours plus proche, jamais assez proche, d'une lenteur incommensurable. Elle passa avec douceur sa main dans mes cheveux afin de me rapprocher d'elle puis posa délicatement ses lèvres sur les miennes.
Cette sensation, cette chaleur, cette douceur, jamais je n'avais connu de frisson d'une telle intensité, comme si chaque cellule, chaque parcelle, chaque atome de mon corps s'était embrasé de mille feux, créant à mon corps une pléiade d'émotion si intense que je pensais pouvoir m'embraser sur place.
Cela ne dura qu'une seconde, mais j'avais pourtant eu l'impression que le temps s'était figé sur place, créant une bulle magique où Lena et moi étions les héroïnes.
Quand elle se retira, j'avais toujours les yeux fermés, mais quand je les rouvris, je fus happé par l'intensité de l'émotion de son regard, il était si intense qu'il me transperça de part en part.
Et comme d'une évidence, cette fois c'est moi qui me penchais vers elle afin de pouvoir ressentir de nouveau ses lèvres contre les miennes. Et cette fois, j'avais décidé que ma maladie ne dicterait pas mon choix, mon choix de profiter de chaque instant avec Lena.
J'intensifiais alors le baiser en passant ma langue délicatement sur ses lèvres. Et elle m'y accorda l'accès avec douceur et volupté. Le baiser gagnait en intensité et Lena se retrouva rapidement sur mes genoux, nos mains commençant à devenir baladeuses, très baladeuse.
Au bout de quelques minutes, à bout de souffle nous posions nos front l'un contre l'autre alors que j'avais une main sous son haut pour être directement en contact avec sa peau pendant qu'une des siennes effleurait déjà la commissure de mes seins me faisant soupirer d'un plaisir que je ne pensais pas connaître un jour.
Mais alors que je pensais que mon corps tout entier finirait en feu, Lena eu ses paroles qui à la fois me touchèrent et me frustrèrent au plus haut point :

— Kara Kara... bien que je n'ai jamais eu autant envie de quelqu'un, il ne se passera rien ce soir entre nous. Je... je veux que le meilleur de ta vie soit devant toi, je veux que tu te battes en sachant ce qui t'attendra quand tu auras vaincu cette maladie...

— Tu me fais du chantage au sexe ? tentais-je de plaisanter

Elle rigola à ma remarque et le rire qui en suivit venait de devenir le son que je préférais le plus au monde, il était magique.

— Non, je ne te fais pas de chantage, mais je pensais tout ce que je viens de te dire, et je veux apprendre à te connaître, je veux tout savoir de toi, ta vie, tes peurs, tes doutes, ce que tu aimes, je veux connaître ta vie dans les moindres détails.

— Nous nous connaissons depuis quelques heures et je veux prendre le temps de tout ça, faire les choses bien, parce que tu vaux le coup d'attendre Kara...
— Lena... je suis touché et ému, mais...

J'avais les larmes aux yeux, Lena m'avait touché en plein cœur avec ses paroles qui me faisaient clairement fondre, mais la réalité est que je n'en avais pas le temps, pas le temps de vivre tout ça.

— Mais ?

— J'aimerai tout ça, je n'en ai malheureusement pas le temps...

— Ce temps nous le prendrons, et puis je suis un génie, tu m'as dit qu'aucun instrument chirurgical n'était assez petit pour t'opérer ? me dit t'elle d'un petit air arrogant en souriant pour détendre l'atmosphère

— C'est ça...

— Alors il ne me reste plus qu'à en inventer un...

Je ne voulais pas donner de faux espoirs à Lena alors je faisais le choix de ne pas lui répondre et lui souriais tendrement. Puis nous passions le reste de la nuit ensemble à faire connaissance, parlant de tout et de rien et plus j'en apprenais sur elle, plus je tombais amoureuse et plus je culpabilisais. Car il se passerait sûrement ce que je voulais absolument éviter depuis que je me savais condamné, à savoir que ma mort fasse souffrir quelqu'un d'autre que ma sœur.
Mais c'était trop tard, je n'arrivais déjà plus à résister à son sourire, et ses lèvres, j'en avais encore le goût sur les miennes et la sensation était délicieuse et me faisait sentir vivante, bien que légèrement frustrée de la décision de Lena. Mais je respectais son choix, même si j'avais décidé de ne pas lui faciliter la tâche de ce côté-là, il ne fallait pas abuser non plus. Elle voulait attendre une guérison qui ne viendrait sûrement jamais, je pouvais bien lui faire regretter ce choix non ?
Le lendemain matin

— Pourquoi souriez-vous bêtement de cette façon ? me demande Lena, elle-même souriante

— Pour rien...

— Si, dites-moi

Nous avons passé la nuit ensemble et nous nous sommes endormis dans les bras l'une de l'autre dans ce canapé. Et malgré tout j'avais dormi extrêmement bien, j'étais sereine pour la première fois depuis longtemps.

— Rien rien... je me disais juste...

— Juste ?

— Et bien que je n'avais pas vraiment l'intention de vous faciliter la tâche concernant votre décision de me laisser le meilleur de ma vie pour quand je serai guéri... murmurais-je d'un air mutin

Lena rigola alors de bon cœur à pleins poumons, ce que je pouvais aimer ce son.

— Alors là très cher, vous pouvez toujours essayer j'ai une volonté de fer... Mais je pense que nous pouvons nous tutoyer n'est-ce pas ? Après tout, nous allons nous revoir souvent, je pense...

— C'est OK pour moi Lena. Est-ce que... enfin est-ce que je peux prendre une douche, je ne suis pas rentré chez moi et je... enfin voilà...

— Bien sûr, la douche c'est la première porte à ta gauche dans le couloir, je t'attends ici, je vais préparer le petit déjeuner.

Un vent froid souffle légèrement sur ma peau lorsque je quitte les bras de Lena. C'est assez désagréable, alors pour me réchauffer un peu lorsque je me lève, je me penche vers elle afin d'embrasser ses lèvres, puis je me dirige vers la direction qu'elle m'a indiquée pour la salle de bain.
Lorsque j'ai fini ma douche, il me vient une petite idée. J'enfile une serviette autour de ma taille et de ma poitrine et je sors de la salle de bain complètement nue et seulement habillée de la sorte.
Je me dirige vers Lena qui n'a toujours pas remarqué ma tenue et je me penche vers l'îlot central afin de lui voler un pancake, mettant bien en valeur la commissure de ma poitrine sous son nez. C'est alors qu'elle lève les yeux dans ma direction et qu'elle remarque enfin la tenue dans laquelle je suis. Je la vois alors ouvrir grand la bouche d'étonnement et renverser partout sur l'îlot sa pâte à pancakes. Je voulais lui faire de l'effet, j'avais été servi et cela me faisait bien rigoler.

— Désolé, quand j'ai fini ma douche j'ai réalisé que je n'avais pas de vêtements propres alors... me voilà... dis-je d'un air faussement innocent

— Heu... si tu vas dans ma chambre, la porte face à celle de la salle de bain il y a des vêtements dans le dressing, prend ce que tu veux...

— Lena ?

— Oui ?

— Mes yeux, c'est un poil plus haut !

— Tu es une diablesse Kara, je suis sûr que tu te venges non ?

— Peut-être... tu as peut-être pris une décision mais j'ai jamais promis que je serais sage...

Lena était devenue rouge pivoine et je constatais avec délice que mon corps lui faisait de l'effet et le mordillement de ses lèvres trahissait clairement ses envies et pourtant, elle restait là, l'air ébahis et admiratif, sans tenter quoi que ce soit. Elle ne me regardait pas avec un regard libidineux ou malsain, non, au contraire, je voyais des étoiles dans son regard, des étoiles qui illuminaient ses yeux, ses yeux que je trouvais magnifique.
Il y avait tant d'amour dedans, tant de douceur, tant de tout. J'étais malade, et pourtant jamais je ne m'étais senti aussi bien, aussi heureuse et aussi aimé de ma vie. Lena me rendait forte et je décidais alors de me battre, de me battre pour elle.
Je passe la main par-dessus le plan de travail pour saisir la sienne afin de la regarder droit dans les yeux. Je fais de légers cercles avec mon pouce sur ses doigts dans un geste tendre et doux et je lui dis simplement ces mots, « merci, vraiment ».
Il n'y a pas besoin de plus, pas besoin d'explication ou de mot supplémentaire, elle a parfaitement compris ou je voulais en venir et le sourire que j'ai en retour vaut bien au moins tout l'or du monde si ce n'est plus, bien plus.
Puis je vais m'habiller et nous passons les semaines suivantes, puis les mois à faire plus ample connaissance, apprenant à nous connaître, bien que nous ayons chacune l'impression de nous connaître depuis toujours tant ce que nous ressentions l'une pour l'autre était l'évidence même. Elle était parfaite, ses lèvres étaient parfaites, ses yeux étaient parfaits, tout en elle transpirait la perfection, même sa façon de me résister afin de ne pas succomber était parfaite.
Ma sœur avait été plus que ravie quand elle nous avait surprises toutes les deux enlacés l'une contre l'autre alors qu'elle venait de rentrer chez moi et nous avait surprises endormies sur le canapé du salon. Lena avait voulu lui dire pour moi, mais j'avais toujours refusé catégoriquement.
Je connaissais ma sœur, et je savais que si elle était au courant je ne serais pas ici avec Lena, mais à l'hôpital, testant coûte que coûte chacun des traitements que ma sœur aurait trouvé aux quatre coins du globe. Et je ne voulais pas l'inquiéter, je voulais qu'elle reste ma sœur, avec sa bonne humeur et ses bouderies, qu'elle me raconte les derniers potins d'elle et de sa future femme (car elle avait demandé Kelly en mariage entre temps) et je ne voulais pas que tout ça soit entaché par la maladie.
Lena travaillait d'ailleurs d'arrache-pied pour m'aider avec mon combat contre la maladie. Elle n'était peut-être pas médecin, mais son génie en matière d'ingénierie n'avait aucun égal au monde, c'était clairement la meilleure dans son domaine. Elle avait bien observé les radios et IRM de ma tumeur et elle n'acceptait pas qu'une tumeur aussi petite, qui si elle avait été placée à un autre endroit n'aurait posé aucun problème, soit la cause de ma future mort.
Pour elle le problème était simple, si rien ne pouvait m'opérer, alors elle allait créer ce qui le pourrait. Elle avait donc fait d'innombrable scan et radio de mon cerveau et avait réussi à le modéliser en 3D afin de pouvoir faire des tests dessus avec ce qu'elle venait de créer.
En effet, elle avait réussi à réaliser un robot mécanique d'une telle précision et doté de nanorobot suffisamment minuscule qu'il devrait pouvoir m'opérer. Malheureusement, les tests réalisés jusqu'à présent avaient réduit en bouillit la plupart de mes « cerveaux test ».
Et le temps commençait à devenir pressant, la tumeur et la chimio devenaient de plus en plus lourdes à supporter. J'avais mal partout, les migraines ne me quittaient jamais, chaque pas que je faisais j'avais l'impression que mon corps pesait au moins une tonne et me faisait un mal terrible.
Seule Lena, sa présence, son réconfort, sa confiance en elle à vaincre la maladie me donnaient le courage de me lever chaque matin avec plus de ferveur que le jour précédent.
Un matin alors que nous étions en train de petit-déjeuner avec Lena, je sentais mes forces partir, comme si mon corps m'abandonnait et que je n'étais plus maître de moi-même. Je me levais, dans un effort surhumain, mais me rasseyait dans l'instant sous le poids de la fatigue.
Lena se précipita vers moi afin de me soutenir le regard inquiet et la peur au ventre. Elle me soutient en me prenant par l'épaule et m'amenant dans notre chambre. En effet nous avions emménagé ensemble après seulement une semaine de relation. J'avoue que j'en avais profité assez souvent pour attiser le désir de Lena, mais elle avait su résister à tous mes stratagèmes. De ce point de vue là elle était bien plus forte que moi car si la situation avait été inversée je lui aurai arraché tous ses vêtements depuis longtemps.
Malgré tout, j'étais admirative de son comportement envers moi, seul l'amour qu'elle me portait la guidait et savoir cela me donnait la force nécessaire de me battre. Mais je n'avais nul besoin de force pour l'aimer, ce que je ressentais était bien au-delà de tout, ma force, c'était Lena, je n'en avais besoin de rien d'autre dans ma vie qu'elle, sa présence, sa douceur, son aura...
C'est donc plus inquiète que jamais que Lena me déposait sur notre lit, m'emmitouflant sous les couvertures afin de me soulager de mes souffrances. Elle essayait de le cacher le plus possible, mais je voyais bien qu'elle était plus inquiète que jamais. Elle avait peur, peur de me perdre, peur de ne pas réussir à temps la création de cette technologie capable de me guérir. Je savais qu'elle serait dévastée si jamais je venais à mourir et qu'elle stopperait toutes ses recherches et qu'elle serait incapable de continuer si je n'étais plus à ses côtés.
Alors je lui avais fait promettre, promettre de continuer après ma mort si jamais elle n'atteignait pas son but avant que la maladie ne l'emporte. Elle avait promis, mais mes yeux, bien qu'embrumer par le mal qui me rongeait, avaient bien vu qu'elle avait croisé les doigts. Cela m'avait fait sourire, mais j'avais été bien trop faible à ce moment-là pour lui en faire la remarque, me promettant cependant d'y revenir plus tard afin de la faire changer d'avis sur la question.
Et puis quelques jours plus tard, j'allais de nouveau mieux, enfin j'étais dans un bon jour. Cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps, alors je m'étais réveillé avant Lena afin de lui faire la surprise de lui préparer le petit déjeuner.
J'étais contente, heureuse et je lui préparais des pancakes au sirop d'érable, son menu de petit déjeuner préféré avec la confiture de fraise. Hier soir elle m'avait dit qu'elle avait une surprise pour moi, une surprise qui changerait ma vie à jamais. Mais je n'avais nul besoin de surprise pour pouvoir affirmer avec certitude que ma vie avait déjà changé à jamais rien qu'avec sa présence à mes côtés.
Alors quand je la vit apparaître là, dans le chambranle de la porte, dans sa nuisette noire que je trouvais d'une sensualité presque affligeante, le sourire aux lèvres, mon cœur ne fit qu'un bond dans sa poitrine et je n'avais qu'une envie, me jeter sur elle afin de lui enlever son vêtement que je trouvais de trop.
Mais quelque chose n'allait pas, quelque chose clochait et je n'aurais su dire quoi exactement. Ce sentiment malsain s'estompa cependant légèrement lorsque Lena me souriait tout en s'approchant de moi afin de m'enlacer et de m'embrasser. Ses yeux étaient différents, il reflétait autre chose, une chose que je n'avais jamais vue, mais qui illuminait la pièce. Alors je n'y tiens plus et lui demandait ce qu'elle voulait me dire depuis la veille et la surprise qu'elle voulait m'offrir.

— Quand je reviens, je vais m'habiller d'abord me répondit Lena tout en chaloupant ses hanches en s'éloignant de moi faisant me mordre mes lèvres d'envies. Cette femme me rendait folle, dans tous les sens du terme.

— Pfff tu n'es pas drôle tentais-je de bouder faussement sous son regard attendri

Lena revient cinq minutes plus tard habillée d'un simple jeans et d'une chemise noire dont elle avait négligemment, ou volontairement, laissé les deux premiers boutons du haut ouvert, laissant apparaître la naissance de ses seins.
J'aurais dû me mordre les lèvres d'envies, m'approcher d'elle afin de l'enlacer passionnément, au lieu de ça mon regard se fixa sans que je ne puisse rien y faire et je sentis mon cœur, il avait un problème, mais aucun son ne pouvait sortir de ma bouche pour faire part à Lena que quelque chose n'allait pas.
Au lieu de ça, j'entendis vaguement sa voix me dire qu'enfin elle y était parvenue, parvenue à trouver un moyen de m'opérer, que son invention était enfin prête.
Mais je n'entendais plus rien, ma gorge devint sèche, je voulais parler, mais aucun son ne voulait sortir de ma bouche. Ma vision commençait à se troubler, ma tête tournait, j'étais complètement paralysé et je ne comprenais pas ce qui était en train de m'arriver, comme si je n'étais plus la maitresse de mon corps et que je ne contrôlais plus rien.
Je réussissais malgré tout à lever les yeux vers Lena et à sortir ces mots que je ne lui avais encore jamais dit « je t'aime » avant de m'écrouler lourdement sur le sol inconsciente.
Le seul souvenir que j'avais avant de perdre complètement connaissance était le cri de désespoir de Lena et son regard paniqué qui courait vers moi tout en sortant son téléphone de sa poche afin d'appeler les secours.

 

PDV Lena

Je sors de la chambre. J'ai laissé volontairement le haut de ma chemise déboutonné, il n'y a pas de raison qu'il n'y ait que Kara qui soit charmeuse, aguicheuse et puis après tout elle l'a bien cherché. Quand je lui aurai annoncé que j'ai enfin réussi à la création de l'appareil qui me permettra de l'opérer et que nous pourrons enfin nous découvrir pleinement, cela risque d'être explosif. Mais ce que je ressens pour elle est bien au-delà de tout. Je ne savais même pas que l'on pouvait aimer quelqu'un d'une manière aussi forte et intense. Et même si Kara était malade et avait voulu m'éloigner d'elle au tout début afin que je n'aie pas à souffrir de sa perte un jour, je savais qu'elle valait le coup que je me batte pour elle, pour nous.
Nous ne nous sommes encore jamais dit « je t'aime », car nous attendons sa guérison pour cela. Mais tout dans nos gestes, nos attentions, nos paroles, nous n'avons pas besoin de nous le dire pour savoir que nous n'avons jamais aimé quelqu'un aussi fort que nous nous aimions actuellement.
Alors quand je sors de cette chambre et que je constate que Kara à l'air d'aller bien, je ne peux pas m'empêcher de sourire et de lui dire que j'ai réussi, enfin j'ai réussi et que je vais pouvoir l'opérer afin de la libérer de cette tumeur qui lui pourrit la vie et lui offrir un avenir meilleur de ce qu'à quoi elle s'attendait jusqu'à présent.
Mais aussitôt mon visage se ferme, je plisse les yeux en regardant Kara. Immédiatement je sens que quelque chose ne va pas. Son sourire vient de s'éteindre, on dirait qu'elle essaie de parler, mais qu'elle n'y arrive pas et d'un coup, mes craintes sont confirmées quand elle me dit « je t'aime », comme une sorte d'aveux avant que tout ne soit fini.
Et là je vois son corps qui s'écroule lourdement au sol. Mon cœur palpite, je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie et je me précipite vers Kara tout en sortant mon téléphone afin de prévenir les secours.
J'arrive à son chevet et je lui relève la tête, Kara ne respire plus et je n'entends plus son cœur battre. Non, ce n'est pas possible, elle ne peut pas mourir maintenant alors que nous étions enfin sur le chemin qui nous mènerait à la victoire sur la maladie et à sa guérison.
Je commence immédiatement un massage cardiaque alors que les larmes m'envahissent et que je répète inlassablement le nom de Kara, lui demandant de se réveiller et de rester avec moi. Pendant ce temps j'ai mis le haut-parleur sur mon téléphone et j'explique la situation du mieux que je peux aux secours.
Ils arrivent moins de dix minutes plus tard, dix minutes pendant lesquelles le cœur de Kara n'est toujours pas reparti. Les pompiers prennent le relais du massage cardiaque pendant que je suis en pleurs et en panique. Au bout de cinq minutes, j'entends l'un des pompiers dire qu'ils ont enfin un pouls, me faisant pousser un ouf de soulagement et un léger espoir.
Je serais complètement dévasté si jamais Kara venait à mourir. Elle était devenue mon souffle, ma vie et je l'aimais plus que ma propre vie. À la seconde où j'avais croisé pour la première fois son regard j'avais su que c'était elle, que c'était l'amour de ma vie et que je n'aimerai jamais plus comme je l'aimerai elle. Et j'avais raison, Kara malgré sa maladie avait été ma lumière, elle me rendait heureuse tout comme j'espérais la rendre heureuse également. Je n'envisageais plus ma vie sans Kara, c'était inutile, elle devait rester en vie, il le fallait.
Je regarde avec désespoir les secours mettre Kara dans leur camion dont par miracle le cœur est reparti. Je monte avec eux dans le véhicule. À aucun moment je ne lâche la main de Kara, je veux qu'elle sache et qu'elle sente que je suis là et que je ne la lâcherai pas, jamais.
Pendant le trajet, j'explique la situation aux pompiers et leur explique sa maladie afin qu'elle reçoive les soins adaptés dès son arrivée à l'hôpital.
Nous arrivons cinq minutes plus tard et Kara est tout de suite prise en charge par l'équipe des secours. On m'interdit de rentrer avec elle dans la salle où les médecins s'affairent tout autour d'elle. J'ai les deux mains sur mon visage, je n'arrive pas à croire ce qui est en train de se passer, je pleure, j'ai le souffle coupé et je vois ma vie passée et mon avenir avec Kara défiler devant mes yeux.
Au bout d'une heure d'attente, un médecin vient me voir et m'explique la situation, Kara est dans le coma et il n'y a plus aucune chance qu'elle se réveille un jour. Il me demande alors si Kara est donneuse d'organe, que c'est la seule chose à faire, mais je refuse de le croire. Je lui explique alors le principe de l'invention que j'ai créé, qu'il pourrait la guérir à la faire sortir de son coma, mais l'arrogance du médecin est telle que j'ai une envie folle de le frapper. Selon lui je ne suis pas médecin et aucune connaissance médicale et pour lui il n'y a plus rien à faire alors que je suis persuadé qu'au contraire mon invention pourrait la sauver elle ainsi que toutes autres personnes qui souffriraient de la même pathologie que Kara dans le futur.
Je fais semblant d'acquiescer au médecin, retenant mon envie urgente de le frapper au visage. Je rentre dans la chambre avec Kara et demande à rester seule avec elle afin de lui dire au revoir.
J'attends que tout le monde sorte et je ferme la porte à clé afin que plus personne ne puisse rentrer. Quand ils s'en aperçoivent, je les entends appeler la sécurité afin de me faire sortir, mais il est pour moi hors de question que je les laisse débrancher Kara alors que je suis persuadé que mon invention pourrait la sauver.
J'appelle alors la seule personne qui pourrait m'aider et qui aime Kara presque tout autant que moi, Alex.

— Lena ?

— Alex c'est Kara...

— Comment ça, c'est Kara ? Qu'est-ce qui se passe ?!!!

J'explique alors la situation à Alex. Elle et moi n'avons jamais vraiment pu faire connaissance en profondeur, ces derniers mois étant tournés vers moi et Kara et notre recherche d'un remède à son mal. Mais je savais qu'elle avait une grande importance pour Kara, qu'elles feraient tout l'une pour l'autre, et faisait partie du FBI. C'était la seule qui pouvait m'aider à sauver Kara et la seule qui le voudrait tout autant que moi.
Elle n'était pas au courant de la maladie de Kara. Kara avait toujours voulu la protéger de tout ça alors qu'elle était complètement paniquée au téléphone lorsque je lui avouais la vérité et lui expliquait la situation dans laquelle nous étions en ce moment même. Mais quand je lui avouais que j'avais réussi à créer une machine capable de l'opérer et de lui enlever sa tumeur, elle m'apporta tout son soutien, parut soulagé un peu et m'ordonna de tout faire pour que personne ne débranche sa sœur avant qu'elle n'arrive.
Elle n'avait pas besoin de me donner cet ordre, il était déjà pour moi hors de question de laisser les médecins s'approcher de Kara alors qu'il existait un moyen de la sauver. Je ne pouvais pas perdre l'amour de ma vie d'une manière aussi stupide et injuste, c'était impossible, je m'y refusais de toutes mes forces.
Quand je raccrochais au téléphone d'avec Alex, la sécurité venait d'arriver aux portes de la chambre et commençait à essayer de l'ouvrir.
Mais il était impossible que la sécurité ouvre la porte et laisse les médecins débrancher l'amour de ma vie alors que l'on peut la sauver.
Je suis près de Kara, je lui tiens la main et lui murmure à l'oreille de se battre, de se battre pour sa vie. Et un bruit, un bruit de porte cassé se fait entendre, je relève la tête et je constate que la sécurité vient de rentrer dans la chambre.
Je me lève du rebord du lit de Kara et me recule tout en ordonnant aux gardes de ne pas s'approcher ni de Kara ni de moi. Mais les gardes s'approchent et veulent me faire sortir, alors je fais une chose qui je le sais aura surement des conséquences, je sors une arme que je garde toujours dans mon sac à main pour ma protection et je la pointe sur les gardes qui se recule dans l'instant.

— Maintenant vous sortez d'ici, personne ne débranchera Kara alors qu'il existe un moyen de la sauver !!!

La sécurité recule et tente de me faire entendre raison sans succès et se retire à contrecœur de la chambre. Je les entends vaguement téléphoner, sûrement à la police et actionner une alarme pour l'évacuation de l'hôpital et j'espère sincèrement que Alex arrivera bientôt, car je ne sais pas combien de temps cette situation pourra perdurer.
Je suis malgré tout soulagé qu'ils aient battu en retraite, mais je suis presque sûr que la police et un négociateur de prise d'otage ne devraient pas tarder à arriver au vu de la situation dans laquelle je venais de me fourrer.
Je n'arrive pas à croire la situation dans laquelle je viens de me fourrer. J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure et j'ai peur, tellement peur de perdre Kara.
Mais peu importe, peu importe les risques, seule Kara comptait et si j'arrivais à la sauver alors j'en assumerais les conséquences, le reste n'avait que peu d'importance à mes yeux.
Alex arrive moins de dix minutes plus tard. Elle a eu énormément de mal à rentrer dans l'hôpital et a dû montrer sa carte d'agent du FBI afin de pouvoir rentrer.
Je suis soulagée quand je la vois arriver et elle me prend immédiatement dans ses bras ce qui me surprend un peu, car nous n'avons jamais été démonstratives l'une envers l'autre.
Quand elle me demande pourquoi il y a tant de policiers en bas de l'hôpital, je lui explique que j'ai peut-être un petit peu menacé la sécurité avec une arme afin qu'ils ne débranchent pas Kara.
Elle sourit légèrement, mais s'inquiète aussitôt pour Kara qui est toujours dans le coma.

— Es-tu sur Lena ? Es-tu sûr que ton invention pourra la sauver ? me demande-t-elle alors qu'elle a les larmes aux yeux.

Elle ne dit rien, mais je suis sûr qu'elle est blessée au plus profond d'elle-même que Kara n'ait pas voulu lui parler de cette partie importante de sa vie.

— Oui, j'en suis sûr, depuis que je connais Kara j'ai passé tout mon temps à l'invention qui pourrait l'opérer et la sortir de là. Les premiers essais n'étaient pas concluants, mais j'ai réussi, enfin, et au moment où je venais de lui dire elle s'est écroulée et on en est là !

Alex est alors pleine d'espoir et elle non plus ne veut pas que l'on débranche sa sœur. Alors elle va voir la sécurité et la police et leur explique qu'ils doivent transférer Kara au laboratoire de Lena.
La jeune femme fait jouer de toutes ses relations pour que nous puissions sortir et je sais que malgré tout j'aurai surement affaire à la justice quand tout sera fini, mais je n'en ai rien à faire.
Heureusement Alex est ami avec le patron du FBI, alors celui-ci l'autorise à reprendre l'affaire de la prise d'otage de Lena.
Elle fait semblant de me mettre les menottes afin que l'on puisse sortir tranquillement, mais des ambulanciers font transférer Kara jusqu'à mon laboratoire.
Nous arrivons quelques minutes plus tard à celui-ci. Kara est allongé, là, toujours dans le coma et inconsciente. Je l'embrasse sur le front une dernière fois avant que mon invention ne l'opère et je lui chuchote à l'oreille que moi aussi je l'aime et que j'espère pouvoir lui dire très vite de vive voix.
Cinq heures plus tard, l'opération est enfin finie. Je regarde les derniers scans et je pleure, je pleure de joie. Je pleure de joie, car je ne vois plus rien, plus aucune trace de la tumeur, elle a disparu et Kara est donc désormais tirée complètement d'affaire.
Je vais voir Alex et lui annonce la bonne nouvelle. Encore une fois, elle me saute dans les bras. Il ne reste plus qu'à attendre le réveil de Kara pour savoir si oui ou non je n'ai pas transformé Kara en légume.
Il se fera deux jours plus tard, deux jours d'angoisse totale, deux jours de doutes, de peurs et de souffrance. Mais quand enfin j'entends ce son qui m'avait tant manqué, mon cœur se remplit de nouveau d'une force nouvelle et puissante.

— Le... Lena... tu.. Tu es là ? Où... sommes-nous ? me demande-t-elle timidement alors qu'elle se réveille après deux jours à être restée sans connaissance.

Je me précipite vers elle afin de lui prendre la main et m'assurer que tout va bien et je suis plus que soulagé quand je constate que c'est le cas et que son cerveau n'est pas atteint. J'en ai vraiment la confirmation absolue lorsqu'elle agrippe ma nuque pour approcher ses lèvres des miennes et m'embrasser avec fougue.
Cette fois, pas de doute, ma Kara est de retour et elle n'a pas changé. Nous sommes sorties de cet élan de tendresse par le toussotement d'Alex, nous rappelant ainsi à toutes les deux qu'elle aussi est présente dans la pièce.
Je rigole légèrement lorsque Kara lui fait comprendre qu'elle ne l'avait même pas remarqué, trop absorbé à vouloir l'objet de son désir contre sa peau.
Alex s'assoit à son tour auprès de Kara, et après s'être assuré auprès de Lena que Kara allait bien et était vraiment sortie d'affaire, je la vois qui prend le coussin de Kara pour lui taper la tête avec.

— Kara ! Je te jure que si tu me refais un coup pareil je te tue de mes propres mains ! Comment tu as pu ne pas me parler de ta maladie ?!

J'ai envie de rire tant la tête de Kara qui essaie tant bien que mal de se faire toute petite est épique et je dois me mordre les lèvres afin de ne pas exploser.

— Je suis désolé Alex, je... je ne voulais pas t'inquiéter... et puis tu venais d'entamer une nouvelle relation et je ne voulais pas que tu la délaisses à cause de moi...

— Tu as de la chance que Lena soit là, sinon je serais en train de préparer ton enterrement et je ne te l'aurais jamais pardonné Kara...

— Oui, en effet, j'ai beaucoup de chance, répondit-elle à sa sœur tout en serrant fort ma main et me fixant dans les yeux d'un regard si intense qu'il fit vibrer chaque parcelle de mon corps.
Puis Alex expliqua à Kara la situation et ce que j'avais fait, que j'avais menacé d'une arme les agents de l'hôpital afin qu'on ne la débranche pas et son intervention afin de sortir Kara de là.
Elle n'en revenait pas de ce que j'avais fait pour elle et au vu de son regard, j'étais persuadé qu'elle attendait à la seconde près qu'Alex s'en aille...

 

Deux mois plus tard

— Mlle Luthor, en raison des circonstances exceptionnelles et de la vie que vous avez sauvé grâce à votre action, du faite que votre arme n'ai jamais été chargée et que personne n'a été blessé, nous vous condamnons à une amende de cent mille dollars ainsi que de la mise à disposition gracieuse de votre invention à l'hôpital et au service concerné afin que celle-ci puisse servir à la progression de la science de la cancérologie.

— Cela sera votre seul et unique avertissement, la prochaine fois vous n'échapperez pas à la prison peut importe votre invention.

– Bien votre honneur.

À la fin de mon audience je me précipite dans les bras de Kara qui m'accueille en m'embrassant passionnément faisant complètement fi de la foule qu'il pouvait y avoir autour de nous. J'aimais cette femme, je l'aimais plus que tout et nous allions enfin pouvoir avoir une vraie vie ensemble.

— J'ai une surprise pour toi, me dit soudain Kara entre deux baisers

— Ce ne sont pas tes lèvres sur les miennes la surprise ?

Kara rigola de ma petite boutade, ce rire était devenu mon nouveau son préféré et j'aimais l'entendre rire. Après tout ce qu'elle avait vécu, elle était devenue mon héroïne, ma supergirl à moi. Son courage, sa détermination, tout en elle transpirait la vie que je voulais, une vie avec elle. J'en étais intimement persuadé depuis l'instant où j'avais croisé son regard pour la première fois dans ce restaurant il y a quelques mois, c'était elle, l'amour de ma vie.
Alors quand j'essaie de savoir quelle est ma surprise, je suis assez étonné qu'elle résiste à mes charmes étant donné qu'elle avait passé beaucoup, beaucoup de son temps à tenter de me faire craquer lorsqu'elle était malade.
Nous arrivons chez nous une vingtaine de minutes plus tard. Dans la voiture qui nous amenait là-bas, Kara m'avait demandé si cela ne me gênait pas de devoir céder par la justice mon invention. Je lui avais répondu que j'aurais donné toute ma fortune si cela permettait de pouvoir passer ma vie avec elle. Et puis que dans tous les cas j'étais déjà riche donc je n'avais pas besoin de ça pour vivre et qu'au moins cela servirait à sauver des vies.
Son regard quand je lui avais énoncé ses paroles, jamais je ne l'oublierai. Comment pouvait-on avoir autant d'étoiles dans les yeux, comment pouvait-on aimer et être aimé de la sorte ? C'était presque irréel tant c'était intense et au-delà de toute rationalité.
Quand j'ouvre la porte de notre appartement, je constate qu'un chemin de pétale de rose mène à notre chambre, qu'il y a des bougies parfumées aux installés un peu partout et qu'une table avec un dîner aux chandelles nous attend au centre du salon. Je souris, je vois que Kara avait tout prévu et l'espace d'un instant je me demande quand elle a eu le temps de préparer tout ça. Je ne me pose pas la question très longtemps, car avant que je n'aie pu ouvrir la bouche, comme si elle avait lu dans mes pensées, elle m'explique qu'elle a chargé Kelly de préparer tout ça.

— J'ai préféré demander à Kelly parce que je ne voulais pas donner de cauchemars à Alex sur les activités que nous ferons sûrement pendant cette soirée...

— Ha oui ? Vous êtes bien sûr de vous miss Danvers, affirmais-je joueuse tout en l'enlaçant tendrement

— Miss Luthor, j'ai attendu bien trop longtemps et la patience n'est pas vraiment la plus grande de mes qualités, alors à moins que vous n'ayez un programme plus intéressant à me proposer, je compte bien rattraper le temps perdu, me dit-elle dans un clin d'œil plus que suggestif

Le dîner et l'odeur qui s'en dégage ont l'air délicieux, mais une seule chose me fait envie, Kara. Alors à peine a-t-elle enlevé sa veste lorsque nous sommes rentrées chez nous que je la plaque contre le mur afin de poser mes lèvres sur les siennes.
Ce baiser était différent de tous ceux que nous avions connus. Il n'était nullement entravé par la peur de la maladie, la peur de la perdre ou la peur de se perdre entièrement dedans et de ne pas résister à nos pulsions. Non, cette fois-ci, c'était comme si j'embrassais et voyais Kara pour la première fois, la vraie Kara. La Kara passionnée, vivante et amoureuse, qui se laissait entièrement aller et n'avait peur de rien. La différence était flagrante et les sensations n'en étaient que décuplées.
Et les heures qui suivirent me donnèrent raison, au-delà de tout ce que j'avais pu imaginer ou de tout ce que j'avais vécu jusqu'à présent dans ma vie.
Sa façon de me toucher, de m'embrasser, chacun de ses gestes me faisait vibrer et transparaissait tout l'amour qu'elle ressentait pour moi. Jamais je n'avais connu une telle symbiose avec quelqu'un, jamais je ne m'étais sentie si vivante, si aimée et désirée. Et par mes gestes, j'espérais lui avoir fait vivre, même ne serait-ce que la moitié de ce qu'elle venait de me faire ressentir.
C'est donc à bout de souffle, mais plus heureuses que jamais que nous tombions de fatigue dans le lit, ce lit qui venait de nous voir naître pour la première fois de notre vie. Le sourire béat qui ornait nos lèvres à toutes les deux aurait pu faire concurrence au soleil tant il irradiait la pièce.
Pourtant, je reçus un coussin en pleine face.

 

— Mais qu'est-ce qui te prend Kara ?

— C'est ma vengeance...

— Mais pourquoi ?

— Parce que tu m'as fait attendre pour que nous vivions cet instant si magique et que si j'avais su ce que nous allions vivre, je t'aurais sauté dessus depuis bien longtemps.

Je rigolais de bon cœur et lui renvoyais le coussin dans la tête. S'en suivit une bataille rangée ou Kara et moi nous chatouillons, chacune voulant faire manger le coussin à l'autre.
Mais je finissais tout de même pas remporter la bataille et me retrouvait à califourchon sur elle, mes mains encerclant les siennes au-dessus de la tête, un sourire triomphant sur mon visage. Puis, sortie de nulle part je lui ai sortie ces mots :

— Je veux que tu deviennes ma femme Kara, épouse-moi ? Je t'aime, je t'aime plus que tout !

Je la vois qui cherche ses mots, elle a l'air tout aussi surprise que moi que j'ai pu demander une telle chose dans un moment aussi intime. Et l'espace d'un instant j'ai cru lui avoir faire peur, que ce soit trop tôt pour faire une telle demande. Je commence à avoir peur comme jamais auparavant, ma bouche devient sèche, mon cœur s'emballe, j'ai arrêté de respirer, d'ailleurs je crois que je ne me rappelle même plus de la manière dont on doit le faire.

— OUI !!! Lâche-t-elle soudain me faisant revenir à la réalité.

— Bien évidemment que je veux devenir ta femme Lena !

Puis nous nous embrassons pour sceller la promesse de nous aimer jusqu'à la fin.

— Je crois que le dîner est froid ! disions-nous d'une même voix au même moment, nous faisant partir dans un fou rire immense, mais libérateur, promesse que désormais nous avions toute une vie ensemble devant nous qui nous attendait.