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Admirateur secret ?

Summary:

Lena entame sa dernière année à la fac. A cause des méfaits de son frère, elle n'est pas très apprécié au sein de celle-ci, alors quand elle commence à recevoir des lettres d'amour et de soutiens dans son casier, elle se demande bien qui se cache derrière tout ça...

Work Text:

Aujourd’hui, en ce début de semaine, était un jour comme un autre pour moi, Lena Luthor. Je viens d’entamer ma dernière année de fac en ingénierie moléculaire et robotique. Je suis ce que l’on pourrait communément appeler un génie hors norme, les meilleures notes de toute la fac, mais le nom que je porte ne m’aide guère dans ma vie de tous les jours, bien au contraire. Mon frère, Lex, est emprisonné jusqu’à la fin de sa vie pour avoir tué des centaines de personnes lors d’un attentat soi-disant au nom de l’amélioration de l’humanité. Et depuis, le nom Luthor résonnait pour chacun comme étant synonyme du diable incarné et qu’il fallait tout faire pour ne pas approcher une personne qui portait ce nom portant malheur. Au cœur de la fac, je suis une pestiférée, personne n’ose s’approcher de moi hormis mon amie Sam qui me connait depuis l’enfance. Elle est mon seule lien social, la seule qui m’accepte telle que je suis, c’est ma seule amie en ce monde, bien qu’elle soit un peu folle et que son exubérance à tendance à parfois me rendre chèvre.

Aujourd’hui est donc le premier jour de cette rentrée et je n’ai aucun doute sur ce qui m’attend. Les gens vont me regarder de travers, chuchoter sur mon passage pour médire sur une Luthor et certains vont probablement m’insulter sans aucune gêne. J’ai toujours résisté à répliquer jusqu’à présent. Je n’en vois pas l’intérêt et ça donnerait aux médisants de quoi alimenter leurs ragots. J’avais déjà suffisamment de mal comme ça pour ne pas avoir à en rajouter. Si Sam n’était pas là, il y a longtemps que je suivrais les cours par correspondance. Mais elle avait réussi à me convaincre de ne pas la laisser seule ici, alors j’avais finalement été vaincu.

Je me lève avec difficulté, on peut dire que je n’ai pas vraiment l’envie de revivre encore une de ces journées à subir les chuchotements et compagnies des uns et des autres, mais bon… Je suis encore dans le lit de mon dortoir de fac quand on frappe violemment à ma porte. Je n’ai même pas le temps de me lever pour aller ouvrir que j’entends le bruit d’une clé dans la serrure, signe que c’est Sam qui rentre. Je me recouche donc aussitôt quand je constate que c’est la jeune femme.

Mais Sam ne l'entend pas comme ça et à peine entrer dans ma chambre elle me prends ma couette pour la jeter au sol.

— Putain Sam !

— Debout la marmotte, je te rappelle qu’aujourd’hui c’est la rentrée !

— Et alors, j’ai cours que dans une heure !

— Oui, mais je te connais, tu vas encore arriver en retard sinon !

— Et alors ? Mon premier cours c’est l’économie, je suis déjà milliardaire, ce n’est pas comme si j’avais besoin d’y assister. Et puis pour qu’on me regarde encore comme si je n’avais pas honte de me pointer ici au vu de ma condition…

— Lena, les autres tu t’en fout, tu as autant le droit que tous les autres d’assister à TOUS les cours, riche ou pas, frère psychopathe ou pas ! Et puis de toute façon je suis avec toi dans ce cours aujourd’hui !

— Depuis quand tu as des cours d’économies toi ?

— Depuis quand ? Depuis que la prof est hyper sexe et que j’ai envie de la mettre dans mon lit !

— Sam.... lui répondis-je désespérer, mais amusé par son comportement

Je finis par m’habiller à contrecœur. Je détestais les rentrées scolaires, il y avait toujours de nouvelles têtes, et donc toujours de nouvelles personnes pour me détester. Mais bon, j’y étais en quelque sorte habitué. Ce que je ne disais pas à Sam, c’est que parfois il m’arrivait de pleurer quand j’étais seule dans ma chambre. J’aurais tant voulu que des personnes autres que Sam fassent des efforts pour apprendre à me connaître qui se rendraient compte que je n’étais pas comme ma famille et encore moins comme mon frère. Mais je n’avais guère d’illusion, les gens ne faisaient qu’attention à l’apparence et peu importe le reste.

Je prends donc sur moi et avec Sam on se met en route pour notre premier cours de la journée.

Nous nous dirigeons vers nos casiers, celui de Sam est à côté du mien. Mais quand nous arrivons, mon casier est déjà tagué en rouge du nom « assassin » dessus. Sam regarde à gauche et à droite, prête à en découdre avec le premier venu et je dois faire appel à tout mon self-contrôle pour ne pas laisser sortir des larmes. Je ne disais rien, mais à force, toutes ces petites choses négatives et méchantes envers ma personne me touchaient plus que je ne l’aurai voulu. Heureusement que Sam était là pour me soutenir.

— Que les choses soient claires ! Commença Sam à l’attention de tous les étudiants qui passaient dans le couloir, si j’attrape la personne qui a fait ça, le nom de Luthor vous paraîtra digne des bisounours quand il aura eu affaire à moi !!!!

— Laisse tomber Sam, j’ai l’habitude…

— Mais je…

— Stop j’ai dit, lâche l’affaire, la connerie humaine est irréparable, ça ne vaut pas le coup…

J’étais dépité, mais comme je l’avais fait remarquer à Sam, j’en avais malheureusement l’habitude.

Le cours d’économie se passa très bien. Sam avait outrageusement dragué la professeure d’économie qui n’avait pas l’air beaucoup plus âgée que nous. La pauvre avait eu bien du mal à se défaire de l’emprise de Sam et à la fin du cours, Sam m’avait chuchoté à l’oreille qu’elle l’aurait dans son lit avant la fin du premier semestre.

Arrivé le midi, Sam alla nous réserver une place sur un banc dans la cour du campus pendant que moi j’allais vers mon casier afin d’y ranger mes affaires.

À mon grand étonnement, la peinture sur mon casier avait disparu. Je regarde autour de moi, car je ne comprends pas comment le tag a pu disparaître alors que je ne l’avais encore même pas signalé à la direction. Mais rien, aucun indice sur le comment du pourquoi. Je me résigne, après tout je me fais peut-être des idées, l’homme de ménage est sûrement passé par là et aura effacé mon casier.

Mais quand j’ouvre celui-ci, une enveloppe se trouve à l’intérieur. Je souffle, je me dis que je vais encore recevoir une menace de mort, des insultes ou que sais-je encore… Je pense à mettre l’enveloppe à la poubelle, mais finalement ma curiosité l’emporte et j’ouvre celle-ci.

« Lena Luthor, je trouve le traitement qui vous ait réservé est totalement injuste. Personne ne devrait avoir à subir les conséquences des actes de sa famille. Je trouve que vous êtes une femme magnifique, courageuse et hors norme. Votre regard m’a envoûtée à la seconde où je vous ai vu. J’ai bien conscience que cela ne sera jamais réciproque. Je n’ai jamais osé venir vous parler en personne. Avec tout ce que vous avez vécu, vous pourriez penser que je n’en veux qu’à votre argent ou que j’ai perdu un quelconque pari. Alors je me contente de vous admirer dans le plus grand des secrets, car à mon sens, personne n’arrive et n’arrivera jamais à la cheville de la femme que vous êtes.

Bien sûr je ne vous connais pas personnellement, mais je sens au fond de moi que vous n’êtes pas la personne froide et insensible que vous laissez paraître aux autres. Il y a cette fragilité en vous qui me fait fondre et me donne envie de vous protéger et de prendre soin de vous.

Je ne peux pas faire grand-chose vu que l’on ne se connait pas, alors aujourd’hui je me suis contenté de nettoyer votre casier, car personne ne mérite tant de haine, et certainement pas une personne qui a sûrement souffert déjà bien plus que la majorité des gens de ce campus.

Je vous laisse, j’espère que malgré la haine évidente qui vous entoure, vous passerez une bonne journée »

J’en reste bouche bé. Je regarde tout autour de moi, personne à part des regards fuyant la Luthor que je suis. Je referme mon casier et rejoins Sam dehors.

Je suis assez perturbé, tant et si bien que Sam finit par s’en rendre compte.

— Qu’est-ce qu’il y a Lena ? Ça ne va pas ?

— Je… je ne sais pas Sam…

Je lui montre alors la lettre en lui demandant d’être discrète.

— J’ai trouvé ça dans mon casier tout à l’heure…

— Encore des insultes je paris pfff

— Non… regarde

Sam prend la lettre et se met à la lire attentivement.

– Et bah, on dirait que tu as un admirateur secret, fait attention, c’est peut-être un psychopathe, rigole-telle

– Lena… Lena… LENA, ici la terre Sam !

– Ha désolé, tu disais ?

– Ha bah ça fait plaisir de se sentir aussi écouter… Je disais de faire attention c’est peut-être un psychopathe.

– Je suis sûre que non, la lettre est plutôt bienveillante, mais bon…

– Mais bon quoi ? Ne me dis pas que tu penses encore à cette fille ?

– …

– Lena ! Mais pourquoi tu ne vas pas lui parler si elle te plait autant ?!! Ça fait presque deux ans qu’elle te plait et que tu ne lui as jamais parlé !!! Comment c’est déjà son nom ?

– Kara… mais tu sais bien pourquoi je ne lui parle pas, elle ne m’adresse jamais un regard, on ne se parle jamais alors que l’on a plusieurs cours en commun, si je lui plaisais elle m’aurait parlé au moins une fois non ?

– Elle te plait et ce n’est pas pour autant que tu lui as déjà parlé !

– Je… ho la ferme Sam !

Elle m’envoie un bout de pain dans la tête et nous continuons notre fausse dispute pendant encore quelques minutes avant de nous lever pour retourner en cours.

Le prochain cours était un cours de sport. Je détestais celui-ci. Déjà, je n’en avais pas vraiment besoin pour mon cursus, mais je ne voulais pas donner satisfaction à tous les médisants qui pourraient profiter de l’occasion pour salir le nom Luthor plus qu’il ne l’était déjà.

À peine je fus rentré dans le gymnase que tous les visages se tournèrent vers moi. Je détestais ce moment, où lorsque je rentrais quelque part, on me dévisageait comme si une deuxième tête m’avait poussé sur la tête. Puis après venaient les chuchotements, les regards fuyants et les gens qui se poussaient à mon passage.

Je soupire, même après 3 ans dans cette fac c’était toujours la même chose, rien n’avait changé. Alors à contrecœur je me mets avec les autres et j’attends les instructions du professeur. Sam n’était pas avec moi, elle avait un cours de mathématique, mais m’avait dit de rester calme et de ne pas faire attention à ce que les autres pourront me dire ou faire.

Le professeur commença par nous faire faire trois tours de terrain pour nous échauffer, puis nous fît grimper à la corde tour à tour. Quand fut arrivé mon tour, quelqu’un que je n’ai pas vu me fait un croche-pied. Je trébuche et je tombe lourdement au sol. Je crois que je me foule ou me casse le bras, car quand j’essaie de me relever je n’y arrive pas et je me tords de douleur.

Le professeur se précipite vers moi et vient s’enquérir de mon état. Moi qui voulais faire passer vite fait le cours dans la discrétion c’était raté, tous les yeux étaient rivés sur moi. Mais personne pour se demander si j’allais bien, au contraire, on aurait dit qu’ils étaient tous contents de savoir que j’étais blessé. Si Sam avait été là, elle se serait clairement fait exclure pour avoir frappé l’élève qui m’avait fait chuter.

– William, tu dégages de mon cours !

– Mais monsieur !

– Ne discute pas et sors tout de suite !

Le professeur m’aide à me relever et m’emmène à l’infirmerie. Finalement ce n’est pas grand-chose, mon bras est juste foulé, mais je dois porter mon bras en écharpe pendant deux semaines.

Quand Sam apprend ce qui s’est passé, elle veut tout de suite aller refaire le portrait de ce William, mais j’arrive à lui faire entendre raison et le reste de la journée de passe sans autres incidents. À la fin des cours, Sam part rejoindre sa conquête de la journée, et me fait un clin d’œil en me conseillant que parfois je devrais faire pareil, que ça me détendrait. Je soupire, Sam me désespérait parfois, mais heureusement qu’elle était dans ma vie, sinon il y a longtemps que je serais partie en dépression. Ceci dit, mon moral n’était pas vraiment au top et j’avais hâte que la fac se termine pour que je puisse enfin sortir de ce milieu hostile.

Je me dirige donc vers la chambre de mon dortoir. J’y vivais seule, personne ne voulait devenir ma colocataire. Sam y venait parfois, mais sinon elle logeait en dehors du campus.

Arrivé devant ma porte, un petit paquet se trouve devant la porte. Je me dis que c’est sûrement encore un détraqué avec des insultes ou un jouet qui va me sauter au visage, alors je prends la boite avec prudence et je rentre dans ma chambre. Je pose la boîte sur mon bureau et je vais prendre ma douche, avec difficulté à cause de mon bras.

En sortant, je remarque la boîte que j’avais presque oubliée. Je voulais la jeter, mais comme pour la lettre, la curiosité reprend le dessus et je finis par l’ouvrir avec prudence en m’attendant au pire.

A mon grand étonnement, à l’intérieur se trouve ce qui semble être un baume ainsi qu’une autre lettre. Comme ce matin j’ouvre la lettre avec prudence.

« Lena, j’ai appris ce qui vous suis arrivé en cours de sport et j’en suis navré. Je vous souhaite une bonne journée et il vous arrive ceci, on ne peut pas dire que je vous ai porté chance et j’en suis désolé, vraiment… Il est fort dommage qu’une femme aussi belle et talentueuse que vous ayez à subir ce que vous devez vivre. Personne ne devrait avoir à subir la violence d’êtres malfaisant et visiblement peu enclin à savoir se servir de ce qui lui sert de cerveau. Sachez toutefois que même si jamais je n’ai osé venir vous parler, je vous apprécie bien plus que je ne le devrais et vous apporte tout mon soutien. Je ne suis pas médecin et ceci n’est pas grand-chose, mais je vous offre ce baume qui est d’une efficacité redoutable lorsqu’il s’agit de faire partir la douleur. J’espère qu’il vous fera un peu de bien et que vous ne m’en voudrez pas d’agir ainsi.

Je vous souhaite une agréable nuit, je tiens à vous énormément, même en sachant que cela restera à sens unique. Parfois le véritable amour n’est pas dans la réciprocité, mais cela ne l’empêche pas d’être le sentiment le plus puissant qui soit…

Bonne nuit à vous, Lena »

Un sourire s’affiche sur mon visage. L’auteur de la lettre a raison, je ne pourrais jamais donner suite à cet amour, mon cœur étant déjà pris pour une personne qui ne sait même pas que j’existe. Alors je ne peux qu’être d’accord pour la dernière phrase de la lettre.

J’ouvre le baume et me masse le bras avec, et effectivement, même si l’odeur n’est pas des plus ragoutante, son efficacité est redoutable. À peine cinq minutes après, je n’éprouve presque aucune douleur.

Le lendemain matin je rejoins Sam à nos casiers. Nous avions un cours de physique. Je savais que Kara avait ce cours en commun avec moi et je savais qu’elle ne me jetterait même pas un regard. Je suis perdu dans mes pensées quand un cri se fait entendre dans les couloirs. Tous les élèves se tournent vers le cri et je vois William le visage couvert de peinture. En ouvrant son casier, un ballon gonflable rempli de peinture lui avait explosé au visage.

– SAM !!!! Qu’est-ce que tu as fait ?

– Hein ? Mais c’est pas moi !!!

– Je te le jure Lena ! Mais j’ai envie de serrer dans mes bras la personne qui a fait ça, ça sera mon nouveau ou nouvelle meilleure amie !!!

– Ha bah sympa merci, rigolais-je

– Ne fais pas celle qui est vexée bichette, tu as parfaitement compris ce que je voulais dire !

Je lève les yeux au ciel, puis je porte mon regard sur William qui est toujours en train de pester pendant que tous les autres se moquent et rigolent allègrement. Le fait qu’il vient de se prendre une honte monumentale devant tout le monde n’est pas pour me déplaire. Après tout je me suis blessé à cause de lui, c’est donc un juste retour des choses.

– Tu ne crois pas que ce soit ton admirateur secret qui a fait ça à William ? me demande Sam, ce qui me sort de mes pensées

– Non… je ne pense pas, et puis ça voudrait dire que j’ai des cours avec cette personne ou du moins qu’elle m’a vu en cours de sport et…

– Et ? Ça voudrait dire qu’on pourra enquêter dessus et trouver l’identité de ton chevalier servant !

– Non, non et NON ! Je t’interdis de te mêler de ça Sam !

– Alors là, tu peux te brosser chérie, j’ai bien l’intention de découvrir qui c’est !

– J....

DRING !!!!! La sonnerie de reprise des cours m’interrompt et Sam en profite pour s’esquiver et faire comme si elle n’avait rien entendu de ce que je lui avais demandé.

Une fois en cours, le professeur nous demande de se mettre en binôme avec un autre élève. Personne ne se bouscule pour se mettre avec moi. Et au bout de cinq minutes, le professeur se tourne dans ma direction et me demande de me mettre avec Kara, car nous étions les deux seules à n’avoir aucun partenaire. Mon cœur bondit dans ma poitrine. Pour la première fois depuis deux ans, j’allais devoir parler à Kara. Nous avions plusieurs cours en commun et les seules fois où j’avais pu entendre sa voix c’était lorsque l’un des professeurs l’interrogeait ou qu’elle présentait l’un de ses devoirs au reste de l’amphi. Mais en dehors de ça, nous n’avions jamais rien échangé. Pourtant, il y avait quelque chose chez cette fille qui me plaisait énormément. Il y avait cette fragilité dans le regard, on sentait que chez elle il y avait de la bonté et une générosité hors norme.

J’avais toujours eu peur de lui parler, mon nom ne m'avait jamais aidé dans mes relations. Entre ceux qui voulaient profiter de moi ou de ma « notoriété », il ne me restait plus grand-chose. Je ne pouvais jamais savoir si la personne était sincère ou non. Alors je n’avais pas osé lui parler, jamais. Je ne voulais pas que ma mauvaise réputation déteigne sur elle et je préférai donc souffrir en silence.

C’est donc le cœur battant à tout rompre que je sens la chaise à côté de moi bouger et une odeur enivrante m’envahir les narines. Elle sentait divinement bon et cela n’allait pas arranger mes affaires.

Pendant l’heure suivante, je me contente du strict minimum, et elle en fait de même avec moi. Nous nous parlions, certes, mais elle n’osait pas plus me regarder en face que moi je n’osais le faire. Cependant, j’eus quand même le temps de m’apercevoir qu’elle n’avait aucun problème avec la physique chimie, bien au contraire, plusieurs fois c’est elle qui me donna la solution de tel ou tel problème. Moi qui pensais que je devrais l’aider, au final je découvre une fille tout aussi intelligente que moi dans ce domaine.

Kara est vraiment mystérieuse, je n’arrive pas à définir si son comportement est indifférent envers moi parce qu’elle ne m’apprécie pas du tout, ou si elle est juste indifférente car nous ne nous connaissons pas. En tout cas elle reste neutre en toute circonstance pendant le cours et jamais je ne l’ai vu me lancer de regard comme j’ai pu le faire. Pour moi c’était clair, ce que je ressentais n’était clairement pas réciproque.

Décidément je crois que dans ma vie, en amour je n’aurai jamais de chance.

À la fin du cours, nous repartons chacune de notre côté et je m’empresse de retrouver Sam pour lui raconter ce qui venait de se passer. Elle est tout heureuse pour moi quand je lui raconte, puis me frappe le bras quand elle apprend que je n’ai pas osé lui parler d’autre chose que le cours.

Je me cogne volontairement la tête contre le mur du couloir de dépit. Parfois j’aimerais avoir le courage de Sam pour ces choses-là.

– Je suis un cas désespéré Sam… c’est fille, en plus d’être magnifique est super intelligente ! Je penserai que je devrais l’aider sur certains points du cours et au final c’est elle qui m’a apporté son aide ! Je me demande à quel métier elle se destine pour être aussi douée…

– Lena, Lena, Lena… tu es une femme magnifique toi aussi, si tu n’étais pas mon amie, il y a longtemps que je t’aurai mise dans mon lit, tu es littéralement ce qui se rapproche le plus d’une bombe atomique !

– Heu… je ne sais pas si je dois être flatté ou vexé…

– Flatté évidemment !

– Évidemment…

Nous rigolons encore un moment puis nous allons à nos casiers pour y ranger nos affaires. Quand j’ouvre le mien, une nouvelle enveloppe est à l’intérieur. Quand Sam remarque mon trouble, elle essaie de me voler la lettre, mais je lui reprend aussitôt.

Elle bougonne un peu, mais arrête quand je lui fais la promesse de lui dire ce qu’il y avait dans la lettre.

« Chère Lena, je ne sais pas si je suis allé trop loin ce matin, mais je n’ai pas supporté que ce William vous fasse du mal volontairement. Alors, peut-être, et je dis bien peut-être que j’ai piégé son casier… Je ne sais pas comment vous prendrez la chose et je suppose que de recevoir des lettres anonymes ne doit pas vous rassurer beaucoup. Je ne sais pas si vous me croirez, mais sachez que mes intentions n’ont jamais été autre chose que de voir un simple sourire sur votre visage… Vous êtes tellement magnifique, et je… enfin je ne suis que moi. Aimer dans l’ombre j’y suis condamnée, mais vous, vous devriez vous élever à la lumière et ne plus laisser les autres vous faire du mal ou les laisser entendre que vous valez moins qu’eux. Vous êtes plus, bien plus que tous ceux qui sont dans cette fac…

Je vous laisse, j’espère que la fin de vos cours se passera désormais mieux. »

Je montre la lettre à Sam. Tout de suite elle me sort un magistral « je le savais » qui me fit bien rire.

Le reste de la journée se passa plus ou moins normalement puis nous rentrons Sam et moi chacun dans son dortoir.

Deux mois plus tard, on en était toujours au même point. Presque tous les jours, je recevais une lettre dans mon casier et presque tous les jours je recevais un message de soutien ou l’aveu de sentiments envers moi. Quelque part, j’étais flatté que quelqu’un soit aussi altruiste envers l’humaine que je suis. Cette attention me redonnait un peu d’espoir, l’espoir qu’une personne sincère et honnête puisse m’aimer sincèrement. Mais je ne voulais pas faire souffrir cette personne ou lui donner de faux espoirs. Ce n’était pas très sain que quelqu’un soit autant en admiration d’une autre personne sans jamais oser aller lui parler. Certains pourraient penser que cela pourrait s’apparenter à du harcèlement. Pourtant, jamais je ne me suis senti épié, jamais je ne me suis senti en danger. Cette personne avait malgré son anonymat su trouver les mots justes dans des moments ou j’en avais besoin, comme si celle-ci me connaissait vraiment et savait lire en moi. J’en étais bien évidemment très troublé et je ne savais plus trop quoi ressentir ou faire vis-à-vis de ça. D’un côté j’aimais une fille qui ne voudrait jamais de moi, et d’un autre, au moins une fois dans ma vie je voulais me sentir aimé de façon sincère et désintéressé et cette personne m’en offrait la possibilité.

Sam avait bien tenté de savoir qui se cachait derrière les lettres. Elle avait surveillé mon casier discrètement, interrogé des élèves de manière moins discrète… certains la prenaient d’ailleurs clairement pour une fille qui n’avait pas les lumières à tous les étages. Mais bon, Sam étant ce qu’elle est, elle s’en moquait éperdument. En revanche, elle était persuadée qu’une femme était derrière tout ça, car seule une femme pouvait faire preuve d’autant d’attention envers une autre. Pour elle, ce n’était pas les hommes et encore moins ceux de notre fac qui pouvaient faire preuve d’autant de sensibilité.

Quant à moi je ne savais pas. Homme ou femme, quelqu’un tenait à moi et rendait chacun de mes jours un peu meilleurs et rien que pour ça je voulais remercier cette personne.

Et finalement, c’est moi qui eu une idée. Peut-être pas pour trouver qui était l’identité de celle ou celui qui m’envoyait les lettres, mais au moins pour communiquer avec celle-ci.

Mais je ne sais pas pourquoi, je n’en parlais pas à Sam. Pour une raison que j’ignorais, je ne voulais pas qu’elle s’en mêle, je voulais garder égoïstement cette idée pour moi-même.

Alors c’est comme ça qu’un matin, je mis également une lettre dans mon casier à l’attention de celle ou celui qui m’envoyait tous ces mots gentils.

« Bonjour, je ne sais pas qui vous êtes, mais sachez que tous vos petits mots me touchent énormément. J’ai bien conscience que la peur doit vous habiter pour ne venir oser me parler, mais sachez que comme vous l’avez si bien compris, je ne suis pas comme ma famille. Je sens votre bienveillance au travers de vos messages et j’en suis flatté, beaucoup plus que vous ne pouvez l’imaginer. Cependant, mon cœur est déjà pris, même si tout comme vous, celui-ci ne sera jamais suivi d’effet. Je comprends donc parfaitement ce qu’est l’amour à sens unique et connais la souffrance qui en découle… j’espère que votre vie est meilleure que la mienne. Je sens chez vous un grand cœur et il serait dommage de le gâcher avec des choses négatives. Donc, ne laissez jamais personne vous dire ce que vous devez faire, qui vous devez aimer ou autre, car vous seul avez les réponses à toutes ces questions et aucun n’a le droit de vous dire ce que vous devez en faire. J’espère que vous passerez une bonne journée, L. »

Je place la lettre dans mon casier tout en espérant que la personne comprenne que ce soit pour elle. Je rejoins Sam pour notre cours en commun. Celui-ci ne m’avait jamais paru aussi long de ma vie. À peine sortie je me précipite à mon casier pour voir si la lettre était toujours là, et c’était le cas, elle n’avait pas bougé. Je suis un peu déçu, mais je ne l’ai déposé que depuis une heure alors moi et Sam continuons notre vie, alternant nos cours en commun et solo. Elle a bien essayé de savoir pourquoi j’étais aussi empressé que ça, mais j’avais réussi à garder mon petit secret pour moi-même.

Ce soir, j’avais prévu de réviser seule, car le lendemain j’avais un devoir important à rendre. Mais avant, je voulais vérifier mon casier. Et à ma grande surprise, ma lettre n’y était plus, signe que mon admirateur secret l’avait prise.

Si au départ j’avais eu un peu peur qu’une personne puisse accéder à mon casier de la sorte, j’avais vite compris les nobles intentions de mon interlocuteur et mes doutes s’étaient vite envolés pour laisser place à l’attente délicieuse de recevoir une autre lettre.

Le soir venu j’étais dans ma chambre à réviser. Sam était en vadrouille, elle essayait toujours, pour le moment sans succès de mettre la prof dans son lit et ce soir elle avait décidé de se rendre à une soirée où elle savait qu’elle y serait. J’étais donc seule à réviser dans ma chambre au campus lorsque le bruit d’une violente dispute se fit entendre dans le couloir.

— Arrête ça tout de suite Kara !!!

— Ne te mêle pas de ça Alex, tu n’as pas ton mot à dire là-dessus !!!

J’essaie de me reconcentrer sur mes révisions, mais quand j’entends le nom de Kara, je ne peux m’empêcher de tendre une oreille.

— Après tout ce que sa famille t’a fait, tu n’as pas honte Kara ?

— Je t’ai déjà dit de ne pas te mêler de ça !

— Ton cousin aurait honte de toi Kara !!!

— Ne parle pas de ce que tu ne connais pas Alex, ou ça va mal se passer !!! Et maintenant je te demanderai de partir, tu n’as pas à être ici !!!

J’entends une jeune femme que je ne connais pas pester et partir en claquant fortement une porte. Puis un bruit sourd, comme si on cognait quelque chose. Cette fois je préfère sortir de ma chambre afin de m’assurer que Kara va bien et quand j’ouvre la porte mon instinct avait raison. Kara était au milieu du couloir et venait de frapper le mur avec l’un de ses points.

Elle venait de se blesser et un peu de sang coulait du dos de sa main.

Avec prudence je m’avance vers la jeune femme. Kara ne m’avait pas vu, alors elle sursaute quand je m’adresse à elle.

— Est-ce que tout va bien ? demandais-je timidement

Elle parait surprise de me voir ici et à un léger mouvement de recul en me voyant. Je ne suis pas vraiment surprise, et je suis habituée à ce genre de réactions, mais je tiens vraiment à savoir si elle va bien.

— Oui, ça va merci… je… je suis désolé pour tout ce bruit, je vais rejoindre ma chambre et je ne vous embêterais plus, c’est promis…

— Vous ne m’embêtez pas, mais vous êtes blessé, venez, j’ai du désinfectant dans ma chambre

Kara semble un peu surprise que je lui propose mon aide, mais finalement elle finit par accepter.

Elle s’assoit sur mon lit et je vais dans la salle de bain pour chercher le désinfectant et un bandage pour sa main.

S’en suivent les cinq minutes les plus longues de mon existence. Aucune de nous deux n’osait prononcer le moindre mot. Moi je savais pourquoi, mais pour Kara, je n’avais aucune idée de ce qu’elle pensait de moi ou si elle avait un quelconque grief contre ma personne.

Quand j’eus finis de lui bander la main, je me dis que c’est idiot de ma part de ne pas réagir et d’être ainsi paralysé, alors je prends mon courage à deux mains et je lui demande si tout va bien.

— Kara je… je sais qu’on ne se connait pas beaucoup, mais est-ce que tout va bien ? Si… si vous voulez parler, je ne suis pas aussi méchante que ce que peuvent dire les gens…

Rien que d’avoir prononcé cette phrase à voix haute m’avait provoqué des sueurs froides et je ne savais plus vraiment où me mettre. Alors je suis soulagée quand Kara me répond positivement.

— Tout à l’heure c’était ma sœur, elle… elle n’accepte pas certains de mes choix de vie on va dire…

— C’est votre sœur, elle doit beaucoup tenir à vous, quoi que ce soit qui vient de vous éloigner, ce ne sera que temporaire, j’en suis persuadé.

— Merci, c’est gentil, je… je vais y aller maintenant, j’ai un devoir important demain à rendre et je n’ai même pas commencé

Kara repartit donc dans sa chambre et je restais dans la mienne, songeuse.

J’étais en train de penser que le dortoir de Kara ne devait pas être si éloigné de ma chambre si j’ai pu entendre leur dispute avec sa sœur. Deux ans que cette fille me faisait complètement craquer et je n’avais jamais remarqué qu’elle vivait si près de moi. Comme quoi parfois la vie nous jouait de drôle de tour.

Je suis soudain sortie de mes pensées par Sam qui rentre sans même frapper. Elle a un sourire monumental lorsqu’elle s’assoit sur le rebord de mon lit. Elle ne dit rien alors je trouve ça bizarre, mais quand je vois que son sourire s’élargit...

– NON !!! Ne me dis pas que....

– SI !!! J’ai enfin réussi à mettre la prof dans mon lit, le meilleur coût de ma vie, celle-là, j’ai bien envie de la revoir, je pense !

– Tu me désespères Sam, je vais plus savoir comment la regarder maintenant quand je serais dans son cours pfff

Puis Sam remarque le bandage et l’eau oxygénée sur mon bureau et me demande si je vais bien. Alors je lui explique rapidement la soirée qui vient de se dérouler. D’abord euphorique que j’ai enfin pu parler un peu à Kara, elle déchante vite lorsqu’elle constate que finalement nous n’avons que très peu échangé.

– Lena… des fois je me dis que je devrais te donner des cours de drague parce qu’à ce compte-là, à 40 ans tu seras toujours célibataire…

– Et alors… de toute façon je ne vois pas qui pourrais voir au-delà de mon nom donc bon, ce n’est pas plus mal…

– Arrête de te dévaloriser Lena, tu vaux bien mieux que la plupart des gens ! Et pour te le prouver, demain, tu viens avec moi, on va à une petite fête !

– Hors de question, je dois réviser !

– Je te demandais pas ton avis, demain on va s’amuser, et tu verras qu’il n’y a pas que les études dans la vie, même un cerveau de génie a besoin de s’aérer l’esprit, et ne dis pas le contraire !

– Pfff tu m’énerves !

– Mais j’ai raison, donc ça marche, à demain soir bichette !

Je n’ai même pas le temps d’argumenter plus que ça que Sam est déjà repartie de ma chambre pour rejoindre la sienne. Mais après tout elle avait peut-être raison, sortir un peu ne pouvait pas me faire de mal.

Le lendemain matin, avant les cours je vais voir mon casier et une autre lettre se trouve à l’intérieur.

« Je me doutais bien qu’une femme telle que vous avait un cœur déjà pris. En revanche, je suis étonné que cet amour ne soit pas réciproque, cela ne devrait pas être le cas, ne pas vous aimer me paraît être une chose tellement impossible à faire… Si cette personne n’est pas au courant de vos sentiments, alors vous devriez lui parler, je ne vois pas comment celle-ci pourrait vous repousser… Et si elle est déjà au courant de ce que vous ressentez, alors c’est qu’elle ne vous mérite pas, car elle aurait dû être flattée d’être aimée par une femme aussi merveilleuse que vous…

J’espère que vous arrivez à prendre le chemin de vie que vous aurez choisi et qui sera le mieux pour vous, et ce, sans vous préoccuper de ce que pensent les gens…

J’espère que la plus merveilleuse des femmes passera une bonne journée »

Malgré moi un sourire s’affiche sur mon visage, ce qui n’échappe pas à Sam qui vient d’arriver derrière moi.

– Alors, qu’est-ce qui te fait sourire comme ça ?

– Notre merveilleuse soirée de ce soir, voyons…

– Je vais faire semblant de te croire, mais ce soir nous devrons avoir une discussion parce que j’ai l’impression que tu me caches un truc…

Trois heures plus tard, me voilà en train de me préparer pour la soirée avec Sam. Je n’en avais pas spécialement envie, mais devant son insistance j’avais fini par accepter à contrecœur.

Pour l’occasion j’avais opté pour la simplicité, un simple jean et un pull en laine blanc à col roulé. Sam quant à elle, quand elle vient me chercher, est vêtue d’une robe moulante noire, échancrée autant devant que derrière et clairement, elle ne comptait pas rentrer seule ce soir. Ma tenue la désespère un petit peu, mais elle est au moins contente que je vienne avec elle.

Dix minutes plus tard, nous sommes à la soirée. Les gens dansent, la musique est forte, des gens fument ici et là, et pas seulement de la cigarette… l’alcool à l’air de couler à flot. Mais bien sûr, quand j’arrive, le monde semble s’arrêter de tourner, les gens me regardent d’un air méprisant, chuchotent à mon passage, clairement, on me fait sentir que je ne suis pas à ma place ici.

Heureusement, Sam ne se gêne pas pour remettre chaque personne qui ose me manquer de respect, se montre méprisant envers moi. Elle m’invite à danser, mais je décline son invitation. Danser avec Sam c’est comme remarquer un éléphant rose dans un couloir vide, on ne voit que ça… et je n’ai pas envie d’être le centre de l’attention plus que je ne l’étais déjà…

Je vais prendre un verre et puis je m’isole un peu sur la terrasse. Je pense rester quelques minutes histoire de faire plaisir à Sam puis je vais rentrer. Ce genre de soirée n’est pas vraiment pour moi. Je n’y suis jamais la bienvenue et à mon arrivée encore, on ne s’est pas gêné pour me le faire savoir, alors à quoi bon…

Je soupire. Malgré la situation, c'est une nuit magnifique. Il fait bon, ni trop chaud, ni trop froid, les étoiles sont dégagées et il règne une douce ambiance.

J’en suis à ma deuxième gorgée de mon verre quand j’entends une voix qui se hausse. Cette voix, je la reconnaitrais entre mille, c’est celle de celle qui faisait battre mon cœur dans le plus grand des secrets, la voix de Kara.

Pendant une seconde je pense qu’elle se dispute encore avec sa sœur, mais cette fois c’est la voix d’un homme que j’entend cette fois. Il semble la draguer lourdement et elle essaie en vain de le repousser et il n’a pas l’air de comprendre que non ça veut dire non.

– Je t’ai déjà dit que toi et moi ça ne se ferait jamais alors lâche l’affaire William !

– Allez quoi, accepte un dîner avec moi juste un soir !!!

– J’ai dit non ! Maintenant tu m’excuseras, mais je dois partir !

Nous sommes sur la même terrasse et aucun des deux ne semble avoir remarqué ma présence. Je comptais m’éclipser discrètement, mais quand William lui attrape le bras pour l’empêcher de partir, je ne peux pas rester à ne rien faire et je décide d’intervenir.

Sauf qu’au moment où j’allais le faire, Kara se tourne vers William et lui lance un magistral coup de pied dans les bijoux de famille. Je suis tellement étonné de ce comportement que j’éclate de rire. Kara n’avait clairement pas besoin de mon aide et quelque part j’étais rassurée qu’elle sache se défendre toute seule.

Mais mon rire me fait remarquer et les deux se tournent vers moi. Je ne suis pas sûre de moi, mais j’aurais pu jurer voir une once de soulagement dans le regard de Kara quand elle m’aperçoit. En revanche, William, lui, n’a pas l’air aussi ravi et il s’approche de moi, l’air menaçant.

– Qu’est-ce qui te fait rire la Luthor ?

Je ne me démonte pas pour autant.

– Toi, les idiots m’ont toujours fait rire !

Je pense qu’il allait pour me mettre une baffe quand Kara intervient et se place entre nous deux.

– Fou lui la paix William, tu as trop bu, rentrer chez toi et va décuver !

– Tu préfères défendre la sœur d’un assassin plutôt que de sortir avec moi ?

– Je préférerais manger de la limace à la moutarde que de sortir avec toi William !

J’ai beaucoup de mal à ne pas rire de nouveau à la remarque de Kara, mais cette fois, j’arrive à me retenir. Le regard de William est cependant épique et il repart, bredouille et honteux.

À peine parti, cette fois je ne me retiens plus et j’éclate de rire, rapidement suivi par Kara.

Nous mettons cinq bonnes minutes à nous arrêter de rire.

– Je suis désolée Kara, je… je voulais vous aider, mais visiblement vous n’en avez pas besoin… mais j’ai bien ri en tout cas, merci…

– William est un con, ce n’est pas une grande perte, me répond-elle, un sourire au bord des lèvres

Passez le moment, rapidement l’ambiance redevient calme et aucune de nous deux n’ose plus prononcer le moindre mot. Je ne sais plus quoi dire ni quoi faire, alors comme à chaque fois dans ce genre de cas, je prends la fuite.

– Je… je vais rentrer, je pense… Je suis venue avec une amie, mais je n’aime pas ce genre de soirée donc je vais rentrer au dortoir de la fac. Passez une bonne soirée Kara.

Je commence à partir quand elle m’appelle.

– Attendez, je… il se fait tard et ça m’ennuierait qu’il vous arrive quelque chose sur le chemin du retour donc je vais vous raccompagner.

Je suis surprise de la démarche de Kara, mais en même temps, mon cœur fait des bonds énormes dans sa poitrine, tellement que je ne trouve plus mes mots pour lui répondre une phrase que j’aurai pu penser intelligible.

– Enfin… enfin seulement si vous êtes d’accord…

– Heu… oui, oui bien sûr, excusez-moi, c’est juste que… enfin je n’ai pas l’habitude, les gens m’évitent d’habitude…

– Je ne suis pas tout le monde, chuchote-t-elle si bas que je ne suis pas sûre d’avoir bien entendu.

– Je vais prévenir mon amie pour ne pas qu’elle s’inquiète et je reviens

– Votre amie là-bas au milieu de la piste de danse ?

En effet, au centre de la salle se trouvait Sam en train de danser collé serrer avec une femme de manière si sensuelle que tous s’étaient poussés entre les deux pour leur laisser toute la place.

– Je pense que votre amie ne s’inquiètera pas de si tôt, me dit-elle avec un clin d’œil

C’est ainsi que nous prenons toutes les deux le chemin du retour.

Le retour est assez calme, nous échangeons simplement quelques banalités. Je ne me comprenais pas. À mes côtés se trouvait la fille qui me faisait rêver depuis deux ans et je n’arrivais pas à communiquer avec elle, j’étais comme paralysé et je ne savais plus quoi faire pour que cela change. Jamais je ne m’étais retrouvé dans une telle situation. J’aurais peut-être dû accepter les « cours » de Sam, ça n’aurait pas été pire.
Arrivée dans les couloirs des dortoirs, je prends une grande inspiration et mon courage à deux mains. Il fallait que je fasse quelque chose pour débloquer la situation.
— Kara, il est tard et… je ne sais pas pour toi, mais moi, à la fête je n’ai rien mangé, alors… si tu veux qu’on aille faire un tour au resto U manger un morceau, tu veux venir ?
— Le resto n’est pas fermé ?
— Si, mais je suis sur qu’on peut arriver à s’incruster, enfin si tu veux ?
— Pourquoi pas, c’est vrai que j’ai un petit creux
Devant l’entrée, j’essaie de trouver un moyen pour entrer quand je vois Kara qui sort un genre de petite clé et ouvre la porte.
Devant mon regard circonspect, Kara s’empresse d’ajouter que sa sœur fait partie des forces de l’ordre et qu’elle lui avait peut-être volé l’un de ses passe-partout.
— Je ne vous voyais pas si rebelle Kara…
— Il y a un tas de choses que les gens ignorent sur moi, me répond-elle joueuse
C’était la première fois qu’elle employait ce ton en ma présence et je dois dire que j’appréciais beaucoup. Aimer secrètement une personne de loin était une chose. On pouvait se dire que l’on aimait une image et que dans la vraie vie cet amour disparaîtrait, or, là, c’était tout le contraire qui se passait et je l’appréciais de plus en plus et je voulais apprendre à la connaître. Je ne voulais pas passer deux ans de plus sans me rapprocher d’elle, même si cela ne menait qu’à une simple amitié…
Une fois entrée nous nous dirigeons vers la chambre froide et on en ressort ce qu’il faut pour se faire des sandwichs puis nous nous asseyons à une table.
Je prends mon courage à deux mains pour tenter d’en savoir plus sur la jeune femme.
— Kara, vous faites quoi comme études ?
– Je fais des études de journalisme
— Journalisme ? Mais vous n’avez pas de cours de physique et chimie, nous avons ce cours en commun non ?
— En effet, mes parents étaient des scientifiques…
— Étaient ?
— Mes… parents sont morts quand j’étais petite, je n’ai que peu de souvenirs d’eux, mais je me rappelle qu’avec mon père on faisait des expériences dans son labo, au grand dam de ma mère…
— Pourquoi ça ?
— Ma mère disait que la chimie pouvait être dangereuse, je ne pouvais pas lui donner tort…
— Comment ça ?
— Hé bien avec mon père on a un peu brûlé le garage lors d’une expérience… un peu plus et la maison entière partait en fumée…
Quand Kara me parlait, je voyais à la fois de la joie et de la peine à parler de ses parents. Je n’avais jusqu’à lors jamais remarqué à quel point son regard était expressif. Tant d’émotions passaient dans ses yeux, tant de douceur, tant de sincérité… Mais j’étais heureuse qu’elle me fasse suffisamment confiance pour me parler de choses si personnelles alors que finalement nous nous connaissions que très peu.
— Je… suis désolé pour vos parents Kara…
— C’est la vie… vous n’y êtes pour rien et ils seront toujours dans mon cœur… et puis les Danvers m’ont adopté et j’ai vraiment eu de la chance de ce côté-là, ils sont géniaux…
— Comment s’appelaient vos parents ? Enfin si ce n’est pas trop indiscret ?
Je sens une pointe d’hésitation quand je lui pose cette question, mais elle finit tout de même par me répondre.
— Zor-El
Je manque de recracher la boisson que j’étais en train de boire lorsque j’entends ce nom. Zor-el, ce nom était connu de tous, ils avaient breveté et inventé bon nombre des plus grandes révolution technologique de ce monde. Leur famille était au moins aussi riche que la mienne, voire plus.
— Et oui Miss Luthor, je dois être au moins aussi riche que vous, rigole-t-elle devant ma mine déconfite
— Et bah ça alors, j’avoue que je ne m’y attendais pas, vous… enfin ça ne se voit pas que… enfin que…
— Que j’ai plus d’argent que Crésus ?
— Oui…
— Je n’aime pas en faire étalage… je n’utilise cet argent lorsque cela est nécessaire et une grande partie va régulièrement à des œuvres donc bon…
— Et puis, Lena, vous ne faites pas non plus étalage de votre argent, me dit-elle avec un clin d’œil
— Non… mais moi tout le monde sais qui je suis, et étalage ou pas, on ne se gêne pas pour me faire savoir que je ne suis pas la bienvenue ici…
— Les gens ont tort…
— Merci, c’est gentil
— C’est sincère…
— Est-ce que… est-ce que ça vous dirait que l’on travaille les sciences ensemble ? Après tout, j’ai pu constater lors de notre seule collaboration que vous étiez presque aussi intelligente que moi dans ce domaine.
— Presque ?
— Oui, presque, désolé, mais je suis la meilleure, rigolais-je
— Je vois que vos chevilles gonflent, vous devriez changer vos chaussures…
Nous continuons ainsi à parler, parler, et parler encore. Et si les débuts étaient assez timides, on s’est rapidement rendu compte toutes les deux que nous avions beaucoup en commun et la conversation était devenue fluide, naturelle et parfaitement agréable. Je découvrais une jeune femme altruiste, magnifique autant à l’intérieur que l’extérieur et j’avais envie de la connaître encore plus, toujours plus.
Il était 4 h du matin lorsque l’on se rend compte que nous avions passé des heures à discuter toutes les deux. Mais maintenant, je pense que l’on peut dire qu’une belle amitié venait de naître.
Nous finissons tout de même par nous dire qu'il fallait rentrer dans nos chambres. Je lui propose de la raccompagner jusqu'à la sienne, ce qu'elle accepte. J'avais raison, la sienne était vraiment toute proche de la mienne et je ne comprenais pas que l'on ne se soit jamais croisé dans les couloirs avant.

Sam rentra dans ma chambre une heure plus tard, complètement bourrer, tellement qu'elle avait préféré aller dans la mienne que dans la sienne, car celle-ci était plus près. Direct, elle s'était affalée sur le canapé.

Le lendemain, que ce soit pour Sam ou moi, le réveil est assez difficile. J'émerge la première et je prépare un café pour Sam que je lui tends alors qu'elle se tient la tête dans les mains, assise dans le canapé. Malgré son état, elle remarque que je ne suis pas dans un meilleur état qu'elle alors elle me demande ce qui ne va pas.

- Je comprends pourquoi moi j'ai la tête dans le cul, mais pourquoi c'est aussi ton cas ?

- Heu...

- Qu'est-ce que tu me caches bichette ?

- Je... j'ai passé la soirée avec Kara hier soir...

- Mazeltov !!!

- Ce n’est pas ce que tu crois Sam...

- Je ne crois pas, je constate c'est tout, me répond-elle avec un regard carnassier

- Après la soirée, elle m'a raccompagné ici et comme il était tard on a été mangé un morceau dans le resto U et on a commencé à discuté et on n’a pas vu l'heure passée, c'est tout

- Et bah voilà, maintenant invite là à dîner !

- Sam...

- Les choses ont enfin évolué dans le bon sens, ne rate pas cette occasion !

- Sam... je suis grave dans la merde !

- Bah pourquoi ça ?

- Parce qu’avant, même si elle me plaisait, je pouvais me dire que si j'apprenais à la connaître je serais déçu et que ce que je ressentais pour elle passerait et là... maintenant que j'ai appris un peu à la connaître, je ne l'apprécie que plus, je ne sais pas si je vais arriver à gérer ce genre de sentiments sans devenir folle Sam...

- Pourquoi tu ne lui dis pas ce que tu ressens alors ?

- Sam... elle ne m'a jamais regardé ni parlé en deux ans à part hier soir, si je lui plaisais ça n'aurait pas été le cas non ?

- Elle te plait et ce n’est pas pour autant que tu lui as parlé ou tenté quelque chose depuis ces deux ans...

- Pfffff tu m'énerves !

- C'est parce que j'ai raison chéri ! Bon aller, faut qu'on aille en cours, ça commence dans trente minutes

J'avais un cours de physique, donc j'allais avoir cours avec Kara, donc je commençais à avoir de plus en plus peur de la réaction de celle-ci. Car si on avait pu échanger en toute fluidité hier soir pendant des heures, je ne savais pas quelle serait sa réaction lorsque nous aurions cours ensemble ? Parlerait-elle avec moi ou agirait-elle comme si rien ne s'était passé ?

C'est donc une légère boule au ventre que j'entrais dans l'amphi dans l'attente de l'arrivée du professeur. Et contre toute attente, Kara était déjà présente et elle me fit un petit signe pour que je vienne m'asseoir près d'elle, signe qu'elle ne regrettait pas ce qui s'était passé hier soir et cela me rassurerait un peu.

Le cours était passé à une vitesse folle, une complicité évidente était en train de naître avec Kara, et je savais déjà qu'elle n'était pas comme les autres, ne me jugeait pas sur ma famille ni quoi que ce soit de ce genre. Alors je lui pose une question qui me brûle les lèvres depuis le début du cours.

- Kara...

- Oui ?

- Comment ça se fait que nous ne nous soyons jamais parlé avant ? Tu ne me juges pas sur ma famille ni rien et du coup je me demandais pourquoi tu ne m'avais jamais parlé avant...

- C'est... C'est compliqué Lena... je ne te juge peut-être pas sur ta famille, mais si ma sœur avait appris que nous nous parlions ou que l'on devenait amie, elle n’aurait pas apprécié du tout, alors.... j'ai juste évité de te parler je pense... je ne voulais pas me brouiller inutilement avec ma sœur étant donné que c'est la seule famille qu'il me reste avec mes parents adoptifs

- Et maintenant, nous le sommes ? Amies ?

- C'est bien parti pour en tout cas... me dit-elle avec un sourire qui fit bondir mon cœur dans ma poitrine

- Et ta sœur ?

- J'ai assez fait d'effort pour ma sœur, c'est à son tour d'accepter mes choix, et puis elle finira bien par s'y faire...

- Je ne veux pas te créer de problème avec elle...

- C'est ma sœur, on se disputera jusqu'à la fin de notre vie, mais ça n'enlève rien au fait qu'on s'adore

- Oui je comprends

Le cours continua, puis après nos chemins se séparèrent, elle pour ses cours de journalisme et moi, et bien je n'avais plus cours de la journée donc j'avais prévu de réviser le reste de la journée en espérant que Sam ne viendrait pas tout gâcher.

Je vais à mon casier y ranger mes affaires et une nouvelle lettre m'y attendait:

" Lena vous écrire ainsi devient de plus en plus dur pour moi. C'est pourquoi j'ai décidé que cela sera ma dernière lettre pour vous. Il est temps pour moi de passer une étape dans ma vie et j'espère que vous en ferez autant. Je n'ai aucun doute sur le fait que vous irez loin dans votre vie. Ne laissez jamais personne vous dire ce que vous devez faire ou vous ce que vous devez penser, vous seule êtes la maîtresse de votre destin. Le regard des autres ne doit jamais vous atteindre, jamais. Sachez que même si nous ne nous parlons plus par ce biais, une part de moi veillera toujours sur vous. Vous êtes forte, ne l'oubliez jamais.

J'espère que vous serez heureuse dans votre vie, vraiment, et sachez que si une personne comme moi arrive à voir au-delà de votre nom, d'autres personnes en sont aussi capables et j'espère que la personne que vous aimez s'en rendra compte également et que vous devriez lui avouer ce que vous ressentez "

Une petite pointe de tristesse m'envahit, je ne sais pas qui est cette personne, mais force est de constater qu'elle a toujours été d'un soutien sans faille ces derniers mois alors même que je ne connais pas son identité. Alors je voudrais remercier l'auteur de la lettre en personne, lui faire comprendre que je suis touché par toutes ses attentions même si mes sentiments sont tournés vers une autre. Je voudrais lui faire savoir que si elle est OK, je lui offrirai mon amitié la plus sincère. Alors c'est pour ça que je lui propose que l'on se rencontre au moins une fois.

" Cher inconnu(e), sachez que vous avez été jusqu'à récemment la seule personne à m'avoir soutenue. Je prends conscience que cela doit être difficile pour vous, mais j'aimerais vous remercier de vive voix pour tout ce que vous avez fait pour moi. Vous le méritez, je ressens par vos écrits que vous êtes quelqu'un de bien et j'aimerais pouvoir vous le dire en face. J'espère que vous accepterez ma requête. Pour cela, je vous donne rendez-vous ce soir à 22h sur le toit de la fac. J'espère que vous viendrez, vraiment, et ne doutez jamais vous non plus que vous êtes quelqu'un de bien "

Je parle à Sam de ce que je viens de faire et elle me met en garde et de faire attention à moi. Elle s'inquiétait, mais en même temps, elle était au moins aussi curieuse que moi de connaître l'identité de la personne qui m'envoyait ces lettres. Elle se propose de rester cachée avec moi sur le toit au cas où j'aurais affaire au final à un psychopathe. Mais quelque chose en moi savait que je ne risquais rien. Alors je refuse.

Il est maintenant 21 h 50, je suis sur le toit depuis déjà 20 min, je suis arrivé bien en avance. Je stresse, je ne sais pas à quoi m'attendre et j'ai un peu peur de découvrir l'identité de la personne qui m'a envoyé toutes ces lettres. Mais j'ai aussi peur que celle-ci ne vienne pas, après tout, je lui plais et elle sait que j'aime quelqu'un autre, alors cela serait compréhensible qu'elle ne veuille pas souffrir plus qu'actuellement.

Pour l'occasion je suis habillé simplement, comme lors de la fête, un simple jean et un pull en laine à col roulé, mais de couleur noire cette fois.

Il était maintenant 22h30, visiblement on me posait un lapin et je ne pouvais pas lui en vouloir alors je respecterai son choix. Je m'apprêtais à partir lorsque la porte menant au toit s'ouvrit. Avec une appréhension certaine, je me retourne, et là, mon cœur s'emballe, ma respiration se coupe, un nuage de sensation s'empare de moi. Je ne sais pas si je dois fuir ou sauter de joie. Devant moi se trouve Kara, les yeux fuyants, elle n'ose pas me regarder et je vois bien que son corps tremble légèrement sous l'effet de la pression et de la peur qui doit l'envahir.
Nous restons là près d'une minute qui me parurent une éternité avant que je prenne mon courage à deux mains afin de prononcer des paroles que je penserai plus ou moins intelligibles.

- K... Kara... je... les lettres, c... c'était toi tout ce temps ?

- Je... je suis désolé.. Je... je ne savais pas comment venir te parler, je n'ai jamais osé... et... j'ai eu peur... Maintenant tu sais qui je suis, je ne voulais pas te laisser sans réponse. Maintenant que tu es au courant, je suppose que le début d'amitié que nous avions vient de s'éteindre, alors je respecterai ton choix.

Je n'ai même pas le temps de répondre que Kara s'en va en courant. Je suis sous le choc, la femme que j'aimais depuis plus de 2 ans m'aimait aussi dans le plus grand des secrets, aucune de nous deux n'ayant osé faire un pas vers l'autre. Après de longues secondes qui me parurent une éternité, je reprends mes esprits, retrouve l'usage de mes jambes et je cours après Kara qui a déjà disparu dans les couloirs de la fac.

Je me dirige donc vers la porte de sa chambre. Après une légère hésitation, je frappe doucement. J'entends des pas s'approchant lentement et après de longues secondes, la porte s'ouvre sur une Kara, les yeux rougis, visiblement elle avait pleuré.

Je ressens une folle envie de la prendre dans mes bras, je voudrais la rassurer, lui dire que tout va bien, mais aucun mot n'arrive à sortir de ma bouche. Je finis tout de même pas lui demander timidement si je peux entrer parce qu'il fallait que l'on parle. Elle m'ouvre alors la porte en grand afin que je puisse entrer.

Elle me fait un petit signe pour que je puisse m'asseoir sur le rebord du lit ou sur la chaise de bureau.

Aucune de nous deux n'ose parler. La tension dans la pièce est palpable, mon cœur danse à une vitesse folle, et cette fille me rendait dingue, dans tous les sens du terme.

Après un long moment assez gênant, j'ose enfin ouvrir et bouger mes lèvres pour parler.

- Kara... je... pourquoi tu es partie tout à l'heure ?

- Je... j'avais honte... on venait à peine de commencer une amitié... et maintenant tu découvres... ça... et je... enfin je n’ai pas assumé et j'ai eu peur que tu m'en veuilles...

- Que je t'en veuille ? Kara... mais pourquoi je t'en voudrais voyons ? Tes lettres m'ont énormément aidé... et le coup avec William m'a bien fait rire...

Un léger sourire se forme sur son visage lorsque j'évoque ce souvenir, et je le trouvais magnifique.

- Je... j'ai peut-être un peu abusé sur ce coup-là, désolé...

- Ne t'excuse pas, il ne l'avait pas volé après tout...

- Oui, mais quand même...

- Kara... il faut que...

Cette fois j'ai du mal à respirer, le souffle court, un cœur qui s'emballe, des papillons qui dansent dans mon ventre et une peur terrible qui s'empare de moi. Mais il le fallait, il fallait que je lui avoue ce que je ressens pour elle depuis deux ans, qu'elle faisait battre mon cœur depuis tout ce temps et qu'elle n'a plus aucune raison de me fuir. Elle mérite le courage dont je dois faire preuve pour tout lui avouer, sachant qu'elle ressent la même chose pour moi. C'est dans ce genre de moment que j'aimerai être comme Sam. Sam n'aurait pas fait de détail, elle l'aurait déjà plaqué contre un mur pour l'embrasser avec passion, clairement elle n'aurait pas fait de détails. Mais voilà, je ne suis pas Sam, je n'ai pas son assurance...

- Que... quoi ?

- Que je te dise quelque chose...

- Tu veux mettre un terme à notre début d'amitié ? Je le comprendrais parfaitement... me demande-t-elle en esquivant mon regard.

- Quoi ? Mais non voyons...

Cette fois je m'assois à côté d'elle et prend mon courage à deux mains pour pouvoir lui avouer ce que je ressens et ne plus la laisser ainsi, à souffrir

- Kara... il faut que je t'avoue quelque chose... je ne veux pas mettre fin à notre début d'amitié, au contraire...

- Tu te rappelles dans l'une des lettres, je te disais que mon cœur était pris et que je ne pourrais jamais donner à l'auteur des lettres le même amour qu'il ressentait pour moi...

- Oui... je me rappelle... chuchote-t-elle toujours en évitant mon regard

- Ce... ce que je t'ai dit, c'était que j'aimais cette personne en secret que cela ne serait jamais réciproque...

- Mais... ce que je ne t'ai pas dit, c'est le nom de cette personne...

- Cette personne, peu importe qui c'est, a de la chance...

- Kara... cette personne c'est... c'est toi... je... je t'ai aimé dès la première seconde. Mais je pensais qu'avec mon nom et à cause de mon frère, que tu ne voudrais jamais m'approcher ou me parler... Alors je n'ai jamais osé faire un pas vers toi, et je n’ai juste... rien fait...

Kara se lève et commence à faire les cent pas dans la pièce tout en se passant les mains dans les cheveux. Elle ne disait rien, mais je voyais à son attitude qu'elle était en plein doute, un combat interne devait faire rage chez Kara.

- Si c'est une blague Lena, je... je ne trouve pas ça drôle

Je me lève et stoppe les cent pas qu'elle faisait en posant doucement mes deux bras sur ses épaules pour la faire arrêter de bouger.

- Kara... c'est n'est pas une blague, je le pense vraiment

- Je... je ne sais pas quoi dire Lena... je n'arrive pas à croire ce que je viens d'entendre, ça me parait tellement irréel, je dors et je vais me réveiller c'est ça ?

- Alors si c'est un rêve, je vais devoir t'embrasser pour te faire prendre conscience que cela est bel et bien réel...

Je descends l'une de mes mains avec une lenteur infinie et calculée pour enlacer mes doigts avec les siens. Je la sentais frissonner sous la caresse, mais je n'étais pas en reste, je frissonnais tout autant qu'elle. Et avec mon autre main, je la passe délicatement à l'arrière de sa nuque pour la rapprocher de moi. Je ne suis plus qu'à quelques centimètres de son visage. Elle a les yeux fermés et se croit encore dans un rêve. Alors doucement je rapproche mon visage encore plus près. Je peux sentir son souffle sur le mien tant nous étions proches et je pourrais jurer entendre son cœur battre à une vitesse folle, à moins que je n'entende mon propre cœur, mais dans tous les cas, nous étions bien plus proches que nous ne l'avions jamais été.

Quand je sens la main libre de Kara se poser sur ma hanche pour rapprocher son corps du mien, chaque cellule de mon corps entre en ébullition. Alors cette fois, délicatement, je m'empare des lèvres de Kara dans un tendre baiser. C'est à peine un effleurement, mais cela avait été bien plus intense que tous les baisers réunis que j'avais eus dans ma vie.

Kara reprend conscience avec la réalité.

- Alors c'est vrai... je ne rêve pas ? Cela ne peut pas être un rêve, car même dans mes rêves les plus fous, aucun baiser ne m'aura provoqué autant de sensations...

- Alors tu me crois maintenant ?

- Oui...

Sur ce, cette fois c'est elle qui s'empare de mes lèvres. Cette fois, le baiser fut intense et passionné et c'est à bout de souffle, qu'à regret, nous nous séparons pour poser nos deux fronts l'un contre l'autre.

- Si tu savais combien de fois j'ai rêvé de ce moment, m'avoua-t-elle, les larmes aux yeux...

- Ça ne peut pas être pire que le nombre de fois ou je l'ai imaginé...

Elle me sourit, je lui souris, nous sommes sur un nuage et rien ne pourrait nous y faire descendre. Nous passons le reste de la nuit chastement dans les bras l'une de l'autre, profitant de cet amour naissant.

Le lendemain matin, je retourne dans mon dortoir afin de changer de vêtements. Mais avec Kara, nous avons convenu de nous donner officiellement notre premier rendez-vous le soir même.

Quand je rentre dans ma chambre pour me changer, je trouve Sam sur mon lit, attendant patiemment mon retour.

— Alors bichette, on découche ? Tu n’aurais pas quelque chose à me dire ?

Je suis prise de cours, je ne m’attendais pas à voir ma meilleure amie dans la chambre. Mais le sourire béat qui s’affiche sur mon visage et qui ne me quitte plus depuis hier soir ne va pas arranger les choses avec elle, je le sentais gros comme une maison.

— C’est quoi ce sourire ? Tu as fait l’amour cette nuit c’est ça ?

— Quoi ? Mais non voyons ! m’offusquais-je, et puis c’était la vérité en plus

— Mais tu as rencontré quelqu’un c’est ça ? Vas-y, je suis sûr que c’est ça ?!!!

— Peut-être…

— Mais va y accouche !!! C’est qui ?

Je voudrais lui cacher, garder encore un peu de mystère pour pouvoir profiter de ce début de relation avec Kara tranquillement, mais devant l’insistance de Sam je finis par lâcher le morceau et lui explique la situation et ce qu’il venait de se passer.

- What ??? Avec Kara ??? C’est elle ton admirateur secret ? Je le savais, j’en étais sur !!!!!

— Bon, va falloir que tu me la présentes officiellement, je veux rencontrer celle qui te fait chavirer depuis autant de temps !!!!

— Alors là, même pas en rêve, enfin pas tout de suite en tout cas ! Ce soir on a notre premier rendez-vous…

— Où ça ?

— Alors là, ne crois pas que je vais te le dire, je ne veux pas que tu viennes tout gâcher…

— Comme si c’était mon genre…

— Justement…

Nous rigolons encore un moment puis nous allons chacun dans nos cours. Aujourd’hui nous n’en avions aucun en commun et heureusement parce que sinon je l’aurai eu sur le dos toute la journée.

Quand j’entre dans l’amphi, j’ai la surprise de voir Kara déjà installé. C’était un cours de chimie donc ce n’était pas étonnant, mais j’ai un moment de flottement. Je la trouvais tellement belle, tellement… tout… que je dû rester un moment bloqué parce que je me fais bousculer par William qui me demande de dégager le passage.

Je reprends donc contact avec la réalité, mais je suis tellement sur mon petit nuage que je décide d’ignorer ce William qui n’arrivera pas à m’enlever ma bonne humeur. Mais avec Kara, nous n’avons pas beaucoup parlé de notre relation hier soir ni de comment se comporter en public, alors je ne sais pas si je dois aller vers elle ou pas. À mon grand soulagement, je suis vite rassuré quand elle me fait un timide signe de la main pour que je vienne m'asseoir près d’elle.

Toute l’heure de cours, nous n’avons pas arrêté de nous effleurer les mains, de nous lancer des regards brûlants et de nous chuchoter des mots doux.

Mais le moment le plus mémorable, c’est lorsque William, qui devait présenter un devoir au reste de la classe, est tombé devant tout le monde après que Kara lui ait fait « accidentellement » un croche-pied. Elle n’avait pas apprécié qu’il me bouscule et lui avait fait payer son erreur.

Malheureusement c’était le seul cours que nous avions en commun de la journée, mais nous avions échangé une quantité impressionnante de sms, apprenant à nous connaître mutuellement et mon amour pour elle grandissait de plus en plus. C’était peut-être un peu tôt pour certaines personnes, mais je n’imaginais déjà plus ma vie sans elle, je le savais au fond de moi que c’était elle l’amour de ma vie.

Le soir était enfin arrivé, nous avions notre premier rendez-vous officiel avec Kara dans moins d’une heure. Ce n’était rien d’extravagant ni d’extraordinaire, nous avions simplement convenu de commander un repas et de le manger à la manière d’un pique-nique au milieu de sa chambre.

— Ouha Lena !!! Si je te considérais pas comme une sœur, je te draguerais honteusement !

— Putain Sam ! Tu m’as fait peur, qu’est-ce que tu es fou là ?

— Je viens t’encourager, voir te donner des conseils, mais vu comment tu es habillé, je ne suis pas sûr que vous alliez au bout de votre dîner, vous allez passer directement au dessert…

— Sam…

— Bah quoi ? C’est vrai, tu es magnifique, ya pas d’autre mot !

— Heu c’est gentil… bon je vais y aller maintenant donc si tu permets, j’y vais !

— Éclate-toi bien !

— C’est notre premier rendez-vous, donc on ne fera rien Sam…

— Je te parie 50 dollars que ce soir tu vas connaître ta Kara en « profondeur… »

— Pffff c’est fin ce que tu dis…

Je finis par virer Sam de ma chambre pour finir de me préparer. Mais quand je me regarde dans la glace, c’est vrai que pour la première fois de ma vie, je me trouve vraiment sublime. Et j’espère que la robe que j’ai choisie va plaire à Kara.

Pour l’occasion je m’étais vêtu d’une petite robe rouge fendue sur le côté, une paire de talons aiguille beiges qui me faisait un mal de chien, mais qui était magnifique et si j’étais restée naturelle, j’avais quand même opté pour un rouge à lèvre rouge vif qui faisait ressortir mes yeux d’après Sam.

Arrive enfin l’heure de notre rendez-vous. Je stress de plus en plus. Ce que je ressens pour Kara, je ne l’ai jamais ressenti pour quelqu’un d’autre avant. C’est tellement vrai, intense, que si pour certains cela pouvait être effrayant, pour moi, j’ai l’impression que cela me donne la force dont j’ai toujours manqué. Et c’est grâce à Kara, même si j’ai encore du mal à croire qu’une fille aussi altruiste, généreuse et magnifique qu’elle s’intéresse à moi au-delà de mon nom en arrivant à me voir vraiment telle que je suis.

Je prends mon courage à deux mains et je frappe enfin à sa porte. Quand elle ouvre celle-ci, je reste subjugué face à sa beauté. Elle était tout simplement tombée par terre. Elle portait le même style de robe que moi, mais en blanc ce qui nous fit sourire toutes les deux. Pour le reste, je ne voyais que son regard azur tant il me transportait dans un autre monde.

Elle aussi semble avoir perdu ses mots en me voyant, car je la vois qui rougit fortement en me voyant, ce qui me fait sourire et je ne peux m’empêcher de me mordiller les lèvres.

Après s’être regardée dans le blanc des yeux un long moment, elle m’invite enfin à entrer.

— Tu… tu… enfin tu es magnifique Lena, bégaie Kara

— Tu as perdu ta langue ? Mais toi aussi tu es magnifique.

Je m’approche d’elle pour la prendre dans mes bras et l’embrasser tendrement pour un baiser qui se voulait doux, mais qui monta rapidement en température lorsque je sentis timidement sa langue quémander l’ouverture de ma bouche. Bon sang cette fille me procurait des sensations terribles. À bout de souffle, nous finissons par nous séparer et je finis par lui faire remarquer que si nous ne voulons pas nous consumer sur place, nous devrions peut-être dîner. Elle rigole à ma remarque tant et si bien que nous partons toutes les deux dans un fou rire que nous avons beaucoup beaucoup de mal à réfréner.

Nous y arrivons tout de même au bout d’un certain temps. Au sol se trouvait une nappe avec un dîner aux chandelles et Kara avait cuisiné plusieurs plats qui avaient l’air plus succulents les uns que les autres. Puis je passe la plus merveilleuse des soirées que je ne n’avais jamais passé de ma vie. J’apprends énormément de choses sur elle au cours de celle-ci, de son enfance à la mort de ses parents, en passant par son adoption par les Danvers, etc...

J’apprends aussi que c’est grâce au passe-partout volé à sa sœur qu’elle pouvait ouvrir mon casier et m’envoyer toutes ces lettres. Mais je ne la laisse pas en reste non plus, elle en apprend également beaucoup sur moi. Je lui raconte quasiment toute ma vie et je suis étonné de voir qu’avec sa simple observation, Kara, du temps où nous ne nous connaissions pas encore, à quel point elle avait su cerner ma personnalité. J’étais persuadé qu’elle réussirait dans le journalisme c’était une évidence. Et je ne me gêne d’ailleurs pas pour le lui faire savoir.

Toute la soirée fut ponctuée de discussions, de plaisanteries, de mains qui se frôlent ou se touchent nonchalamment, de baisers emplis d’intenses frissons. Mais celle-ci arrivait malheureusement à son terme et à contrecœur nous finissons par nous dire au revoir tout en nous souhaitant une bonne nuit. Sur le pas de la porte, nous nous embrassons une dernière fois. Puis, à contrecœur, je finis par partir en direction de ma chambre.

Mais mon cerveau cogite, mon cœur s’emballe, et le manque de Kara se fait déjà bien trop présent, je ne peux déjà plus me passer d’elle. « Putain j’emmerde Sam » me hurlais dessus à moi-même. Alors je retourne sur mes pas pour frapper de nouveau à la porte de Kara.

— Tu as oublié quelque chose ? me demande-t-elle innocemment

— Oui, toi…

Je ne lui laisse pas le temps de répondre que je la plaque contre le mur pour m’emparer de ses lèvres avec avidité. Et au vu de sa main qui se pose sur ma cuisse, et qui s’affaire à remonter ma robe, mettant en feu chaque cellule de mon corps, c’était loin de lui déplaire. Ce soir j’avais décidé de me laisser aller comme jamais, ce soir j’avais décidé d’aimer comme jamais et ce soir, j’avais décidé de me donner comme jamais. Et bon sang, cela en valait largement la chandelle.

Nos deux corps avaient été en symbiose parfaite, ses gestes, sa douceur, à la fois tendre et passionnés. Jamais je n’avais aimé comme j’aimais Kara, c’était l’amour de ma vie, et je n’avais pas besoin que nous eussions 10 ans de relation derrière nous pour en être sûres. Au fond de moi je le savais, et c’était tout, tout simplement. Et tout dans les gestes de Kara m’avait démontré la même chose. On s’aimait, c’était tout aussi simple.

Le lendemain matin j’ouvre lentement mes yeux pour tomber sur le regard amoureux de Kara qui était couché près de moi, réveillé et qui maintenant me souriais en passant délicatement le dos de sa main sur ma joue. Je souris, je suis tellement bien dans ses bras que je me blottis encore plus près de son corps pour y enfouir la tête dans le creux de son cou pour y soupirer d’aise.

– Bien dormis ? me chuchote Kara en m’embrassant le haut du front

– Et bien… on ne peut pas dire qu’on ait beaucoup dormi, mais pour le peu, oui, parfaitement, répondis-je mutine, et toi ?

– Tu veux dire que lorsque je faisais ça…

Elle commence alors à m’embrasser dans le cou, me faisant frissonner et éveiller mon désir

– Et puis ça…

– Sa langue avait remplacé ses lèvres et s’attardait maintenant à titiller chacune de mes oreilles en les mordillant également

– Ça t’empêchait de dormir ? À moins que ça aussi ça t’empêchât de dormir…

Sur ce, elle dirigea lentement l’une de ses mains de ma cuisse à l’intérieur de mon entrejambe avec une lenteur parfaitement calculée et me faisant bouillir de plus en plus d’envie, tant et si bien que je devais me mordre les lèvres pour ne pas imploser sur place.

– À ce que je constate, ton corps n’a pas vraiment envie de… dormir…

– Kara Danvers, je ne vous savais pas si diablesse arrivais-je à balbutier entre deux souffles courts

Je décide que cette souffrance, il n’y avait pas de raison que je sois la seule à la subir, alors mes mains commencent à explorer également avec douceur chaque parcelle de peau laissée nue et à ma vue. Je crois que je pourrais apprécier ce genre de réveil pour le restant de mes jours…

Mais d’un coup, nous sommes interrompus par un bruit de clé dans la serrure et une porte qui s’ouvre.

Nous nous empressons de cacher nos corps avec la couverture.

– Alex ???? Depuis quand tu rentres avec ta clé et sans frapper ???!!!

– Kara ? Mais qu’est-ce que…

– Mais qu’est-ce que Luthor fou dans ton lit, elle a réussi à te séduire ??? Dégage du lit de ma sœur toi !!!

– Ho Alex, tu vas ta calmer OK, et toi Lena tu restes là !

Kara se lève en urgence devant sa sœur qui se retourne pour ne pas la voir nue, pour pouvoir enfiler le premier vêtement trouvé qu’elle trouva. Je n’avais jamais vu Kara comme ça et je ne savais plus trop où me mettre par rapport à sa sœur. Je suis cependant prête à intervenir à n’importe quel instant pour venir en aide à Kara.

Mais je découvre bien vite qu’elle en à nul besoin.

– Alors déjà Alex, tu te calmes, et j’ai enfilé un truc donc tu peux te retourner ! Ma vie privée de te regarde pas et Lena ne partira pas !

– Après ce qu’elle a fait à ta famille ???

– Son frère ALEX ! Son frère, pas elle !!! Elle n’a rien à voir avec sa famille alors ne juge pas de ce que tu ne connais pas !

– Pardon ? Clark est mort, Kara, t’y penses plus à lui ????

– Évidemment que je pense à Clark chaque jour qui passe de ma vie, il sera toujours dans mon cœur, mais elle n’est pas lui, elle n’est pas Lex !!! Et il va bien falloir que tu t’y fasses parce que j’aime follement cette femme !!!

– Tu… tu me déçois Kara…

Sur ce, Alex repartit en claquant la porte. J’étais désolé et peiné de voir Kara ainsi. Je ne voulais pas être la cause de leur brouille, la famille c’était important, et même moi qui n’en avait pas un modèle exemplaire je le savais.

– Je… peut-être que je devrais partir, le temps que tout se décante un peu…

Kara s’approche de moi et me prend le visage entre les deux mains pour m’embrasser avec passion et avec lui s’envolant toute volonté de partir.

À bout de souffle, nous finissons par nous séparer puis Kara pose son front contre le mien.

– Lena, ma sœur, n'a pas intervenir dans ma vie et encore moins dans ma vie amoureuse…

– Oui, mais c’est ta famille…

– Justement, elle s’y fera, mais je ne la laisserai pas gâcher ce qu’il y a entre nous, tu comptes bien trop pour moi Lena…

Je reprends un peu d’assurance face aux paroles de Kara qui sait trouver les mots pour m’apaiser.

– Alors comme ça, tu m’aimes follement ?

– Heu.... peut-être…

J’attrape la main de Kara pour la faire basculer sur le lit puis nous basculons et je monte à califourchon sur elle, ses mains viennent immédiatement se placer sur les hanches de mon corps entièrement nu. Je la vois qui se mordille les lèvres d’envie.

– Alors tu as de la chance que ce soit réciproque Miss Danvers, lui dis-je en m’emparant avec avidité de ses lèvres.

Mais après quelques secondes très intenses, je trouve la force de m’éloigner d’elle et m’allonge à ses côtés en reposant ma tête sur ma main.

– Kara, je peux te poser une question ?

– Bien sûr voyons !

– Clark, c’était… c’est l’un de tes petits amis ?

– Beurk non !

– J’ai cru comprendre qu’il était mort et j’ai peur que mon frère y soit pour quelque chose…

– En effet… Clark est mort lors de l’attentat commis par Lex, il… Il était journaliste, c’est grâce à lui que je veux faire ce métier, il a su me transmettre sa passion pour la vérité…

– Clark était… c’est mon cousin, la seule famille biologique qu’il me restait, il me manque chaque jour qui passe, m’avoue Kara avec une voix remplie d’émotion

– Je… je suis désolé Kara, désolé que ma famille est détruit la tienne

– Hey, tu n’y es pour rien, ton frère, pas toi, je fais la part des choses Lena. Tu n’es pas comme lui, tu n’es pas comme ta famille, toi tu es la personne la plus formidable qui existe au monde et je t’interdis de penser le contraire !

Ses paroles me touchent, mais les gestes et les soupirs lascifs qui suivent finissent par me convaincre… J’espérais seulement que tout s’arrangerait avec sa sœur, car je m’en voudrais d’être la cause de leur brouille.

Quatre ans plus tard.

Les relations avec la sœur de Kara n’avaient pas été faciles au début, mais nous avions fini par trouver une certaine entente. La mère adoptive des jeunes femmes y avait beaucoup contribué. Elle m’avait accueilli à bras ouvert dès le premier instant. Et finalement, Alex avait fini par accepter que sa sœur et moi nous nous aimions passionnément et nous étions même devenues amies.

Il faut dire qu’elle et Sam s’étaient trouvés et étaient tombés amoureux. Sam, la folle de service couchant avec tout ce qui bouge, était tombé d’amour pour la grande sœur de Kara et avait enfin réussi à se ranger.

Et aujourd’hui, avec Kara, l’amour de ma vie, nous allions unir nos destins pour le restant de nos vies, aujourd’hui c’était le jour ou j’épousais la femme la plus merveilleuse qui puisse exister sur terre.