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Il y a un temps pour tout.
Un temps pour avoir peur.
Tergiverser.
Un temps pour affronter le passé.
Et c’était cet instant précis.
Cela faisait tellement longtemps que Ryme sentait tout au fond de lui un écho.
Quelque chose de lointain qui résonnait avec ce qu’il fut une fois.
Harry Potter.
Cela avait commencé quelques mois après son intervention contre le Titan Fou, Thanos.
Puis avait continué.
Au début avec insistance.
Comme une mouche autour d’une merde.
Puis cela s’était atténué.
Juste comme un moustique un peu gênant.
Depuis peu cela était redevenu insistant.
C’est pourquoi il avait quitté la Tour en laissant un message à ses parents, promettant à son frère qu’il reviendrait vite.
Poussant la Magie à se faire passer pour de simples ondes électromagnétiques pour se dissimuler et éviter que Odin ne le trouve avant qu’il ne décide à mettre son projet de voyage à exécution.
Et il se trouvait devant elle.
Alors que lui n’avait pas vieillit d’un iota depuis sa naissance.
Elle avait changé.
Et les décennies n’avaient pas été clémentes avec Hermione Granger.
Le temps avait ridé son visage.
Ses iris étaient d’un jaune maladif.
Ses cheveux étaient presque inexistants, d’un blanc sale.
Sa silhouette était voûtée sur la seule chaise de la minuscule pièce où elle semblait vivre.
Il n’y avait plus rien de la jeune Miss-je-sais-tout qui avait un avenir brillant devant-elle.
Celle qu’un jeune adolescent appelé Harry Potter avait cru pouvoir appeler amie.
-Ha…Harry.
Je savais que tu répondrais.
Je savais que tu viendrais nous sauver.
Aucune peur face à son apparence qui avait changé.
Juste une expression de pure folie sur son visage.
Comme si rien ni personne d’autre ne pouvait se présenter mis à part celui qu’elle avait appelé avec tant d’insistance toutes ses années.
Ryme pencha lentement la tête de côté alors qu’il faisait un pas en arrière pour éviter la main pâle tendu vers lui telle une griffe.
-Je ne suis pas Harry, vieille femme.
-Allons…Harry.
Ce n’est…pas le moment de faire l’idiot.
La voix était chevrotante.
Hésitante, mais uniquement du fait de la Magie qui avait flétrie.
Un Non-Mage du même âge paraîtrait en meilleur forme qu’elle.
-Harry Potter fut envoyé sur Asgard afin d’y pourrir tout en contenant l’âme de Lord Voldemort…
-Tu t’es échappé il y a plus de cinquante ans maintenant.
Dumbledore nous l’a dit.
-Harry Potter ne s’est pas éch…
-Suffit !
Ryme pinça les lèvres devant le ton d’Hermione.
Celle-ci n’avait rien perdu de sa tendance à se croire supérieur à tous.
Plus intelligente.
Celle qui pense savoir mieux.
-Tu t’es bien amusé.
A présent il faut que tu nous sauves.
Le Djin prit une profonde inspiration avant de reprendre la parole.
Son ton était lent.
Comme s’il parlait à quelqu’un de particulièrement stupide.
Ce qui était sensiblement le cas.
-Je m’appelle Ryme.
Je suis né il y a… cinquante-sept ans… à peu près.
Je ne suis pas Harry Potter, et je n’ai aucun devoir envers la Grande Bretagne.
Mais soit.
Ryme s’installa sur le tabouret qui venait d’apparaître derrière-lui.
Il savait ce qui se passait.
Pas parce qu’il avait surveillé la Grande-Bretagne, ou les sorciers en général.
Juste parce que la Magie aimait lui murmurer tout ce qui La concernait.
Où que ce soit.
Qui que ce soit.
-Il y a soixante ans Lord Voldemort est mort et vous avez envoyé Harry Potter sur Asgard afin qu’il soit emprisonné à vie.
Vous l’avez utilisé en tant que martyr afin de vous faire une réputation, et Dumbledore à définitivement assis son pouvoir. Devenant ministre de la Magie.
Afin de vous assurer que plus aucun Mage Noir n’apparaisse vous avez définitivement interdit tout ce qui avait trait à de la magie dite noire.
Vous avez commencé par anéantir des lignées entières même si seul un membre avait fait partie des suivants de Lord Voldemort.
La Magie Familiale et les rituels furent interdits.
Les Créatures Sombres furent déclarées hors la loi et tuables à vue.
Et de ce fait toutes les Potions faites à partir de ces Créatures furent impossibles à brasser.
Evidemment les Créatures ont migrés dans d’autre pays afin de survivre, et pas que les Sombres.
Aveuglés par votre doctrine sur le bien, vous avez exigés que les autres pays fassent de même. Mais ceux-ci vous ont ri au nez, accueillant les immigrés.
Bien sûr, il n’y avait plus de Guerre.
L’opinion public était bien trop occupée à démasquer leurs voisins pour récupérer les primes que vous avez généreusement distribués.
Un Génocide contrôlé et avec les remerciements du peuple.
Vous avez fait un bond en arrière de plus de cent ans tandis que vos noyaux trop peu exploités, avec la quantité de sort interdit, se sont asséchés petit à petit.
Plus aucune famille sur le territoire Anglais n’a effectué de rituel pour le renouvellement de la Magie pour les Solstices d’hiver ou d’été, Yules ou même Samain.
Ce qui a appauvris petit à petit la magie dans vos veines à tous.
Alors que les Gobelins étaient les seules Créatures à rester sur votre territoire, vous les avez accusés de voler votre magie. Car eux continuaient à suivre les préceptes de leur espèce, à honorer la Magie et ne s’étaient pas affaiblie.
Vous êtes stupidement entré en Guerre avec eux, et avez perdu pitoyablement. Entrainant leur départ, vous laissant sans plus le moindre accès extérieur, car ils étaient bien les seuls à accepter de faire le lien avec les autres pays pour vous.
Vous vous êtes retrouvés seul.
Sans Dumbledore mort depuis des années, vous ne saviez plus que faire, si ce n’est durcir un peu plus les lois.
Désespérés, vous avez menés des expériences sur les rares enfants magiques qui naissaient encore sur votre territoire. Poussant les autres pays à mener des sauvetages pour sauver les Nés-Moldu avant que Poudlard ne vous les dévoile à leurs onze ans.
L’école qui fut si grande un jour, utilisée pour … de telles choses.
-Tu ne compr…
D’un regard la voix d’Hermione disparut, la laissant articuler sans que le moindre son ne sorte.
Peu impressionné par les gestes de la vieille, Ryme continua.
-Alors qu’il n’y a plus le moindre enfant qui né depuis quelques années.
Que vous ne trouvez plus un seul Né-Moldu.
Que vous avez si peu de Magie en vous que vous ressemblez presque à un Cracmol.
Votre espérance de vie n’atteignant même pas celle d’un Non-Mage.
Et que, à cause des expériences menées, le plus jeune d’entre vous à la quarantaine bien tassée.
Vous appelez à l’aide un adolescent que vous avez-vous-même mené au purgatoire.
Pour le plus grand bien, je suppose.
N’est-ce pas là ironique ?
Ryme se leva.
Ses yeux luirent un bref instant dans la lumière.
-Vieille femme.
Je pense que vous vous méprenez sur ma présence.
Vous ne pouvez rien exiger de moi.
Car je ne suis pas Harry Potter et je ne vous dois rien.
Je ne suis en aucun cas venu pour vous aider.
Que ce soit vous ou les rares sorciers restants sur cette île.
Je suis ici pour faire cesser ces vains appels.
Permettre à une amie de se libérer du mal que vous êtes.
Sur ces dernières paroles le Djin tint fermement une des mains tendu vers lui dans une vaine tentative de lui faire accepter les délires des sorciers anglais.
La bouche de la vieille s’ouvrit, presque édentée, dans un cri silencieux.
Le regard fou, le visage violacé de colère.
La laideur de ce qu’elle fut toute ses années envahissant ses traits.
D’une impulsion la Magie du Djin se connecta au noyau rabougrie.
L’attrapa et l’arracha avec violence, libérant du même fait le peu de magie encore prisonnière.
Comme une réaction en chaine, Ryme vit tous les noyaux magiques se trouvant sur le territoire.
Tous si petits.
Scintillants à peine.
A peine plus visible que des paillettes dans l’obscurité.
Tous furent arrachés du corps de leur propriétaire.
Les réveillant.
Les stoppant dans leur activité.
Ils s’écroulèrent.
Certains moururent dans le processus.
Leur corps s’égrainant en une fine poussière.
Les survivants crièrent, hurlèrent.
Alors qu’ils voyaient leur corps disparaître lentement.
Et ils n’étaient plus.
Elle n’était plus.
Ryme ouvrit la main.
Laissa la poussière s’échapper entre ces doigts.
Tomber au sol où était sa place.
-J’espère que tu iras mieux à présent.
Sa Magie se resserra autour de lui.
Aimante.
***
Ryme s’installa devant à l’envers sur une chaise, les bras croisés sur le dossier, la tête posée dessus, il observait sans mot dire son père qui travaillait.
Bien qu’âgé, Antony Stark était particulièrement bien conservé pour son âge.
-Vas-tu me regarder longtemps ou vas-tu enfin me dire se qui te tracasse depuis quelques jour Ryme ?
Je sais que je suis toujours aussi beau, mais tu dois avoir mieux à faire.
Un petit sourire éclaira le visage du Djin face à la vanité toujours existante de son père.
Et bien que son deuxième père marmonnait toujours entre ses dents sur ce défaut, Ryme savait comme Loki aimait entendre Tony se vanter.
Il pouvait voir se regard plein d’amusement qui se posait sur Tony quand il commençait à babiller sur sa nouvelle invention, se lançant des champs entiers de fleur.
-Je souhaiterai voyager.
-N’as-tu pas déjà fait plusieurs fois le tour du monde ?
Traverser les pays afin de voir les progrès de la collaboration des humains et des Extras ?
Cette collaboration que tu as provoquée en engloutissant des heures entières d’une journée tout en fichant une pétoche monstre à tout le monde sans que l’on sache comment ton père et moi ?
Ryme se contenta de sourire.
Cela faisait bien longtemps que ses parents essayaient de savoir ce qu’ils avaient oublié ce jour-là.
Le Jour du Renouveau.
Mais lui et son frère étaient restés silencieux.
Ce jour avait planté une minuscule graine de peur qui avait évoluée au jour le jour.
Et, sur Terre, cela s’était transformé avec les mutants, les sorciers de presque tous les pays, les Créatures magiques, les Humains, se réunissant tous sous une même bannière.
Unité devant une menace qu’ils ne connaissaient pas.
Cela n’avait pas était sans accro.
Plusieurs décennies de tâtonnement et de semi-échecs.
Beaucoup d’incompréhension, de peur devant l’inconnu.
Mais cette terreur inscrite au fer rouge tout au fond de leur esprit les avait poussée à continuer d’essayer.
Pour finir par y parvenir.
La technologie, la médecine et le transport avaient fait un bond en avant.
Les connaissances de chacun étaient mises en commun pour évoluer en quelque chose d’encore mieux.
Soutenu, poussé, par Stark Industrie.
Antony Stark autrefois appelé Marchand de la Mort.
Ou encore Iron Man.
Etait maintenant loué pour tout ce qu’il avait fait pour la Terre.
Faiseur de Miracles.
Celui qui avait soutenu et formé les esprits de demain.
-Non, voyager dans l’espace.
Sur Terre ce n’est plus qu’une question d’années avant qu’ils en soient capables avec la même facilité que d’autre peuple là-haut.
Mais je sais que père pourrait nous fournir un vaisseau pour que l’on prenne de l’avance dans notre visite de ces nombreuses planètes.
Tony releva la tête pour voir comme le visage de Ryme brillait en parlant de découvrir l’espace et ces milliards de planètes.
Il posa lentement le stylo qu’il utilisait, repoussant les plans qu’il vérifiait.
-Rym…
-Viens avec nous papa.
Les mains de Tony se fermèrent brièvement en poing sur son bureau, comme s’il essayait de trouver le courage de dire ce qu’il avait en tête.
Mais où chercher le courage de dire, à celui que vous avez pris pour enfant, que vous n’étiez pas éternel ?
Que vous n’étiez qu’un simple mortel qui arrivait au bout de sa course ?
Que malgré les tranches de pomme de jeunesse éternelle glissées par Loki ici et là dans ses repas, il ne pouvait continuer indéfiniment.
Que déjà paraître à peine la soixantaine en ayant plus de quatre-vingt-quinze ans était déjà bien pour lui.
Qu’éviter les maladies physiques ou mentales, ne rien dire sur son vieillissement plus que ralentit, était tout ce qu’il pouvait leur offrir.
-Ryme, ton Père, Loki, est un Dieu.
Son espérance de vie est de plusieurs millénaires, presque immortel d’un point de vue humain.
Jörmungand est un demi-Dieu, une Créature de Légende qui provoquera la fin du Monde un jour, vivra autant, voir plus que Loki de par ce qu’il ait.
Toi tu es composé de Magie et seule sa disparition pourra provoquer ta mort.
Moi, je ne suis qu’un humain qui biologiquement et mentalement parlant ne peut pas vivre plus de cent ans. Si je suis ainsi aujourd’hui nous savons tous deux qui est à pointer du doigt.
Même si le ton de Tony était ironique, Ryme savait que derrière se cachait un amour sincère face aux actions de Loki pour le garder plus longtemps à ses côtés.
Le Djin avait déjà vu son père manger les fameuses tranches de pommes, sois disant cachées parmi de vraie pommes, avec un petit sourire affectueux.
-Papa.
Ryme se leva pour venir se percher sur le bureau, attrapant les mains de son père entre les siennes.
Il les serra fort alors qu’il reprenait.
-Père m’a déjà fait la leçon sur les Êtres vivants qui ne devaient pas vivre plus que leur temps s’ils ne voulaient pas petit à petit devenir fou. Cela en découpant méthodiquement une de ces fameuses pommes, mais tu sais qu’il aime faire la leçon sans lui-même suivre les règles.
Je sais que les humains ne sont pas faits pour vivre aussi longtemps qu’un Dieu, encore moins éternellement.
Je te demande seulement de m’accompagner… une ou deux années.
Ne voudrais-tu pas voir l’espace par toi-même ?
Le regard de Tony traina sur son bureau, sur les piles de plans à vérifier.
Sur les divers contrats à signer.
Il avait encore tant à faire.
Mais Ryme attira à nouveau son attention en resserrant sa prise.
-Tu as déjà fait tant pour la Terre.
Tu les as supportés sur tout ce qu’ils faisaient.
Tu as formé des scientifiques brillants qui savent se débrouiller seuls à présent.
Soit égoïste et viens découvrir des merveilles que tu ne peux imaginer ici en restant derrière ce bureau.
Les yeux de Ryme étaient plein d’espoir.
Un espoir que Tony ne pouvait pas briser.
C’était impossible.
Pas quand Ryme était celui qui avait changé sa vie en ce qu’elle était maintenant.
-Très bien…
A peine eut-il prononcé ces mots que Ryme sauta sur ses pieds, les bras levés en signe de victoire.
Ayant la victoire peu discrète il murmurait dans sa barbe des « Yes, yes…. » en boucle alors qu’il rayonnait littéralement de joie.
Il partit en sautillant sans le laisser finir, quittant son bureau avec de grand mouvement de victoire de plus en plus exagérés.
Il ne put empêcher le rire amusé quitter ses lèvres.
-Le mois prochain te convient pour partir ?
-Tu savais ?
Son regard se dirigea vers Loki qui sortait d’une ombre dans un coin de la pièce.
-Comment ne pas savoir alors que cela fait plus de deux mois que dès que je suis à ses côtés sa magie murmure des récits sur un voyage aux confins de la galaxie ?
-Effectivement.
Ils restèrent silencieux alors que Loki s’asseyait sur le bureau juste à côté de lui.
Un de ses mains caressa la joue de Tony avec tendresse.
-Deux ans, ces tout ce que j’accepterai Loki.
J’ai déjà fait mon temps et je ne souhaite pas vivre plus, même si…
-Je t’en remercie.
C’est plus que je n’espérai.
Je prendrai tout ce que tu me donneras et je chérirai le temps que l’on passera ensemble comme je l’ai toujours fait.
-Quel séducteur…
-Toujours pour toi.
-Et moi qui pe…
Tony n’eut pas le temps de finir que les lèvres de Loki s’écrasèrent sur les siennes, l’empêchant de casser l’ambiance comme il savait si bien le faire.
Ryme recula discrètement de l’encadrement de la porte, repoussant le museau de Jörmungand pour revenir sur leurs pas. Tenant contre lui une immense carte qu’il avait conçu à l’aide du Serpent-Monde pour leur voyage touristique.
-Parlons-en un autre jour…
Silencieusement ils se dirigèrent vers le dernier étage pour contempler cette terre qu’ils allaient bientôt quitter.
Ce n’était que le début.
