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- Ça va aller ?
Kuina offrit un sourire triste à Zoro. Ils savaient tous les deux que non, ça n'allait pas aller, mais que pouvait-il dire d'autre alors qu'elle était là, assise à attendre qu'on l'invite pour signer la fin de son mariage.
En face d'eux se trouvait Sabo, seul, le regard fuyant.
Depuis leur rupture, ils n'avaient pas échangé un seul mot calmement. Au début, Kuina avait hurlé encore et encore, réveillant le voisinage qui s'était inquiété de les entendre se disputer aussi fort, eux qui renvoyaient l'image d'un couple calme et aimant. Puis elle avait craqué, pleurant à chaque fois qu'elle croisait le regard de Sabo. Aujourd'hui, elle n'avait ni la force de crier, ni les larmes nécessaires pour se lamenter. Elle ignorait l'homme qui avait été pendant des années son meilleur ami et son confident, ne lisant aucun de ses messages et ne répondant à aucun de ses appels.
La boule au ventre, elle ne cessait de repenser à cette soirée qui avait brisé leur mariage. Elle aurait presque voulu que cela se déroule comme dans un film, qu'elle rentre pour tomber sur Sabo et sa meilleure amie, Koala, à moitié nus dans leur lit, mais la façon dont elle l'avait découvert était bien plus déchirante. Elle s'était trouvée au mauvais endroit au mauvais moment et avait assisté à un baiser qu'ils avaient échangé avec une telle tendresse qu'elle avait senti son cœur se briser en mille morceaux instantanément.
Cette tendresse, elle était censée être la seule à la recevoir. Le sourire amoureux de Sabo, ses caresses douces sur son visage, et ses joues rougies de gêne, tous ces gestes étaient censés être pour elle.
Si l'histoire entre Sabo et Koala avait été une nuit de passion, une erreur, peut-être qu'elle aurait trouvé la force de le pardonner. Après tout, elle aimait Sabo depuis qu'ils étaient à l'école, il n'y avait eu personne d'autre pour elle que lui et elle aurait cherché à sauver son couple avant tout – encore maintenant, alors que l'homme abattu en face d'elle évitait son regard, elle devait se retenir de lui demander d'essayer de recoller les morceaux. Mais dans les yeux de Sabo, ce n'était pas un désir ardent qu'elle avait vu, c'était un amour profond.
C'était le plus douloureux, savoir qu'il en aimait une autre.
Alors, après avoir passé des jours à hurler, pleurer et l'ignorer, Kuina avait demandé le divorce. Sabo l'avait suppliée de changer d'avis et elle aurait voulu le faire, elle aurait voulu le croire quand il disait que ce n'était qu'une erreur, que ce n'était arrivé qu'une seule fois, et qu'elle était la seule qu'il avait jamais aimée, mais il se mentait à lui-même. Parce que oui, Sabo était bel et bien amoureux de Koala et même s'il ne semblait pas l'avoir encore compris, Kuina ne pouvait supporter cette pensée. C'était pour cela, qu'elle aussi évitait son regard. Alors qu'il regardait Koala avec une tendresse et un amour profonds, il la regardait elle avec tant de tristesse et de culpabilité qu'elle en avait des haut-le-cœur.
Alors même si ça la déchirait, même si elle aurait voulu essayer de recoller les morceaux, elle en était incapable.
Lorsqu'un avocat s'approcha d'eux pour leur faire signe qu'on était prêt à les recevoir, Kuina et Sabo se levèrent en même temps. Elle envoya un sourire qui se voulait rassurant à Zoro bien qu'elle s'en doute capable à cet instant.
- Kuina... tenta Sabo et elle secoua la tête, lui signalant d'arrêter.
- Stop, souffla-t-elle difficilement. Ne dis rien.
Puis elle passa les mains derrière son cou pour détacher le collier qu'elle portait, le faisant glisser délicatement dans sa main gauche, observant le pendentif orange. Elle qui pensait n'avoir plus aucune larme à pleurer se rendait compte qu'elle s'était lourdement trompé et elle avait désormais du mal à se retenir. Ce bijou était le premier qu'il lui avait offert, alors qu'ils étaient si jeunes qu'on pouvait à peine les qualifier d'adolescents et pas encore en couple. Ce collier était le symbole de toute leur relation et de tout ce qui les liait depuis vingt ans.
Elle s'y était désespérément accrochée quand elle avait appris la trahison de Sabo et elle se rendait compte qu'elle avait eu tort de le faire.
Alors, sans un mot, elle le lui tendit.
Sabo ferma les yeux et, comme elle connaissait chacune de ses expressions par cœur, elle savait qu'il retenait ses larmes. Ils savaient qu'ils ne se remettraient jamais de la douleur, mais ils ne pouvaient pas continuer une relation qui était vouée à l'échec. Il récupéra le bijou et elle se retourna, lui cachant ses larmes.
Elle se sentait brisée.
