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Fandom:
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Characters:
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Language:
Français
Series:
Part 9 of Noël 2022
Stats:
Published:
2022-12-14
Words:
813
Chapters:
1/1
Comments:
5
Kudos:
30
Bookmarks:
2
Hits:
288

Ce genre de cadeau

Summary:

Elle penche la tête, examine le gros ruban noir brillant collé sur le dessus du paquet et la seule chose à laquelle elle peut penser c’est : "Il fallait préparer un cadeau?"

Work Text:

Mercredi observe la boîte, emballée dans du papier aux motifs de l’Étrange Noël de Monsieur Jack, que lui brandit Enid comme si elle allait soudainement la mordre. Elle penche la tête, examine le gros ruban noir brillant collé sur le dessus du paquet et la seule chose à laquelle elle peut penser c’est : Il fallait préparer un cadeau?

Pourquoi Enid ne lui a-t-elle pas dit qu’elle devait lui offrir un cadeau? Stupides traditions capitalistes… Elle a envie d’hurler devant la culpabilité qui la ronge. Elle doit faire exorciser ce sentiment avant qu’il la rende complètement folle – mais pas dans le bon sens du terme.

À la place, Mercredi consent enfin à s’en emparer et comme si cela était naturel, elle le porte à son nez.

« Qu’est-ce que tu fais? » demande la blonde, en arquant un sourcil.

« Je le flaire. »

« … Comme les chiens de chasse? » Puis, elle ajoute précipitamment : « Mais pourquoi tu flaires mon cadeau? »

Mercredi ne prend pas la peine de répondre. Elle ne distingue aucune odeur de métal, d’arsenic ou de venin de tarentule. Dommage.

« C’est subtil, mais je crois être en mesure de sentir de la laine. » énonce-t-elle comme verdict, enfin.

Il doit s’agir sûrement d’un nouveau foulard créé par les bons soins d’Enid, étant donné que celui qu’elle lui a offert pour son anniversaire moisi dans l’ancienne maison des Gates.

La blonde roule ostensiblement des yeux.

« Tu n’as qu’à l’ouvrir! Tu vas voir! »  

La jeune fille commence à déballer lentement le cadeau. Normalement, Mercredi trouve toujours que les gens qui prennent le temps de défaire le papier déballage avec presque révérence sont pathétiques. Si, ce n’est pas la preuve de l’influence de la loup-garou…

Tout ce qui provient d’Enid mérite d’être pleinement savouré – comme le premier cou rompu par une guillotine dont la lame vient d’être affutée.  

« Est-ce que tu vas l’ouvrir, oui ou non, ce fichu cadeau?! » s’énerve, Enid, qui trépigne d’impatience devant elle. 

Même la Chose pianote sur le bureau avec agacement. Mercredi ne répond rien, mais n’accélère pas le rythme pour autant. La blonde soupire et elle semble être sur le point de lui arracher la boîte des mains pour terminer le travail elle-même. 

Lorsqu’elle ouvre enfin son cadeau, elle y découvre deux poupées vaudous : l’une à son effigie et l’autre, beaucoup plus colorée, représente Enid. De toutes les évidences, elles ont visiblement été tricotées par ses soins.

Mercredi reste bouche bée, les yeux un peu écarquillés.

« Tu auras la mienne et moi j’aurai la tienne. Comme ça, on passera, en quelque sorte, les vacances des fêtes, ensemble. Alors, si l’une de nous s’ennuie de l’autre, on pourra faire un câlin à notre poupée et l’autre ressentira la sensation. » explique Enid.

C’est tellement adorable (et, Mercredi est presque choquée de penser à ce mot comme étant quelque chose de positif, pour une rare fois, elle n’a pas une envie subite de vomir devant ce sentiment soudain).

« Mais si tu n’aimes pas, ce n’est pas grave, hein. Je sais que tu n’es pas vraiment le genre à faire des câlins. Tu peux la cacher dans le fond d’une valise et ne plus jamais y repenser. » 

La jeune fille colorée semble soudainement gagnée par la panique. Et, le fait que Mercredi reste là, figée devant elle, muette comme une tombe, ne l’aide absolument pas.

« Tu trouves ça stupide, n’est-ce pas? » s’alarme-t-elle devant l’absence de réaction de l’aînée des Addams. « Oui, c’est stupide. Il n’y a pas de problème. Je vais reprendre les poupées, on efface cet épisode de nos mémoires et on n’en reparle plus jamais. » 

Et, alors qu’Enid fait un geste pour s’emparer des poupées, Mercredi resserre sa prise sur la poupée colorée. En fait, elle la serre contre elle de manière possessive.

La blonde s’immobilise immédiatement, ressentant le prolongement de l’étreinte de Mercredi sur la poupée à travers tout son corps, et savoure le sentiment de plénitude qui accompagne ce geste. Les joues d’Enid rougissent de plaisir. Les deux jeunes filles restent ainsi pendant plusieurs longues secondes, à se fixer, muettes.

« Pourquoi ne viendras-tu pas à la maison durant les vacances? » demande Mercredi. « J’adorerais que tu scandalise ma mère avec l’idée de mettre de la lumière rouge et verte dans le manoir. Ce serait horrifiant. » 

« Tu… tu es sérieuse? » souffle Enid. 

« Et, j’aimerais que tu sois là. » ajoute-t-elle, en chuchotant, moins à l’aise.

L’absence d’Enid lui est insupportable. Mercredi l’a très mal vécue lorsqu’elles s’étaient disputées et que la lycanthrope était allée vivre avec Yoko. Elle peine à imaginer à quoi ressembleront ces deux semaines ; elles lui paraissent comme une longue torture qu’elle n’appréciera pas.

Mais à la place de se perdre dans ces explications, Mercredi lève la poupée jusqu’à sa bouche. Et, sans quitter Enid des yeux, elle vient déposer un baiser sur la joue de la poupée.

Le sourire d’Enid est aussi lumineux que toutes les décorations que Mercredi l’a laissée mettre dans leur chambre. 

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