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La pluie s'écrasait contre la fenêtre alors que Furihata fixait l'écran d'ordinateur devant lui. Il était en pyjama, un avec des trains que son petit-ami lui avait offert deux ans plus tôt pour son anniversaire.
Il était assis à son bureau, dans sa chambre, espérant avec désespoir que ses neurones se réveillent pour commencer à travailler. Sa dissertation de vingt mille mots n'allait pas s'écrire toute seule. Vraiment, il devrait demander à se faire rembourser - il ne se souvenait pas avoir commandé un cerveau qui ne fonctionnait pas.
Alors qu'il était sur le point de se taper la tête contre son bureau, il entendit un notification venant de son téléphone qu'il avait abandonné sur son lit. Il se leva en vitesse, prétendant que ce n'était pas l'excuse qu'il attendait pour quitter sa chaise inconfortable (il devrait vraiment investir dans une de ces chaises gaming dont Fukuda parlait tout le temps).
Il prit son téléphone (le dernier iPhone, un cadeau de son frère beaucoup trop affectueux) et s'assit en s'appuyant contre la tête de lit. Il l'alluma et se retint de lever les yeux au ciel en voyant le message qu'on lui avait envoyé.
Takaoᴥ︎ : Kou-chan !!! A l'aide !!! Je meurs !!!
Connaissant son ami, Furihata savait que son message pouvait être traduit par "Shin-chan a fait quelque chose d'adorable et je dois le hurler au monde entier". Être ami avec Takao depuis des années avait du bon, il pouvait désormais décoder ses crises dramatiques et ses mouvements de sourcils qui sous-entendaient mille choses.
Kouki déverrouilla son téléphone en tapant son mot de passe (non, ce n'était pas la date d'anniversaire de son petit-ami... c'était la date d'anniversaire du cheval de son petit-ami) et répondit à Takao.
Moi : Quoi encore, Takao.
Il ne fallut qu'une seconde pour que son ami lui réponde une série de messages.
Takaoᴥ︎ : KOUCHANKDKSMSNS
Takaoᴥ︎ : PITIÉJEKEJSK
Takaoᴥ︎ : (;´༎ຶٹ༎ຶ`)
Takaoᴥ︎ : SHINCHAN!!! IL PAKSOSJSKDN
Takaoᴥ︎ : JE LAIME TELLEMENT
Kouki soupira affectueusement en lisant la déclaration de son ami. Takao agissait comme s'il ne criait pas son amour pour l'étudiant en médecine à longueur de journée. C'était mignon. Un peu fatigant, mais mignon. Il écrivit une réponse.
Moi : Rien de nouveau.
Takaoᴥ︎ : tu ne comprends pasksksks
Takaoᴥ︎ : sHINCHAN M'A DEMANDÉ DE SORTIR AVEC LUIKSKSKSKSKS
Kouki écarquilla les yeux. Il relut le message plusieurs fois, s'assurant que son esprit en manque de sommeil ne lui jouait pas un tour. Midorima avait demandé à Takao de sortir avec lui. Enfin.
Tout le monde dans leur groupe d'amis savait que Takao et Midorima étaient amoureux. En fait, même une personne aveugle pourrait ressentir l'aura mièvre qui émanait d'eux, mais Midorima était un tsundere des plus têtus et refusait d'admettre qu'il aimait son meilleur ami.
Sei lui avait fait la morale plusieurs fois, lui expliquant qu'accepter les sentiments d'une personne était naturelle et ne lui apporterait que du bonheur. (Il pouvait parler avec tout le temps qu'il avait mis à déclarer ses sentiments à Furihata. Si Kuroko ne l'avait pas menacé de présenter une fille à Furihata, Akashi aurait probablement continué de le désirer de loin jusqu'à mourir seul.)
Takao était cependant compréhensif. Il connaissait Midorima mieux que Midorima lui-même. Il n'était pas prêt à admettre ses sentiments et encore moins à être en couple. Alors quand on lui demandait pourquoi il ne faisait pas le premier pas, il répondait simplement "Shin-chan me demandera quand il sera prêt".
En tout honnêteté, Takao était l'un des garçons les plus attentionnés que Furihata connaissait. Il avait tellement de qualités incroyables et il était très charmant. Si Furihata n'était pas complètement fou amoureux de son propre petit-ami roux, il aurait pu tomber sous le charme de son ami.
Moi : vRAIMENT ??!!
Moi : ET TU LUI AS DIT QUOI ??!!
Takaoᴥ︎ : COMMENT ÇA JE LUI AI DIT QUOI ?! EVIDEMMENT
Takaoᴥ︎ : oh...
Furihata fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il voulait dire par "oh" ? Il lui fallut un moment de réflexion avant qu'il ne comprenne et il se dépêcha de lui répondre.
Moi : Takao...
Moi : Tu lui as bien répondu quelque chose, pas vrai ?
Il fallut une minute à Takao pour répondre. En lisant son message, Furihata eut envie de se frapper la visage avec sa chaise. Oui, sa chaise. Takao lui faisait parfois ressentir ça, c'était son plus grand talent.
Takaoᴥ︎ : aha... Kou-chan.
Takaoᴥ︎ : Tu vas rire (❍ᴥ❍ʋ)
Takaoᴥ︎ : Il se peut que j'ai été tellement heureux que j'ai couru pour m'enfermer dans les toilettes sans répondre à Shin-chan et maintenant je suis là à t'envoyer des messages Σ(°△° ꪱꪱꪱ)
Furihata adorait son ami, vraiment, mais parfois Takao pouvait être le plus grand imbécile sur Terre (toujours en étant adorable) et il ne se doutait jamais de rien jusqu'à ce que ce soit trop tard. Furihata, en tant que meilleur ami de Takao, n'avait aucun problème à lui dire. Et ce soir, il devait le faire.
Moi : Takao...
Moi : Tu es un imbécile.
Ce fut à ce moment que Furihata entendit le tintement des clés et la porte d'entrée se refermant. Ses yeux s'illuminèrent alors qu'il écoutait attentivement le son d'une paire de chaussures hors de prix contre le parquet se rapprocher de sa chambre - ou plutôt de leur chambre.
- Sei ? appela Furihata, les joues légèrement rouges d'excitation à l'idée que son petit-ami soit enfin de retour chez eux.
Peu importe s'il l'avait vu pour le déjeuner, quand on sortait avec le Akashi Seijuurou, ce garçon adorable et prodige du shogi, on avait toujours l'impression que quelques heures loin de lui étaient des décennies.
Furihata se demanda quand est-ce qu'il était devenu un copain collant qui passait chaque minute de son existence à s'occuper de son partenaire. Vraiment, il se souvenait très bien avoir promis à Kuroko qu'il ne tomberait jamais aussi bas, peu importe à quel point il aimerait la personne. Regardez-le maintenant, bien fait pour lui de ne pas s'être rendu compte qu'il tomberait fou amoureux d'un certain garçon aux cheveux écarlates.
Quand la porte de leur chambre s'ouvrit et qu'une silhouette familière entra avec un sourire chaleureux et des yeux vairons brillants (un aussi rouge qu'un rubis et l'autre couleur or, signe que c'était Bokushi) qui plongèrent dans son regard, toute pensée s'envola de son esprit et désormais seul Akashi Seijuurou comptait. Akashi avait enlevé son blazer bleu (il était certainement posé sur le canapé du salon) et il portait une chemise blanche qui collait parfaitement à son torse fin et musclé ainsi qu'une cravate à moitié nouée autour de son cou. Son pantalon mettait ses jambes en valeur et Furihata sentit l'eau lui monter à la bouche.
Akashi était vraiment un chef d'oeuvre.
- Kouki, dit le roux en posant sa sacoche en cuir par terre avant de contourner le lit pour le rejoindre. Tu m'as manqué.
Furihata rit et ouvrit grand les bras, son téléphone posé à côté de lui. Son partenaire se coucha presque sur lui et se pencha pour déposer un baiser sur ses lèvres avant d'enfoncer son visage dans son cou.
- Tu m'as manqué à moi aussi, Sei, chuchota Furihata dans ses cheveux puis il passa ses bras autour de lui pour l'enlacer. Comment a été ta journée ?
- Affreuse, grogna-t-il, son souffle chatouillant le cou de Furihata. Je n'arrive toujours pas à croire que père m'a obligé à le remplacer à la réunion du conseil d'administration juste pour pouvoir prendre un vol plus tôt pour Paris. Oreshi ne va pas mieux non plus, il s'est endormi en plein milieu de la réunion et j'ai dû le remplacer.
Akashi releva la tête, laissant à Furihata le loisir de voir son air boudeur alors que son oeil or prenait une teinte orangée, signe que les deux personnalités l'écoutaient.
- Ce n'est pas juste, Kouki. Père savait qu'on voulait passait le reste de la journée avec toi. Il est terrible.
Furihata sourit en levant la main pour caresser sa peau albâtre délicate. Akashi avait toujours eu une peau parfaite. Il était vraiment le plus bel homme de la Terre.
- Qu'est-ce qu'il va faire à Paris ? demanda-t-il.
- Apparemment il y a une avant-première d'un film réalisé par un de ses amis. Kouki, il m'a laissé s'occuper de sa réunion pour aller voir un film.
Le ton agacé d'Akashi se transformait peu à peu en geignement, même s'il n'admettrait jamais avoir eu un comportement aussi puéril. En tant qu'Akashi, ce n'était pas digne de lui. (Cela ne l'empêchait pas de constamment se plaindre auprès de Furihata, il ne fallait juste pas le dire à son père.)
Le sourire de Furihata s'agrandit en sentant son coeur accélérer. C'était dans ces moments qu'il aimait réconforter son petit-ami. Akashi n'avait jamais aimé qu'on le touche, mais une fois qu'ils avaient commencé à sortir ensemble, Furihata avait découvert qu'il était en réalité en manque d'affection. Il avait été très peiné de s'en rendre compte, mais il s'était promis de toujours le noyer d'attention et c'était devenu son passe-temps préféré, juste après l'observation de trains.
- Ça va aller, dit Furihata. Ton père mérite de se faire plaisir, Sei. Il n'est plus tout jeune.
Furihata rit en voyant son petit-ami lever les yeux au ciel.
- Ce n'est quand même pas juste. Il a le droit de s'amuser alors que je suis coincé dans un pièce avec des vieillards inintéressants en pensant à toi.
Ce fut au tour de Furihata de lever les yeux au ciel en regardant son oeil couleur or reprendre une teinte rubis. Bokushi avait dû se retirer pour autoriser son frère à passer un peu de temps avec lui.
- Tu es tellement dramatique. De toute façon, tu fais tout le travail du PDG sans en avoir le titre depuis l'année dernière.
Akashi fit un son pour montrer qu'il l'écoutait, choisissant de profiter de l'affection de son petit-ami plutôt que de continuer leur conversation. Il savait que Kouki avait une tendresse particulière pour son père et inversement. Les présenter l'un à l'autre avait été une erreur, ils se liguaient toujours contre lui.
Mais même s'il boudait, cela ne le dérangeait pas vraiment. Son petit frère et lui étaient ravis de voir que l'amour de leur vie et leur père étaient suffisamment proches pour être presque meilleurs amis. Parfois, ça l'agaçait, mais il était tout de même heureux.
Furihata continua de passer ses doigts dans les cheveux de son partenaire alors qu'un silence agréable s'installait entre eux. Ils restèrent dans cette position un moment avant d'être dérangés par une série de notifications venant du téléphone du brun. Il se souvint subitement qu'il était en pleine conversation avec Takao et il attrapa son téléphone pour voir les messages de son ami.
Takaoᴥ︎ : Hé.
Takaoᴥ︎ : Si tu veux m'appeler un imbécile, n'oublie pas de dire que je suis l'imbécile de Shin-chan
Takaoᴥ︎ : C'est moi qui commande ici (ง'̀-'́)ง
Takaoᴥ︎ : ok jE RETOURNE VOIR SHIN-CHAN!!!! JE VAIS LUI DONNER MA RÉPONSE ( ˘ ³˘)♥
- Qui est-ce ? demanda Akashi sans ouvrir les yeux. Ça a l'air urgent.
- Takao, répondit Furihata en faisant défiler les messages. Midorima-kun lui a enfin demander de sortir avcec lui.
- Ah, oui. Shintarou m'en a parlé la semaine dernière, dit Akashi avec un sourire aux lèvres alors qu'il regardait Furihata répondre à son ami. Il a enfin trouvé le courage de répondre aux avances de Takao, même s'il a des années de retard.
La main de Furihata se figea. Il s'assit rapidement, obligeant Akashi à se relever à genoux sur le lit, une lueur amusée dans les yeux.
- Attends un peu, dit Furihata en plissant les yeux. Tu es en train de me dire que tu savais que Midorima allait discuter avec Takao depuis une semaine et tu ne m'as rien dit ?
Akashi laissa échapper un rire et se coucha sur le dos, ses cheveux rouges contrastant avec le blanc de leur draps en coton égyptien. Furihata fut presque tenté de l'embrasser jusqu'à en perdre la raison pour être aussi beau. Presque.
- Sei, pourquoi tu ne me l'as pas dit ?! se plaignit Furihata.
- Shintarou m'a demandé de garder le silence, répondit-il.
Ses yeux brillaient et Furihata souffla en voyant qu'il s'amusait.
- Sois raisonnable, mon coeur, tu sais à quel point Shintarou peut être têtu. J'ai dû prêter allégeance ou il aurait changé d'avis.
- Prêter allégeance, répéta Furihata. Vraiment, Sei ? Je ne savais pas que vous vous apprêtiez à entrer en guerre.
Akashi éclata de rire, son corps mince secoué de spasmes alors qu'il l'attrapait d'une main pour le tirer contre lui. Furihata ne put s'empêcher de sourire en le regardant avec amour. Alors que son rire cessait, Akashi passa son autre bras autour de la taille fine de Furihata et le tint contre lui.
- Tu sais, Kouki, l'amour c'est comme la guerre.
Akashi ignora le grognement de son partenaire et continua.
- Je suis prêt à tout pour que mes alliés et moi soyons vainqueurs, c'est pour cette raison que je n'ai rien dit à propos du plan de Shintarou. Je suis absolu.
- Tu es niais, Sei.
- Il semblerait. Heureusement que c'est comme ça que tu m'aimes.
Furihata lui donna une petite tape sur le torse en faisant semblant de lui envoyer un regard noir.
- Tu passes beaucoup trop de temps avec Kise. Arrête avec ton flirt atroce, Sei, tu me mènes déjà par le bout du nez.
Akashi rit en le ramenant contre lui.
- Et c'est réciproque.
Ils passèrent quelques minutes de plus à profiter de la chaleur de l'autre en s'embrassant tendrement. Le silence fut cependant brisé par un gargouillement provenant du ventre d'Akashi et ils rirent tous les deux en se redressant, Furihata se penchant pour embrasser une dernière fois les lèvres roses de son petit-ami.
- Je vais préparer le dîner. Curry, ça te va ? demanda Furihata en se levant pour s'étirer.
Il sentit Akashi l'enlacer par derrière et s'agripper à sa taille. Furihata trembla légèrement alors que ses lèvres frôlèrent sa nuque.
- C'est parfait, chuchota Akashi puis ses bras se resserrèrent et il mordit doucement la peau de son partenaire. Même si je préfèrerais t'avoir toi.
- Sei, soupira doucement Furihata. D'abord on dîne et après tu pourras faire ce que tu veux.
Ses lèvres continuèrent de parcourir sa nuque sensible, faisant faiblir Furihata.
- Tu le promets ? Tu nous promets ton affection et ton amour ce soir ?
Avec les lèvres délicieuses de son partenaire qui le distrayaient, Furihata n'avait pas remarqué que Bokushi et Oreshi s'adressaient tous les deux à lui. Il semblait qu'ils se liguaient encore une fois contre lui. Deux fois plus de problèmes, aimait dire Kise.
- Oui, Sei, répondit-il. Promis.
Les lèvres contre sa nuque et le bras autour de sa taille disparurent soudainement, le faisant trébucher en arrière alors que son petit-ami lui passait à côté. Il fut surpris de sentir le contact disparaître et essaya de ne pas jeter un oreiller au visage d'Akashi.
- Dans ce cas allons-y, Kouki, dit gaiement Akashi. Je suis affamé.
Furihata fit la moue en le suivant.
- C'était vraiment méchant, Sei.
On n'entendait que le rire du roux alors que les deux amants se chamaillaient, les devoirs et l'anxiété de Furihata oubliés depuis longtemps.
