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Kise savait que la première impression était la plus importante. Il avait beau ne pas être comme n'importe quel adolescent japonais, il restait finalement un simple adolescent soucieux de bien commencer sa première année au lycée. Ses soeurs s'étaient moquées de lui en le voyant stresser le matin de la rentrée, mais il n'y pouvait rien s'il avait du mal à se contrôler ! Et puis il serait entièrement seul, se rappela-t-il avec tristesse en pensant à ses amis qu'il ne reverrait pas.
De toute façon, il n'aurait pas su comment les aborder, ils ne s'étaient pas quittés en très bons termes.
Ce nouveau lycée lui permettrait au moins de commencer une nouvelle vie où il pourrait tenter d'être apprécié de tous à l'école.
C'était bien évidemment sans compter sur Kasamatsu Yukio.
Il était petit, bien plus petit que lui, mais tellement imposant qu'il pourrait faire trembler Kise d'un seul regard (et il ne se gênait pas pour le faire). A chaque entraînement, il trouvait quelque chose à lui reprocher pour lui faire faire des exercices en plus et au point où il en était, il avait bien une demi-heure d'entraînement de plus que les autres. Non seulement il devait rester bien plus tard sous les cris de son senpai démoniaque, mais en plus les exercices qu'il lui demandait de faire étaient bien plus intenses et épuisants que ceux que le reste de l'équipe faisait !
Il avait bien tenté de se plaindre auprès de leur coach, mais le regard noir que Kasamatsu lui avait envoyé quand il s'était rapproché de leur professeur lui avait fait passer l'envie d'ouvrir la bouche. Alors oui, tout le monde au lycée l'adorait, les filles en pinçaient toutes pour lui et les garçons le traitaient déjà comme s'ils étaient meilleurs amis depuis des années, mais au milieu de ce beau tableau Kasamatsu était une tâche indélébile qui le mettait hors de lui.
Et pourtant, malgré la haine évidente que l'autre garçon ressentait pour lui, Kise ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Avec le reste de l'équipe, Kasamatsu était juste, bienveillant et se souciait de leur santé. Il faisait la morale à Hayakawa quand il ne faisait pas attention à ses blessures, discutait longuement stratégie avec Kobori et se retenait de toute évidence de frapper Moriyama à chaque fois qu'il ouvrait la bouche (un traitement de faveur auquel Kise n'avait clairement pas droit, pensa-t-il avec amertume en se frottant ses côtes douloureuses).
Tout l'équipe comptait sur lui et Kise, même s'il refusait encore de l'admettre, trouvait cette qualité de leader remarquable.
Sauf qu'avec lui, il était détestable.
Et un soir, alors que Kasamatsu l'obligeait à faire des tours de piste en plus pour avoir été distrait par des filles qui étaient venues le voir pendant leur entraînement (il n'avait même pas discuté avec elles ! C'était Moriyama qui leur avait fait les yeux doux pendant presque une demi-heure !), Kise s'était enfin décidé à lui poser la question qui le taraudait depuis plusieurs semaines maintenant.
- Dis, senpai, l'appela-t-il. Tu ne penses pas que j'en fais plus que les autres ? Pourquoi tu me fais autant souffrir ? Tu me détestes ?
Kasamatsu fronça les sourcils et le regarda comme s'il était un imbécile fini – un regard auquel il était malheureusement habitué.
- Qu'est-ce que tu racontes ? pesta-t-il. Tu es notre plus grand atout et c'est toi qui as le meilleur potentiel dans cette équipe. Et de loin. Je ne vais pas laisser passer une si belle occasion de faire de toi le meilleur joueur du pays.
Kise acquiesça.
Puis il repartit faire un tour de piste.
Le visage complètement rouge, il eut soudainement envie de pleurer.
Ce qu'il ressentait pour Kasamatsu, ce n'était pas de l'admiration.
Il était complètement amoureux de lui.
