Work Text:
Aomine avait beaucoup de mal à y croire, mais sa relation avec Ryou se passait... parfaitement bien. Déjà qu'il avait eu du mal à comprendre ses propres sentiments au départ (et qu'il avait eu besoin de beaucoup d'aide de Satsuki pour se rendre compte que non, il n'avait pas une irrésistible envie de le frapper à chaque fois qu'il le voyait, mais plutôt une envie de l'embrasser), il ne pensait pas que les choses se dérouleraient aussi paisiblement. Rien n'avait trop changé, ils partageaient toujours la même routine sauf que de temps en temps... ils s'embrassaient.
Et Aomine comprenait pourquoi tout le monde en faisait tout un plat.
Il savait comment il était, il savait très bien pourquoi dès qu'une fille s'intéressait à lui elle partait aussitôt au courant quand il ouvrait la bouche : il avait vraiment un sale caractère. Ryou, qui aurait eu tous les droits de le rejeter (et aurait mieux fait de le faire, lui répétait tous les jours Satsuki), avait conscience de son attitude détestable et désagréable, mais il faisait avec et... il semblait même un peu l'apprécier. Quand Aomine s'énervait pour un rien ou refusait d'aller en cours après avoir mangé, prétextant mériter une bonne sieste, il voyait bien que Ryou cachait un petit sourire attendri derrière ses mains.
Au début, il avait été fortement agacé par cette habitude, pensant qu'il se moquait ouvertement de lui.
Maintenant qu'il savait que c'était sa façon à lui de montrer (ou plutôt de tenter de cacher) le fait qu'il le trouvait mignon, Aomine trouvait lui aussi son habitude mignonne.
Et même s'il frissonnait toujours à l'idée d'appeler un garçon, presque un homme, mignon, il repoussait ce sentiment bien profondément pour se concentrer sur le positif que lui amenait cette nouvelle relation. Ryou lui faisait toujours à manger, mais maintenant plus personne ne l'accusait de voler son repas. Il continuait de venir le réveiller de ses siestes pour le traîner en cours, mais on ne lui disait plus qu'il abusait de sa gentillesse. Et ce qu'il préférait le plus : ils passaient leur temps à s'embrasser.
Tous les jours. Dès qu'ils en avaient l'occasion. Ils s'embrassaient jusqu'à ce que Ryou devienne rouge de gêne et le repousse timidement en détournant le regard.
Aomine avait pensé qu'il détesterait embrasser un autre homme, mais avec Ryou c'était parfait. Ses lèvres tremblantes, ses soupirs gênés, ses mains s'agrippant à son uniforme alors qu'il n'osait pas bouger d'un millimètre - Aomine adorait vraiment tout dans ces moments et l'euphorie qu'il ressentait lui faisait presque peur. Ils s'embrassaient tellement souvent que les lèvres de Ryou étaient constamment gonflées et légèrement rougies. La plupart du temps personne ne le remarquait vraiment, mais les jours où Aomine était particulièrement agressif il portait un masque pour se cacher le visage et bégayait des excuses quand on lui demandait s'il était malade.
Rien que d'y penser... Aomine avait justement envie de le torturer un peu.
Il s'éloigna de Ryou, mettant fin à leur baiser et regarda avec un sourire fier la façon dont le garçon suivit ses lèvres, quémandant quelques secondes de plus. Quand il se rendit compte de ce qu'il faisait, Ryou ouvrit brusquement les yeux en rougissant.
- Ouvre la bouche, dit Aomine avant qu'il ne commence à s'excuser.
- P-Pardon ?
Ryou fronça les sourcils, mais s'exécuta, lui obéissant comme il le faisait toujours.
Aomine n'attendit pas une seconde de plus et revint l'embrasser, glissant sa langue dans la bouche de Ryou qui gémit de surprise. C'était la première fois qu'ils approfondissaient leurs baisers. Il avait souvent léché ses lèvres, les mordant et jouant avec alors que Ryou tremblait dans ses bras, mais jamais il n'avait mis sa langue dans sa bouche - pas que l'envie lui manque. Et pour une première fois, bien que maladroite pour tous les deux, Aomine adorait particulièrement sentir la langue de Ryou contre la sienne. Il avait l'impression de dévorer ses soupirs et ses gémissements perdus et de les avaler pour les garder à jamais dans son corps.
Il aurait dû tester ça bien plus tôt. En fait, ils devraient commencer à le faire tous les jours.
Il était en train de se persuader qu'à partir d'aujourd'hui il embrasserait toujours Ryou aussi agressivement quand le garçon en question pressa tout son poids contre lui et mit soudainement fin au baiser. Aomine passa ses bras autour de sa taille quand il le sentit glisser contre son torse et il baissa les yeux sur lui, imaginant déjà son visage rouge à moitié caché contre lui, mais il ne s'attendait clairement pas à ce qu'il se soit... évanoui.
Là, dans ses bras, à cause d'un simple baiser avec un peu trop de langue, Ryou avait perdu connaissance.
- Oh. Waouh. Il est mort.
Il ne s'était jamais senti aussi fier de lui. Embrassait-il si bien que les gens en mourraient ?
Il devrait tester son hypothèse plus régulièrement pour la valider, pensa-t-il sans se préoccuper de l'avis de son cobaye préféré qui ne savait pas ce qui l'attendait.
