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Character:
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Language:
Français
Series:
Part 20 of One-Shot One Piece , Part 17 of Sabo/Kuina
Stats:
Published:
2023-06-11
Words:
1,019
Chapters:
1/1
Kudos:
1
Hits:
31

When you're gone

Summary:

Kuina disparait, laissant derrière elle des personnes qui n'arrivent pas à se reconstruire.

Notes:

(See the end of the work for notes.)

Work Text:

Sabo ne se sentit pas tomber au sol. Il n'entendit pas non plus les cris de stupeur autour de lui, ni les pleurs désespérés de ses proches. Il ne sentit pas ses frères venir à ses côtés pour le soutenir, ni Koala le prendre dans ses bras en pleurant à chaudes larmes, ne pouvant contenir son désarroi. Il n'avait plus aucune force dans les jambes et avait l'impression de ne plus savoir comment respirer normalement – les mots qu'il venait d'entendre lui semblaient surréalistes. Il savait qu'il devrait pleurer, qu'il devrait crier de douleur, mais il lui était incapable de réagir.

L'officier de police le regarda avec un air sombre au visage et toutes les sensations perdues revinrent subitement. Il sentait les larmes de Koala s'abattre sur sa joue, les mains tremblantes de Luffy sur son bras et la poigne de fer d'Ace sur sa main. Cependant, malgré les sensations autour de lui, il avait toujours l'impression d'être vide. Comme si le temps s'était arrêté. Comme si la Terre avait arrêté de tourner.

D'une certaine manière, c'était le cas. Son monde s'était écroulé.

- Je vais devoir demander à l'un d'entre vous de venir identifier le corps.

Un lourd silence s'abattit. Personne n'osait bouger.

- Je vous suis.

Ace se releva, prêt à suivre l'officier de police et Sabo bougea sans même s'en rendre compte. Il tira sur sa main qu'il tenait toujours et son frère se tourna vers lui. Ses yeux étaient emplis d'une tristesse profonde et il sut que ce désespoir serait toujours là, que jamais il ne partirait complètement. Cet événement les marquerait à tout jamais.

- Laisse-moi y aller.

- Sabo...

- Je dois la voir de mes propres yeux.

Ace n'insista pas et s'il en avait eu la force, Sabo l'aurait remercié. Si Ace avait continué, il savait qu'il n'aurait pas tenu et l'aurait laissé y aller à sa place, mais au fond lui non plus n'avait pas envie d'être le témoin d'une scène aussi difficile. Il ne voulait pas être hanté par les cauchemars qui viendraient certainement s'il risquait d'aller voir le corps de son amie et Sabo le savait bien.

 


 

Sabo ne se souvenait pas du trajet, mais lorsqu'il sortit de la voiture de l'officier de police, il se sentit de nouveau faiblir. Il était vide. Ses forces l'avaient quitté, il ne ressentait rien, comme si on lui avait aspiré toute son énergie, toute sa vitalité, tout son désir de vivre. Il laissa l'homme passer devant lui et lui emboîta le pas, le suivant jusqu'à atteindre une porte qu'il ouvrit avant de lui sommer d'entrer. A l'intérieur, une femme l'attendait.

Il tourna automatiquement son regard vers elle et cette dernière sembla se lancer dans des explications qui relevaient d'une procédure dont elle avait malheureusement l'habitude, mais il n'entendait rien. Derrière elle, sous un drap blanc immaculé, il pouvait apercevoir une forme humaine.

Il avait l'impression d'être dans un film. Il aurait voulu que ce soit réellement le cas, que des dizaines de caméras soient autour de lui, capturant avec une précision terrifiante chacun de ses gestes et qu'une fois la scène terminée tout rentre dans l'ordre, mais sous ce drap se trouvait une véritable personne. Pas un mannequin. Une personne qu'il était venue identifier, une qu'il connaissait, une qu'il aimait.

La femme sembla se rendre compte qu'il ne l'écoutait pas et se tut soudainement avant de se mettre à côté de la table.

- Je vais vous montrer son visage. Cela devrait suffire à l'identifier, mais s'il vous faut un autre élément pour l'identifier, comme un tatouage...

Sabo n'entendit pas la fin de sa phrase. Elle toucha le tissus de ses doigts pâles et, avec une lenteur et une douceur qui contrastaient avec le sentiment d'horreur qui grandissait en lui, elle le souleva.

Sabo ne se sentit pas pleurer. Une nouvelle fois, il ne se sentit pas tomber au sol. Mais il sentit les larmes couler sur ses joues et un désespoir tel qu'il avait l'impression de mourir lui aussi. Sous ce drap blanc, derrière ce tissus terne, se trouvait sa meilleure amie, sa confidente, celle qu'il avait demandé en mariage trois jours plus tôt.

Il identifia le corps. C'était bien Kuina.

 


 

- Elle était si jeune.

- C'était un banal accident de voiture.

- Et son frère s'en est sorti de justesse.

- Quelle triste histoire, j'ai tellement de peine pour ses proches.

Sabo entendait les conversations autour de lui, mais il ne les écoutait pas. Il savait qu'on le regardait, mais il ne ressentait rien. Il se contentait de serrer la photo de Kuina dans ses mains, traçant de ses doigts tremblants son sourire. C'était l'une des rares photos où elle souriait à pleine dents. Elle qui était habituellement si pudique montrait rarement ses sentiments, surtout quand une caméra se trouvait dans les parages, mais Sabo avait réussi à capturer cet instant de bonheur quelques mois auparavant.

Il n'en aurait jamais d'autres.

En un instant, il avait l'impression que le monde avait cessé de tourner. Il se voyait déjà marié, vivant avec la femme qu'il aimait et, qui sait, peut-être fondant un jour une famille avec elle, mais tout s'effondrait. Il avait l'impression que le temps s'était arrêté. Il avait pleuré toutes les larmes de son corps et il ne lui restait rien pour aujourd'hui, jour de son enterrement.

Il savait qu'on chuchotait autour de lui, mais il ne parvenait même pas à discerner ce qu'on disait. Il ne savait pas qui était à côté de lui. Ace ou Luffy ? Koala ou Robin ?

Cela lui était égal.

Il ne voulait qu'une personne et elle avait disparu.

Elle avait disparu, emportant avec elle son désir de vivre.

Il fut presque surpris de sentir une larme s'écraser sur sa main. Il pensait qu'il ne lui restait plus rien. Cependant, malgré les heures qu'il avait passées à penser que sa vie entière venait de prendre fin, il semblait que son corps avait encore la possibilité de montrer sa souffrance.

Comme un enfant, et ignorant toutes les personne qui l'entouraient, Sabo se recroquevilla sur lui-même en serrant la photo de Kuina contre sa poitrine.

En mourant aussi soudainement, c'était son cœur qu'elle emportait avec elle.

Notes:

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