Chapter Text
Et le jour, nous sommes ennemis
Les halètements, les baisers et les morsures étaient dures quand le jour se levait. Il n’y avait plus de place pour la tendresse, lorsque les visages étaient à découverts.
Les nuances de couleurs chaudes les enveloppaient lentement, mais sûrement, et ils révélaient les silhouettes des paysages de Poudlard. L'odeur du sexe se dissipait peu à peu pour laisser place à celui de la brise du matin.
Leurs nuits passionnées étaient comme des rêves, une échappatoire à la réalité. Cependant, à l'aube, le voile de la nuit se levait inexorablement, les replongeant dans le monde réel. Pansy détestait ce moment de la journée, où la frontière de la nuit et du jour n’existait plus. Elle haïssait cette réalité où elle devait faire face aux esquimaudes sur son cou, ses seins et ses hanches. Elle détestait encore plus cet exact moment, où elle devait partir comme une voleuse, évitant les yeux de son amante. À pas furtif, évitant cette chatte stupide qui est Miss Teigne, elle se rendait dans son dortoir pour prétendre à ses camarades qu'elle n'avait pas osé avoir une nuit de débauche, alors qu'elle respirait la perfection.
Quelle ironie du sort, alors que dans la nuit, elle quémandait de se sentir vivante. Elle suppliait de faire marquer son corps comme n’étant plus sien, mais sa propriété.
Pansy aimait rêver. Elle ne l’avouerait jamais à haute voix, bien sûr, mais fantasmer d’un milliard de vies avait quelque chose d’exaltant. Avec elle, elle pouvait s’illusionner de jours meilleurs, malgré la triste réalité qui revenait à chaque fois qu'elles se séparaient.
Toutes les deux savaient comment leur histoire terminait. Elles se rencontraient seulement la nuit et le matin, elles devenaient des étrangères. Elles prétendaient se détester, elles se confrontaient et s’insultaient, car ces moments de haine étaient leur seul moment pour se rappeler. Sans eux, leurs moments de fantaisie n'étaient plus qu'un vague souvenir.
Elles voulaient continuer à se rappeler qu’elles avaient ce lien indéchiffrable, qu’elles-mêmes n’arrivaient pas à décodé, mais que cela n’importait peu. Elles étaient les seules à connaitre les règles de ce jeu malsain. Les nuits étaient fait pour faire des bêtises et réaliser leur fantasme pervers.
Le jour, Pansy se retrouvait. Elle retrouvait ses pensées claires et justes. Elle poursuivait ce qu’on attendait d’elle en tant que Sang-Pur. Elle redevenait la personne que son éducation stricte avait façonnée. Elle était prétentieuse, ambitieuse et prétendait savoir tout. Personne ne pouvait réussir à bousculer cet idylle. Elle était entourée d'adolescents aussi encrée qu'elle sur les différents principes des familles de Sang-Pur et ensemble, ils devenaient un groupe respectable.
Ce groupe de Serpentard, aux yeux de tous, était ses acolytes, voir ses amis. Pansy ne savait pas qu’est-ce que c’était l’amitié, la pure amitié. À ses yeux, partager ses secrets avec une autre personne était stupide. C’était un moyen de se montrer faible, mais surtout de donner l’opportunité aux autres d'utiliser ses faiblesses contre elle. Peut-être qu’elle avait trop vécu avec des connards, mais si les Serpentards lui avaient inculqués une seule chose d’intelligent, c’était sûrement ça ; ne fais confiance à personne. Les prétendues « amis », faute d’un meilleur terme, était qu’un avantage professionnel. Ils étaient qu'un moyen d'atteindre un certain prestige et un faux-semblant de noblesse, rien de plus.
Mais, Hermione Granger était plus. Pansy ne se l’avouerait jamais à haute voix, car s’y attarder était donner de l’importance à l'idée, mais Granger était plus qu’une amie. Elle ne pouvait pas officialiser son statut, elle préférait la garder dans la case confusion, mais c’était pour le mieux. Autant pour elle-même qu'Hermione.
Hermione méritait autre chose que vivre avec ce secret qui les tuait à petit feux. Peut-être était-ce son côté mauvais, voir toxique de la personnalité de Pansy, mais elle ne pouvait pas la laisser partir. Elle lui promettait, à l'intermédiaire de chuchotements après l'intimité, de jours meilleurs dignes d'une comédie romantique. Hermione n'était pas complètement stupide, mais elle semblait ce résigner à cet espoir.
Ensembles, elles vivaient ce qui était impossible. Elles goûtaient tous les jours au pêché, chaque jour les rendant plus obsédés l’une par l’autre, mais Pansy en avait rien à faire.
La nuit, elles pouvaient rêver ensembles. Elles pouvaient continuer à mettre de l’huile sur le feu et le laisser s’étendre dans leur bas ventre sans crainte.
Le jour, elles s’insultaient et dans les pires des cas, s’ignoraient, car elles étaient incapables d’agir normalement. Pour elles, la normalité était de se détester pour mieux idolâtrer le corps de l’autre le soir.
La nuit devenait donc leur secret.
