Work Text:
Maxime tourna ses clés dans la serrure après quelques essais, et entra dans son appartement. Aussitôt, il laissa tomber son sac et s’appuya dos à la porte avec un soupir. Il devait être pas loin de 5h du matin, et le taxi venait tout juste de le déposer après une trentaine de minute à rouler dans Paris pendant lesquelles il luttait pour ne pas s’endormir.
Le monde tournait un peu autour de lui, souvenirs de la soirée qu’il venait de quitter. Ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu d’événement perso où tout le monde était disponible, donc il est vrai que cette soirée avait été assez arrosée et que tout le monde en avait profité.
C’était Halloween, et Lucas avait proposé de réunir tout le monde chez Chloé et lui, proposition qui avait vite été acceptée par tous leurs amis, Maxime compris, qui avait été plus qu’heureux de l’opportunité de retrouver tout le monde.
Le jeune homme laissa échapper un nouveau soupir en portant une main à sa tête, qui lui semblait remplie de coton à force de la musique forte, les lumières, les rires, et les boissons. Il aurait bien eu envie de rester appuyé contre cette porte pendant des heures, dans le déni de tout le reste. Aussi bien de son état physique- fatigué, déshydraté, encore maquillé ; que de la manière dont s’était terminée la soirée.
Maxime se mordit les lèvres à ce souvenir, refusant d’y repenser pour le moment. Ça paraissait irréel, tout paraissait irréel. Machinalement, il finit par se décoller de la porte et retira sa veste, la laissant tomber sur le porte manteau. Il délassa ses chaussures d’une main lourde, et finit par enfin s’avancer dans son appartement.
C’était étrange de se retrouver tout seul après avoir passé des heures entouré de ses amis, et Maxime n’était pas sûr de savoir quoi faire de toute cette solitude qui s’emparait de lui.
Il se sentait vidé, n’arrivant pas encore bien à enregistrer tout ce qui s’était passé. Des images lui revenaient et tournaient en boucle dans sa tête : son arrivée, son premier verre, le rire de Théo et Lucas, le déguisement exceptionnel de Léna, ses verres suivants, danser, Sidjil, Sidjil, Sidjil…
Sidjil avait été le premier à confirmer sa venue pour la soirée d’Halloween de Lucas, trop heureux à l’idée de faire la fête. S’il était honnête avec lui-même, il était aussi curieux de voir Maxime. Devant les caméras, c’était facile de jouer sur la tension qu’il y avait entre eux pour mieux l’ignorer… Mais dans le privé, c’était plus difficile de le justifier, et il se demandait si ce soir il finirait par faire un pas vers lui. Bien sûr, ce n’était pas la raison principale de sa venue à la soirée, mais il devait avouer que ça restait dans un coin de sa tête, derrière son impatience de voir tous les autres.
Pourtant, malgré cette impatience, quand le jour arriva enfin, il était en retard.
En même temps, il avait passé un peu trop de temps à tenter de trouver un déguisement de dernière minute. Lucas avait prévenu les invités : soirée d’Halloween oblige un déguisement, même minimal ! Ils n’étaient pas obligés de faire de grands efforts, mais au moins une touche de maquillage ou un masque sympa.
Il avait repoussé le problème jusqu’à la veille, partant du principe que ce serait facile de trouver quelque chose dans un magasin de déguisement. Finalement, il s’en était sorti avec une cape noire, un veston rouge bon marché, et du maquillage de couleur, avec dans l’idée de se déguiser en vampire. Pas très original certes, mais il n’avait pas l’inspiration ni le talent en maquillage pour se lancer dans quoi que ce soit d’exceptionnel.
Le jour J, il enfila un pantalon noir et une vieille chemise blanche pour compléter sa tenue, et passa ensuite à l’étape plus ardue du maquillage. Le fond de teint blanc c’était facile, une trace de faux sang au coin des lèvres et sur les manches de la chemise ça allait, mais il a perdu du temps sur les yeux. Après un long moment à tenter de faire quelque chose de correct, il finit par simplement couvrir le tour de ses yeux de maquillage noir.
Puis, remarquant l’heure, il jura et attrapa ses clés, courant à droite et à gauche pour fourrer dans son sac des vêtements de rechange au cas où il restait dormir, sa brosse à dent pour les mêmes raisons, ses papiers, et le reste des nécessités.
Laissant tout le maquillage en bazar dans sa salle de bain, il se contenta d’éteindre les lumières et de foncer vers sa porte. Il se dit qu’il rangerait en rentrant, tout en sachant très bien qu’il allait se maudire le lendemain, quand il faudrait en effet nettoyer.
Sidjil envoya un message sur le groupe prévu à cet effet pour prévenir de son départ tout en attrapant d’une main la bouteille de champagne qu’il comptait ramener, et sorti de son appartement.
Il monta ensuite dans sa voiture, entra l’adresse dans le GPS, et il se mit en route vers la fête, avec une demi-heure de retard.
L’eau était fraiche et elle éclairci un peu les idées de Maxime, qui reposa son verre, brisant le silence qui régnait dans l’appartement. Sa seule envie était de s’effondrer dans son lit, mais il préféra d’abord passer par la salle de bain se brosser les dents et se rafraichir un peu.
Il se déplaçait avec calme, ne sachant pas trop comment il se sentait, comme si ses émotions étaient déjà parties se coucher. Son téléphone vibrait sur la table où il l’avait posé mais il n’avait pas la force de le regarder tout de suite.
Sa routine du soir, qu’il pouvait effectuer comme une machine, lui évitait de trop réfléchir, et c’était parfaitement ce dont il avait besoin pour revenir lentement à la réalité.
Ne prenant pas la peine d’allumer la lumière pour ne pas agresser ses iris, il se brossa rapidement les dents et retira son costume. Ce n’est qu’en passant la main sur sa joue par hasard qu’il sentit ses joues légèrement moites et qu’il se rappela qu’il était encore maquillé. Il songea un instant à aller dormir comme ça mais en imaginant la tête que ferait ses amies voyant ça, il changea d’avis. Chloé et Léna lui avait même directement intimé de penser à se démaquiller avant de dormir quand il partit. Il ne pouvait pas décemment ignorer les conseils de personnes si bienveillantes.
A contrecœur, il alluma donc la lumière et se retrouva face à face avec son reflet pour la première fois depuis le commencement de la soirée.
Il était nez à nez avec son visage peint en vert pale, une longue cicatrice traversant son visage. L’idée de se déguiser en monstre de Frankenstein avait été proposé par son ami Mathis, mieux connu sous le pseudonyme de Grim, il y a un moment :
Patron (pas) très zen :
grim t’aurais pas une idée de déguisement d’halloween ? |
j’ai une soirée dans 2 semaines et je galère |
Baugoss sous payé :
| fais un aigle t’as déjà le bec
Patron (pas) très zen :
encore une vanne comme ça et je te vire fdp |
un aigle ça fait pas halloween, faut que ça fasse peur, suit un peu |
Baugoss sous payé :
| oh avec ta tête crois moi ça aurait fait bien peur
| mais bref
| il y en a ici qui veulent pas accepter mon génie je vois
| oh attend je sais !
Patron (pas) très zen :
? |
Baugoss sous payé :
| fais le monstre de frankenstein, lui aussi il est connu parce qu’il est moche et il a un truc cheum au milieu du visage lol
Patron (pas) très zen :
hé c’est trop vazy nique ta mère toi |
… |
merci pour l’idée |
Baugoss sous payé :
| mow de rien mon maxichou avec plaisir <3
Et deux semaines plus tard, il s’était retrouvé en costume faussement débraillé, le teint vert, et deux énormes clous factices dans le cou. Pour le reste, il s’était rendu chez Lucas un peu avant la soirée et s’était fait gentiment maquiller par Chloé, grâce à qui le rendu final était génial. Il s’était ébouriffé les cheveux et on lui avait soigneusement dessiné des fausses cicatrices sur les joues et le front. Et surtout, Chloé avait passé un long moment à détailler ses yeux. Sa main experte avait assombri leur contour et avait pris la liberté de lui ajouter des traits d’eyeliner, qui « intensifiaient son regard », allant jusqu’à ajouter quelques paillettes pour la blague.
Honnêtement, il l’avait surtout laissé faire sur le moment, mais pendant la soirée il avait en effet reçu plusieurs compliments. Maintenant, se voyant dans le miroir, il pouvait voir que le maquillage avait un peu coulé. Et associé avec ses cheveux décoiffés, et ses joues rouges, c’en était à se demander ce qu’il avait pu faire de sa soirée.
Maxime secoua la tête et se rapprocha du miroir, un morceau de coton en main. Après de bonnes minutes à se frotter le visage, il commençait de nouveau à ressembler à son lui habituel.
« Roh putain mais comment ils font les gens ? », râla-t-il en échouant à retirer les dernières traces.
Finalement, il laissa ça comme ça, décidant que ce serait un problème pour demain et qu’il n’allait pas en mourir, et se dirigea vers son lit. Maxime attrapa au passage son téléphone et une bouteille d’eau et, enfin, se laissa tomber avachi sur son lit.
La fête avait déjà commencé quand Sidjil se gara devant chez son ami, et sortit en vitesse de la voiture. Il entendait légèrement la musique depuis le palier de la porte, et déjà souriait au prospect de la soirée.
C’est Lucas lui-même qui lui ouvrit, une bière à la main. Il portait une chemise blanche et un pantalon noir, mais surtout il avait le visage entier peint en rouge, avec deux cornes qui lui sortait des tempes. Lui qui n’était pas particulièrement investi dans ses déguisements d’habitude, il s’était surpassé cette année !
« -Ah Sidjil ! T’es déguisé en lapin d’Alice au pays des Merveilles pour être en retard comme ça ?
-Nan mais tu sais fréro, il y avait des bouchons de fou là woaaah…
-C’est ça, c’est ça, bon rentre, des gens t’attendent ! », répondit Lucas en riant.
Sidjil le suivit à l’intérieur, et déposa sa veste et son sac dans la chambre désignée pour cet effet avant de rejoindre tout le monde dans le salon. Il fut accueilli chaleureusement par tout le monde et repéra vite ses amis les plus proches dans la foule.
Il déposa la bouteille de champagne sur la table, ce qui lui valut quelques acclamations amusées des personnes à côté, et rejoignit Billy et Théo qui ricanaient dans un coin.
Théodort avait fait un réel effort de style et arborait une veste en cuir rouge avec des lunette de même teinte, et une chemise bariolée en dessous. Il s’était aussi fait des cocards, et des traces de sang sur le visage. Détail qui achevait le costume : de sa poche de veste dépassait ce qui ressemblait à un emballage de savon. « Tyler Durden », comprit Sidjil.
Le costume de Billy lui arrache un rire lorsqu’il se rendit compte de ce que c’était. L’homme avait dégoté un costume d’âne qui ressemblait à un pyjama, et c’est en voyant le dragon rouge en peluche posé sur son épaule qu’il comprit que c’était supposé être l’âne de Shrek.
Il les checka amicalement en arrivant à leur niveau.
« -Salut les gars, ça va vous ?
-Tranquille, on faisait des paris sur l’heure à laquelle t’allais arriver », répondit Théodort.
« -Ah bah super les amis », s’amusa Sidjil, « Et qui gagnait ?
-Aucun de nous, la vérité on est éclatés », répondit Billy en éclatant de rire.
« -Et ils sont où les autres ? Maxime ? Et Amine ?
-Maxime arrive, il est aux toilettes. Et Amine est malade, il a préféré rester chez lui. »
Alors qu’il s’apprêtait à répondre, Sidjil fut coupé par une voix derrière lui.
« -Alors ça parle dans mon dos ?
-On parlait juste de ton magnifique costume Maxime, ne t’en fait pas », dit Théo d’une voix exagérément mielleuse.
« -Il veut quoi avec mon costume le marchand de savon là ?! »
Maxime entra alors dans le champ de vision de Sidjil, dont les yeux s’agrandirent légèrement, imperceptiblement. Il était vrai que son costume était particulièrement bien réussi, et ça n’aidait pas vraiment Sidjil, qui trouvait déjà ses yeux séduisants avant que le maquillage ne se rajoute.
Il détailla les cheveux en l’air de son ami, son air heureux, les cicatrices qui lui couraient le visage, et revint encore une fois sur ses yeux. Mais se rendant compte qu’il matait, il détourna les yeux le plus rapidement possible, reconnaissant envers son teint blanc qui cachait toute forme de potentiel rougeur.
« -Sympa ton costume Sid », commenta Maxime en le regardant de haut en bas, amenant son verre à ses lèvres.
« -Il faut remercier Fun Déguisement surtout, seul magasin ouvert une veille d’Halloween c’est fou ça.
-C’est une dinguerie de faire ça ! », intervint Théo dans une imitation caricaturée de son ami, ce qui les fit tous rire sauf le concerné.
« -Bon, je sais pas pour vous mais mon verre est vide, et Sidjil en a même pas, donc je propose qu’on change ça ! », déclara Billy.
Théo finit le sien en cul-sec avant de le suivre, tout fier, vers le milieu de la salle.
« -Ton costume est pas mal non plus en tous cas », glissa Sidjil à Maxime avant de les suivre.
Ce dernier resta en arrière une seconde, déstabilisé, et cligna des yeux quelques fois, avant de les suivre, un sourire flottant sur les lèvres.
Après être resté quelques minutes à fixer le vide, Maxime se retrouva enfin à prendre son téléphone, qui s’était depuis arrêté de vibrer, ne serait-ce que pour prévenir les autres qu’il était bien rentré.
Il tomba face à de nombreux messages qui le surmenait avant même de les avoir lus.
Théorompiche :
| ça va mon gars ? t’es parti vite
| repose toi il y a pas de pb, je voulais juste verif que tt va bien
Lululucas :
| Hey, merci encore d’être venu à la soirée, c’était super ! J’espère que tu t’es amusé, on se capte vite sur des tournages mon gars ! La bise
Billy Le Rebeu Déterminé :
| t’as oublié ton chargeur oupsi
| je te le ramène qd on se voit mon petit canard des îles
| en attendant dort bien si dieu le veut
Baugoss sous payé :
| jsp ce que t’as foutu à ta soirée mais pq j’ai des messages de théodort qui me demande de verif si tt va bien ?
| il y a un pb avec sidjil ?
| écoute, je sais que je déconne souvent, mais s’il il y a un pb je suis là pour toi ok ?
Chloé :
| Alors, ce makeup ? J’ai entendu des compliments je crois, on a géré ;)
| Envoie nous un ptit message quand tu rentres !
Grand pif n°2 :
| Hey Max, ça va?
| Ecoute je suis désolé pour ce qu’il s’est passé, je pensais qu’on était tous les deux ok.
| A aucun moment j’ai voulu te mettre mal à l’aise, mais on était bourrés et je sais que c’est pas une excuse mais je me suis emporté…
| Si tu veux prendre du temps avant de me répondre il y a aucuns soucis, mais on peut aussi ne jamais reparler de ça si c’est ce que tu veux.
| T’es vraiment un super pote et ce serait con de te perdre à cause de ça, donc encore une fois je suis désolé, et je m’en veux de pas avoir plus vérifié avec toi si c’était ok.
| …
| T’en as aucune obligation bien sûr, mais si tu peux juste m’envoyer un message quand t’es chez toi ? T’es mêmes pas obligé de répondre au reste, juste que je sache que t’es bien arrivé.
Maxime soupira, et grimaça alors que les problèmes générés par la soirée lui revenaient en tête. Il commença par le plus simple, remerciant Chloé et lui confirmant qu’il était bien rentré, puis adressant également ses remerciements à Lucas pour la soirée. Il envoya ensuite un message à Billy à propos de son chargeur, avant de glisser sur la conversation avec Théo :
Max le T-Max :
Oui t’inquiète tout va bien |
Juste un peu fatigué d’un coup, j’ai préféré rentrer avant d’être mal |
Mais merci de t’inquiéter |
Théorompiche :
| il y a pas de pb, repose toi !
| la soirée était top en tous cas, hâte de refaire ça :)
| bon allé, bonne nuit et HASSOUL
Max le T-Max :
Mdrr oui faudra grave refaire ! :) |
Bonne nuit théo-dort |
Maxime savait que les conversations qui restaient allaient être un peu plus difficiles. Il ne pouvait pas cacher à Mathis les évènements de la soirée - déjà parce qu’il ne lui pardonnerait jamais si lui cachait quelque chose du genre - mais aussi parce qu’il fallait absolument qu’il en parle à quelqu’un avant de devenir fou. Mais est ce qu’il était prêt à s’y confronter tout de suite ?
Il savait que son ami serait disponible, même à 5h du matin, mais c’était lui-même qui n’était pas sûr de pouvoir. Maxime n’avait pas vraiment sommeil, mais il ne voulait rien de plus que dormir à ce moment-là.
Il laissa retomber sa main sur le lit, et attrapa la bouteille d’eau pour en boire de longues gorgées, moitié pour son mal de crâne, moitié pour gagner du temps.
Car quant à Sidjil… il n’avait clairement aucune envie de lui répondre maintenant, mais il ne pouvait pas le laisser aller dormir sur ce malentendu.
C’est avec appréhension qu’il déverrouilla de nouveau son téléphone et qu’il ouvrit la conversation avec lui.
La nuit était maintenant bien avancée, et, tous rassemblés autour d’un jeu à boire assez puéril, les invités passaient un bon moment. Les verres s’étaient enchaînés au fil de la soirée et il ne restait que peu de personnes à peu près sobres, dont Hugo de la chaîne HugoDécrypte, et Théo, aussi appelé Mastu.
Assis en cercle autour d’une bouteille a demi vide, tous se lançaient des gages de plus en plus idiots, à l’hilarité générale. Parmi les temps forts de la soirée, il y avait eu la parodie d’Hugo qu’avait eu à faire Seb, le combat de lutte de Lucas et Baptiste (Locklear), la battle de maquillage sur ballon de foot de Léna et Barbara (Maghla), et le défi de Joyca d’embrasser Mastu, défi qui avait été refusé par ce dernier qui se jugeait trop sobre et Jordan trop bourré pour que ce soit acceptable.
Sidjil, assis en diagonal de Maxime, ne pouvait empêcher son regard de s’accrocher à celui du petit brun. Il ne savait pas si c’était les quelques verres qu’il avait, l’ambiance joyeuse de la soirée, ou ce putain d’eyeliner, mais l’alchimie qui se développait entre eux était particulièrement difficile à ignorer ce soir-là.
Des phrases amusées dans le creux d’une oreille, des mains qui jouent avec les verres nerveusement, des regards appuyés, des sourires en coin, et des gestes tactiles, étaient autant d’indicateurs de la situation dans laquelle ils s’étaient mis.
Sidjil but une grande gorgée de son verre, se forçant à détourner le regard du col de la chemise de Maxime, légèrement entrouverte, où le vert de son maquillage s’estompait pour laisser voir sa peau pâle.
« - Arrête de le dévisager, il va finir par le remarquer. », fit la voix à droite de Sidjil, en chuchotant.
Il tourna la tête pour rencontrer le regard amusé de Seb.
« - Ça se voit tant que ça ? », demanda-t-il avec un sourire dépité.
« -Baaah, on sait pas si t’admires son costume ou si tu veux lui retirer quoi. Mais sinon c’est discret.
-Merde, à ce point ? », Sidjil fit la moue en regardant son ami.
« -En vrai t’inquiète, je pense qu’il faut faire vraiment attention à vous pour le remarquer. C’est juste que moi je suis à côté de toi et en face de lui, donc j’ai limite l’impression d’être impliqué là. »
La dernière phrase fit échapper un soufflement de nez à Sidjil, qui tapa amicalement l’épaule de Seb, l’air de lui dire « T’es con ». Les deux garçons avaient arrêté de suivre le jeu pour discuter, et Sidjil se demanda un instant comment il en était arrivé à parler de choses si persos si rapidement. Il savait que Seb était quelqu’un de confiance, mais ça restait un très gros secret pour lui, qui n’avait jamais vraiment parlé de cette attirance à quelqu’un, à part à son meilleur ami Nicolas (Manas) un soir très tard.
Mais Seb était là, il avait lancé le sujet, et ça faisait du bien à Sidjil de se sentir écouté.
« -Mais parlez en nan ? S’il se passe un truc je veux dire.
-C’est pas facile, je veux vraiment pas le perdre. Et puis j’ai pas juste envie de « lui enlever son costume » surtout. J’aimerais bien un vrai truc avec lui tu vois ?
-Mmmh, oui je vois. Après c’est vrai que c’est compliqué, on est dans un milieu qui va vite, et moi aussi au début j’avais peur que Léna soit intéressé que par une aventure temporaire… Mais on en a beaucoup parlé, et au final ça a bien fonctionné », Seb répondit, en jetant un regard en coin plein d’amour vers sa copine, qui riait aux éclats appuyée sur Lucas, lui-même en fou rire.
« -C’est pas pour ramener ça à moi », reprit-il, « C’est juste pour te dire que des fois en parler ça aide. Souvent même. Donc écoute moi bien… », dit-il en commençant à rire.
« -D’abord, tu lui parles... », il attrapa son verre, « Ensuite il te parle… », il le tapa légèrement contre le verre de Sidjil, « Et ensuite : Tu. Lui. Enlèves. Son. Costume », finit-il en appuyant sur chaque mot.
Il ponctua la phrase d’un cul sec de la fin de son verre, aussitôt imité par Sidjil. Cette blague pourtant pas si drôle fit partir les deux garçons en fou rire et en quelques instants ils se tenaient les côtes, les larmes aux yeux, s’attirant les regards des amis les plus collés à eux.
« -Tout va bien les mecs ? », demanda Mastu, mi-amusé mi-inquiet.
« -Oui, oui tout va bien », le rassura Sidjil, légèrement essoufflé.
« -C’est juste Sidjil qui a des problèmes vestimentaires », compléta Seb, ce qui les fit repartir dans un nouvel éclat de rire sous le regard perdu de Mastu.
En face d’eux, Maxime les regardait d’un air confus, une lueur un peu blessée dans les yeux. Il se sentait débile parce que c’était de Seb dont il s’agissait ; Seb qui n’avait jamais été aussi proche de Sidjil que Maxime l’était, Seb qui était une personne adorable et que Maxime adorait, et surtout Seb qui avait une copine… Mais quelque part, au fond, Maxime était un peu jaloux de cet amusement que les deux partageaient à ce moment-là.
Il se demandait de quoi ils parlaient.
Après ça, il devenait difficile pour lui de se concentrer sur le jeu, et il se leva, prétextant devoir mettre son téléphone à charger et allant récupérer son chargeur dans son sac. Son téléphone n’était même pas à court de batterie, mais c’était une excuse pour se faire oublier un instant et se poser.
Maxime quitta le salon sans un regard en arrière, manquant ainsi le chuchotement de Seb à Sidjil et le mouvement de tête qui l’accompagnait, le désignant.
Il ne vit pas non plus Sidjil se crisper avant d’expirer lentement et de se lever à son tour.
Dans la chambre, Maxime fouilla un peu pour retrouver son sac enfoui sous les manteaux, et alors qu’il mettait enfin la main dessus, une voix le fit sursauter.
« -Alors Max, tu passes une bonne soirée ? », sourit Sidjil.
« -Putain le con, tu m’as fait peur ! Mais oui ça va nickel… Et toi ? J’ai vu que tu rigolais bien avec Seb.
-Mmh, ouais, je le pensais pas aussi cool. », répondit-il distraitement, réfléchissant à comment orienter la discussion.
Sa réponse n’aida pas vraiment Maxime, qui se mordit la lèvre inférieure, baissant les yeux. Il brancha rapidement son téléphone et reparti vers le couloir en marmonnant qu’il allait retourner à la fête.
Mais au moment de passer devant son ami, celui-ci le retint par la manche et s’exclama :
« -Attend Max ! J’avais envie qu’on parle d’un truc vite fait… »
Maxime pivota pour lui faire face. Il se trouvait presque dos au mur, et Sidjil paraissait soudain très proche en face de lui. Il avait déjà passé une bonne partie de la soirée à le regarder, mais c’était différent quand son ami était à une trentaine de centimètres de lui. Il déglutit, laissant son regard parcourir ses épaules, remonter le long de son cou, sa bouche, et arriver à ses yeux.
Les bruits de rires et de musique étaient soudain étouffés, comme s’il n’existait plus rien en dehors de cette chambre.
Sidjil sembla chercher ses mots, et saisit machinalement entre ses doigts le col de la chemise de Maxime, le replaçant correctement avec un geste lent, effleurant ainsi sa clavicule.
Maxime rougit sous son maquillage, se maudissant d’agir comme un ado avec un crush. Il n’y avait aucune trace de l’amusement qui accompagnait d’habitude leur séduction hasardeuse. La tension était lourde, électrique, et il la sentait au plus profond de lui.
Sidjil entrouvrit la bouche pour parler, et Maxime ne pouvait pas empêcher ses yeux de dériver dessus, ne pouvait pas arrêter de penser au fait de l’embrasser. De l’embrasser vraiment. Sans caméras. Avec toute l’envie et le désir qui s’accumulait en lui.
« -Je t’avoue que finalement j’ai pas très envie de parler là tout de suite », répondit-il d’une voix faible.
Il écarquilla les yeux, comme choqué par sa propre audace, et ceux de Sidjil n’étaient pas beaucoup mieux.
Sidjil leva alors une main hésitante pour la déposer au niveau de la nuque de Maxime, s’approchant encore infiniment plus proche de lui. Le temps semblait s’étirer, chaque seconde durant une heure.
Aucun des deux n’avait assez bu pour blâmer l’alcool de ce qui suivit, et au fond ils le savaient.
« -Ah ouais ? », murmura-t-Sidjil d’une voix basse, dans un souffle qui se perdit sur les lèvres de son ami.
« -J’ai bien une autre idée mais je sais pas si elle est très sage.
-Sid, j’ai même pas les mots pour te dire à quel point j’en ai rien à faire de la sagesse là. »
Après ça, Maxime ne saurait plus dire lequel d’entre eux s’est avancé en premier.
Mathis était en pleine partie de League Of Legends quand il reçu le message de Théodort. Il ne le vit pas tout de suite, trop impliqué dans sa partie, et ne quittant pas les yeux de son écran.
Quelques minutes plus tard, il lâchait sa souris avec un grand « Putain ! », soupirant de sa défaite. Déçu, il fit une légère pause pour attraper une canette de coca et jeta un coup d’œil à son téléphone.
En voyant la notification de Théodort, il fronça légèrement les sourcils, intrigué et un peu inquiet. Les deux s’étaient déjà vus et le courant était bien passé, mais il restait relativement rare qu’ils s’envoient des messages… Surtout à plus de 4h du matin.
Mathis fit vite le lien entre la soirée Halloween dont lui avait parlé Maxime et la présence probable de Théodort à la soirée en question. Il s’inquiéta un peu, il n’y avait aucune raison de le contacter lui à part si Maxime avait un problème. Et là encore, quel problème pourrait-il avoir que les convives ne pouvaient pas régler ?
Il se redressa sur sa chaise, se détournant de l’écran, et tout en en portant sa canette à ses lèvres, il ouvrit la conversation.
Théodort youtube :
| salut mon gars, désolé de te déranger aussi tard, j’espère que je te réveille pas
| c’est juste que maxime vient de partir de la soirée halloween de lucas assez brusquement, et j’ose pas trop lui en parler, mais il avait pas l’air trop bien
| je t’en parle prcq je sais que vous êtes proches donc voilà
| je m’inquiète surtout prcq avant ça il était solo avec sidjil donc ptetre il y a eu une embrouille
| jsp mais donc voilà je voulais juste te prévenir histoire que tu puisses check avec lui ?
Mathis soupira en lisant les messages. Dans un sens, il se doutait qu’il finirait par y avoir des histoires avec ces deux-là. Ça faisait plusieurs mois maintenant que Mathis était un témoin impuissant de la relation se développant entre ses deux amis.
Dès la première rencontre de Maxime avec Sidjil, il était revenu tout content et lui avait venté les qualités de ce nouvel ami qu’il trouvait « hyper sympa, vraiment faudra que tu le rencontres, il est super drôle ». Depuis ça, à chaque fois que les deux avaient un tournage ensemble, c’était suivi d’un message de Maxime qui lui racontait à quel point c’était super.
Au début, il trouvait juste ça cool que Maxime ait trouvé un aussi bon pote, avec qui les vidéos marchaient bien, et il réfléchissait déjà à l’inviter dans Zen.
Et puis ils s’étaient vus tous les trois, entre autres, pour la première fois, et Mathis compris que c’était un peu plus que ce que Maxime réalisait. Les deux étaient inséparables ensemble, et Mathis pu remarquer avec des yeux ébahis comment son ami regardait Sidjil. Aucun des deux n’avait l’air de le remarquer, et Mathis n’allait clairement pas poser de question, mais il était presque sûr que c’était un peu trop proche pour être entièrement platonique.
Ça n’aurait vraiment pas dû l’étonner quand ils commencèrent à jouer à s’embrasser devant la caméra, « pour la vanne ». A ce moment-là, Mathis était dépité, réfléchissant sérieusement à demander à Maxime ce que c’était que ce bordel, mais préférant leur laisser l’espace de réaliser ça entre eux.
Une fois il avait tenté de faire une vanne dessus hors caméra (« Mais quand est ce que vous finissez dans ton lit tous les deux ? ») mais Maxime s’était juste mis à bégayer en rougissant, les yeux écarquillés de manière comique. C’était tellement cliché et traumatisant que Mathis s’était juré de ne plus jamais recommencer.
Toujours est-il qu’en lisant le message de Théodort, il était un peu perplexe. S’il s’attendait à ce que quelque chose se passe entre eux pendant la soirée, c’était plutôt un roulage de pelles qu’une embrouille. Mais après tout peut-être qu’il avait eu tort et que les sentiments évidents de Maxime n’étaient pas partagés ?
Peut-être que Maxime lui avait avoué ce qu’il pensait et ça avait mal fini ?
Peut-être même qu’il se trompait complètement et qu’il n’y avait jamais rien eu d’ambiguë entre les deux ?
Mathis souffla du nez avec un sourire à cette dernière pensée, n’y croyant pas lui-même.
Il tapa néanmoins rapidement sa réponse à Théodort. Il aimait bien Sidji oui, mais s’il avait fait du mal à son ami ça n’allait pas être la même histoire.
Grimkujow :
slt théo, non tqt tu me déranges pas ! au contraire, mrc de m’en parler :) |
mais comment ça un pb avec sidjil ? il s’est passé un truc pdt la soirée ? |
Mathis n’eut même pas le temps de poser son téléphone que la réponse de Théodort s’affichait déjà sur son écran.
Théodort youtube :
| bah en fait je sais pas trop, maxime est parti dans une chambre et sidjil l’a suivi
| et genre 20min après maxime est sorti, il avait l’air bizarre, et il a dit au revoir à tt le monde
| là il doit être arrivé chez lui jpense
| et sidjil avait l’air inquiet, là il est toujours à la soirée et il le cache bien, mais il fait que de regarder son tel
Grimkujow :
ah oui t’as raison c’est bizarre |
bah écoute je vais voir ça avec maxime, merci de m’avoir prévenu ! |
et bonne fin de soirée, amusez vous bien qd même |
Théodort youtube :
| oh pour ça compte sur moi ;)
| et ça marche pour maxime, merci fréro !
| bonne nuit (jsp même pas si tu dors dans la vie toi mais azy)
Grimkujow :
mdrr merci |
Suite à ça, Mathis s’empressa d’envoyer un message à celui qu’il considérait comme un de ses amis les plus proches. Il se doutait que Maxime ne répondrait pas tout de suite, mais il était maintenant un peu trop inquiet pour se remettre à League Of Legends. Soupirant, il reprit de nouveau sa canette de coca, s’affaissa dans son siège, et se prépara à attendre en scrollant sur son téléphone.
Il espérait vraiment que les deux ne s’étaient pas entretués.
Les mains de Sidjil étaient sur lui, sa bouche contre la sienne, et son corps assez proche pour le sentir contre lui, et Maxime avait l’impression d’exploser.
Le baiser avait commencé doux, mais déjà tellement différent de devant les caméras. Les yeux de Maxime s’étaient fermés et il s’est laissé porté par ce qu’il ressentait. C’était différent, si différent de tout le reste.
Il savait qu’il ne devrait pas être en train de faire ça, de se laisser avoir espoir alors que Sidjil pouvait très bien voir ça comme un amusement de plus, une suite sans sentiment de leur petit jeu de séduction.
Mais sur le coup il ne pouvait même pas y réfléchir, intensifiant le baiser avec chaque seconde qui passait. Il inclina légèrement la tête sur le côté et posa sa main sur le cou de Sidjil, l’incitant à venir plus proche, encore plus proche.
La soirée en arrière-plan était définitivement oubliée. Sidjil posa ses mains dans le creux du dos de Maxime, avant de changer d’avis et la passer sous son t-shirt, effleurant son dos et ses côtes et déclenchant un frisson le long de sa colonne vertébrale. Sidjil sourit contre les lèvres de Maxime, il adorait savoir que c’était lui qui lui faisait cet effet.
« -Putain Sid », marmonna Maxime alors que les mains de celui-ci s’arrêtaient sur ses hanches.
Le concerné ne répondit pas, se contentant de faire pression sur ses hanches, appuyant fermement Maxime sur le mur. Chacun des gestes du plus grand, chaque caresse et contact avec sa peau rendant Maxime un peu plus désespéré. Il voulait plus, et Sidjil était en train de lui donner, et c’était tellement bon.
Les mains de Maxime passèrent sous la cape de Sidjil et commencèrent à se débattre avec ses boutons de chemise, tentant d’atteindre son torse.
Il fut interrompu par la sensation de la bouche de son ami quittant la sienne pour se poser sur son cou, le faisant resserrer sans le vouloir sa prise sur la chemise. Il renversa sa tête en arrière pour lui donner plus d’accès, la laissant retomber sur le mur. Les soupirs tremblants de Maxime se transformaient en halètement, et ça rendait Sidjil brûlant de désir.
Il descendit un peu plus dans le cou de son ami et pris la liberté de mordiller la peau qu’il y trouva. Il fut récompensé par un gémissement que Maxime tenta un peu tard d’étouffer en se mordant les lèvres.
« -Refais ce son pour voir ? », demanda Sidjil dans un souffle.
« -Sid, je… »
Il se coupa lui-même avec un autre de ses gémissements en sentant le bassin de son ami rencontrer le sien, et laissa retomber sa tête sur l’épaule du plus grand.
« -Sidjil putain… », geint-t-il, inclinant la tête pour rencontrer son regard.
Sidjil eu le souffle coupé pendant une seconde. Maxime était magnifique comme ça, le visage rouge, les yeux brillants, et l’air tellement emplein de désir.
Il repassa sa main sur la nuque de l’autre, l’attirant vers lui pour un nouveau baiser, aussi intense que le précèdent.
Maxime ne pensait plus à rien d’autre qu’à lui, à lui, à lui.
Mais alors, les mains de Sidjil s’arrêtèrent sur la ceinture du plus petit, et le bruit métallique de la boucle étant en train d’être enlevée fit l’effet d’une douche froide à Maxime.
C’était donc ça, il voulait seulement s’amuser ?
Prenant conscience soudainement de la tournure qu’avaient pris les choses, et réalisant qu’il n’avait pas envie d’aller plus loin si ça ne voulait rien dire pour Sidjil, Maxime paniqua d’un coup. Est-ce que l’autre voyait ça comme quelque chose d’anecdotique ?
Il perdit soudain toute la confiance en lui qu’il avait, allant jusqu’à visualiser Sidjil raconter leur baiser à ses amis en riant. Raconter la manière dont Maxime avait si vite plié, la manière dont il s’était laissé aller, dont il avait gémi sans avoir été vraiment touché.
Il s’écarta soudain de son ami, comme s’il avait été brûlé et balbutia :
« -Je… je dois y aller je suis désolé. »
Il savait que c’était nul de partir comme ça, mais il ne pouvait même pas rencontrer le regard de Sidjil. Il reboucla sa ceinture rapidement et attrapa son sac avant de s’éclipser, laissant derrière lui son ami abasourdi, se demandant ce qu’il venait de se passer.
Aussitôt que la porte de la chambre se refermait, le cerveau de Sidjil se remit à fonctionner, et il réalisa qu’il s’était clairement laissé emporter. Il paniqua en réalisant qu’il avait tenté de pousser les choses à aller plus loin sans demander l’avis de Maxime, complétement emporté par le baiser.
Est-ce que pour le baiser aussi Maxime s’était senti forcé ? Il n’en avait pas eu l’air, mais Sidjil n’était plus sûr de rien. Et puis putain, ils avaient tous les deux bus. Peut-être que Maxime n’avait jamais eu envie de ça.
Il se laissa tomber assis sur le lit et se maudit de ce qu’il venait de se passer. Au départ il s’imaginait parler avec Maxime, lui avouait qu’il aimait bien ce qu’il se passait entre eux, et lui demander si c’était réciproque. Le plan n’était pas d’embrasser contre un mur et de le faire fuir, merde !
Sidjil passa ses mains sur son visage, le cœur lourd et plein de regrets.
Il se força rapidement à sortir de la chambre pour ne pas trop éveiller de soupçons, et fut accueilli dans le salon par des regards surpris, curieux, ou confus. Il rejoignit Billy qui lui demanda si tout allait bien et qui lui appris que Maxime venait de partir un peu précipitamment, qu’il était fatigué.
Sidjil afficha un faux sourire et accepta l’explication de Billy, tout en s’insultant dans sa tête. Pendant un moment d’inattention de ses amis, il en profita pour envoyer un message à Maxime. Il priait pour ne pas avoir tout gâché.
Maxime resta de longues minutes devant son écran, à se demander comment gérer la situation.
Il relu les derniers messages de Sidjil une énième fois, et une énième fois trouva qu’il était parfait. Il était respectueux, ne l’accusait de rien, s’excusait, et lui laissait le choix de la suite. Il trouvait même le temps d’être simplement adorable en s’inquiétant pour lui.
Il essayait de trouver une réponse claire, mais débattait toujours comment régler cette situation pleine de malentendus. Le problème étant qu’il était difficile de trouver les mots quand il avait encore en esprit les mains de l’autre sur lui, la douceur de ses lèvres sur les siennes, la chaleur de son corps près de lui, l’odeur discrète de son parfum, et…
Maxime lâcha un grognement exaspéré en se laissant tomber en arrière dans son lit. Il en revenait toujours au même point et ça ne l’aidait pas.
Frustré, il finit par simplement écrire ce qui lui venait, et ce serait très bien comme ça.
Grand pif n°1 :
Salut Sid, je suis bien rentré, merci de t’en inquiéter |
Je suis désolé d’être parti comme ça, ça a vraiment envoyé le mauvais message |
A aucun moment je me suis senti forcé, et même, j’étais enthousiaste aussi… |
En fait, pour être honnête, j’ai vraiment aimé ce qu’il s’est passé |
Mais je suis parti parce que je veux pas que ce soit que ça |
Et si tu veux de moi que pour t’amuser, je préfère que tu m’aies pas du tout |
La mention « lu » avait commencé à s’afficher au troisième message de Maxime, mais Sidjil était resté silencieux, attendant qu’il termine. Son dernier message envoyé, Maxime attendit donc anxieusement que le « est en train d’écrire » se remplace par une réponse.
Grand pif n°2 :
| Ca me rassure de savoir que je t’ai forcé à rien, mais je m’excuse quand même de pas avoir plus communiqué, ça aurait évité le problème
| Au départ je voulais justement te parler
| En fait, je voulais te dire que je t’apprécie beaucoup Maxime
| Plus que comme un simple ami je veux dire
| Et attention moi aussi j’ai apprécié ce qu’il s’est passé bien sûr ! Mais j’aurais voulu faire les choses mieux avec toi
| J’aurais voulu t’embrasser en sachant que toi aussi tu ressens quelque chose pour moi
Maxime resta abasourdi devant ces réponses. Il était tellement parti du principe que jamais Sidjil ne voudrait quelque chose de sérieux avec lui qu’il ne s’était même pas laissé espérer que la discussion finisse bien. Il se voyait déjà perdre la personne qui, en plus d’être celle pour laquelle il avait des sentiments, était un de ses amis les plus proches.
Il se redressa dans son lit, toujours choqué par la tournure que prenaient les choses.
Grand pif n°1 :
Attends quoi ? |
T’es en train de me dire que je suis parti comme un lâche pour rien ?? |
Ptn je suis désolé d’avoir tiré des conclusions hâtives Sid |
Grand pif n°2 :
| Mais Maxime ça fait des mois que je te regarde comme si t’étais la seule personne qui existe
| J’ai beaucoup trop de sentiments pour toi pour te lâcher après une fois
| Après je crois qu’on a tous les deux étés un peu rapides dans nos démarches ce soir…
Le cœur de Maxime battait fort dans sa poitrine, et il relu plusieurs fois les messages, un immense sourire de dessinant sur son visage. Il s’en voulait un peu d’avoir douté, tout comme il s’en voulait de s’être précipité plus tôt dans la soirée. Mais finalement les deux avaient fait une erreur, et elle avait l’air plus que réparable.
Grand pif n°1 :
Et tu pouvais pas me le dire avant ??? |
Moi aussi j’ai des sentiments pour toi bouffon |
… |
Ça me va de reprendre les choses un peu plus doucement |
Grand pif n°2 :
| Si je t’emmène au resto, ce sera un assez bon début pour toi ? :)
| Je veux pas refaire la même erreur
| La prochaine fois que tu voudras m’embrasser, faudra me supplier pour que je sois sûr que t’en a bien envie carrément
Grand pif n°1 :
Un resto ce serait super ❤ |
Mais qui dit que ce sera pas toi qui voudra m’embrasser ? Ce sera peut-être toi qui va supplier |
Grand pif n°2 :
| Oh on verra ça ;)
| Et sinon Max
| C’est trop tôt ou je peux déjà t’appeler mon copain ? ❤
Les joues déjà rouges de Maxime s’enflammèrent encore davantage et il détourna les yeux de son écran un instant. « Il faut tellement que je raconte tout ça à Mathis », songea-t-il distraitement.
Son copain. Sidjil, son copain.
C’était presque trop beau pour être vrai. Mais si Maxime était honnête avec lui-même, ça faisait un bon moment qu’il rêvait de ce moment.
Grand pif n°1 :
Ça sonne plutôt bien :) |
Je serais ravi d’être ton copain Sidjil |
Ils discutèrent pendant plusieurs minutes avant que Maxime ne se rappelle soudainement qu’il n’avait pas répondu à son meilleur ami, et que celui-ci risquait de s’inquiéter.
Malgré son air chill et détendu en permanence, Maxime savait qu’il était parfois assez anxieux sous ses airs. Et ne pas avoir de réponses dans une situation comme celle-ci était typiquement quelque chose qui allait l’angoisser.
Et puis Sidjil de son côté, était toujours à la soirée – même s’il avait dit à Maxime qu’il s’était isolé dans une des chambres pour lui parler. Les invités étaient presque tous en train d’aller se coucher, et Sidjil voulait leur dire bonne nuit avant qu’ils ne disparaissent dans les chambres.
Ils se dirent donc bonne nuit pour le moment, avec promesse de reparler de tout ça le lendemain.
C’est avec le sourire que Maxime répondit à Mathis, son dernier effort de la journée avant d’enfin d’abandonner au sommeil.
Patron (pas) très zen :
tu dors mon grim? |
Baugoss sous payé :
| frr il y a pas à inquiéter les gens comme ça, tt où ??
| tout va bien ? askip il ya des embrouilles
Patron (pas) très zen :
désolé j’avais qlq trucs à régler |
mais oui tout va bien |
et même |
j’ai un copain :) |
Baugoss sous payé :
| hein
| mais tu te fous de moi ????
| t en train de me dire que gt inquiet pour toi alors que toi tu roulais des pelles à sidjil
| ?????
| g plus les mots là
Patron (pas) très zen :
en gros oui |
me demande pas comment c’est possible, même moi jsais ap |
Baugoss sous payé :
| hé plus jamais je m’inquiète pour toi
| mais frr nan c trop une dinguerie
| depuis TOUT CE TEMPS il fallait juste te peindre la gueule en vert nan mais je vais me tirer une balle
Patron (pas) très zen :
mdrrr |
comment ça « depuis tout ce temps », tu dis ça comme si ça fait des mois que t’attend ça |
Baugoss sous payé :
| …
| par pitié maxime fais un effort
| bien sûr que oui ça fait des mois que j’attend ça
Devant son écran, Maxime ne savait pas trop comment réagir face à cette information. Il avait vraiment été si peu discret ?
Il fallait croire que lui à en juger de la réaction de son meilleur ami…
Baugoss sous payé :
| bon écoute, mtn que je sais que tu vas bien je vais aller dormir moi
| et tu devrais faire pareil, t’as eu une longue nuit apparemment
| bonne nuit max, dors bien enfoiré
Patron (pas) très zen :
yes je vais aller dormir aussi |
bonne nuit mathis, merci de t’être inquiété pour moi |
Il attendit que la mention « vu » s’affiche en dessous de son message pour définitivement poser son téléphone. Il se sentait vidé, vraiment vidé.
Aussitôt qu’il posa sa tête sur l’oreiller, il ferma les yeux en soupirant de soulagement. La soirée avait vraiment été longue.
Il sourit doucement en pensant au lendemain, il avait un peu moins peur de ce qui pourrait se passer entre lui et Sidjil maintenant. Entre lui et son petit ami.
Finalement, les soirées c’était pas si mal.
***
La sonnette retentit dans l’appartement et Maxime se dirigea vers l’entrée, s’arrêtant une seconde devant son miroir pour ajuster ses cheveux et lisser son t-shirt une énième fois et il ouvrit.
« -Salut Max ! Ça va ? », demanda d’une voix douce Sidjil, sur le pas de la porte.
« - Super, et toi ? », répondit Maxime, d’un ton enjoué.
Sidjil était particulièrement beau ce jour-là, et Maxime eut du mal à se retenir pour ne pas le fixer trop longtemps.
« -Je passais juste te repasser ton chargeur, Billy me l’avait laissé… »
« -Oui il m’avait prévenu, merci beaucoup ! »
Maxime ne savait pas bien comment agir, hésitant à lui proposer d’entrer ou non. Finalement, Sidjil choisit pour lui en disant :
« -Je vais y aller du coup, mais sache que t’es très beau aujourd’hui. », lui glissa-t-il avec un clin d’œil.
Maxime rougit légèrement au compliment, puis, voulant lui rendre son audace, se pencha pour embrasser doucement son copain.
« -Merci », ajouta-t-il en se redressant.
C’était au tour de rester subjugué, clairement pas encore habitué à ces démonstrations d’affections.
Au moment où il allait tourner les talons et partir, Maxime le rappela,
« -Sid, attend ! Je… j’allais manger une pizza devant un film. Ça te dirait de rester ? »
Sa voix n’était pas très assurée, et il grimaça presque de sa propre intonation, mais Sidjil trouva ça assez adorable.
Se tournant de nouveau vers la porte, il répondit aussitôt avec enthousiasme et un grand sourire :
« -Ouais carrément »
C’est avec des sourires amoureux et des étoiles pleins les yeux qu’ils laissèrent la porte de l’appartement de Maxime se refermer derrière eux.
Oui, la soirée d’Halloween avait définitivement été une bonne chose.
