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- Bonjour, dit Akashi un beau jour. Je peux m'asseoir ici ?
Furihata leva les yeux, surpris. Il tourna ensuite la tête à gauche puis à droite et finalement il se retourna complètement.
Personne n'était là. Peut-être qu'il parle à son autre personnalité, se dit Furihata.
Akashi haussa un sourcil, amusé.
- Tu n'as pas regardé sous la table, dit-il pour l'aider.
Certes, il fixait Furihata, mais...
- Est-ce que ça te dérange si je m'assois ici ? demanda de nouveau le capitaine de Rakuzan.
Pour bien se faire comprendre, il parla lentement et pointa même la place à côté de Furihata, ce qui le fit se sentir comme un homme des cavernes.
- O-Oui !
Le son qui s'échappa de la bouche de Furihata était une sorte de mélange entre un grincement et un cri. Il était déjà en train de se décaler pour lui faire de la place quand Akashi acquiesça.
- Je vois.
Puis, à la plus grande incompréhension de Furihata, il tourna les talons et s'éloigna. Furihata écarquilla les yeux quand il comprit ce qu'il venait de dire.
- Non ! Je veux dire— Oui, tu peux t'asseoir ici et non, ça ne me dérange pas, expliqua-t-il.
Il voulait frapper son cerveau défaillant avec le burger dur comme de la pierre que la cafétéria de Seirin leur avait servi aujourd'hui.
Akashi sourit pour le remercier et s'installa à la table de garçons qui le fixaient avec la bouche grande ouverte, gracieux tel un phénix en plein vol. Il ignora poliment la nourriture qui ressortait de la bouche de Kagami Taiga et posa son plateau.
- Bon appétit, dit-il doucement.
Ses baguettes brillantes ne semblaient pas assortis avec le repas digne de la plèbe qu'ils étaient. Il ne releva pas les regards étranges qu'on lui en voyait et se contenta de manger avec grâce ses tempura vieux de cinq semaines (Seirin était une nouvelle école avec un budget inadéquat qui priorisait des choses bien plus importantes que la subsistance de ses élèves, mais surtout la plupart des adolescents était suffisamment intelligent pour apporter leur repas, de toute façon).
La coach de Seirin et le capitaine échangèrent des regards alarmés, mais se turent de peur que des informations importantes concernant leurs prochains matchs fuitent en faveur de l'ennemi. Stupéfait, et aussi absurde que cela puisse paraître, Izuki ne put trouver aucun jeu de mots à faire. Kawahara et Fukuda restèrent silencieux, tout comme Kiyoshi. Pour une fois, Mitobe n'était pas le seul muet à table.
- Bonjour, Akashi-kun, le salua Kuroko.
Il était le seul qui ne ressemblait pas à un poisson hors de l'eau.
- Hé ! explosa finalement Kagami, crachant sa bouchée de brocolis et de boeuf sur Koganei qui laissa échapper un cri très viril. Tu ne fais même pas partie du lycée !
Akashi fronça les sourcils.
- Ah bon ?
Le silence retomba sur la table de l'équipe et sur toute la cafétéria. Tout le monde se demandait ce qu'il se passait et (pour ceux qui ne suivaient pas vraiment le shogi, le violon, le basket et... tout domaine où l'on pouvait exceller et où il y avait des tournois à gagner) qui était ce magnifique nouvel élève.
Le nouveau qui portait l'uniforme de Rakuzan.
- C'est bien dommage.
Akashi fit claquer ses baguettes lorsqu'il le reposa avant de se tourner vers Furihata.
- D'ailleurs, puis-je avoir ton numéro de téléphone ?
- Je te conseille de lui donner, Furihata-kun, dit Kuroko dans un ton légèrement plus monotone qu'à l'accoutumé. Cette version de lui est moins impressionnante, mais tout autant absolue.
Ses yeux tremblèrent à peine et il envoya à son ancien capitaine un regard vide, mais diabolique. Ce qu'il faisait pour la promesse d'une année de milkshakes à la vanille...
Furihata dicta son numéro par automatisme, incapable de détourner le regard des gemmes rouges qui lui donnaient l'impression de le prendre au piège.
- Très bien, sourit Akashi en se levant de son siège. J'ai été ravi de vous revoir, Seirin. Sur ce, à un prochain match.
Et il partit aussi rapidement qu'il était arrivé.
Et personne connaissant le nom Akashi Seijuurou ne put nier qu'il avait été très doué.
(... Malheureusement, on ne se souviendrait pas de Kuroko Tetsuya comme le meilleur entremetteur ayant foulé cette planète — ce qu'il était bien évidemment — tout simplement parce qu'on ne se souvenait généralement pas de lui tout court.)
