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Do stay alive that will be enough

Summary:

Est-ce qu'ils laisseraient Ratio le revoir? Caresser sa joue, admirer ses yeux, poser ses lèvres sur les siennes, essuyer ses larmes et le rassurer? Tout ça pour la dernière fois. Non, non ça ne pouvait pas finir comme ça. Aventurine ne pouvait pas mourir aussi simplement, c'était impossible.

OU

Ratio attend qu'Aventurine revienne de son procès et s'inquiète. C'est ça, c'est la fic.

Work Text:

Ratio faisait les cent pas dans le salon en jetant régulièrement des coups d'œil à l'horloge. Le temps passait et personne n'entrait dans la maison. Que faisait Aventurine? Il était parti il y a des heures pour se rendre à son procès. La perte de son corner stone lui avait causé des problèmes avec les autres stonehearts et ils devaient choisir ce qui allait lui arriver. S'il continuerait à travailler avec eux. Du point de vue de Ratio, il aurait mieux valu qu'il soit renvoyé vu comment il était traité mais évidemment, les choses n'étaient pas si simples. Aventurine avait commis un meurtre et avait rejoins l'IPC en punition pour son crime. Sa dette était trop importante, sa vie leur appartenait. S'il était viré, on le tuerait tout simplement. Sa vie n'était qu'un jeton dans les mains de Diamond après tout, il n'était rien de plus qu'un pion de l'IPC. Non, il était pire que ça, il était un jouet pour lui: amusant et utile s'il était là mais facilement remplaçable s'il se brisait. C'était horrible mais vrai. Horriblement vrai.

Topaz était venue quelques jours plutôt pour annoncer la date du procès. Aventurine avait rit et parié qu'il gagnerait, comme toujours. Mais il avait caché sa main gauche tremblante dans son dos ce qui n'était pas passé inaperçu aux yeux de Topaz et Ratio. Ils avaient échangé un regard rempli d'inquiétude. Topaz avait serré son ami dans ses bras et lui avait promis qu'elle prendrait sa défense. Malgré leurs chamailleries, ils s'entendaient très bien et il y avait entre eux une affection certaine qu'ils nieraient si Ratio le mentionnait. Au fond, ils étaient frère et sœur. Quand il l'avait mentionné, Aventurine avait fondu en larme et marmonné une vingtaine de fois qu'il ne voulait pas remplacer sa grande sœur avant que Ratio ne parvienne à la consoler.

Si Aventurine perdait, le tueraient-ils immédiatement? Non, probablement pas. Ils voudraient profiter de sa déchéance. Ils s'en amuseraient, le ridiculiseraient. Aventurine redeviendrait Kakavasha et puis mourrait dans les rires et l'opprobre. Et comment le tueraient-ils? Serait-ce long et douloureux? Ils le montreraient probablement à tout le monde, la mort du dernier avgin. Le grand Aventurine qui avait mis sa propre mort en scène serait cette fois-ci tué sous les yeux de tous pour avoir parié avec sa vie. Pourquoi avait-il prit de tels risques? Et pourquoi Ratio l'avait-il laissé faire? Il y avait d'autres moyens d'y arriver, ils n'avaient pas besoin qu'Aventurine se mette en danger de cette manière.

Est-ce qu'ils laisseraient Ratio le revoir? Caresser sa joue, admirer ses yeux, poser ses lèvres sur les siennes, essuyer ses larmes et le rassurer? Tout ça pour la dernière fois. Non, non ça ne pouvait pas finir comme ça. Aventurine ne pouvait pas mourir aussi simplement, c'était impossible. Pas lui, pas après tout ce qu'il avait subi. Il avait survécu sur Sigonia, il avait survécu quand les autres avgins étaient tous morts, il avait survécu alors qu'on l'avait fait se battre jusqu'à la mort contre les autres esclaves, il avait survécu aux abus sexuels et aux coups, il avait survécu quand il aurait pu être condamné à mort pour meurtre et il avait survécu à Penacony. Il ne pouvait pas mourir maintenant.

Ratio avait encore tant de choses à vivre avec lui. Il devait encore l'embrasser un million de fois, le complimenter jusqu'à ce qu'il arrête de se détester, l'écouter raconter sa journée chaque soir en rentrant, lui préparer à manger quand il n'aurait pas la force de prendre soin de lui-même, le présenter à ses parents comme Kaveh le réclamait depuis des semaines, le regarder le matin en attendant qu'il se réveille, adopter plus de cat cake, lui tenir la main et peut-être un jour y ajouter une bague au seul doigt où il n'y avait pas. Lui montrer ce qu'était l'amour, le vrai. Et encore des centaines d'autres choses. Aventurine ne pouvait pas mourir avant tout ça. Ce ne serait pas juste.

Ratio s'assit sur un fauteuil. Ses jambes tremblaient tellement qu'il avait peur de s'effondrer sur le sol. C'était étrange de constater à quel point il s'était attaché du joueur. À quel point il en était amoureux. Eux qui ne se ressemblaient pourtant en rien. Et le voilà, complètement terrifié à l'idée de le perdre. De ne plus jamais voir ses jolis yeux, son sourire (le vrai, celui qui semblait toujours légèrement cassé), ses mains qui bougeaient tout le temps, son- Non. Non il devait arrêter de penser comme ça. Aventurine allait vivre. Il n'allait pas mourir. Il n'y avait pas d'autre possibilité.

La porte s'ouvrit doucement dans un grincement et Aventurine - Kakavasha? - apparut. Il s'était habillé de manière toujours aussi classe mais également plus professionnelle avant de partir. Il était magnifique comme toujours et avait choisi chaque petit détail de sa tenue avec soin. Mais il était pâle, tremblant et il avait l'air sur le point de rendre tout ce qu'il avait mangé (sauf qu'il n'avait rien mangé depuis deux jours malgré les demandes incessantes de Ratio pour qu'il se nourrisse au moins un peu et il ne pouvait pas.le forcer sinon il aurait vraiment vomi). Il enleva son chapeau de la mains droite, la gauche étant derrière son dos, puis desserra légèrement sa cravate. Ratio ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était relevé, trop occupé à le regarder parce que ça pourrait bien être la dernière fois.

Il avança vers lui et Aventurine parut le remarquer pour la première fois. Il le dévisagea de ses yeux morts et vides mais toujours aussi hypnotisant. Ratio posa doucement une main sur sa joue et son pouce la caressa avec toute la délicatesse du monde. Aventurine ferma les paupières et posa sa main, bien plus petite, sur la sienne. Il semblait si fragile, si vulnérable. Ce n'était pas des mots qu'il aurait pensé un jour utiliser pour Aventurine. Aventurine était censé être fort et confiant. Mais en ce moment, il n'était rien de tout ça.

« Veritas... » murmura-t-il et à sa voix, Ratio comprit qu'il était sur le point de fondre en larmes.

« Je suis là. » assura-t-il. Il serait toujours là pour Aventurine même quand Aventurine ne serait plus. «Tout va bien. »

Aventurine bougea sa main gauche et la tendit vers lui, les doigts serré sur un objet vert. Un pierre. Un corner stone. Une aventurine. La sienne. Elle était intacte comme s'il ne lui était jamais rien arrivé. Ils l'avaient... réparé? Mais alors cela signifiait-

« Tu as gagné. » chuchota-t-il, trop choqué pour parler à voix haute. Trop effrayé aussi, que ce soit faux.

« Tu en doutais? Je ne perd jamais un paris doc. » sourit Aventurine avant de se mettre à pleurer.

Le pouce de Ratio essuya quelques larmes avant qu'il ne le prenne dans ses bras, une main passant doucement dans ses cheveux blonds. Lui-même sentit de l'eau sur ses joues, soulagé de cette menace qui les pesait depuis plusieurs jours. Il posa un baiser sur le haut de son crâne et quand Aventurine releva la tête, il en posa un autre sur ses lèvres. Un parmis les millions qui les attendaient. Car Aventurine allait vivre encore longtemps.