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Saints Patrons

Summary:

Le jour où les Archanges découvrirent exactement de quoi ils étaient les Saints Patrons fut aussi le jour du plus abominable désordre que connut le Paradis.

Notes:

Vieil OS que je ressors des profondeurs de LiveJournal et que j'ai corrigé et remanié.

La version de l'univers et des personnages appartient à Modocanis que je remercie de me laisser emprunter ses personnages !

J'ai réédité cette fic qui comportait, à l'origine, des références à des histoires de Modocanis qui ne sont pas disponibles sur AO3. Ainsi, pour la compréhension de cette fic, j'ai modifié de nombreux passages mais je n'ai pu faire l'impasse sur un passage qui fait référence à une histoire de Modocanis "L'épée de Michael" qui n'a pas été postée sur AO3. J'espère que cela ne gênera pas à la compréhension de la fic.

Bonne lecture !

Work Text:

Le jour où les Archanges découvrirent exactement de quoi ils étaient les Saints Patrons fut aussi le jour du plus abominable désordre que connut le Paradis.

 

 

Cela se produisit le jour d’une réunion des Archanges, organisée par Uriel. L’ordre du jour portait sur derniers fléaux envoyés sur Terre par Lucifer (des créatures toutes aussi loufoques et dangereuses les unes que les autres : le pigeon géant de Paris, le bison cracheur de feu de Californie, L’esturgeon venimeux de Londres, le mouton à huit têtes, etc) et les questions qui se posaient (comment les éradiquer et surtout, surtout ce qui avait bien pu se passer dans l’esprit tordu de Lucifer pour concevoir telles créatures)

 

 

Uriel arrivait avec son programme de la réunion, un gros pavé de feuilles promettant un long, très long et ennuyeux discours (l’un n’allant pas sans l’autre), en costume sobre et adéquat pour diriger la réunion céleste. Sauf que l'impeccable costume le resta pendant environ trois bonnes minutes avant que la porte ne s'ouvrît en grand, d’une violence qui fit trembler les murs, dévoilant une tignasse blonde et bouclée – à comprendre l'archange Gabriel – qui atterrit de façon toute aussi violente sur sa chaise de bureau, traumatisant les secrétaires présents.

 

 

Les dits-secrétaires eurent à peine le temps de se remettre de leurs émotions et les autres archanges de demander à Gabriel quelle mouche l'avait piqué que ledit archange brandissait joyeusement un livre d’apparence simple et anodine, s’écriant : « Regardez ce que j'ai trouvé !! ». Un sourire collé aux lèvres, il bondissait sur son siège, secouant le livre de façon telle que personne ne pouvait lire son titre, jusqu'à ce que Gabriel finisse par se calmer sous la menace de Michael de lui casser la tête avec le bouquin, qu'il soit Son préféré ou pas !



Le livre identifié, ils s’aperçurent qu’il s’agissait d’un livre parlant des Anges et plus particulièrement des Archanges. Gabriel l’aurait trouvé en fouillant la bibliothèque où Raphaël piochait généralement ses lectures : des livres ayant attrait à la médecine, aux humains et leur monde, mais aussi un guide des cocktails et d’autres livres qu’il lisait habituellement bien caché d’Uriel car jugés blasphématoires selon ce derniers (des ouvrages comme la Baghavad Gîtâ, Ainsi parlait Zarathoustra, Harry Potter…)

 

 

Uriel débattit longtemps pour déterminer si laisser Gabriel leur montrer ce qu’il avait à leur montrer pendant toute la réunion des Archanges (histoire que Gabriel les laisse tranquille après) rendait celle-ci caduque ou non, lorsque Gabriel annonça que puisque Uriel était le saint patron de la musique, pourquoi n’aimait-il pas toutes les chansons que lui-même chantait comme Bécassine, Comme le monde est petit ou encore la Macarena.

 

 

Cela eut le mérite d'interrompre Uriel dans le flot de ses pensées, et il se mit à fixer Gabriel, bouche bée, tandis que Raphaël s’insurgeait, ne comprenant pas pourquoi Uriel était considéré comme le saint patron de la musique quand ce dernier n’acceptait aucune musique autre que celle des harpes jouées par les Anges et certaines musiques dites classiques.

 

 

Gabriel dévoila également que, selon le livre, Uriel était appelé aussi la Lumière de Dieu, et qu’il serait également considéré comme l’ange de la rédemption, causant à Raphaël et Michael de ricaner sous cape : ils ne se rappelaient que trop bien la méticulosité d’Uriel qui – déjà terrible en temps normal – atteignait son sommet lors des fêtes de Noël organisées chaque année au Paradis, fêtes durant lesquelles Uriel se transformait en véritable tyran en ce qui concernait la décoration, allant même jusqu’à vérifier, armé d’une règle, si tout était droit au millimètre près. Très pointilleux, il avait déjà fait craquer de nombreux anges, en charge des préparatifs, qui étaient soit à la médecine du travail pour demander à Raphaël un arrêt de travail dans le meilleur des cas, soit partis chez leurs syndicats pour déposer un pré-avis de grève dans le pire des cas.

 

 

Gabriel poursuivit sa lecture en ajoutant qu’Uriel était l’archange interprète des prophéties. Ce qui valut à Raphaël de demander à Uriel, d’un ton taquin, si c’était parce qu’il était justement l’archange des prophéties qu’il arrivait toujours à deviner quand une catastrophe allait arriver au Paradis, ou que lorsque l’on confiait une tâche à Gabriel, qu’il arrivait toujours à prédire que ça allait mal se passer, ou encore qu’il arrivait à déterminer si Michael allait arriver en retard aux réunions ou s’il n’allait juste pas prendre la peine de venir.

 


Ses plaisanteries ne reçurent qu’un regard noir en guise de réponse, ce qui ne parvint pas à calmer Raphaël qui avait l’air de quelqu'un qui commençait à s’amuser.



Ignorant les taquineries de Raphaël et les yeux assassins d’Uriel, Gabriel continua sa lecture avec un chapitre risqué car il concernait Michael. Il se lança dans sa lecture, à voix haute, malgré les signes de négation indiscutables que montra l'archange Michael (les anges les plus prudents s'éloignèrent de plusieurs mètres). Avec une voix haute et claire, il récita son chapitre, dévoilant à l’assemblée que Michael signifiait Qui est comme Dieu ? et de s’en étonner, arguant qu’il ne trouvait pas que Mickey et leur divin créateur se ressemblaient tant que ça, ce à quoi Michael lui intima de ne pas faire d’autre commentaire, tout en grinçant des dents.

 

 

Gabriel lut ensuite la (longue) liste des attributions de Michael, saint patron de bien nombreuses fonctions, telles que : les soldats, des parachutistes, les policiers, les manœuvriers, les escrimeurs, les boulangers, les pâtissiers, les tonneliers. Il était aussi le Saint Patron de nations telles qu’Israël et la France (Raphaël aurait bien voulu lui demander si cela expliquait le fait que les Français étaient un peuple d’éternels râleurs mais, ayant occasionnellement un bon instinct de survie, il s’abstint de tout commentaire).

 

 

Plus étonnant encore, dévoila Gabriel, Michael serait le Saint Patron... des nudistes. Et lorsque Gabriel demanda à Michael, concernant le dernier point, si c’était là la raison pour laquelle il avait été en tenue d’Adam lors de sa dernière rencontre avec Lucifer, Michael vît rouge. Cela valut à Raphaël de laisser échapper un petit rire extrêmement peu convenable pour une réunion officielle des Archanges. L’archange guérisseur passa, de toute façon, le plus clair de la réunion à ricaner comme un dément le plus discrètement qu’il le pouvait.

 

 

Michael décida de mettre fin à son supplice en faisant ce qu’il savait faire de mieux. Menacer de faire subir les pires outrages à Gabriel, si bien qu’un séjour en Enfer ne serait qu’un séjour du club Med à côté, s’il ne changeait pas tout de suite de sujet.

 

 

Comprenant le danger, Gabriel obtempéra en couinant un « Okay, capitaine » aigu.

 

 

Il passa au chapitre suivant. À sa plus grande joie, celui-ci le concernait.



Avec un brin de fierté évidente dans le ton de sa voix, Gabriel lut que son nom signifiait La force de Dieu (il ne comprenait pas pourquoi mais accepta volontiers ce qu’il prit comme un compliment, après tout, un prénom classe, cela se prenait !) et qu’il était le saint patron des transmetteurs, postiers et des métiers concernant la communication. Archange messager, il était celui qui annonçait les nouvelles les plus importantes, comme la naissance de Jésus-Christ ou encore celle de Jean-Baptiste. Michael répliqua, non sans ironie, qu’il faisait un merveilleux travail pour ça, tellement merveilleux que ceux à qui il avait annoncé un message divins en gardaient des souvenirs marquants et des séquelles psychologiques. Gabriel, qui ne connaissait pas le sarcasme, prit cela pour un compliment et rayonna.



Gabriel lut, et découvrit, qu’il était l’ange de la pitié et de la consolation, ce à quoi, Michael ajouta que Gabriel l’était peut-être sur le papier mais qu’il n'avait certainement pas de pitié avec leurs oreilles puisqu’il se prenait pour un chanteur du dimanche en s’entêtant à chanter le plus souvent possible. Michael jurait que s'il entendait ne serait-ce qu'une seule fois de plus Gabriel chanter des chansons de Chantal Goya, France Gall ou Ilona Mitrecey, il désertait le Paradis le temps que Gabriel se calme !

 

 

Gabriel bouda, arguant que Michael n’avait pas l’oreille musicale, et se consola en passant au chapitre suivant, consacré à Raphaël.



La lecture du chapitre sur Raphaël se déroula plus calmement que cela ne l’avait été concernant les chapitres sur les autres Archanges. Raphaël s’estimait à l'abri, il savait parfaitement que son nom signifiait Dieu guérit, qu’il était – comme son nom l’indiquait – l’archange guérisseur et qu’il était aussi le saint patron des médecins et des voyageurs.



Non, ce qui posa problème était l’affirmation de Gabriel que Raphaël était aussi l'ange de l’amour et de la joie, ce qui valut à Michael de se moquer de Raphaël et ce dernier de nier catégoriquement, affirmant qu’il était l'archange guérisseur, point barre, et que l'amour et la joie étaient plus le domaine de Cupidon que le sien. Gabriel ne se laissa pas abattre pour autant et se mit à parler de pangolin, d’un câlin échangé entre Michael et Raphaël, d’un Lucifer jaloux et d’un magnifique duo entre Michael et le Diable reprenant un tube d’une célèbre comédie musicale (ceux qui comprirent ricanèrent, les autres ne voulaient pas savoir), ce qui entraîna une nouvelle dispute entre Michael et Gabriel (dispute qui se résumait à Michael hurlant, et Gabriel se cachant derrière son livre).

 



Ensuite, Cupidon s’était invité à l’occasion (alors que seuls les Archanges et leurs secrétaires étaient censés assister à la réunion, mais franchement, on en était plus à une violation du règlement près). En effet, il avait entendu un tapage monstre en provenance de la salle de réunion des Archanges (cela s’entendait dans tout le Paradis, avait dit Cupidon d’un air malicieux, à un point même où Saint Pierre avait décidé d’accueillir les morts avec des boules quies dans les oreilles). Pensant qu’on devait bien s'amuser là-dedans, Cupidon avait donc décidé, en toute curiosité, de squatter et d’ajouter sa pierre à l’édifice en partageant des anecdotes sur ses collègues archanges.



Il raconta ses souvenirs de la dernière Gay Pride. Et, lors qu’il évoqua notamment une épée volée, un dragon, des Chérubins, et d’un archange ayant fait un bref passage en Inde qui ressemblait à une danseuse de Babylone mais en blond, le résultat fut les hurlement assourdissants de Michael et un Cupidon qui, d’un signe de la main, fît apparaître un groupe de Chérubins armés d’arcs qu’ils pointaient en direction de Michael qui répondit en sortant son épée enflammée en direction de Cupidon. Ce fut d'ailleurs à ce moment-là que Raphaël craqua nerveusement et s’effondra par terre en hurlant de rire.



Mis à part tout cela, la réunion se déroula normalement.



Le Paradis avait survécu aux guerres célestes provoquées par la rébellion de Lucifer et ses anges déchus, à des attaques de démons audacieux ou inconscients (voire les deux), à la mauvaise humeur de l’archange Michael, aux nombreux méfaits et accidents causés par Michael et Raphaël, au retour temporaire de Lucifer au Paradis, aux nombreuses réformes et lois célestes d’Uriel et aux visites inopinées de Cupidon.


Certains anges se demandaient si le Paradis allait survivre à l'archange Gabriel.



Les archanges, eux, plus perspicaces, se demandaient s'il resterait quoique ce soit d’eux et du Paradis après Gabriel.

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