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Son premier baiser, il l'avait partagé avec Satsuki. Il ne comprenait pas comment c'était arrivé – n'était-elle pas amoureuse de Tetsu ? Dans tous les cas, il y avait quelque chose qui ne semblait pas normal. Et ce n'était pas parce qu'ils étaient amis d'enfance, ni qu'elle n'était pas son genre de fille (parce qu'elle était carrément son genre. Il n'avait pas peur d'admettre qu'il l'avait reluquée plusieurs fois. Après tout, elle avait une belle paire de seins.)
Mais alors qu'elle l'embrassait, il ne ressentait rien. Vraiment rien. Il était plutôt indifférent – et il ne comprenait pas pourquoi. N'était-il pas attiré par elle ? Le fait qu'il n'en avait rien à faire alors que n'importe quel autre garçon à sa place serait au paradis le dérangeait.
– Hé, Ryou, commença Aomine alors qu'il volait une partie du bento du brun.
- Ah, Aomine-san, apporte ton propre déjeuner s'il te plaît ! dit-il, en vain, alors qu'il essayait de protéger son repas de son camarade de classe.
Aomine se contenta d'un sourire moqueur. Il savait que cela ne le dérangeait pas vraiment, sinon il ne préparerait pas un bento de plus tous les jours.
Ryou fit la moue.
– Q'est-ce qu'il y a, Aomine-san ?
- Qu'est-ce que ça veut dire quand une fille qui est ton type t'embrasse mais tu ne ressens rien ?
- Je suis désolé, mais je ne sais pas vraiment. Je n'ai aucune expérience dans ce domaine.
Il se contenta de grogner au lieu de lui répondre.
– P-Pardon !
- C'est rien, Ryou, je réfléchissais juste.
Le brun baissa la tête sur son bento.
– Désolé, répéta-t-il doucement.
Aomine sourit, soulagé, en tendant le bras pour piquer dans le repas de Ryou. Il n'allait pas commencer à s'excuser sans s'arrêter, comme il le faisait souvent.
– Hé, Ryou, dit-il, le lendemain, c'est quoi ton type ?
- J-Je n'en ai pas, répondit-il après avoir pris quelques secondes pour comprendre ce que le garçon voulait dire.
- Alors tu aimes quelqu'un ?
Il resta silencieux pendant quelques instants, évitant le regard d'Aomine et jouant avec son riz, puis il acquiesça.
– Oui.
- Oh ?
Il lui vola une saucisse en forme de poulpe et la mangea.
Ryou évitait toujours son regard.
Aomine le fixait, essayant de comprendre sa réaction, tandis qu'il lui piquait son riz. Aucun des deux ne parla et, puisque Ryou ne semblait pas pressé de manger, trop occupé à gigoter sur sa chaise, Aomine finit son repas.
Pendant le cours, il remarqua que Ryou écrivait à toute vitesse dans son cahier, bien trop vite pour que ce soient des notes de cours. Alors qu'il regardait son propre cahier (pratiquement vide), il tapa son stylo sur son bureau, n'écoutant rien du cours. Ryou dessinait un manga, se rappela-t-il. C'était probablement ce qu'il faisait, même si c'était étrange qu'il ne prête pas attention au cours. Alors c'était probablement à lui d'écouter, puisqu'il ne pourrait pas utiliser les cours de Ryou comme il le faisait habituellement – mais cette pensée le quitta bien vite ; il était hors de question qu'il suive le cours. Il se demanda si Ryou était doué pour dessiner.
A la fin du cours, le dernier de la journée, Ryou était toujours hypnotisé par son cahier et ignorant ce qu'il se passait autour de lui. Aomine s'approcha et jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule.
– C'est... C'est moi ?
Surpris, le brun sursauta si fort qu'il tomba presque de sa chaise. Il releva les yeux vers son camarade de classe, horrifié et essayant de cacher son dessin, en vain.
– P-Pardon !
- Ryou, c'est–
- Pardon ! Je suis désolé ! Je suis désolé !
- C'est rien–
- Je suis désolé de t'avoir dessiné sans ton autorisation !
- Ça ne me dérange pas–
- Je suis sincèrement désolé ! Ça ne se reproduira plus !
- Ryou–
- Je suis d–
Avant même de s'en rendre compte, Aomine s'était penché en avant, avait posé ses mains sur le bureau et avait coupé ses excuses en le faisant taire de sa propre bouche. Il ne pensa même pas que d'autres élèves aient pu les voir. En fait, il ne pensa pas à grand chose, sauf à quel point les lèvres douces de Ryou étaient agréables contre les siennes gercées et au fait qu'il sembla se détendre alors qu'il s'appuyait contre lui.
Il décida qu'il avait vraiment besoin de changer son type.
Un certain garçon qui passait son temps à s'excuser lui allait mieux que n'importe quelle fille à gros seins.
