Chapter Text
Journal personnel de Mace Windu, apprenti Jedi
Je n’en reviens toujours pas… Maître Myr m’a autorisé un congé pour me rendre sur la planète Vudleria afin d’en étudier les us et coutumes. Le Conseil m’a même chargé de cette mission ! Tu parles d’une mission !
Pour moi, c’est un rêve qui se réalise. J’admire Vudleria et son attachement à la République. J’admire ses habitants, en apparence si pacifiques, et qui, au fond d’eux, cachent une révolte permanente. Une révolte si bien maitrisée ; dirigée contre l’injustice ou quiconque qui s’aventurerai à en vouloir contredire leur liberté, république.
Que sais-je de Vudleria ? Tout d’abord, c’est une planète de taille moyenne, a peu près de la même taille que Naboo. Recouvert d’un vaste océan, Vudleria compte deux principaux continents et une myriade d’archipels. Le continent nord de Vudleria est principalement connu pour ses hautes montagnes et ses villes très variées allant de la petite ville commerciale au technopôle, c’est aussi le continent qui abrite la capitale de la planète, Culdri.
Le continent sud est un continent de plaines, de vallées et de cours d’eau, c’est le continent agricole de la planète, les habitations sont regroupées en petits villages où chaque habitant cultive son lopin de terre. Ce continent porte un nom en vudlerian récent, Fulipic, que l’on peut traduire en Basic par « Terre rouge ». En effet, la terre de Fulipic aborde une étrange couleur sang, les légendes vudleriannes veulent que cette couleur soit liée au massacre de Thomasrican, l’unique ville du continent, durant la dernière guerre des Sith. Les morts se comptent en milliers d’habitants…
Les nombreux archipels mélangent l’agriculture du Fulipic et les différentes activités pratiquées au nord. L’agriculture vudlerianne est particulièrement soucieuse de l’environnement et du bien-être animal. Tout sur Vudleria paraît irréel tant le comportement des citoyens vudlerians est exemplaire. L’éducation est la clé de ce système. Ce précepte étant primordial en temps de paix et jamais délaissé par temps de guerre. Si le pain nourrit le corps, la connaissance nourrit l’esprit.
Dès sa plus tendre enfance, le futur citoyen apprend les valeurs démocratiques de la planète, il est éveillé aux questions politiques, aux enjeux de l’agriculture et au respect de l’environnement mais aussi de ses pairs. Le respect animal, environnemental, indissociables du respect humain. Selon les vudlerians, aucun ne sait exister durablement sans les deux autres. Cette éducation est accompagnée d’un éveil aux arts, la pratique d’un art, quelque qui soit, est valorisé par la communauté. L’art permet au citoyen de canaliser ses émotions, comme la méditation aide le Jedi a canaliser les siennes. Canaliser ses émotions et transmettre un message. L’art permet de parler de soi, du vaste monde et de tant de choses que l’observateur peut aussi souhaiter en déduire.
Parler de Vudleria comme un peuple me semble très réducteur. A mes yeux, il est plus approprié de parler de « Nation Vudlerianne » que d’autre chose. Les vudlerians sont incroyablement solidaires, ouverts d’esprits et tolérants (du moment où vous respectez leurs lois). La loi et la liberté font office de religion. Ils agissent à l’unisson, comme si ils avaient leur Force à eux.
C’est une autre particularité de la nation vudlerianne. L’adoration de la loi et la liberté au point de leur vouer un culte religieux. Pour n’importe qui étranger à la planète, cette conception paraît bizarre, voire risible. Pour comprendre cette adoration, il faut étudier l’histoire de Vudleria, une histoire aussi palpitante que passionnante, une histoire qui a porter ses fruits jusqu’à ce jour-là car soutenue pour une volonté collective.
La planète n’a pas toujours été ce paradis galactique. Il y a environ 900 ans, Vudleria était une colonie appartenant à la planète Alderaan, cependant, le gouvernement de la colonie fut confié à un être particulièrement ignoble, incompétent et tyrannique qui fit de la colonie un véritable enfer. La famille royale d’Alderaan fut incapable d’arrêter ce fou dangereux et le peuple n’eut d’autre choix que de se révolter contre le tyran.
Un jeune peintre répondant au nom de Durian Ffend pris la tête de la Révolution un peu par accident. Ayant entendu des rumeurs qu’un massacre allait se perpétré contre les révolutionnaires, le jeune peintre, âgé de 24 ans au moment des faits, monta sur l’une des tables d’un café de la place principale de Culdri et appela le peuple à prendre les armes. Ce n’était pas chose aisée pour le jeune Durian qui présentait, d’après les enregistrements holographiques des quelques rares interventions qu’il ait donné, un certain bégaiement handicapant sa diction mais aucunement sa volonté.
Malgré son caractère franc et passionné teinté d’un certain humour, même si il parvenait à rassembler les foules, il n’était pas en mesure de combattre la tyrannie. Devant les nouvelles de massacres et d’emprisonnements hasardeux, la République galactique décida de réagir par l’envoi d’un chevalier Jedi pour maintenir l’ordre. Bien évidemment, le Jedi pris le parti des foules opprimées et aida la population a chassé le tyran.
Le tyran fut condamné à la décapitation. Voici le seul acte de violence connu commis par les vudlerians. Vudleria, suite à cette révolution, déclara son indépendance et se dota d’un gouvernement démocratique. Le gouvernement fonctionne ainsi : le peuple élit ses représentants (un par district, un district correspond à une ville ou à un village) tous les 4 ans, ce mandat est renouvelable uniquement une fois, les représentants forment l’assemblée Durlan. L’assemblée propose les lois, débat et vote les moins importantes. Les lois les plus importantes, celles dont l’impact sur la population est le plus fort, par exemple la réforme de l’éducation, sont débattues publiquement dans les clubs et sont votées par référendum. Force de loi reste au peuple.
Le peuple garde tout contrôle sur l’assemblée, si un député est reconnu comme n’agissant pas pour le bien du peuple, il doit donner sa démission sinon, les forces de police démocratique viennent l’arrêter et le conduire devant le tribunal du peuple. Le juge suprême est tiré au sort parmi les spécialistes du droit, le jury l’est également mais parmi les citoyens. Le tribunal du peuple se charge de juger les affaires politiques (la corruption est passible de 20 ans de prison ferme, sans possibilité de remise de peine, voire être traduit en trahison selon l’origine de la corruption), les affaires privées (divorce, ventes et etc.). Chaque ville et chaque village possède un palais de justice du peuple. C’est là que se réuni le tribunal du peuple.
L’assemblé Durlan n’est pas la seule autorité politique, le peuple élit également le conseil Yulwan, un collège de 23 membres élus parmi les anciens représentants de Vudleria, les plus intègres et sages. Ce conseil est chargé de s’assurer que les propositions de lois soient conformes à la Constitution. Si une loi n’est pas conforme, le président du Conseil publie un message d’information à la population et demande au rapporteur de la loi de soit modifier sa loi soit de la retirer. En cas de refus, le Conseil Yulwan saisit le Tribunal du Peuple pour une instruction en haute trahison.
Le peuple élit également un président de la République, ce président nomme un conseil ministériel Zulzanzaria. Le président et son conseil sont chargés de faire appliquer les lois, selon la spécialité du ministère, les ministres peuvent soumettre à l’assemblée Durian et au peuple des projets de loi. Tout comme les députés, à tout moment le président et ses ministres peuvent être destitués si le peuple le décide. Afin d’éviter un changement trop fréquent, pour destituer un député ou un ministre ou le président, il faut dans un premier temps que les citoyens se réunissent et vote une mention de censure dans un club (un club par ville et par village). Si 51% des clubs de Vudleria votent une mention de censure contre le représentant, se déclenche alors la procédure de destitution. Une enquête est menée par le conseil Yulwan, si l’enquête démontre la culpabilité du représentant, il est alors destitué. Au vu de la culture démocratique régnant sur Vudleria, cette procédure est très rapide lors des quelques cas de destitutions. Le plus récent cas de destitutions concerne un descendant de Durian Ffend, aggravant le sentiment de trahison du peuple, Gravlan Ffend, frère de l’écrivain Dupije Ffend, il y a 10 ans.
Gravlan Ffend, député, a été reconnu coupable de haute trahison envers la nation en se révélant coupable de corruption en lien avec la Fédération du Commerce. Après sa destitution, il fut condamné par le tribunal du peuple à l’exil. Nous ignorons l’emplacement actuel de Gravlan. L’épisode de tyrannie a marquée la nation vudlerianne, au point que leur plus grande peur est de perdre leur liberté gagnée dans la souffrance, le sang et le sacrifice. Et l’histoire fidèlement, et régulièrement, transmise à chaque génération. Tant à l’école qu’en famille. Une journée de mémoire est consacrée au souvenir du massacre de Thomasrican afin que ce sacrifice ne soit jamais oublié. A la même heure, partout sur la planète, ville ou village, la population se réunie autour d’une cérémonie.
Vudleria est également représenté au Sénat galactique. Le sénateur est élu à vie contrairement aux autres magistrats, il lui est également possible de démissionner s’il estime ne plus être en état de représenter sa nation. En général, les sénateurs vudlerians sont élus aux alentours de 25 ans et démissionnent de leur propre chef aux alentours de 60 ans afin de laisser la place à la jeune génération. Malheureusement, les sénateurs vudlerians sont souvent ignorés voire moqués par les autres, cela m’énerve. Comment peut-on rire de mesures favorables aux citoyens ? Se moquer d’une politique généreusement collective, savante et respectueuse ?
Ce n’est pas tout, l’argent est quasiment inexistant sur Vudleria. On paye en service, les échanges se basent sur les compétences de chaque citoyen sauf lorsqu’il n’est pas possible comme dans les boulangeries ou encore les grandes surfaces. Chaque service échangé sur Vudleria renforce la solidarité entre les citoyens. A leur majorité (18 ans) les jeunes vudlerians doivent effectuer un tour de la planète pour rencontrer les différents peuples vivants sur la planète. Ce Grand Tour s’effectue par petits groupes d’une dizaine de jeunes gens issus de la même ville ou du même village, leur voyage dure environ un an. Une maison ‘’commune’’ leur est destinée dans chaque district.
A l’issue de ce voyage, les futurs citoyens passent un examen pour savoir ce qu’ils ont retenus de ce Grand Tour. Dans 100% des cas, les jeunes vudlerians obtiennent leur citoyenneté après ce test. Résultat de ce voyage, les crimes de haine n’existent quasiment pas sur Vudleria. Il existe malheureusement quelques cas de meurtres haineux mais ces cas sont sévèrement punis par le tribunal du peuple.
C’est pour ces raisons que j’aime Vudleria. Pour le temps de mon séjour, je serai hébergé chez Dupije Ffend et sa famille.
J’ai cru avoir mal entendu quand maître Yoda me l’a annoncé. Dupije Ffend est mon écrivain préféré ! Ses romans sont principalement policiers mais il lui arrive de changer de registre de temps en temps. Sa fille, Exzila, est championne galactique de tir à l’arc laser, en même temps c’est une discipline nationale sur Vudleria. Elle est très jolie également…
Hâte de voir comment va se passer ce séjour…
Le vaisseau de transport se rapproche de la surface de la planète. Le jeune apprenti Jedi Mace Windu est de plus en plus excité. Sur la planète, une jeune fille de 16 ans, les cheveux longs bouclés châtains foncé tombant sur ses épaules, portant une tunique bleu-turquoise par-dessus un pantalon de la même couleur attendait sagement à l’astroport.
Son excitation est à son comble, pour la première fois elle allait rencontrer un Jedi. Sa démarche laisse à penser qu’elle danse à chaque pas, elle approche la zone de débarquement. La jeune fille se nomme Exzila Ffend et c’est une double célébrité sur Vudleria. Célèbre par sa famille, Exzila est la descendante du fondateur de la civilisation vudlerianne, fille de l’écrivain multi-récompensé Dupije Ffend et célèbre par son exploit : championne galactique de tir à l’arc laser.
Exzila ne manque jamais sa cible. Une caractéristique qui interroge, les mauvaises langues d’autres planètes parlent de tricheries. Sur Vudleria, cela est vu comme un don de la nature ou la récompense d’un long et studieux entraînement. Tout comme les vudlerians, Exzila pratique un art, elle excelle dans le chant, c’est d’ailleurs elle qui, chaque année, interprète les chants de la Libération durant les Fêtes de la Liberté. Ce qu’elle prend comme un grand honneur et qu’elle prépare avec soin en préparant grande attention à ses cordes vocales toute l’année.
Le vaisseau de transport fini par se poser, la passerelle s’abaisse et Mace Windu se dépêche de gagner le quai de débarquement. Avec sa tunique et sa bure de Jedi, difficile pour le jeune Mace de passer inaperçu aux yeux d’Exzila. La jeune fille s’approche de lui.
« Mace Windu ? Demande Exzila dans un grand sourire.
- ¬Oui c’est moi. Répond le jeune jedi avec le même sourire.
- Enchantée de faire ta connaissance. »
Autre caractéristique de Vudleria, le vouvoiement n’existe pas dans la culture vudlerianne, le tutoiement permet de marquer l’égalité de chaque individu entre eux. Les seuls vudlerians à pratiquer le vouvoiement sont les sénateurs de Vudleria au sein du Sénat où c’est une marque de politesse.
« Enchanté également.
- C’est une grande première pour ma part, je n’ai jamais rencontré de Jedi avant toi.
- Pour moi également c’est une grande première, je n’ai jamais rencontré de vudlerians avant toi.
- Même pas le citoyen-sénateur Duzi ? S’étonne Exzila.
- Je n’ai pas encore eu la chance de le rencontrer. » Avoue Mace.
Il est également courant dans la culture vudlerianne de mettre le mot ‘’citoyen’’ devant un titre, une fonction, afin de rappeler le principe d’égalité des citoyens. Beaucoup de citoyens de la République trouvent cette pratique étrange, Vudleria est vue à la fois comme un objet de fascination et son peuple presque épié comme des animaux dans un zoo. Mais les vudlerians n’y prêtent pas attention… Le regard des étrangers n’a aucune incidence sur la culture vudlerianne et pour cause : le peuple vudlerian s’en est libéré avec sa Révolution.
Mace et Exzila quittent enfin l’astroport et remontent le long de la rue principale de Culdri, la capitale. La rue Durian est longée de boutiques, de musées et autres ateliers d’artistes, juste à côté de l’astroport, un hôtel pour accueillir les visiteurs de passages. En plus d’être le centre névralgique de la vie politique vudlerianne, Culdri est également un centre touristique très important. Le théâtre de la ville est construit au pied d’une des deux montagnes qui entourent la ville. Le bâtiment le plus haut de Culdri, qui se voit même à plusieurs kilomètres de distance est le Temple de la Raison, le centre religieux de la ville où, chaque semaine, est rendu le culte à la gloire de la déesse Liberté. Les bâtiments sont bâtis d’une pierre blanche parfois repeinte. Les couleurs ont une signification très importante dans la culture vudlerianne, le turquoise, couleur portée par Exzila, par exemple, est la couleur associée à la Liberté. Ainsi lors des Fêtes de la Liberté, tous les citoyens et toutes les citoyennes sont vêtus de turquoise. Le noir est la couleur des activités politiques, le jaune la couleur du deuil, le vert couleur de l’espoir, le rouge celle de la passion et etc.
Le jeune apprenti Jedi et la jeune fille se dirigent vers un bâtiment imposant, adossé au Temple de la Raison. Ce bâtiment est le lieu qui accueil le Club des Orateurs, un haut lieu philosophique et politique de Vudleria. Chaque ville, chaque village possède un Club des Orateurs. C’est dans ce club que les jeunes citoyens et citoyennes sont initiés à la vie politique et au débat. Le Club des Orateurs ne doit pas être confondu avec le Club, le lieu de réunion du peuple pour certaines actions importantes.
« Bienvenue au Club des Orateurs Mace, j’ai été chargée par l’assemblée d’observer le niveau d’éducation galactique et de noter les inégalités que j’ai pu remarquer afin de proposer une solution pour pallier à ces inégalités. Je dois présenter le résultat de mon étude. C’est mon tout premier discours. Explique Exzila. En plus, mon passage sera noté par mon professeur.
- Et tu fais des études de quoi ? Demande Mace en montrant son intérêt.
- Sciences politiques. J’envisage une carrière politique afin de réparer les tords qu’à causer mon oncle mais aussi par besoin d’être utile à mon peuple. J’aimerai bien devenir sénatrice un jour.
- Même si cela signifie d’être ouvertement méprisé par les autres sénateurs ?
- Je suis prête à affronter ce mépris.
- Tu es très courageuse. Tu pourrais être une Jedi. »
Un tel compliment fait rougir la jeune Exzila. Mace use discrètement de la Force pour ouvrir la porte à la jeune fille.
« Merci. » Répond Exzila toujours aussi rouge.
Mace s’incline devant Exzila tout en lui tenant la porte avant de la suivre dans le bâtiment. Mace est étonné de voir que l’intérieur du bâtiment reprend le même code architectural et décoratif que le Sénat de la République. C’est une copie parfaite… En miniature.
« Je suppose que tu as déjà visité le Sénat. Lance Exzila à Mace.
- Oui avec maître Myr.
- Tu ne risques pas de te perdre alors. » Répond Exzila sur un ton blagueur accompagné d’un clin d’œil.
Exzila continue de longer le couloir sur quelques mètres avant de s’arrêter devant la loge de l’Université en Sciences Politique de Culdri. Mace ne peut l’accompagner, il se contente de rester au bord et d’assister à la séance en s’appuyant contre le mur. La séance débute par le traditionnel serment de fidélité à la constitution et à la République, le serment est prononcé en langue vudlerianne dite « ancienne ». L’ancien vudlerian est une langue particulièrement complexe, pratiquement intraduisible en basic. Cette langue fut conçue par les révolutionnaires pour communiquer en secret afin de ne pas être arrêté par les forces de police. Lorsque Vudleria fut invitée à rejoindre la République, la population s’adapta et adopta un nouveau langage, moins complexe, traduisible pour l’ensemble de la galaxie : le vudlerian récent. L’ancien n’est aujourd’hui plus utiliser que pour les serments lors des cérémonies et autres réunions à titre cérémonial. Le culte de la Liberté reprend également le vudlerian ancien. Une autre façon de poursuivre le devoir de mémoire des sacrificés en maintenant la langue de cette génération vivante dans une part représentative de la vie du peuple.
Une fois le serment terminé, la présidence, un homme et une femme, donne la parole à l’Université de Sciences Politiques. Exzila s’avance jusqu’à la tribune et débute son discours.
« Citoyennes, citoyens. Vénérable assemblée, tu m’as confiée la noble tâche d’observer à échelle galactique le système éducatif de la République. De mon étude, ressors un manque de moyen important, une perte de confiance des enseignants envers la République et une méfiance grandissante des enseignants par les parents d’élèves. En effet, la République Galactique semble davantage se préoccuper de questions économiques que du Savoir de ses citoyens… »
Le discours d’Exzila s’étale sur une heure et demie. Tout au long de ce discours, Mace est estomaqué par les remarques d’Exzila. Elle n’a jamais quittée Vudleria mais a compris ce que Mace voyait dans ses déplacements aux côtés de son maître. A chaque solution proposée par Exzila, Mace se surprend à approuver d’un geste de la tête.
A la fin du discours, Mace applaudi de toutes ses forces. Il en est persuadé : Exzila est appelée à devenir la future sénatrice de Vudleria au Sénat de la République. Si notre jeune Jedi était citoyen de Vudleria, il voterait pour elle !
« Belle et intelligente… Si seulement je n’étais pas… » Pense Mace.
Quoi ? Serait-ce possible ? Non… Il s’entraîne depuis ses 6 mois au Temple Jedi, c’est impossible que Mace puisse être amoureux. Surtout d’une jeune fille dont il vient à peine de faire la connaissance ! Mais pourtant… A chaque mot qu’Exzila prononce devant l’assemblée du Club des Orateurs, Mace reconnaît le fond de sa pensée.
Jusqu’à présent, Mace se doit de refouler ses idées politiques pourtant en accord avec la philosophie Jedi. Son maître lui reproche son manque de recul sur les événements, une tendance à s’emporter, à ne pas se contrôler. Mace est un jeune Jedi prometteur mais un peu trop passionné. Il le sait pertinemment, il doit prendre du recul, un vrai Jedi n’agit jamais sur le coup d’une émotion.
C’est cette manie qui avait fait émettre des craintes à maître Myr lorsque le Conseil Jedi avait confié à Mace la mission d’observer Vudleria. Mace est vudlerian de cœur, plongé dans une culture semblable au jeune homme ne risquait pas de le calmer.
Lorsque la réunion se termine, Mace se dépêche d’aller vers Exzila pour la féliciter. Les joues du jeune homme prennent une teinte plus sombre qu’à son accoutumée.
« Exzila ! Je… Euh… »
Pour la première fois Mace se retrouve incapable de trouver ses mots. Exzila esquisse un sourire sincère qui trouble encore plus Mace.
« Si c’est pour mon discours, on en parlera en chemin tu veux ? J’ai séance de tir à l’arc laser et on est loin d’être en avance ! »
Mace acquiesce d’un mouvement de tête et laisse Exzila prendre la tête pour le guider jusqu’au centre d’entraînement à moins de 500 mètres du Club des Orateurs. En chemin Mace tente de complimenter Exzila sur son discours mais les mots ne lui viennent pas, par défaut, il lui pose alors une question :
« Ton discours était très juste, tu sais… Je voyage depuis quelques temps avec mon maître à travers la galaxie et c’est ce que je peux observer chaque jour. Comment as-tu réalisé ton discours ?
- Je suis ravie que tu me poses la question. Vudleria possède un excellent système d’information, de nombreux journalistes sont envoyés secrètement un peu partout dans la galaxie. Je me suis basée sur les articles de Ru Zal, rédacteur en chef du Quotidien de Culdri. Il s’est infiltré dans 10 écoles différentes dans la galaxie et son enquête a durée presque 3 ans. Je pense que tu pourras le consulter à la bibliothèque de Culdri. »
Le centre d’entraînement est un gigantesque bâtiment tout en longueur, aux murs rouges. Mace est impressionné, Exzila remarque son air d’étonnement et souris, amusée. La jeune fille s’engouffre dans les vestiaires, Mace attends sagement devant la porte en profitant de ce temps d’attente pour jeter un œil dans l’immense salle d’entraînement. Une vingtaine de cibles sont fixées au mur sur la gauche du jeune Jedi, sur sa droite presque autant de vudlerians attendant le début de l’entraînement. Pendant ce temps, Exzila échangeait sa tunique citoyenne pour une chemise sportive de la même couleur que sa tunique, portant les armoiries de la famille Ffend : un pinceau peignant dans un livre accompagnée de la devise familiale inscrite en vudlerian ancien et récent qu’on pourrait traduire par : « Amour, Liberté, Joie et Savoir sont le socle de l’unité ».
Une fois sa chemise bien en place, Exzila enlève son pantalon pour un short dans un tissu semblable à la chemise (un tissu conçu pour le sport absorbant la sueur). La jeune vudlerianne se dirige alors vers le fond des vestiaires pour se rendre au casier où elle récupère son carquois de flèches à pointe laser et la boite contenant son arc. Les arcs vudlerians ont la particularité d’être pliables, les rendant plus discrètement transportables. Cette caractéristique liée à celle d’être indétectable aux contrôles a fait de l’arc l’arme privilégiée des révolutionnaires.
Bien armée, Exzila quitte le vestiaire pour se rendre dans la salle d’entraînement sous le regard attentif de Mace. Lèvres pincées, le jeune Jedi tente d’exercer son vudlerian récent pour déchiffrer la devise inscrite dans le dos d’Exzila. Sur son temps libre, au Temple, Mace apprend comme il peut la langue de Vudleria mais rencontre de nombreuses difficultés dans son apprentissage, l’absence de vudlerians dans son entourage y est sûrement pour quelque chose. Le vudlerian récent est une langue qui s’acquiert par la pratique.
La salle est immense, le terrain central est entouré d’arcades, le tout forme un ovale, le sol est recouvert de sable. Exzila ajuste un étrange bracelet le long de son poignet gauche tout en allant prendre sa place entre ses camarades. Mace s’appuie contre l’une des arcades pour observer la séance. Les archers, tous du même âge qu’Exzila, ne restent pas de glace devant l’apparition du jeune jedi. Des murmures parcours la salle, l’instructeur dit un mot en vudlerian et les jeunes gens se taisent. Exzila déplie son arc dans un geste vif. L’instructeur donne un autre ordre dans la langue de la planète et les archers se mettent tous en ligne, face aux cibles. Dans un geste parfaitement synchronisé, tous saisissent une sorte de capsule sur l’étrange bracelet dont la matière semble être du cuir végétal. Ils placent la capsule sur la petite encoche de l’arc. Ils tendent la corde et…
La flèche laser se déploie alors de la capsule. L’instructeur ordonne aux archers de tirer, ils relâchent alors la corde. Et recommence la même procédure jusqu’à l’épuisement du bracelet. Mace est impressionné par la discipline dont font preuve ces jeunes gens et comprend ainsi comment les vudlerians ont pu être aussi réactifs lors de la Révolution. Cette même discipline qui s’impose dans la pratique de ce sport semble s’être imposée dans leurs esprits. Mace se concentre, non pas par volonté collective ou imposée par le gouvernement ; ni même par le club d’entraînement ; mais simplement par la compréhension de la nécessité ; pour la sécurité de tous, et cela, par les années, est devenu réflexe pour tout tireur. Ce qui n’empêche Mace de noter que c’était d’esprit vudlerian d’être prédisposé à la discipline par le calme de leur environnement.
Effectivement, avec une telle arme indétectable, impossible de riposter pour les troupes du gouverneur. La séance dure pendant une heure et demie. Exzila ne rate pas une seule fois sa cible. Toujours en plein milieu. Mace s’interroge. Est-ce le fruit d’un long entraînement ou autre chose ?
La séance terminée, Exzila récupère ses flèches lasers, une nouvelle fois, une dernière, Mace admire le geste ainsi la flèche qui se rétracte dans la plume qu’ensuite Exzila replace à son bracelet. Mace ne peut s’empêcher, un fugace instant, de voir la flèche laser comme un mini-sabre de forme différente. Exzila part prendre une douche avant de remettre sa tenue civile. Pendant ce temps Mace attend sagement son retour.
Exzila changée, la jeune vudlerianne rejoint le jeune Jedi. En quittant le centre d’entraînement, le soleil est bien bas sur la ligne d’horizon, Exzila conduit aussitôt Mace chez elle. La maison Ffend se situe en bordure de la ville, c’est une immense bâtisse très ancienne et typique de l’architecture vudlerianne dans le domaine de l’habitat.
Deux immenses colonnes soutiennent un fronton décoré représentant ici Durian Ffend prêtant serment sur la constitution en tant que premier président de Vudleria. Les colonnes sont finement décorées de sculptures de fleurs grimpantes s’enroulant autour de la colonne. Le toit en pointe donne un air de ressemblance avec un temple antique à la résidence. Le bâtiment est fait d’un marbre vudlerian gris clair, le coucher de soleil fait ressortir les reflets jaunes du marbre vudlerian.
Exzila fonce alors vers le mur, Mace s’exclame :
« Attention le mur !!! »
Alors qu’Exzila n’est plus qu’à quelques centimètres du mur, une porte se dessine dans le dit mur et coulisse pour permettre à Exzila d’entrer, pour la plus grande surprise de Mace. Celui-ci, estomaqué, s’arrête net… puis se dirige plus calmement vers le même endroit, espérant qu’Exzila n’ait pas saisi sa réaction. Tout à ses pensées, il cherche une excuse au cas où… Mace ne perçoit pas la petite vibration dans le mur… La Force joue parfois des tours surtout quand on se déconnecte d’elle, la porte se remet en place. Mace se prend aussitôt le mur et lâche un juron. En entendant le juron, Exzila réparait dans l’encadrement de la dite porte, inquiète.
« Ça va ? J’aurai dû te prévenir concernant la porte ! Pour l’habitat, afin de limiter les risques de cambriolage même si ils sont très faibles hein, le système d’ouverture et de fermeture des portes est basé sur un système télépathique. Afin que la porte s’ouvre il faut que le système puisse détecter ton désir d’entrer et tes intensions. Tu étais dans tes pensées ? »
Mace répond d’un simple hochement de tête tout en se tenant le nez. Exzila s’approche.
« Montre-moi ça. »
Mace enlève ses mains, un filet de sang s’écoule depuis son nez vers son menton. Exzila entraîne alors Mace à l’intérieur. Le hall d’entrée de la maison Ffend est immense. Le sol est fait d’un bois poli, sans doute un bois vudlerian d’un marron très sombre, les murs sont recouverts de fresques retraçant l’histoire de la famille. Mace identifie parmi les peintures, une œuvre de Durian Ffend. Une œuvre importante dans l’histoire de vudleria : Rum in Vaala (Les lois de la Liberté en vudlerian récent), un tableau représentant le combat de la déesse Liberté contre la Tyrannie.
Face aux deux jeunes gens, un immense escalier fait du même bois que le sol donnant accès à un palier qui donnait sur deux portes. De la porte de gauche sort un homme immense, aux cheveux noirs de jais bien coiffés, coupés courts, à la barbe noire très fournie qui s’arrête à la taille de l’homme, des yeux verts brillants témoins d’une personnalité forte et rieuse. L’homme porte la même tunique que sa fille, hormis que la sienne est de la couleur associée aux arts écrits : le beige. Mace reconnait cet homme. Il s’agit de l’auteur multi-récompensé Dupije Ffend, le père d’Exzila.
« Alaa (Papa), peux-tu aller chercher de quoi soigner notre invité ? Mace a heurté le mur et son nez saigne.
- Je reviens immédiatement Zaala (ma fille). »
Dupije Ffend fait aussitôt demi-tour et repasse la porte. Le temps que le père d’Exzila amène ce qu’il faut pour soigner le jeune Jedi, la jeune fille s’approche de lui pour examiner sa blessure. Le visage de la jeune vudlerianne n’a jamais été aussi proche de celui du jeune Jedi. Mace en profite pour observer en détail les traits de sa jeune hôtesse. Malgré un nez en piteux état, l’odeur délicate, douce et sucrée, d’Exzila remonte dans les narines de Mace.
Elle a la même odeur que les fleurs de Saals. Remarque Mace.
La fleur de Saals est une fleur native de Vudleria, de couleur rouge pâle, aux pétales en forme de cœur et dont l’odeur enivrante est reconnue à travers toute la galaxie. C’est aussi une plante très prisée pour ses vertus médicinales, en effet, la fleur de Saals est utilisée dans les médicaments contre les migraines. Certaines personnes l’utilisent également dans la préparation de filtre d’amour. Mace aime beaucoup cette fleur autant que l’exemplaire humain qu’il a en face de lui.
Exzila examine attentivement la blessure du jeune homme, encore gênée par cet accident. Sentant le regard de Mace sur elle, elle lève le sien vers les yeux de Mace. Au moment même où le regard de Mace croise celui d’Exzila, tous deux sentent leur rythme cardiaque se modifier, Exzila a l’impression d’avoir les joues en feu, Mace observe un rougissement chez Exzila, un très joli rougissement. Inconsciemment, tous deux rapprochent leur visage. Les lèvres d’Exzila ne sont qu’à quelques centimètres de celles de Mace.
C’est à ce moment même que Dupije Ffend renvient avec le nécessaire pour soigner le nez blessé de Mace. En voyant sa fille aussi proche du jeune Jedi, l’écrivain esquisse un sourire.
« Je constate que notre jeune invité te plaît bien Exzila…
- Alaa… Je… Euh… »
L’ensemble du visage d’Exzila prend une teinte rouge vive sous l’effet de l’embarras. Un woosh indique au trio que la porte de la maison Ffend s’est ouverte, en se retournant Mace voit une grande femme (au moins 1m 80), les cheveux courts formant un élégant carré, aussi bouclés et bruns que ceux d’Exzila, des yeux bleus perçants, la taille fine, des jambes qui ne semblent pas en finir, faire son entrée. En voyant la scène d’un jeune Jedi au nez en sang en compagnie d’Exzila et de Dupije, la femme lève un sourcil étonné.
« Que se passe t-il ici ? Demande la femme avec un accent assez étrange que Mace ne parvient pas à identifier.
- Mareva, ma chérie. Ce qui se passe, c’est que notre fille adorée est coupable d’avoir laissé ce pauvre apprenti Jedi se faire avoir par le système d’ouverture télépathique de notre porte. » Répond Dupije avec un rire tonitruant.
Les joues d’Exzila rougissent encore plus. L’air d’étonnement de madame Ffend s’efface pour laisser place un sourire attendri pour Mace.
« Excuse notre fille, jeune Jedi. Exzila est un peu étourdie. J’accuse le contrecoup de ses examens. Dit Mareva Ffend d’une voix douce.
- Je suis vraiment désolée. » Répond Exzila désolée.
Exzila prend alors le nécessaire de soin des mains de son père et commence à réparer les dégâts provoqués par la porte sur le nez de Mace. Elle commence par éponger le sang du visage du jeune jedi. Toujours taquin, Dupije observe sa fille à l’œuvre, et ajoute :
« Et dire que c’est notre grande fille si talentueuse qui s’est occupée des réglages d’accès… »
Recevant un coup de coude signifiant, que ce n’est pas le bon moment, de son épouse. Celle-ci l’invitant plutôt à porter les collations d’accueil sur leur terrasse. Pendant ce temps Exzila termine de soigner Mace. Au cours du soin, Mace en profite pour plonger dans la Force, Exzila lui apparaît comme une source de chaleur bienfaisante. Elle est comme un aimant attirant Mace. Lorsqu’Exzila termine le soin, Mace ressort brutalement de sa plongée dans la Force au point de manquer de basculer en avant.
Dupije et Mareva Ffend invite les deux adolescents à passer sur la terrasse, Mace est ébloui par le paysage celui d’un jardin très fleuri comportant un tunnel de fleurs de Saals le long de la rivière qui coupe le jardin en deux parties, un petit pont en bois vudlerian peint en blanc et rouge enjambe le cours d’eau. Les parents d’Exzila invitent le jeune jedi à s’installer à la table installée sur la terrasse en fleurabéton, un béton végétal composé d’un mélange de plusieurs plantes vudleriannes. Mace s’assoit sur l’une des chaises ouvragées en fleuracier, acier végétal, vert. Exzila s’installe juste à côté de lui, ses parents justes en face.
« Bien… Fait Dupije en étendant ses jambes sous la table. Parle-nous un peu de toi Mace.
- Je… Euh… »
Le jeune Jedi se sent gêné, il n’est pas habitué.
Dupije reprend la parole, amusé et d’humeur taquine :
« Dis-moi jeune Jedi, la curiosité à besoin d’être satisfaite. Mais j’ajouterais que quelque soit la réponse, elle restera entre nous et ces murs. En effet, je pensais que l’entrainement Jedi ne laisserait pas une seule chance à une porte automatique de tenter de briser le nez de l’un des vôtres …
- Rah la la , Dupije, dirait-on que tu es d’humeur a taquiner chacun voir à mettre notre invité dans l’embarras chéri.. Ce n’est pas très digne d’un grand hôte comme toi. »Mareva, contente de pouvoir enfin caser un peu de pitrerie contre son époux.
Exzila rougie un peu plus avant de se cacher le visage entre ses bras.
« Et il n’y pas que notre invité qui soit embarrassé. Continue Mareva.
- Alaa… Supplie Exzila.
- D’accord, d’accord. Fait son père en agitant la main. Ne parlons plus de la porte. »
Mace prend son verre, curieux et bois une gorgée… Qu’il recrache aussitôt. Dupije s’effondre à nouveau de rire tandis que sa femme se confond en excuse. En effet, le verre de Mace contient une boisson typique de Vudleria alcoolisé, or Mace n’a jamais bu d’alcool, ce qui se devine aisément à cette réaction spontanée.
« Désolé Mace, si tu me permets de t’appeler par ton prénom. Car jeune Jedi me parait trop impersonnel et distant. C’est là, une boisson traditionnelle de notre planète et, par tradition également, c’est la première boisson que l’on offre à nos invités lors de leur toute première visite. . J’aurais sans doute dû t’en parler, t’avertir … Mais quels évènements malencontreux m’ont distrait et ma petite tête est passé à autre chose. » Reprend Dupije tout en versant de l’eau dans un grand verre qu’il tend ensuite à son invité, tout sourire, se voulant rassurant et amical. « D’ailleurs, j’y fais référence dans mon tout premier écrit, un peu de fierté de ma part, j’en conviens. Je vante les qualités de mon monde par excès d’amour et de reconnaissance pour celui-ci. Mais je dis cela, j’ignore même si tu connais un de mes écrits, ils ne doivent pas aller aussi loin que cela dans la galaxie. De ce fait, tu ne peux être informé de ces menus détails. »
Mace acquise de la tête, buvant une gorgée d’eau.
« Ne t’inquiètes pas. Murmure Exzila à Mace. Il m’a fait le même coup pour mes quatorze ans, je pensais boire un verre d’eau alors que c’était de l’Inversean. »
Se sentant moins seul, Mace se détend.
Mareva, l’ouïe fine, surprend la confession de sa fille, sourit et lève son verre :
« A la santé de notre invité si charmant et patient. Nos traditions peuvent parfois paraître étranges pour quelqu’un d’une autre planète mais je te rassure Mace, nous-mêmes sommes parfois surpris de nos propres réactions. Exzila, ici présente, si grande et forte qu’elle soit aujourd’hui, à également eu du mal avec son premier verre lors de la fête de son quatorzième anniversaire. Figure toi qu’elle a tout bonnement arrosé son père lui faisait face et venait de l’inviter à boire son verre cul-sec ! Il en a été tout surpris et est resté bouche bée pendant que notre petite Exzila ressemblait étrangement à une cracheuse de feu … Je me souviens que j’ai eu quelques instants d’hésitations pour savoir duquel des deux je devais m’occuper en premier, pour finalement rire de chacun d’eux pour ce tour. Ah les souvenirs, qu’ils sont tendres et émouvants. C’est toujours une joie de partager ces moments d’émotions.
- En parlant de planète, d’où viens-tu Mace ? Si tu n’es pas né sur Coruscant. Demande Exzila.
- Harrun Kal. Répond Mace.
- Harrun Kal ? Répète Dupije. C’est marrant, c’est le lieu de mon prochain roman !
- Ah oui ? S’amuse Mace.
- Oui, mon personnage de Zur’al Devas ira se balader au milieu de la jungle. Un meurtre dans d’étranges circonstances au milieu des gôshs korunnai. Par contre, ce qui me chagrine, je n’arrive pas à trouver énormément de renseignement concernant la culture korun. Se désolé Dupije. J’aime mettre le plus d’informations possibles, et réalistes surtout, concernant les différentes cultures que Zur’al rencontre dans mes livres. Si ça permet à mes lecteurs d’ouvrir un peu plus leur esprits aux autres cultures, j’aime à penser qu’à chaque fois un lecteur ou une lectrice apprend quelque chose grâce à mes romans, je remporte une victoire contre l’ignorance et la haine.
- C’est un point de vue très intéressant. Répond Mace, pensif. Si vous… euh… Pardonnez-moi, je n’arrive pas à tutoyer un adulte. J’espère ne pas vous insultez en vous vouvoyant.
- Je comprends. C’est toujours compliqué pour quelqu’un des mondes du noyau de se faire à notre tutoiement culturel. Ne t’en fais pas Mace, vouvoie-moi si ça t’aide.
- L’an dernier j’ai passé quelques temps avec mon gôsh pour apprendre le lien avec les chiens akk, j’ai beaucoup appris sur les traditions du clan. Je peux vous aider pour votre roman.
- J’en serai ravi Mace ! S’enjoue Dupije. Je demanderai à mon éditeur de te mentionner sur la couverture pour ton aide précieuse ! Et promis, cher ami, je ne te taquinerais plus sur cet incident passé, laissons le passer aux oubliettes. »
Les joues de Mace prennent une teinte plus sombre puis murmure :
- Parce que les oubliettes existent ici ? » Pensant ne pas avoir dit cela à voix haute, Mace s’étonne d’entendre rire Exzila. Celle-ci explique alors que même si cela ne porte pas forcément ce nom là sur Vulderia, cela se traduit ainsi mais n’a pas la même utilité non plus. Etant à la fin de journée, Exzila propose a Mace de faire le tour du propriétaire pour lui montrer l’appartement qui lui est réservé le temps de son séjour, ce qu’il accepte rapidement, heureux de pouvoir se reposer rapidement après le repas.
La chambre d’ami dans laquelle Mace va résider pour son séjour est une pièce très minimaliste comme le reste de la maison Ffend, l’aménagement des quelques meubles décorés laisse une impression d’un certain luxe. Un luxe entièrement artificiel. Le lit à baldaquin est sculpté en bois vudlerian clair et orné de motif fleuri. Hormis le lit, la chambre continent un chevet avec un livre posé dessus. En regardant attentivement, Mace remarque le livre (sans doute placé ici par Exzila ou par ses parents) concerne les légendes vudleriannes. De nombreux tableaux sont accrochés aux murs, la fenêtre donne sur le jardin. En plus du lit et du chevet, la chambre contient deux vitres mettant en avant l’histoire de la famille Ffend. En observant l’une des deux vitres, Mace est surpris de reconnaître un objet. Un holocron.
Qu’est qu’un holocron fait ici ? Les vudlerians ne sont pas particulièrement connu pour être un peuple très sensible à la Force… Mis à part peut-être le peuple des êtres aquatiques qui vivent dans les océans. Mais le Peuple de l’Eau n’utilise pas la Force comme les Jedi, ils sont davantage comme les Barbottants, passifs dans la Force. Voyant que madame Ffend l’observe par l’encadrement de la porte, Mace s’empresse de lui demander.
« Excusez-moi madame mais… Qu’est qu’un holocron fait ici ?
- Ah… Dit madame Ffend dans un grand sourire. Ceci n’est pas un holocron Jedi mon cher Mace. C’est un testiaudio.
- Un quoi ?
- Un testiaudio. Ce sont des enregistrements audio parfois même vidéo d’événements jugés important par un citoyen vudlerian. Ce que tu vois dans cette vitre c’est le testiaudio de Durian Ffend, il garde la trace du discours du Durian. Veux-tu le voir ?
- Ça serait très intéressant. »
Mareva Ffend entre dans la chambre et avance vers la vitrine, prend le testiaudio et l’active. Tel un holocron Jedi, l’objet s’ouvre et active un hologramme de Durian Ffend.
« Citoyens, je suis porteur de bien mauvaises nouvelles ! »
Mace regarde et écoute ébahi Durian faire son célèbre discours qui déclencha la Révolution vudlerianne. Une fois le testiaudio ayant terminé de livrer son secret, il se referme et Mace se tourne vers Mareva.
« Vous faites quoi dans la vie madame ?
- Je suis professeur d’Histoire de l’Art à l’université de Culdri.
- Pardonnez mon indiscrétion mais… D’où venez-vous exactement madame Ffend ? Votre accent m’est inconnu. »
La mère d’Exzila esquisse un sourire :
« Pour tout te dire Mace, en réalité, ma mère est issue du Peuple de l’Eau. J’ai passée une grande partie de mon enfance au sein de la ville Dulacus.
- Vous connaissez la Force ? Je sais que le Peuple de l’Eau a un lien particulier avec la Force.
- Oui, je baigne littéralement dedans depuis toute petite. Répond Mareva dans un éclat de rire. Une chose est frappante, je pense que tu l’as remarqué à ton arrivée. Seuls le Peuple de l’Eau et les hybrides comme moi sont sensibles à la Force sur Vudleria, c’est assez étrange.
- Oui, en effet. Pourtant les habitants de la surface sont tous issus d’espèces sensibles à la Force sur leurs planètes d’origines.
- Mes professeurs d’observance de la Force ont émit quelques hypothèses pour expliquer cette absence mais aucune ne m’a jamais réellement convaincue... Le Peuple de l’Eau pense qu’il existe des Nexus de Force dans la galaxie. Certaines planètes seraient puissantes dans un côté ou l’autre de la Force. Vudleria serait l’un des Nexus du côté lumineux de la Force. Seuls les êtres issus d’espèce natifs de la planète pourraient être sensibles.
- Ça serait en lien avec la planète même ? S’étonne Mace.
- Oui, ça serait logique quelque part. L’espèce native de Vudleria étant le Peuple de l’Eau, ça explique pourquoi seul le Peuple de l’Eau est sensible à la Force. Hormis quelques espèces animales.
- Des animaux sont sensibles à la Force ici ?
- Oui. Si tu veux, demain Exzila te le fera découvrir.
- Volontiers. J’ai hâte de voir ça. »
Madame Ffend sort alors de la chambre laissant Mace seul. Le jeune apprenti Jedi soupire tout en regardant par la fenêtre, un sourire aux lèvres. Son séjour sera mémorable !
---
Le lendemain matin,
Mace se lève facilement, les rayons du soleil chauffe doucement les joues du jeune homme. Aussitôt levé et habillé, Mace retrouve la famille Ffend dans la salle à manger pour le petit déjeuner. Exzila échange avec son père concernant le programme de la journée.
« Pour commencer, je pense que je vais l’emmener à la découverte des cotuminus. »
A l’entrée du jeune Jedi, Exzila lui accorde un grand sourire. Les regards des deux adolescents se croisent comme les connectant sur l’instant. Mace vient s’asseoir juste à côté d’elle.
« Bonjour. Dit Exzila de sa voix douce à son jeune invité.
- Bonjour. Répond Mace tout en prenant sur la table son nécessaire pour déjeuner.
- Dit Mace. Connais-tu les cotuminus ? Lui demande timidement Exzila.
- Non. Répond franchement le jeune Jedi.
- Et bien, tu vas découvrir. Répond Dupije de sa grosse voix.
- Ah bon ? Demande d’un ton légèrement craintif Mace.
- N’écoute pas mon mari ! Répond Mareva Ffend. Il dit ça pour t’embêter. Les cotuminus sont une espèce d’oiseaux de Vudleria assez particulier.
- S’il te plaît Mareva, ne lui gâche pas le plaisir de la découverte !
- Taceonas Dupije ! Deseros tranquilum ourst hostis. Rouspète madame Ffend.
- Qu’est que ta mère a dit ? Demande Mace à l’oreille d’Exzila.
- Tais-toi Dupije. Laisse tranquille notre invité. Traduit Exzila d’un ton très calme. Si tu veux, je peux t’aider à apprendre le vudlerian récent.
- Euh… Oui, je veux bien. Répond Mace avec un sourire aux lèvres.
- C’est naturel. »
Exzila accorde un clin d’œil au jeune jedi. Le repas terminé, Exzila emmène Mace au dehors de la maison. Les deux jeunes adolescents remontent les rues de Culdri dans une direction différente de la veille. En chemin, Exzila aide Mace à apprendre sa langue. La première destination qu’Exzila a choisie pour son ami est l’écurie de Culdri. Les moyens de transports sont divers sur Vudleria, si les speeders les plus récents sont les bienvenues, ceux-ci ne le sont véritablement que si ils répondent aux lois de sauvegarde de l’environnement vudlerian. Cependant, les natifs de la planète se déplacent très peu en speeders, ils préfèrent d’autres moyens…
A l’écurie, Exzila sait pertinemment qu’elle trouvera le moyen de transport idéal pour elle et Mace pour l’emmener découvrir sa planète. Dans l’un des nombreux box, Mace découvre avec émerveillement un gigantesque animal à la robe bleue nuit, ressemblant à un cheval avec des filaments défiant la gravité dans la crinière. Cet étrange animal possède également six longues pattes et un regard pénétrant. Mace jugeait la taille de l’animal dans les 2 mètres 80 au garrot.
« Comme tu le sais, nous utilisons très peu de moyens de transports motorisés sur Vudleria. Nous préférons des moyens moins rapide mais plus respectueux de notre nature. Les Hippaeis sont très utiles pour se déplacer. Ce sont des animaux très nobles et très puissants, ils sont très utiles dans les travaux agricoles. Les Hippaeis étaient les montures des révolutionnaires, nous faisons en sorte de toujours les respecter pour l’aide qu’ils nous apportent. Saches Mace que les hippaeis ressent nos émotions, ils sont empathiques. Il faut que tu crées un lien avec ta monture. Elle te sera fidèle toute sa vie. »
Tout en expliquant à Mace, Exzila s’approche d’un hippaeis, celui aux yeux verts. L’animal approcha le bord du box en sentant sa cavalière, son imposante tête dépasse par-dessus la porte. Exzila avance doucement vers sa monture.
La jeune fille pose délicatement son front contre le museau de l’animal dont les sabots frappent le sol comme pour signifier sa joie de voir sa cavalière. Mace, émerveillé, approche. L’hippaeis est intrigué par le jeune homme. Exzila présente alors son invité à sa monture :
« Aslan, je te présente Mace Windu. C’est un Jedi… Il est mon invité. Acceptes-tu de le transporter avec moi pour lui faire découvrir Vudleria ? »
La réponse ne se fait pas attendre, la tête de l’animal passe d’Exzila à Mace. Le jeune Jedi tend la main pour caresser l’hippaeis. L’animal accepte les caresses de Mace avec un hennissement aigu signifiant qu’il souhaitait la bienvenue à l’invité et qu’il l’acceptait sur son dos.
Exzila ouvre la porte du box et Aslan en sort, impatient de se balader. L’hippaeis s’agenouille pour permettre aux deux adolescents de monter sur son dos. Exzila la première. S’aidant de la Force, Mace monte à son tour délicatement sur le dos de l’animal. D’une simple caresse dans l’étrange crinière de l’hippaeis, Exzila envoie le signe de départ à sa monture. Surpris par la carbure d’Aslan, Mace s’accroche rapidement à la seule prise accessible : la taille d’Exzila.
« Oh là !!! » S’écrit le jeune homme surpris.
Se rendant compte de sa prise, la peau de Mace prend soudainement une teinte bien plus foncée qu’à son habitude. Les limites de Culdri atteintes, Aslan se met à courir à toute vitesse dans la gigantesque plaine agricole qui entoure la ville. En jetant un œil par-dessus l’épaule de la cavalière, Mace observe la direction vers laquelle leur monture se dirige : une forêt d’arbre au tronc clair et aux feuilles argentées.
Sans doute des arboris, le bois le plus célèbre de la planète, connu pour sa robustesse, les feuilles d’arboris rentrent dans la composition du fleurabêton et du fleuracier mais aussi dans la composition de certains pigments de couleurs pour la peinture. Les feuilles d’arboris macérés sont également utilisées dans certains alcools de contrebande, une trop grande concentration de ces feuilles pouvant provoquer une cécité définitive chez le consommateur. A petite dose, l’alcool d’arboris pouvant même servir de remède en cas de malaise.
A l’intérieur du bois, Aslan s’arrêta net. Exzila et Mace descendant de l’animal pour explorer la forêt. Il n’y avait aucun autre son que le chant d’une espèce d’oiseau que Mace est incapable d’identifier. Sur une branche d’arboris, un oiseau au plumage vert argenté, au long bec fin de la même couleur que le tronc d’arboris. En observant d’avantage l’animal, Mace se rend compte que le plumage de l’animal est en vérité composé de plume pour le haut du corps et de piques de la même couleur que le plumage, se camouflant, au niveau de la queue.
Exzila observe amusée la réaction de Mace qui continue d’avancer silencieusement pour ne pas effrayer l’oiseau. L’étrange animal fascine le jeune jedi, à quoi donc ces piques peuvent-elles servir ? Un pas après l’autre, Mace se rapproche. Ne voyant pas la branche au sol, Mace continue d’avancer, la branche se casse sous le poids du jeune Jedi. Effrayé, l’oiseau déploie ses immenses ailes vers Mace, s’envole et tourne autour de l’apprenti Jedi.
Les piques de la queue se dressent et…
« AÎE !!! AÏE !!! »
Les fesses de Mace se retrouvent criblés des piques de l’oiseau sous le rire d’Exzila. Une fois l’oiseau envolé, Mace tente avec douleur de se retirer les piques toujours face à une Exzila hilare.
« C’était quoi cette bête ?
- C’est un contumini sauvage. Répond Exzila.
- C’est quoi un contumini ?
- Un oiseau de basse-cour pour la version domestique. Les contuminus ont joué un certain rôle lors de la Révolution en s’attaquant aux soldats du gouverneur qui venait arrêtés les révolutionnaires. Avant la création des flèches lasers, les vudlerians utilisaient les piques de contuminus sauvages comme flèches pour les arcs. Les piques de contumini sauvage sont plus robustes que celles du cotumini domestique. Le chant des cotuminus ont servis à la création du vudlerian ancien et certains révolutionnaires sont parvenus à faire apprendre des mélodies à un groupe de cotuminus, mélodies qui, tu t’en doute, étaient des messages codés.
- Et ces chants ? Ils servent toujours ? Demande Mace en arrachant la dernière pique avec une grimace de douleur.
- Uniquement dans les cérémonies du souvenir. En particulier celles du massacre de Thomasrican. »
Toujours accompagné d’Aslan, les deux jeunes adolescents continuent leur promenade au sein de la forêt, Mace découvrant avec enthousiasme la faune et la flore vudlerianne. A leur retour, au coucher du soleil, Mace a la sensation que quelque chose en lui a changé mais sans savoir quoi.
Il a apprécié cette journée avec Exzila mais il sent qu’il y a quelque chose d’autre. Troublé, il doit méditer pour savoir. Après un excellent repas à la table des Ffend et avoir été à nouveau charrié par Dupje après que l’écrivain su pour l’incident avec le contumini, Mace se retire dans sa chambre pour méditer.
Pour la première fois, Mace ne parvient pas à trouver la paix en méditant. Au contraire, en plongeant au plus profond de lui-même, le jeune Jedi découvre quelque chose de nouveau… Quelque chose de perturbant pour le jeune homme de 16 ans qui s’entraîne aux arts Jedi depuis son arrivée au temple Jedi alors qu’il n’était encore qu’un bébé.
En se concentrant sur cette source de perturbation provenant de son cœur, Mace tente d’identifier le problème mais n’y parvient pas. Toutes ses pensées se tournent vers une seule personne : Exzila. Serait-ce donc possible ?
Serait-il donc possible qu’en dépit de son entraînement que Mace puisse être amoureux ? Devrait-il en parler à maître Myr ? Pourrait-elle aider son apprenti ?
Ou serait-il tout simplement rappelé sur Coruscant mettant un terme à sa mission sur Vudleria ? Lui qui aime tant cette culture !
Le jeune adolescent, perdu, ne sachant vers qui se tourner, fond en larmes. Il veut comprendre ce qu’il lui arrive ! Il se reprend rapidement, réessayant la méditation en se concentrant cette fois sur ses pensées.
Exzila lui semble si parfaite ! Elle correspond entièrement à toutes ses attentes, à son désir de paix et de civilisation. Ils se ressemblent et se complètent…
Et puis… Elle est mignonne avec ses cheveux bouclés et son visage en forme de cœur, ses petits yeux marron…
Le reste de la nuit se révèle compliqué pour le jeune Jedi. Difficile de trouver le sommeil avec toutes ses pensées qui se heurtent avec fracas. Au loin, le chant d’un groupe de contuminus sans doute sauvage retenti, le soleil pointant le bout de son nez à l’horizon.
Mace se décide de quitter sa chambre en entendant les bruits de pas dans le couloir, après avoir s’être vêtu de sa tenue de Jedi. Il rencontre alors Mareva, tout sourire.
« Tu as eu une nuit agitée jeune Mace. Je l’ai ressenti dans la Force. »
Mace avait oublié ce détail, la mère d’Exzila connait la Force en tant qu’hybride humaine/Peuple de l’eau.
« Oui madame Ffend… Est-ce… Est-ce que je peux vous parler en privé ?
- Bien évidemment. »
Mace rouvre la porte de sa chambre, suivit par Mareva. Madame Ffend se tient avec une posture de bienveillance.
« De quoi veux-tu me parler Mace ?
- Vous connaissez la Force. Vous avez ressenti mon trouble cette nuit.
- Oui.
- Je… Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je… Je ne fais que penser à votre fille. Ce que je ressens… Je ne devrai pas, je suis un Jedi. Je ne devrai pas ressentir ça.
- Je sais ce qui t’arrive… Répond madame Ffend avec un grand sourire.
- Quoi donc ? Demande Mace avide de comprendre.
- Ton mal a un nom tout simple… L’adolescence. Ton corps est en train de changer et malgré ton entraînement tu ne peux rien y faire. Tu es certes un Jedi à en devenir mais tu restes humain malgré tout et certaines expériences propres à l’adolescence sont en train de t’arriver. Mais tu n’es pas le seul à être troublé ici. Exzila… Elle aussi fait face au même dilemme que toi.
- Comment ça ?
- Depuis son plus jeune âge, elle a tout donnée pour sa future carrière politique. Quitte à mettre de côté certaines expériences de la vie comme l’amour. Pourtant et ça, c’est un point que je critique chez les Jedi, c’est formateur mais là où le Code marque des points c’est concernant l’attachement.
- Je ne comprends pas… Vous pensez qu’il est possible de vivre une relation amoureuse sans attachement ?
- Oui. Je pense que c’est possible ou tout du moins un attachement qui n’en est pas un. La plus part des gens considèrent l’attachement à l’autre comme une marque d’affection, ce n’est pas vraiment le cas. Pour beaucoup, l’attachement prend la forme d’une sensation d’être propriétaire de l’autre, ce qui n’est pas sain, tu en conviendras. L’affection n’est pas l’attachement. La mort fait parti de la vie, je ne t’apprends rien. Des accidents arrivent et l’ont peut perdre des gens que nous aimons. Ce qui est mon cas. Très jeune, j’ai perdu mon frère que j’adorais. Il est mort de maladie.
- Je suis désolé pour vous.
- Cette mort m’a permis de comprendre certaines choses sur l’amour et l’attachement. Peu importe la force de nos sentiments, ils ne seront jamais assez forts pour empêcher la vie de reprendre ses droits même cruellement. Ceux que nous aimons ne veulent, en théorie, que notre bien. J’ai compris ce jour-là que mon frère aurait aimé que je continue de vivre comme si il était encore là parce que ce que je ressentais pour lui, je le ressens toujours. Est-ce que tu comprends ce que je veux dire ?
- Je crois. Répond Mace prudemment. Selon vous, les relations comme toute chose prennent fin et nous devons en être conscients pour que cette relation ne nous empoisonne pas.
- En clair, il ne faut pas craindre de perdre quelque chose car la perte fait parti de l’ordre naturel des choses, la relation comme sa perte doit nous faire avancer sur le chemin de la vie. En se privant de telles choses, les Jedi passent à côté d’une chance d’apprendre de nouvelles choses. Une relation saine doit t’apporter une aide pour traverser les épreuves que tu ne pourrais affronter seul.
- Un Jedi n’est jamais seul, il a la Force.
- Es-tu vraiment sûr que la Force seule suffît ? »
Cette simple question de Mareva fait douter le jeune Jedi. Toute sa vie on lui avait appris que oui, la Force seule suffit mais en cet instant, face à ces doutes d’adolescent, face à ce désir naissant, était-ce vraiment le cas ? Les échanges politiques avec Exzila lui donnaient davantage de force en sa conviction, quand il parlait avec Exzila il se sentait moins seul.
Mace venait de trouver quelqu’un qui partage son point de vue, c’était autre chose qu’uniquement la Force pour compagne. Ce n’était pas rien pour le jeune homme. Jusqu’à présent, il n’avait jamais osé remettre en question les enseignements des maîtres Jedi et en particulier ceux du Conseil mais la situation à laquelle il faisait face, il n’avait jamais été préparé pour.
Mareva avait peut-être raison… Que l’amour n’était pas forcément incompatible avec la fonction de Jedi.
« On dit que l’amour rend aveugle… Reprend le jeune jedi d’un ton toujours plus hésitant. Ce n’est pas que je veuille mettre en doute la droiture d’Exzila mais…
- Je vois ce que tu veux dire. Qu’il serait impossible pour toi de t’impliquer dans une mission si au grand jamais Exzila venait à être impliquée dans une affaire demandant l’intervention des Jedi.
- Oui.
- Tu m’as l’air être un jeune homme intelligent Mace. Tu sais faire la part des choses non ?
- Je…
- Médite et je suis certaine que tu trouveras la réponse. »
Acquiesçant d’un signe de tête, Mace s’assis en position méditative et procède à son introspection. Les choses semblent moins troublées cette fois-ci, Mace accède à la partie la plus profonde de lui. Ce qu’il y entend le surprend.
« Oui, tu pourras faire la part des choses dans une telle situation. »
Mace se relevant, la réponse à ses doutes obtenue, se tourne vers Mareva.
« Oui… Je pourrais. »
En entendant la porte de la chambre d’Exzila s’ouvrir, la mère fait un geste de la tête vers le jeune Jedi.
« Alors, vas la voir. »
Au moment où Mace s’apprête à quitter la chambre, Mareva l’interpelle.
« Un conseil : surtout… Laisse parler ton cœur. »
Mace accourt à toute vitesse vers Exzila.
« Exzila…
- Quoi donc ?
- Est-ce que… Est-ce que je pourrais te parler cinq minutes ?
- Bien sûr… »
Naturellement la jeune fille se dirige vers le jardin, suivit de très près par Mace. Ce dernier, nerveux, cherche ses mots…
« Je… Je… Je sais qu’on se connaît seulement depuis quelques jours mais… »
Les joues de Mace deviennent plus foncées. Exzila le scrute attentivement.
« Je t’apprécie énormément et je…
- Je t’apprécie énormément également. Réponds la jeune fille avec un grand sourire.
- Il… Il n’y a pas beaucoup de gens avec qui je peux dire le fin fond de ma pensée et je… Euh… »
Exzila s’approche d’un pas supplémentaire, un sourire amusé aux lèvres. Au fond de lui Mace lutte contre deux facettes de lui-même : l’adolescent et le Jedi.
« Tu dois résister ! Ce n’est pas ce que la Force désire ! Résiste !!!
- Mais tu débloques totalement le Jedi ! Qu’est que ça peut te faire ?
- Si tu craques, si tu dis ces mots, tu feras un pas vers le côté obscur !
- Je ne crains pas le côté obscur ! Il n’y a que les faibles qui en ont peur !
- Tu raisonnes déjà comme un sith ! Éloigne-toi de cette fille ! Appelle maître Myr et quitte cette planète à jamais. Ton destin est de servir la Force !
- Je peux servir la Force et aimer ! »
D’un coup net tel un sabre-laser enfoncé brutalement dans la poitrine d’un adversaire, l’adolescent semble prendre l’ascendant sur le Jedi.
« Les règles doivent être suivies en effet… Mais pas quand elles sont dépassées et injustes ! »
Mace émerge de cet étrange duel comme d’un sommeil particulièrement agité.
« Exzila… Je… Euh… Je… Je crois que… »
Mace prend une profonde inspiration.
« Il… Je… Hum… Je sais que… Je sais qu’on ne se connaît pas si bien que ça encore mais… Mais il se pourrait que ce que j’éprouve pour toi est… »
Ses bras s’affaissent dans un geste de désespoir. Les larmes montant à ses yeux.
« Je suis désolé, je n’y arriverai pas. »
Comme pour le consoler, Exzila se rapproche de lui. Sans voir cependant, la flaque d’eau au sol. Ni Mace ni Exzila n’avaient pensés à vérifier l’état de la terrasse, la pluie à l’aube avait rendu le fleurabéton glissant, la terrasse devenue une véritable patinoire pour les deux jeunes. A peine Exzila fait un pas, qu’elle perd l’équilibre.
Grâce à son entraînement de Jedi, Mace parvient à rattraper la jeune fille avec la Force. Déstabilisé par ses pensées et le désordre qui y règne, Mace ne comprend pas immédiatement ce qui arrive à Exzila. Celle-ci lui tombe brutalement dans les bras en criant et l’emportant dans son élan. Ce n’est qu’à la dernière seconde que le padawan utilise la Force pour leur éviter un douloureux atterrissage ; plus par réflexe que compréhension de la situation.
S’il est soulagé de s’en sortir honorablement, Mace perçoit la gène d’Exzila, rouge de la situation. Ne sachant que dire ni comment se faire pardonner ou expliquer les faits, Exzila s’empresse alors d’embrasser Mace comme elle a tant vu ses parents faire. D’abord surpris Mace réalise que c’est le message qu’il voulait faire passer puis la saisie par la taille pour tendrement profiter du baiser.
Le jeune jedi a la sensation que son corps tout entier est en train de s’enflammer sous l’effet du baiser. L’incendie part de son cœur et s’étend dans le reste de son jeune corps. Un incendie d’une telle ampleur que Mace sent qu’il pourrait embrasser la galaxie toute entière. Soudain, en un éclair, les souvenirs de son séjour au sein de son ghôsh sur Haruun Kal, sa planète natale, lui reviennent en tête.
Mace se souvient que les anciens du ghôsh Windu lui avaient parlé de cette sensation. Mace se souvient d’une légende Korun parlant d’un amour si puissant qu’il était capable d’embrasser la jungle elle-même. En cet instant, Mace se sentant plus puissant que jamais. Il prend rapidement conscience que cette sensation ne pourrait que le conduire à l’erreur et au côté obscur si il l’écoutait.
Quant à Exzila, c’était étrange… Elle qui, depuis sa prime enfance, rêve de consacrer sa vie à son peuple. Soudain, ses désirs changent. Ce Jedi… Tellement séduisant. Certes, cela ne fait que deux jours qu’il est là mais sa compagnie est réconfortante pour Exzila. D’autres jeunes de son âge qui pensent comme elle, il y en avait plein sur Vudleria. Certains de Culdri sont ses amis mais Mace… C’est différent.
On lui avait dit que les Jedi étaient des alliés puissants et Mace… Il semble bien être appelé à jouer un rôle important au sein de l’ordre. La jeune fille ressent au fond d’elle un puissant incendie partant de son cœur et qui se répand dans l’ensemble de son corps. En cet instant, Exzila se sentant capable de tout, y compris de déclencher une révolution à l’échelle galactique.
Depuis la fenêtre de la chambre d’ami, Dupije et Mareva observent les deux jeunes gens. Bien que de nature d’humeur joyeuse et insouciante, Dupije ne peut s’empêcher de ressentir une inquiétude certaine.
« Es-tu sûre ma chérie ?
- Oui Dupije. J’en suis certaine.
- Es-tu vraiment sûre que le jeune Mace ne va pas basculer ?
- C’est le seul moyen… Dans quelques années, il comprendra que cette relation lui était nécessaire.
- Tu parles encore de cette vision/prophétie de ta mère ?
- Oui… Un combattant à l’épée de lumière aux reflets pourpre, venu d’un monde-jungle couvert de ténèbres, associé à une oratrice issue de la surface. Un amour qui éclaira la galaxie pendant une période où l’espoir aura disparu. Un amour qui permettra de faire renaître la liberté dans la galaxie.
- As-tu pensé à notre fille ? ça va lui briser le cœur !
- Elle n’a pas à le savoir.
- Mouais… Tu la pousses à tomber amoureuse de Mace, j’ai rien contre, il m’est très sympathique ce jeune Jedi, mais le faire pour servir une soi-disante prophétie, ça… Désolé, je ne peux pas. On ne joue pas avec les sentiments d’une personne et encore moins quand il s’agit de sa propre fille. »
Scandalisé, Dupije quitte la chambre après avoir jeté un dernier regard à sa fille et Mace tandis qu’ils rentrent dans la maison. Au programme de cette troisième journée sur Vudleria : découverte de l’Université de Culdri et de la vie ordinaire des jeunes vudlerians. Mace est émerveillé devant le bâtiment universitaire, un immense bâtiment à l’architecture mêlant symboles naturels et allégories du Savoir, un être androgyne aux cheveux fleuri, et de la Connaissance.
La journée de cours d’Exzila est conséquente, trois heures de droit administratif local, trois autres de droit administratif galactique, deux heures de rhétorique orale et deux heures de rhétorique écrite. N’étant pas habitué à l’apprentissage de la politique, Mace est rapidement perdu devant le nombre de connaissance qu’un élève en sciences politiques doit retenir.
N’est pas son soulagement quand la journée de cours se termine enfin. Avec une migraine d’enfer à force d’essayer de comprendre les cours d’Exzila. Cette dernière, constatant l’état de son petit-ami, sourit.
« Passons au meilleur moment de la journée… »
Elle l’emmène en ville, dans un quartier de Culdri que Mace ne connaissait pas. En chemin, Exzila lui explique :
« C’est un quartier très spécial, fait pour les jeunes. »
Un bâtiment aux murs turquoise. Voilà leur direction. Après une longue journée de cours, les jeunes vudlerians apprécient se retrouver pour faire la fête parfois jusqu’au bout de la nuit. Pendant plusieurs heures, Mace et Exzila dansent, se rapprochent davantage et s’embrassent longuement. A leur retour, très tard, Exzila conduit Mace jusqu’à sa chambre. Les deux jeunes gens entrent et y passent le reste de la nuit.
Le lendemain, constatant que leur fille ne s’était pas réveillée, les parents d’Exzila entrent dans sa chambre histoire de s’assurer que tout va bien. Ils découvrent alors avec surprise, leur fille endormie, la tête reposant tout contre le torse nu de Mace. La question traversant la tête des parents sur l’instant est : s’est-il passé quelque chose entre les deux jeunes adolescents ou se sont-ils seulement endormis ensemble ?
« Je te l’avais dis. Murmure Dupije d’un ton sec à sa femme. Notre fille est totalement accro. Tu ne peux pas jouer avec ses sentiments.
- Je n’ai jamais dis que je jouais avec ses sentiments. Répond Mareva. J’ai juste aidée ces deux à se trouver.
- Mais bien sûr. Tu crois qu’Exzila va réagir comment quand Mace devra repartir ? »
Furieux, Dupije est le premier à quitter la chambre de sa fille, déterminé à tenir une conversation avec Mace et Exzila à leur réveil concernant les agissements de sa femme. Mareva, jeta un dernier coup d’œil au jeune couple avant de repartir, se demande si elle doit dévoilée la vision de sa mère. Normalement pour ce quatrième jour, Mace doit rencontrer le peuple aquatique. Peut-être qu’il faudrait lui expliquer…
Quelques minutes seulement après avoir quittés la chambre de leur fille, Dupije et Mareva assistent au réveil des deux jeunes gens. Relevant le pantalon que Mace porte, les parents sont fixés : aucune activité nocturne nécessitant la nudité. Exzila, vêtue d’une robe de nuit bleu clair sans bretelles, baillant, les cheveux encore en bataille, sort à son tour. Tendrement elle prend la main de Mace, lui aussi, encore dans le gaz.
Après s’être convenablement réveillés et habillés, Exzila et ses parents mènent Mace jusqu’à l’océan. Tandis qu’Exzila et Dupije s’équipent pour se rendre dans les profondeurs, Mace est surpris en voyant que Mareva ne prend aucun respirateur pour se rendre à la ville aquatique.
« Vous n’avez pas besoin d’un respirateur madame Ffend ?
- Non Mace, étant à moitié Aquatanis je possède également des branchies. »
Elle déboutonne sa chemise et baisse le col de sa tunique, Mace constate la présence de branchies le long de son cou. Exzila et Dupije étant prêts, Mace fouille dans sa ceinture utilitaire de jeune Jedi pour trouver un respirateur. Son outil en main, Mace accompagne sa petite-amie et ses parents le long de la plage avant de plonger dans les profondeurs de l’océan de Vudleria.
En approche de la ville, Mace s’émerveille devant l’architecture des profondeurs. Des bâtiments immenses tout en finesse, dans une matière semblable à du cristal, abrités par une bulle d’oxygène permettant au peuple de la surface de vivre parmi ceux des profondeurs. Une fine pellicule d’eau recouvrant le sol de la cité attire l’attention de Mace. Une fois arrivé dans la ville, Mace manque de glisser sur la pellicule d’eau.
« Nom d’un… Mais… Pourquoi il y a cette eau ? S’exclame le jeune Jedi.
- Les aquatanis ont besoin d’eau pour respirer, ils captent l’oxygène contenu dans l’eau par leur peau. Grâce à la Force, ils peuvent contrôler l’eau. Les aquatanis n’ont pas besoin d’être constamment émergé dans l’eau pour y parvenir. Quand les habitants de la surface ont proposé aux aquatanis de rejoindre la société vudlerianne, il a fallu pouvoir aux deux peuples de cohabiter dans les mêmes villes. La bulle d’oxygène permet aux habitants de survive dans les profondeurs de l’océan et l’eau permet aux aquatanis de vivre parmi eux. Explique Mareva.
- Et à la surface ? Comment font les aquatanis ?
- Ils utilisent la Force pour déplacer une quantité d’eau sur leur passage. »
Ingénieux ! Mace est admiratif. Le regard du jeune Jedi se pose sur un être à l’apparence humaine, à la différence qu’il ne possède pas de nez et une peau imitant par moment les reflets transparents de l’eau. Sa tenue est très élégante, semblable à une longue robe imitant les mouvements de l’eau. Un aquatanis ! Les Ffend conduisent le jeune Jedi au temple d’observance de la Force, Mace est surpris. Le bâtiment ressemble au temple Jedi ! En entrant Mace ressent une sensation familière, celle qu’il ressent en parcourant le temple Jedi.
Mareva s’éloigne quelques instants pour parler à ce qui semblait aux yeux de Mace être un prêtre de la Force. Il aurait aimé pouvoir entendre ce qu’elle disait mais elle ne parlait pas en basique, ni en vudlerian d’ailleurs. Peut-être que les aquatanis ont eux-mêmes leur propre langage. Cependant le regard noir de Dupije indique au jeune Jedi que l’écrivain sait de quoi sa femme parle. Mace se sent mal à l’aise en voyant que le prêtre le regarde avec insistance. Mais qu’est qui se passe ici ?
Le prêtre approche de Mace, le regarde de haut en bas avant d’appliquer sa main sur le front du jeune jedi. Qu’est qui se passe ? Mace a la sensation d’avoir la tête plongé dans un bassin d’eau froide avant d’être pris d’une brutale envie de méditer avec la Force. Il ne peut rien faire, le voici en train de se laisser porter dans les profondeurs de la Force.
Ce qu’il perçoit, jamais il ne l’avait vu auparavant. Même à travers les points de rupture. Des images l’encerclent, des visions du passé, du présent et de l’avenir. Une vision en particulier attire le jeune Jedi. Celle d’un maître Jedi, au crâne rasé, ressemblant à Mace en plus âgé, affrontant un homme inconnu, armé d’un sabre-laser à lame rouge et aux techniques de combats que le jeune jedi identifie comme étant sith.
« Je… Je vais combattre un seigneur sith ? » Se demande Mace.
Un désespoir terrible noie Mace, une nouvelle vision : celle d’un massacre de jedi. La douleur que Mace ressent le fait émergé de cette méditation, il a besoin de respirer. Le front en sueur, Mace cherche à retrouver ses repères. Exzila est là, à côté de lui.
« Qu’est qui se passe Mace ?
- Je… J’ai… J’ai eu des visions de la Force. Je… J’ai vu un massacre. »
Il ne sait pas comment s’expliquer. Du coin de l’œil il observe le prêtre et Mareva échangés dans leur langue tandis que Dupije semble retenir quelque chose, une chose le mettant en colère. Exzila caresse tendrement la joue de Mace comme pour le réconforter. Remis en état, Mace est ramené à la surface à la maison Ffend. La fin de journée est difficile pour le jeune Jedi, toujours troublé par les visions. A la nuit tombée, Exzila invite son petit-ami à la rejoindre dans sa chambre pour passer la nuit. Dans la chambre des parents, Dupije et Mareva mettent les choses au clair.
« T’es vraiment têtue hein ?
- Le jour où ce sith règnera sur la galaxie, tu seras content que j’ai fais ce que je fais.
- Quel sith ?
- Celui de la vision de Mace.
- Hein ?
- Le prêtre lui a volontairement envoyé cette vision et me l’a partagé.
- Et alors ?
- Cette vision a pour but de guider Mace sur le bon chemin, jusqu’au moment où elle se réalisera.
- Quoi ?
- Les visions de l’avenir dans la Force sont quelque chose de complexe chéri. Certaines peuvent être un avertissement, d’autres des guides.
- Et comment vous faites pour le savoir ?
- C’est impossible d’en être sûr à 100%.
- Quoi ? Tu fais tes trucs sans être sûr du résultat ? C’est encore pire que ce que je croyais !
- J’ai un bon pressentiment tu sais.
- Ça ne suffit pas à mes yeux.
- Fais-moi confiance. »
Les jours passent et Mace oublie peu à peu les visions troublantes. Au bout d’un mois de présence, Mace se sent bien plus à l’aise avec la culture vudlerianne et sa relation avec Exzila se renforce de jour en jour. Voyant la date de son départ se rapprocher, Mace angoisse à l’idée de quitter Exzila. Au fur du temps, il s’est mis à envisager la possibilité de quitter l’Ordre et de rester sur Vudleria. Il pourrait devenir artiste, après tout, il est doué en théâtre, il a même sa petite réputation au sein de l’ordre.
La veille de son départ, Mace décide de faire part de son projet à Exzila.
« Je veux rester avec toi.
- Moi aussi, je veux rester avec toi. »
Exzila embrasse tendrement Mace.
« Je quitterai l’ordre, je te le promets. Demain, quand maître Myr viendra je lui dirai que je quitte les Jedi. Et dès que nous serons suffisamment âgés, je t’épouserai. Et plus rien de ne pourra nous séparer. »
La nuit précédant le départ de Mace, Exzila le mène dans sa chambre et tout deux n’en ressortirent qu’à l’aube, pour regarder le lever de soleil. A l’arrivée du maître Jedi, Mace prends une profonde inspiration, prêt à déclarer à son maître son envie de quitter l’ordre.
« Alors Mace, ce séjour ?
- Très instructif maître… Euh… Maître ?
- Oui mon jeune padawan ?
- Je…Je… Je voudrai quitter l’ordre.
- Pardon ?
- Je voudrai quitter l’ordre.
- Euh… Je… Je… Attends, on rentre sur Coruscant et on en parlera devant le Conseil, veux-tu ?
- Je veux rester maître. Je… »
Maître Myr comprends alors.
« Je vois… Non, tu dois venir avec moi. Tu pourras défendre ton point de vue devant le Conseil. »
N’ayant pas d’autre choix, Mace accepte mais avant de partir va voir Exzila.
« Je reviens très vite, je te le promets. »
Il dépose un dernier baiser tendre sur la joue d’Exzila avant de repartir pour Coruscant.
