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Un goût de Noël

Summary:

Harry est un Auror qui se blesse très souvent. Manque de chance pour lui, c'est toujours le même interne en médicomagie qui le soigne. Mais est-ce vraiment un hasard si Harry est toujours blessé lors des gardes de Drago ?

Notes:

Chère Damelith,
Je ne sais pas si tu t'en rappelles, mais tu as explicitement demandé un OS à la lecture de mon Pottertober "Généralement, ce sont les ennuis qui me trouvent". Bon, ba le voilà ^^
Je te souhaite un Joyeux Noël et une bonne lecture.
Pouik.

.........

Un grand merci à Akhmaleone pour sa lecture et ses corrections !

Work Text:

Un goût de Noël

 

Juillet 2004

 

Harry papillonna des yeux et une douleur sourde lui traversa le crâne. La lumière lui brûlait les rétines et des bruits désagréables résonnaient à ses oreilles.

— Il se réveille, annonça une voix féminine.

Harry grimaça alors que la souffrance pulsait derrière ses orbites. Il ouvrit plus franchement les paupières et croisa un regard gris, surmonté de sourcils blonds, penché au-dessus de lui.

— Ne bouge pas, Potter. Esther, donnez-moi ses résultats d’analyses magiques, s’il vous plaît.

Il eut des bruits de pas et des froissements de papiers. Harry resta immobile, la nausée lui retournait l’estomac. Il déglutit et referma les yeux.

— Bon, rien de très grave. Potter, tu m’entends ? Lève la main si tu m’entends.

Harry leva mollement la main. Il garda les yeux fermés, il n’avait pas envie de voir Malefoy le soigner, c’était au-dessus de ses forces. Il espérait juste qu’il savait ce qu’il faisait et qu’il sortirait vite de Sainte-Mangouste.

— C’est un simple traumatisme crânien, pas d’hémorragie cérébrale. Tu vas rester en observation cette nuit avec une dose de Poussos pour guérir la fêlure de ton crâne et tu pourras sortir demain.

Harry soupira en silence et hocha la tête pour montrer qu’il avait compris. Une fulgurante douleur irradia dans sa tête et la nausée le reprit.

— Ne bouge pas la tête, idiot ! Merlin, c’est pas possible !

Une main se posa sur son front. Elle était fraîche et apaisa légèrement la douleur, c’était agréable.

— Esther, le Poussos, s’il vous plaît.

Une autre main, plus chaude, se glissa à l’arrière de son crâne et lui inclina la tête. Un verre fut apposé sur ses lèvres et Harry avala diligemment la potion infecte. Il repoussa avec une grimace la nausée qui refit irruption et sa tête fut reposée sur le coussin.

— Voilà. Maintenant, dors, Potter.

La main fraîche disparut de son front et Harry la regretta. Il était épuisé et s’endormit rapidement.

 

OOOOOOOOOOOOOO

 

Août 2004

 

Les urgences de Sainte-Mangouste étaient toujours pleines de monde. Assis sur une chaise, Harry attendait, sa main blessée serrée contre lui. Il n’était pas prioritaire et il le savait. Contrairement à la fois d’avant, il était arrivé ici par lui-même et il était capable de dire ce qui n’allait pas.

Lorsqu’il avait fini l’académie des Aurors un an plus tôt, Harry n’avait pas imaginé qu’il viendrait à l’hôpital aussi souvent. Il avait visiblement occulté les souvenirs de Fol-Œil, couvert de cicatrices, un œil et une jambe en moins. Ses blessures n’étaient pas sorties de nulle part : le métier d’Auror était dangereux. Cinq ans après la fin de la deuxième guerre contre Voldemort, certains de ses partisans étaient encore dans la nature et le Ministère faisait de son mieux pour les repérer et les arrêter. Depuis qu’il était diplômé, Harry n’avait cessé de se retrouver embrigadé dans des combats violents et se blessait souvent. La plupart du temps, ce n’était pas grave et il rentrait même chez lui sans passer par la case Sainte-Mangouste, mais après sa perte de conscience le mois dernier, Harry s’était fait remonter les bretelles par Gawain Robards, le chef du Bureau. Chaque blessure devait être signalée et soignée à l’hôpital, c’était le protocole. Harry n’en avait que faire du protocole, mais il ne voulait pas perdre son travail ou utiliser son statut pour avoir un passe-droit, alors il attendait sagement sur une chaise qu’on s’occupe de lui.

— Harry Potter ?

Harry leva la tête vers l’infirmage qui l’avait apostrophé. Il la connaissait, elle s’appelait Mary, elle s’était déjà occupée de lui quelques mois plus tôt. Il la suivit jusqu’à un box de soin, s’assit sur le bord du lit et la laissa lancer ses sortilèges de diagnostic. Puis elle fit une drôle de grimace, posa ses parchemins qui s’étaient remplis au fur et à mesure grâce à une plume spéciale et sortit en lui assurant qu’elle revenait avec un médicomage.

Le rideau se rouvrit un long moment plus tard sur Malefoy. Encore lui ‽ Harry leva les yeux au ciel. Il n’y avait donc pas d’autres médicomages dans ce service ? Et puis, il n’était pas même diplômé, Harry savait très bien que les études de médicomagie prenaient six ans.

— Ah, bonjour Potter. Mary m’a demandé de venir voir ce qui se passe ici.

— Malefoy…

Sans le regarder plus longtemps, Malefoy se saisit des parchemins, les parcourut et lança à son tour tout un tas de sortilèges qui firent des lumières. Il marmonna à voix basse quelque chose que Harry ne comprit pas.

— Raconte-moi un peu comment tu t’es fait ça.

— Une arrestation qui s’est mal passée.

— Mais encore ?

Harry ne comprenait pas pourquoi il était aussi insistant. C’était à peine s’il avait mal à la main, ce ne devait pas être si grave !

— On était dans une vieille serre pourrie envahie par des tas d’plantes magiques laissées à l’abandon depuis des lustres. On était après un voleur qui avait caché ses butins entre les sacs de terre. Une saloperie d’plante s’est enroulée autour de mon bras, voilà.

— Décris-moi cette plante, s’il te plaît.

Harry décrivit ce qu’il avait retenu du végétal et regarda Malefoy lire les inscriptions que la plume mettait sur le parchemin. Puis il lança de nouveau quelques sorts, le front plissé par la concentration. Il avait l’air très sérieux, c’était particulier comme impression.

— Bon. La plante est vénéneuse à mon avis. On va te transférer au Service d’empoisonnement par potions et plantes, c’est au troisième.

Harry se leva, l’air un peu hagard. Il était empoisonné ? Sa main le picotait légèrement et il avait trop chaud, mais bon… Malefoy savait-il vraiment ce qu’il faisait ?

— Je t’accompagne là-haut.

— J’peux y aller seul, j’vais bien !

— C’est la procédure. Assieds-toi là-dedans.

Harry en avait vraiment assez des procédures ! Mais il s’installa sur le fauteuil roulant désigné par Malefoy en soupirant le plus fort possible pour montrer son exaspération. Malefoy agita sa baguette et l’objet se mit à rouler. Arrivés au bout du couloir, ils attendirent l’ascenseur et Harry était finalement content d’être sur le fauteuil, il commençait à se sentir mal, il transpirait et son bras tremblait. Il fut soulagé d’être accompagné.

L’ascenseur monta jusqu’au troisième étage et Harry se sentait de plus en plus mal. Une fois dans le bon service, alors que Malefoy discutait avec l’une de ses consœurs, un voile blanc passa devant les yeux de Harry et il se sentit basculer en avant. Deux mains fermes le retinrent par les épaules et le rassirent sur le fauteuil. Sa vision s’éclaircit. Malefoy était penché sur lui et le regardait d’un air inquiet. Puis il se redressa.

— Tu es entre de bonnes mains, Potter. Merci, guérisseuse Wilson.

Malefoy s’éloigna et Harry fut poussé dans une chambre, les mains qui l’avaient retenu toujours sur ses épaules. Il avait pourtant cru que c’était Malefoy qui l’avait empêché de tomber. L’idée lui faisait un drôle d’effet.

 

OOOOOOOOOOOOOO

 

Septembre 2004

 

Cette fois, Harry arriva appuyé sur Ron et Neville. Il peinait à respirer et la douleur dans sa poitrine était presque insoutenable. Chaque inspiration lui donnait l’impression d’avoir été transpercé par une lame et chaque expiration était semblable à du verre pilé. Un horrible chuintement s’entendait à chaque fois qu’il respirait.

Cette fois, il n’attendit pas longtemps sur une chaise. Cette fois il était prioritaire. Un infirmage dont le badge indiquait Davis l’installa sur une chaise roulante qu’il poussa d’un coup de baguette et Harry lança un dernier regard à ses amis et collègues avant de disparaître de l’autre côté des portes. Davis l’allongea sur un lit en le faisant léviter, mais Harry eut la sensation qu’il allait s’étouffer. Il se mit à tousser et demanda d’une voix serrée à être redressé. Une fois assis contre le lit semi-relevé, il l’observa invoquer les sortilèges de diagnostic en ayant l’impression d’être au bord de l’évanouissement. Sa tête le tournait et il voyait des points blancs clignoter.

L’infirmage lui lança un charme que Harry ne reconnut pas, mais la douleur diminua légèrement, puis il s’en alla à toute vitesse. Seulement quelques secondes plus tard, le rideau fut de nouveau poussé. La tête blonde de Malefoy apparut et Harry voulut soupirer de désespoir, mais le mouvement amorcé lui coupa le souffle et la douleur le poignarda.

— Voyons, voyons… Je lis là que tu as été projeté contre un mur, Potter ?

— Oui, croassa Harry.

— Ne réponds pas en parlant, c’est contre-indiqué pour l’instant, exigea Malefoy en le regardant.

Harry était soulagé, parler était horrible. Il hocha la tête pour montrer qu’il avait compris.

— De un à dix, dix étant la pire douleur que tu aies pu ressentir, à quel point as-tu mal ? Montre avec tes mains.

Harry leva sept doigts. Malefoy grimaça, agita sa baguette et grimaça de nouveau.

— Je vais lancer un charme analgésique plus puissant que celui qu’on t’a déjà mis, mais c’est juste le temps de te soigner. Ensuite on utilisera des potions, c’est plus efficace et moins désagréable.

Harry hocha encore la tête pendant que Malefoy faisait des gestes avec sa baguette. La douleur à chaque respiration diminua drastiquement. Il y avait toujours cette oppression et cet affreux chuintement, sa tête qui tournait, mais il n’avait presque plus mal. En revanche, sa peau picotait et ça démangeait, mais il n’avait pas la force de se gratter. Malefoy se remit à agiter sa baguette dans tous les sens.

— Tu as un poumon perforé. Ça se répare très bien, mais tu vas rester avec nous pendant quelques jours.

Harry hocha la tête et se laissa faire, il ne pouvait de toute façon pas vraiment négocier. Malefoy resta debout à côté de lui à lancer des sortilèges, à vérifier des informations sur le parchemin qui se remplissait seul cette fois encore et à marmonner d’une voix trop basse pour que Harry l’entende. Il avait l’air concentré, un pli barrait son front et son regard était vif. Ses gestes étaient sûrs et malgré sa posture tendue, il semblait compétent. Harry s’était fait une raison, Malefoy paraissait savoir ce qu’il faisait. Alors il ferma les yeux et attendit. Petit à petit, il se sentit de mieux en mieux : le chuintement quand il respirait disparut, les vertiges s’effacèrent et l’impression d’étouffer s’envola.

— Voilà. Les premiers soins sont finis, tu vas aller au Service des accidents matériels, c’est juste à côté. Là-bas ils te garderont deux ou trois jours, le temps que le poumon soit cicatrisé.

Harry rouvrit les paupières, Malefoy le regardait.

— D’accord…

— Essaie de ne plus te faire projeter contre les murs, Potter. Tu as eu de la chance, ça aurait pu être bien plus grave.

— J’y penserai…

Malefoy lui tendit la main et Harry ne tenta même pas de la refuser, il n’était pas sûr de pouvoir marcher seul. Des doigts frais se refermèrent autour des siens et Malefoy l’assit aussitôt dans la chaise roulante. Il la poussa d’un sort et ils traversèrent quelques couloirs jusqu’au bon service. Cette fois encore, Malefoy discuta avec un confrère avant de laisser Harry.

Harry resta alité deux jours complets puis on lui permit de reprendre le travail. Alors qu’il rangeait les quelques affaires que ses amis lui avaient apportées, un toc-toc se fit entendre à la porte. Il n’attendait personne et les visites étaient normalement autorisées seulement l’après-midi. Il ouvrit le battant et se retrouva face à deux yeux gris.

— Salut, Potter. Je venais juste voir comment ça va.

— Tu pouvais d’mander à tes collègues…

— J’aime bien prendre des nouvelles de mes patients moi-même.

Harry s’effaça pour le laisser entrer et continua à ranger ses affaires.

— Je vais bien, je sors ce matin.

— Tant mieux, tant mieux. Plus de douleurs ?

Harry haussa les épaules. Cela le tiraillait encore un peu, mais il avait connu pire.

— C’est rien… Pourquoi t’es pas venu avant ? T’aurais pu m’rater.

— J’étais en repos. Je fais des gardes tous les trois jours.

— Ah… Je croyais que t’étais là tous les jours. C’est toujours sur toi que je tombe ces derniers temps.

— Simple hasard, Potter. Bon… J’ai envie de te dire de faire attention, mais je suppose que je vais te revoir bientôt.

Harry lâcha un bref rire. Tous les Aurors passaient beaucoup de temps à Sainte-Mangouste, c’était inévitable. Quand ce n’était pas lui qui était blessé, c’était l’un de ses collègues.

— Ouais, à bientôt, Malefoy.

Il le regarda quitter la chambre avec une drôle de boule de chaleur au creux du ventre.

 

OOOOOOOOOOOOOO

 

Octobre 2004

 

Le mois d’octobre apporta de la fraîcheur, des feuilles oranges et rouges, de la pluie et de nouvelles blessures.

Harry se cassa un bras en glissant sur une flaque de potion qui avait été brisée lors d’une arrestation. Il attendit patiemment son tour à Sainte-Mangouste, seul. Ce fut de nouveau l’infirmage Davis qui s’occupa de l’emmener dans l’un des boxs séparés par des rideaux. Et cette fois encore, Malefoy le rejoignit, l’air sérieux et concentré. Harry avait déjà eu des os cassés et tout se déroula comme les fois précédentes. Des sortilèges, des parchemins griffonnés et une dose de l’affreuse potion Poussos pour réparer les os.

— Tu restes pour la nuit, annonça Malefoy.

— Mais c’est juste un bras cassé, dans deux heures il n’y aura plus rien !

— Avec toi, on sait jamais. Et on a de la place pour une fois.

— Mais…

— Si jamais on a trop d’urgences dans la nuit, je te jetterai dehors, content ? rétorqua Malefoy avec un sourire en coin.

Harry se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire et il hocha la tête en silence. Malefoy lui posa brièvement la main sur l’épaule et s’éloigna.

— Et profites-en pour te reposer, tu as une tête affreuse.

Puis il quitta le box et Harry soupira. Il savait que des cernes lui mangeaient le visage, ces temps-ci il faisait des cauchemars et dormait mal, comme souvent lorsque l’anniversaire de la mort de ses parents approchait.

Deux semaines plus tard, Harry était de nouveau dans la salle d’attente de Sainte-Mangouste, le vieux foulard de Ron pressé sur le côté de son visage pour endiguer le flot de sang. Il était désolé pour son meilleur ami qui avait sacrifié son foulard préféré pour lui. Ce dernier était assis près de lui et avait commencé à rédiger sur ses genoux le premier jet du compte-rendu de leur intervention. Ils passaient tellement de temps dans cette salle d’attente que Ron en était venu à avancer leur travail administratif pendant qu’ils patientaient. Harry ne pouvait pas l’aider, une main plaquée sur son visage, il souffrait. Il n’osait pas retirer le tissu de peur que le sang se remette à couler. Malgré des sorts basiques de coagulation lancés par son chef d’équipe, Harry avait continué à saigner.

— Harry Potter ?

Harry redressa la tête vers la voix sans distinguer de qui elle provenait. Il avait rangé ses lunettes – brisées sous le choc – dans une poche pour tenir le tissu sur son visage. Ron se leva et le prit par le bras. Il l’amena jusqu’à une silhouette menue aux cheveux bruns. Harry se pencha sur le badge : Mary.

— Il voit rien sans ses lunettes, prévint Ron en passant le relais à l’infirmage.

— Je m’en occupe, merci.

Harry se laissa guider par le bras jusqu’aux habituels boxs et s’assit au bord du lit.

— Hmmm, le ticket d’entrée annonce une lèvre abîmée et une arcade sourcilière fendue. Montrez-moi ça, monsieur Potter, demanda Mary.

Harry souleva avec précaution le tissu et un liquide chaud coula aussitôt sur son œil et le long de sa joue. L’odeur du sang était piquante et ferreuse, c’était désagréable.

— Bon… Ce n’est pas grave, mais il va falloir refermer. Posez ça dessus, s’il vous plaît, je vais chercher un médicomage.

Mary tendit une grosse compresse blanche et Harry la plaqua sur son visage. C’était frais et ça sentait le propre, il soupira de soulagement. Il attendit un long moment et le rideau s’ouvrit de nouveau.

— Ah, tiens, encore toi.

Harry plissa les yeux en entendant la voix légèrement traînante qu’il reconnut aussitôt. Bien sûr, il fallait que ce soit Malefoy. Harry se demandait si c’était le seul interne en médicomagie des urgences de l’hôpital. Pourtant il lui avait dit qu’il avait des gardes tous les trois jours… Harry avait-il tellement de poisse pour toujours se blesser sur ses jours de garde ?

— Qu’est-ce que tu fais encore assis, Potter ? Allonge-toi.

Harry soupira et grimaça, bouger les lèvres lui fit mal. Puis il s’allongea sur le lit et observa le flou du plafond blanc. Il ne vit pas ce qui se passait, mais il visualisait dans sa tête Malefoy agiter sa baguette, marmonner et plisser le front sous la concentration.

— Retire la compresse.

Harry lâcha le tissu et laissa son bras reposer sur le lit. Il avait des fourmis dans la main à force de l’avoir tenue aussi haut pendant si longtemps. La compresse fut ôtée en douceur.

— Ça ne saigne plus. Je vais refermer ça… Attends ! Merlin, qu’est-ce que c’est que ça ‽

Harry tourna la tête vers lui, il ne distinguait pas bien son visage dont les traits étaient flous.

— Quoi ? marmonna-t-il en tâchant de ne pas trop ouvrir la bouche.

— Ce truc imbibé de sang, là. On dirait… C’est une écharpe ?

— C’est le foulard de Ron… Aïe, putain ! On avait rien d’autre sous la main.

Harry grimaça sous la douleur et cela lui fit encore plus mal. Il camoufla un geignement et arrêta d’essayer de parler. Malefoy soupira si fort que Harry eut envie de rire, mais il se retint pour ne pas faire souffrir sa lèvre.

— On va commencer avec une potion pour désinfecter. Te connaissant, tu serais capable de nous faire une infection. Bon… ça va piquer un peu.

Des gouttes tièdes tombèrent sur la peau de Harry, sur sa lèvre supérieure tuméfiée et son arcade sourcilière droite. Cela le brûla et il s’empêcha de bouger pour ne pas souffrir plus encore.

— Je vais nettoyer les plaies pour mieux voir, il y a du sang partout.

Harry patienta. Il s’attendait à ressentir les habituels fourmillements du Tergeo, mais un tissu humide se posa sur lui. C’était chaud, c’était agréable. Il eut un peu mal lorsqu’il toucha ses blessures, mais le geste était délicat et doux. Il y eut besoin de plusieurs passages et le tissu essuya également le reste de son visage qui était lui aussi couvert de sang. Harry était étonné et inexplicablement ému que Malefoy lui nettoie ainsi la peau.

— Je vais refermer les plaies. Je dois approcher ma baguette, ne bouge pas.

Malgré l’absence de ses lunettes, Harry vit Malefoy se pencher au-dessus de lui, son visage assez proche pour qu’il le distingue parfaitement. Le bout de la baguette le fit loucher et il abandonna l’idée d’essayer de regarder où elle pointait. À la place, il détailla les traits du médicomage qui avait un pli de concentration sur le front, la bouche pincée et son regard gris était animé d’une petite lueur. Harry sentait ses blessures piquer et la peau se refermer avec un bruit mouillé désagréable. Malefoy se pencha un peu plus sur le côté pour atteindre une autre partie du visage de Harry et le bout de ses cheveux tressés bascula par-dessus son épaule. La pointe de ses cheveux lui chatouilla le nez. Ils sentaient bon, une odeur acide et fraîche de citron.

— Pardon, marmonna Malefoy en repoussant sa tresse dans son dos d’un geste.

Harry continua de le regarder et découvrit de minuscules taches de rousseur disséminées sur ses pommettes saillantes. Et c’était si adorable que Harry sentit de petits papillons s’agiter dans son ventre.

— Voilà, annonça Malefoy en se redressant. Tout est guéri. Il faudrait mettre un peu de froid là-dessus pour faire désenfler. Attends.

Malefoy fouilla dans un meuble et lui tendit un genre de coussin gris. Il pointa sa baguette dessus et il devint glacée. Harry le plaça sur son visage avec soulagement. C’était infiniment agréable.

— Je t’arrête pour la journée, interdiction de retourner en intervention cette après-midi, grommela Malefoy en griffonnant sur un papier qu’il lui donna ensuite.

— J’ai d’la paperasse à faire.

— Elle attendra demain ! Et dort un peu, tu as une tête d’inferius, Potter.

— Je…

Malefoy s’arrêta avant de sortir et se tourna vers Harry de nouveau.

— Je dors pas bien. Je fais des cauchemars. À cause… d’la fin du mois, tu sais…

Malefoy se rapprocha de lui, assez pour que Harry puisse le distinguer à peu près bien. Il avait un air soucieux. Il enferma son menton dans sa main en réfléchissant. Harry eut la brusque sensation d’observer une statue Grecque, belle, froide et inaccessible.

— Je vais te prescrire des potions de Sommeil sans rêves. Juste pour passer Halloween. Ce n’est pas bon d’en prendre tout le temps, mais pour quelques jours ça ira.

Il attrapa un parchemin, écrivit dessus et le tendit à Harry.

— Passe à la pharmacie de l’hôpital avant de partir, dis-leur que tu viens de ma part. Et dors un peu, d’accord ?

— D’accord…

— Salut, Potter.

Harry agita la main et Malefoy s’en alla. Il resta un moment encore assis sur le lit, le coussin glacé sur son visage et les parchemins serrés dans ses doigts, à regarder inutilement le rideau qui était retombé. Il se sentait bizarre. Il avait besoin de dormir, voilà tout.

 

OOOOOOOOOOOOOO

 

Décembre 2004

 

Le mois de novembre avait été encore plus intense que les précédents et Harry avait fait un séjour à Sainte-Mangouste presque toutes les semaines. Il avait traversé une vitre en coursant un suspect et s’était rouvert le visage et coupé deux doigts. Il avait été mordu par une vipère en évacuant les animaux d’un commerce clandestin parce qu’il avait oublié qu’il ne parlait plus le fourchelangue. Il s’était fait renverser par une voiture à Liverpool en essayant de rattraper un ancien Mangemort par tous les moyens. Et il s’était encore fendu le crâne en tombant de son balai à cause d’un sortilège mal contré lors d’une attaque aérienne qui avait tourné au vinaigre.

Chaque fois, Malefoy avait été le médicomage de garde et l’avait soigné. Chaque fois, il avait été attentif et doux. Chaque fois, il avait eu un petit mot gentil pour lui et il lui avait même demandé s’il dormait mieux. Chaque fois il était venu le visiter dans les autres services lorsque Harry avait été gardé plusieurs jours. Et chaque fois, Harry le trouva un peu plus beau, dans sa robe verte, avec ses longs cheveux blonds tressés et ses yeux gris qui semblaient lire dans son âme.

Décembre avait apporté les premières chutes de neige, les décorations lumineuses sur le Chemin de Traverse et dans les rues de Londres, les effluves de vin chaud et les chorales de Noël. Harry évitait avec soin les branches de gui que des petits malins s’étaient amusés à accrocher à certains réverbères de la rue commençante sorcière. Il n’avait pas la moindre envie de devoir embrasser quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Un sortilège associé au végétal obligeait la personne qui passait dessous à embrasser quelqu’un pour être libérée. Et même si un simple effleurement de la joue était suffisant, cela ne plaisait pas à Harry qui était beaucoup trop sollicité pour des autographes, des embrassades et des questions intrusives par des inconnus.

Harry soupira, allongé dans le lit aux draps blancs, et regarda par la fenêtre une nouvelle chute de neige. Sa main le lançait toujours sous les bandages et il ne remerciait pas le sort de magie noire qui le forçait à rester à Sainte-Mangouste le temps de guérir. Ils étaient sur le point d’enfin attraper Walden Macnair qui leur échappait depuis des années lorsqu’ils avaient été assaillis de toutes parts par une pluie de maléfices. Ils avaient pu les arrêter malgré tout, mais Harry avait eu la main brûlée au troisième degré, la peau presque fondue, et les ongles arrachés. La magie noire ralentissait la cicatrisation et Harry était bloqué dans ce lit depuis dix jours.

Ses amis étaient venus le voir, ils lui avaient apporté des affaires personnelles et de quoi occuper ses journées. Hermione, surtout, avait posé sur la tablette une pile énorme de livres. Ron avait éclaté de rire en sortant un amas de vieux Quidditch Magazines qu’il avait installés ostensiblement à côté. Les livres et les magazines avaient occupé Harry qui s’ennuyait à mourir la plupart du temps. Son chef l’avait mis en congé prolongé et lui avait même interdit de revenir avant la nouvelle année. D’après lui, Harry se blessait trop souvent et il avait besoin d’un vrai repos, loin du Bureau.

Quand Harry s’ennuyait trop, il demandait à Ron de venir faire ses comptes-rendus dans sa chambre et il l’aidait à remplir les papiers. Ron grommelait, mais il venait tout de même pour tenir compagnie à Harry. Parfois, il se levait et se promenait dans tout l’hôpital pour faire passer le temps. Il était immanquablement renvoyé à sa chambre par un ou une infirmage qui le menaçait de prolonger son séjour pour le faire enrager.

Et il y avait les visites de Drago. Le médicomage était venu le voir tous les jours depuis son hospitalisation. C’était lui qui l’avait traité à son arrivée, avant de l’envoyer au Service de pathologie des sortilèges. Mais cette fois il n’avait pas semblé passer la main à ses collègues. Cette fois, il vérifiait tous les jours l’avancée de sa guérison et lui prodiguait les soins nécessaires. Harry savait qu’il ne travaillait qu’un jour sur trois, pourtant il venait tous les matins. Chaque matin, il détachait les bandages avec délicatesse, lançait des sortilèges de diagnostic avec son air concentré et son pli sur le front, étalait une crème de ses doigts froids sur la main blessée et l’enrubannait de nouveau de pansements propres. Un léger sourire ne quittait pas ses lèvres et Harry ne pouvait décrocher son regard de son visage pendant tout le temps que cela durait. Il aimait l’observer, se noyer dans les nuances de gris de ses yeux, compter les taches de rousseur sur ses pommettes, s’extasier devant la longueur indécente de ses cils blonds, jalouser ses longs cheveux qui semblaient si doux et s’attendrir du rose qui ornait toujours ses joues en fin de soin.

Tout le temps que cela durait, Harry se laissait envahir par les papillons qui grignotaient son ventre et répondait aux questions que Drago lui posait. Au début, il ne lui parlait que des traitements et de sa blessure, puis les jours passants, il avait dérivé sur son travail et sur sa vie. Harry répondait puis renvoyait sa question au médicomage, qui répondait à son tour. En l’espace de dix jours, il avait l’impression d’avoir raconté toute sa vie et de connaître celle de Drago sur le bout des doigts. Cela avait semblé si facile de se confier alors qu’ils ne se regardaient pas dans les yeux, ceux de Drago concentrés sur sa main lésée. Cela avait semblé si naturel de s’ouvrir alors qu’ils ne l’avaient jamais fait avant. Cela avait semblé si aisé d’aborder leurs similaires passés traumatiques et Harry avait compris que le chemin de la guérison serait encore long, pour tous les deux. Il avait pleinement pris conscience de la rédemption que Drago avait initiée en huitième année, et il se sentait proche de lui désormais, comme d’un ami.

Harry fut autorisé à sortir de Sainte Mangouste le vingt décembre et même s’il n’en pouvait plus d’être enfermé entre quatre murs, il savait que les visites quotidiennes de Drago allaient lui manquer. Dès le lendemain matin, chez lui, devant son café sucré et son toast à la marmelade, il se demanda si Drago allait penser à lui.

Pour ne pas déprimer, il fit ses courses de Noël. Il était en retard à cause de son hospitalisation et courut pendant deux jours entre le Londres moldu et le Chemin de Traverse. Il rentra chez lui les bras surchargés de sacs et de paquets, à tel point qu’il ne voyait pas où il mettait les pieds. Sur les marches du Square Grimmaurd, il glissa sur une plaque de verglas alors qu’il tentait d’ouvrir la porte en agitant sa baguette et il tomba à la renverse. Sa tête heurta durement le trottoir et sa vision se brouilla un instant. Harry resta allongé sur le sol glacé un long moment, les mains encore encombrées de sacs, un vertige lui donnait la nausée et une douleur lancinante irradiait dans son crâne. Il soupira de désespoir, il était bon pour retourner à Sainte-Mangouste…

Lentement et en grognant, Harry se redressa, déverrouilla sa porte et balança les paquets à l’intérieur sans vraiment prendre le temps d’être délicat. Il passa sa main gantée dans ses cheveux et la retrouva pleine de sang. Encore. Il poussa un nouveau soupir et referma sa porte. Il clopina jusqu’au parc en face pour transplaner en toute discrétion, sa cheville droite le lançait à chaque pas.

La sorcière à l’accueil de Sainte-Mangouste – Thelma ce jour-là – lui jeta un regard désespéré en le voyant arriver en boitant.

— Bonjour monsieur, motif de la visite s’il vous plaît ?

— Ça se voit pas ‽

— C’est un accident matériel ou une blessure due à une créature vivante ?

Harry se sentit rougir jusqu’à la racine des cheveux.

— J’ai glissé et je suis tombé, marmonna-t-il.

Elle remplit une fiche sans même prendre la peine de lui demander son nom et l’envoya en salle d’attente. Ce ne fut pas très long, une blessure à la tête était toujours plus ou moins prioritaire. L’infirmage Esther vint le chercher et Harry aurait pu la suivre les yeux fermés tant il connaissait bien le chemin. À son arrivée dans le box, Drago était déjà là, les bras croisés sur sa poitrine, l’air fâché.

— Merlin, Potter ! Tu es en repos, qu’est-ce que tu as encore fichu ?

— Ah, c’est d’nouveau Potter ?

— Quand tu te comportes comme un crétin, oui !

Drago se pinça l’arrête du nez puis fit un geste vers Harry.

— Assieds-toi là. Bon, tu me racontes ?

— J’ai glissé sur du verglas parce que j’étais encombré avec mes paquets pour Noël, répondit Harry en s’installant au bord du lit.

— Tu es une catastrophe, Harry…

— Je sais.

Drago lança ses sortilèges, son front plissé, puis soupira.

— Traumatisme crânien, cheville foulée et côte fêlée. Tu es tombé de quelle hauteur dis-moi ?

— De deux marches…

Drago se mit à rire et agita de nouveau sa baguette. Puis il tendit un flacon de Poussos à Harry qui l’avala en grimaçant. Puis il soigna l’arrière de sa tête avec sa délicatesse habituelle, ses doigts froids se posant parfois sur son front pour l’empêcher de bouger.

— Tu as encore mal ?

— Pas beaucoup…

— De un à dix, quel est ton niveau de douleur ? Et réponds honnêtement.

— Cinq…

— Par Merlin, tu es impossible !

Drago fouilla dans un meuble et lui apporta une potion antalgique que Harry avala sans rechigner pendant que le médicomage retirait sa chaussure droite, sa chaussette et remontait le pantalon jusqu’à son genou. Ses doigts couraient sur sa peau comme des papillons et Harry frissonna. Il jeta un œil à sa cheville, elle était gonflée et violacée. Il croisa le regard gris de Drago qui était agenouillé devant lui et une bouffée de chaleur le prit par surprise. Drago lui sourit et ses doigts froids étalèrent sur sa cheville une substance gélatineuse qui sentait fort. Le bienfait fut immédiat et Harry lâcha un soupir de soulagement.

— Comment fais-tu pour toujours te retrouver dans les ennuis, Potter ?

— Généralement, ce sont les ennuis qui me trouvent.

Drago ricana alors qu’il entourait la cheville de Harry d’une bande. Lentement, avec son toucher délicat et avec minutie.

— Je me demandais… Est-ce que tu accepterais de prendre un café avec moi ?

Harry braqua son regard dans celui de Drago.

— Peut-être qu’après ça, tu arrêteras de te blesser rien que pour me voir ?

— Mais…

— Tes visites à Sainte-Mangouste sont uniquement sur mes jours de garde, Harry. Tu pensais vraiment que je ne m’en rendrais pas compte ?

— Mais…

— Dis oui, pour l’amour de Merlin ! On se tourne autour depuis des mois !

Harry hocha la tête en silence comme un idiot. Il ne faisait pas exprès de se blesser, c’était complètement insensé ! Drago sourit, remit sa chaussette, sa chaussure et baissa son pantalon pour recouvrir sa jambe. Puis il se redressa et se pencha vers lui. L’odeur de son shampoing citronné frappa Harry qui inspira un grand coup pour s’en imprégner. Son souffle chatouilla l’oreille de Harry et lui donna la chair de poule.

— Je sais que tu ne fais pas exprès, Harry, chuchota-t-il. C’était juste pour te forcer à accepter l’évidence. Je termine à dix-huit heures.

Puis il posa ses lèvres sur la joue de Harry et s’en alla sans se retourner. Harry resta assis sur le lit, interdit, pendant un long moment. Jusqu’à ce qu’Esther entre dans le box et le renvoie chez lui.

Harry passa le reste de l’après-midi à ruminer dans son fauteuil préféré près du feu du Square Grimmaurd. Le temps s’écoulait beaucoup trop lentement !

À dix-huit heures, Harry attendait devant l’hôpital, emmitouflé dans une veste chaude, un bonnet vert et une écharpe aux couleurs de Gryffondor dont il ne pouvait pas se séparer. C’était celle que Sirius avait gardée dans sa vieille chambre d’adolescent et Harry la portait constamment. Il neigeait fort et les flocons dansaient dans la lueur du réverbère sous lequel il s’était mis. La Lune presque pleine illuminait les nuages lorsqu’elle parvenait à s’en extirper.

Peu de temps après son arrivée, une haute silhouette sortit du bâtiment et traversa la rue. La neige tomba dans ses cheveux blonds et sur sa cape grise. Harry sourit lorsqu’il le rejoignit.

— Je connais un café pas loin, ils font des mochas aux épices délicieux en ce moment. Ça te va ?

— Je te suis, répondit Harry sans se départir de son sourire.

Drago commença à marcher et Harry lui emboîta le pas, un peu boitillant. Le médicomage attrapa sa main et enlaça ses doigts aux siens. Pour une fois, elle était plus chaude que la sienne. Les papillons dans le ventre de Harry s’agitèrent avec frénésie et il sentit ses joues rougir. Il n’avait pas eu de vrai rendez-vous depuis des mois. Une année entière quasiment. Depuis que sa dernière histoire s’était mal finie, il n’était plus sorti avec personne.

Ils marchèrent lentement, au rythme de Harry et de sa cheville foulée. Il n’avait presque plus mal, mais il n’était pas complètement guéri. Il était même étonné que Drago ne l’ait pas hospitalisé cette fois. Le silence qu’il y avait entre eux n’était pas désagréable et Harry écouta les bruits de la ville autour d’eux, les voitures sur la chaussée, les voix des gens qu’ils croisaient. Il profitait de la main de Drago contre la sienne et son cœur battait un peu trop vite, c’était un sentiment délicieux.

Le café était tout proche et ils entrèrent dans sa chaleur avec plaisir. Harry s’installa sur une banquette et Drago s’y glissa à côté de lui, utilisant les chaises de l’autre côté de la table pour draper leurs vêtements humides de neige. Il y eut bientôt devant eux deux tasses pleines d’un mocha fumant aux effluves de cannelle et de cardamome qui donna l’eau à la bouche de Harry. Il entama sa boisson après avoir soufflé un peu dessus et tourna la tête vers Drago. Ses yeux gris brillaient d’une indéfinissable lueur et pour une fois son front n’était pas plissé par la concentration. Harry leva une main hésitante et effleura du bout des doigts les taches de rousseur sur ses pommettes. Drago prit son autre main dans la sienne et ferma les paupières.

Harry n’arrivait pas à cesser de le toucher. Sa peau blanche était douce comme de la soie et il avait l’impression qu’il n’aurait jamais assez de temps pour en profiter. Il caressa l’arrête de son nez pointu, frôla ses lèvres qui frémirent un peu et remonta le long de sa mâchoire. Puis il glissa sa main entière dans sa nuque et se pencha pour l’embrasser. Ses lèvres étaient douces et encore fraîches de l’extérieur, elles avaient le goût du mocha aux épices. Drago avait un goût de Noël, comme un cadeau ouvert avant l’heure. Et Harry sut qu’aucun autre cadeau ne serait aussi beau que ce qu’il lui offrait ce soir-là.