Actions

Work Header

Butterflies

Summary:

[s15e07]

Depuis qu'elle était rentrée de Denver, Emily semblait distraite et un peu triste et Penelope savait que c'était à cause de sa relation avec Andrew Mendoza. Aussi, elle décida qu'il était temps de remonter le moral de son amie.

Notes:

Bonsouaaar :)

On enchaîne avec le tout premier texte que j'avais commencé à écrire pour cette série de prompts et avec un ship que j'aime très foooort (même si je sais jamais si je les préfère en girlfriends ou en meilleures amies ou en "sœurs") mais bref elles sont trop choupi toutes les deux donc voilà !

Disclaimers : pas de spoils, à part si vous ne saviez pas qu'Emily a un mec à un moment, mais en vrai, tout le monde s'en fout et on s'en fout tellement qu'il est juste mentionné et que c'est assez évident qu'Emily a pas l'intention de finir sa vie avec lui lol déso mec et j'ai noté dans mon doc que ce texte est censé se passer quelque part pendant l'épisode 7 de la saison 15 mais je dois bien vous avouer que je ne sais plus pourquoi cet épisode en particulier mdr mais je me fais confiance pour dire que j'ai raison

4- A breathy demand: “Kiss me” - and what the other person does to respond / Une demande pantelante : "Embrasse moi" - et ce que l'autre personne fait pour répondre

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Depuis qu'elle était rentrée de Denver, Emily semblait distraite et un peu triste et Penelope savait que c'était à cause de sa relation avec Andrew Mendoza. Enfin, en réalité, elle ne savait rien du tout, car sa patronne s'était fait un devoir d'éviter le sujet chaque fois qu'il arrivait sur la table, aussi bien avec elle qu'avec n'importe quel autre membre de l'équipe. Même Rossi ne paraissait pas plus au courant qu'eux. Aussi, elle ne pouvait que supposer , mais, même si elle n'était pas une profileuse, il y avait certains signes qui ne trompaient pas.

Son téléphone portable qui vibrait chaque fois qu'il lui envoyait un message auquel elle prenait grand soin de ne pas répondre jusqu'à prétendre qu'il n'existait pas en était un par exemple.

Cependant, Penelope avait tenu sa langue (un petit miracle dont elle espérait bien se vanter plus tard) et avait préféré inviter son amie chez elle pour regarder quelques épisodes de leur série télévisée accompagnés de cookies faits maison (les préférés d'Emily) et d'un large mug de chocolat chaud recouvert de chantilly. D'habitude, elles se contentaient d'un sachet de biscuits et d'un verre de lait, mais devant la mine assombrie et les sourires forcés de la brune, Penelope n'avait pu s'empêcher de s'assurer que son amie ne manquerait de rien. Alors, évidemment, elle lui avait servi son chocolat chaud dans son mug licorne réservé uniquement pour les grandes occasions. Après tout, chaque occasion qu'elle avait de passer du temps avec Emily Prentiss était une grande occasion.

Et, cette fois, elle avait été récompensée par un sourire sincère qui avait, l'espace d'une seconde, éclairé les yeux sombres d'Emily.

Ces mêmes yeux qui se perdaient un peu trop souvent dans le vide ou qui restaient à fixer l'écran de la télévision sans vraiment voir les images qui y défilaient.

Ces yeux d'ordinaire si animés et qui, aujourd'hui, avaient perdu de leur éclat. 

Penelope songea qu'elle n'avait probablement jamais rien vu d'aussi déprimant que les yeux éteints de la personne qui lui était la plus chère au monde et décida qu'il était temps d'y remédier.

Ou au moins essayer. Parce que, si Penelope était certaine d'une chose, c'était qu'elle était prête à tout pour remonter le moral de ses ami.e.s - d'autant plus lorsque ladite amie était également la personne qui occupait la majorité de ses pensées depuis un peu plus d'une décennie.

Doucement, elle déposa une de ses mains sur le genou de la brune, qui tressauta imperceptiblement au contact, son visage se tournant vers elle, ses yeux cherchant les siens - ses beaux yeux bruns dans lesquels Penelope avait eu envie de s'abandonner plus de fois qu'elle n'aurait été capable de les compter.

Elle prit sa voix la plus douce et plaqua son sourire le plus rassurant sur ses lèvres avant d'enfin se décider à poser la question qui tournait en boucle dans sa tête depuis qu'Emily était revenue.

« Je vois bien qu'il y a quelque chose qui te tracasse dans ta jolie tête. Qu'est-ce que c'est, Emily ? Tu sais que tu peux me le dire. »

La principale concernée laissa échapper un long soupir, à la fois de fatigue mais surtout de résignation. Elle savait qu'elle ne pourrait éviter cette discussion bien longtemps, encore moins avec une meilleure amie aussi curieuse que Penelope Garcia qui avait le pouvoir magique de lire en elle comme dans un livre ouvert quand bien même elle était censé être la profileuse, et pas l'inverse. Mais l'analyste était étrangement très douée pour percer à jour les personnes auxquelles elle tenait, Emily n'y faisait malheureusement pas exception.

Durant de longues minutes, elle chercha quoi dire ou, tout au moins, comment le dire, sa bouche s'ouvrant et se refermant devant l'absence évidente de réponse. 

« C'est stupide, finit-elle par avouer dans un rire sans joie. C'est pas grave, vraiment.

— Emily Prentiss. Tu as le droit de te cacher derrière tes forteresses avec tout le monde, mais pas avec moi. Promis, juré, craché, je me moquerai pas. » Il y eut une courte pause durant laquelle Penelope réfléchit à ses propres mots avant de grimacer. « Je ne vais pas réellement cracher par contre, parce que c'est un peu dégoûtant, mais je crache métaphoriquement. »

Ce qui eut au moins le mérite d'arracher un véritable sourire à son amie.

« C'est juste que... quand on s'embrasse avec Andrew, c'est... il ne se passe rien.

— Après, tu veux dire ?

— Non ! Enfin si, il se passe rien après, mais... il ne se passe rien pendant non plus. Et c'est stupide, parce que j'ai passé l'âge de croire aux contes de fées et au prince charmant, mais je pensais qu'il se passait quelque chose quand on embrassait la personne qu'on aimait. L'histoire des papillons dans le ventre et tout ça. »

Penelope connaissait très bien l'histoire des papillons dans le ventre. Pendant longtemps, elle en avait entendu parler sans jamais réellement y croire. Les papillons, elle les préférait en motif sur ses robes ou en barrette dans ses cheveux, mais certainement pas dans son ventre . L'idée même avait eu tendance à lui donner la nausée. Jusqu'au jour où ils avaient soudainement quitté sa garde-robe pour élire domicile au creux de son estomac et elle se souvenait précisément de ce jour, parce que c'était aussi le jour où Emily Prentiss, fraîchement débarquée au BAU, était entrée dans son bureau avec deux tasses de café et une boîte de donuts frais dans les mains juste parce qu'elle avait trouvé que Penelope n'était pas trop en forme . 

C'était ce jour-là que la technicienne analyste avait compris qu'il existait un tout autre visage sous le masque de pierre qu'Emily s'évertuait à porter comme une seconde peau. Un visage dont il lui avait été impossible de ne pas tomber amoureuse. Un visage qu'elle avait regardé s'éclairer et s'assombrir au fil des années. Un visage qui lui était devenu presque aussi familier que le sien. 

« Et... est-ce que tu l'aimes ? demanda-t-elle, certainement pas parce qu'elle avait envie d'entendre la réponse - elle aurait préféré porter des jeans et des t-shirts informes pendant un mois complet plutôt que d'entendre Emily lui répondre que oui, bien sûr que je l'aime, Pen - mais parce qu'elle était son amie et qu'elle voulait l'aider, trouver des solutions à son problème. »

Emily soupira, de cette façon qu'elle avait de soupirer chaque fois qu'elle était obligée de parler de ce qu'elle ressentait. Même après tout ce temps, elle n'aimait toujours pas s'ouvrir aux autres et Penelope ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, pas après tout ce qu'elle avait vécu.

« Je croyais, mais... maintenant, je ne sais plus. J'avais envie que ça fonctionne entre nous. Qu'est-ce qui aurait pu ne pas fonctionner ? Il est gentil, attentionné, il m'envoie des fleurs, il m'appelle presque tous les soirs, il comprend mes absences à cause du BAU. Qu'est-ce que je pouvais demander de plus, Penelope ? Qu'est-ce que j'ai fait de travers ? »

Et cette fois c'en fut trop pour la blonde, qui sentit son cœur se briser aux paroles d'Emily et qui attrapa ses deux mains entre les siennes, la forçant à se tourner un peu plus vers elle. 

« Emmy chérie... » Le surnom, qu'elle utilisait pour la première fois à voix haute, roula aussi naturellement sur sa langue que si elle l'avait utilisé chaque jour durant les dix dernières années. « Premièrement, l'amour ne fonctionne pas vraiment de cette manière, sinon on ne serait définitivement pas en train d'avoir cette conversation à deux heures du matin sur mon canapé et tu serais définitivement dans son lit en train d'échanger votre salive et autres fluides corporels. » Elle repoussa très fort et très loin l'image mentale pour ne surtout, surtout , pas penser à combien elle aurait aimé partagé sa propre salive et ses propres fluides corporels avec Emily et s'accorda une brève pause aussi bien pour reprendre son souffle que pour examiner la légère rougeur qui s'épanouissait sur les joues et la gorge de son amie. « Deuxièmement, tu n'as rien fait de travers et tu as plutôt intérêt à te retirer cette idée de la tête tout de suite, c'est un ordre. Au bureau, c'est peut-être toi qui commandes, mais ici c'est moi. »

D'un geste pas du tout autoritaire, elle agita son index sous le nez d'Emily, dont le sourire s'étira jusqu'à se transformer en rire.

« Oui, cheffe.

— Bien. »

Elle lui tapota le genou et ignora son envie de laisser sa main là, ignora son envie de porter la main de la brune à sa bouche pour l'embrasser. Ignora son envie de l'attirer tout contre elle en une étreinte qu'elle était pourtant la première à offrir à n'importe quel membre de leur équipe et dont Emily ne se serait probablement pas étonnée, qu'elle aurait très probablement acceptée sans poser de question. Mais Penelope avait peur que, cette fois, ce soir, elle ne soit pas capable de contenir tout ce qu'elle retenait si précautionneusement depuis si longtemps et qu'Emily en devine toute la superbe fatalité au creux de ses bras. 

Aussi, à la place, elle ramena ses mains sur ses propres genoux et posa ses yeux sur la petite table basse devant elles, où leurs tasses de chocolat chaud avaient été abandonnées, encore à moitié pleines. Aucune d'elles n'avait touché à l'assiette de cookies.

« Je crois que je ne t'apprends rien en te disant qu'on ne choisit pas de qui on tombe amoureux, reprit Penelope d'une petite voix, parce qu'elle ne supportait pas le silence qui s'était installé entre elles et parce qu'elle ne savait pas quoi faire d'autre que parler dans ce genre de situations et parce que, peut-être, elle ne parlait pas que pour réconforter Emily, mais aussi un peu parce qu'elle avait besoin de libérer ce qu'elle avait sur le cœur. Si on pouvait choisir, il n'existerait sûrement plus de ruptures douloureuses ou de cœurs brisés. Mais on ne choisit pas et je me suis toujours demandée ce que ça voulait dire quand on tombe amoureux de quelqu'un qu'on ne peut pas avoir ou avec qui ça ne peut pas fonctionner ou n'importe quelle autre raison qui fait que ce n'est juste pas possible . Qu'est-ce que ça veut dire, hein ? Est-ce que c'est juste un signe du destin pour nous rappeler à quel point on n'a aucun contrôle sur nos vies ? Ou est-ce que c'est... autre chose ? Est-ce qu'on est censé en tirer une leçon ? Est-ce qu'on est censé se battre ou juste accepter en silence et souffrir en attendant que ça passe ? Qu'est-ce qu'on est censé faire de tout cet amour si on ne peut pas le donner à la bonne personne, à la personne qu'on n'a pas choisie mais qui occupe chacune de nos cellules sans même le savoir ? Alors, non, tu n'as rien fait de travers, Emily, parce que si on ne choisit pas de qui on tombe amoureux, on ne choisit pas non plus de qui on ne tombe pas amoureux. C'est comme ça, c'est tout. Ça arrive ou ça n'arrive pas et on n'a pas vraiment notre mot à dire. Vous vous êtes donnés une chance et si ça ne fonctionne pas, alors... tant pis. »

Ce ne fut que lorsqu'elle se tut qu'elle eut l'impression d'avoir parlé pendant des heures, ses lèvres soudain sèches et sa gorge serrée, bien qu'elle comprit très vite que cette dernière avait plus avoir avec les larmes qu'elle tentait tant bien que mal de retenir et moins avec son long discours. Elle n'avait jamais eu l'intention d'en révéler autant. Elle n'avait jamais eu l'intention de se trahir, et encore moins maintenant, alors qu'elle était en train de se confier sur sa relation avec son petit-ami . 

Seigneur, Penelope avait envie de s'enfoncer dans le sol et de disparaître à tout jamais.

Elle ne pouvait même pas espérer qu'Emily ne comprendrait pas ce que ses paroles cherchaient à peine à dissimuler ; elle était bien trop intelligente, en plus d'être de loin la meilleure profileuse de l'équipe. Et quand Penelope tenta un coup d'œil en direction de son amie, elle en eut la criante confirmation.

Emily la regardait de ses grands yeux bruns écarquillés, semblables à ceux d'une biche prise dans les phares d'une voiture fonçant à toute vitesse vers elle. Sa bouche était entrouverte, ses joues colorées d'une teinte de rose encore plus foncée qu'auparavant.

Elle était si belle. Comment Penelope aurait pu ne pas tomber pour elle ?

« Penelope ? »

De toutes les fois où Emily avait prononcé son prénom, c'était bien la première qu'elle le prononçait comme ça , d'une voix aussi fragile que celle d'une enfant, aussi incertaine et hésitante et délicate, tout ce qu'elle n'était pas d'ordinaire et pourtant tout ce qu'elle semblait être à présent.

« Mh ? répondit-elle seulement, incapable d'articuler le moindre mot.

— Embrasse-moi... ? »

C'était à mi-chemin entre une question et un ordre et Penelope remercia intérieurement la légère inflexion de sa voix à la fin de sa phrase, parce que si ça n'avait été qu'un ordre, elle aurait été obligée de s'exécuter et elle voulait s'exécuter, plus que tout, elle voulait lui obéir et elle voulait l'embrasser - Dieu seul savait combien elle mourait d'envie de l'embrasser -, mais en avait-elle seulement le droit ? Était-ce seulement permis ? Ne serait-ce pas la pire décision de toute sa vie ?

« Emmy... Je sais pas si... si c'est une bonne idée.

— Mais tu en as envie. »

Pas une question, mais une observation. Foutue profileuse .

« Évidemment que j'en ai envie, confirma malgré tout Penelope en roulant des yeux.

— Alors embrasse-moi. » Et cette fois, le doute n'était plus permis ; il s'agissait bel et bien d'un ordre. « S'il te plaît ? »

Oh et n'était-ce pas le comble d'entendre Emily Prentiss demander poliment ce que Penelope était de toute façon sur le point de lui donner ? Emily Prentiss qui ne demandait jamais parce qu'elle n'en avait pas besoin, elle n'avait qu'à battre ses longs cils noirs ou faire la moue ou secouer ses cheveux par-dessus son épaule et elle obtenait tout ce qu'elle voulait de qui elle voulait sans même que la personne ne se rende compte d'avoir été piégée. 

C'était un des super-pouvoirs de la brune. Un super-pouvoir qu'elle aurait très bien pu utiliser dans cette situation. Penelope était certaine qu'un seul de ses sourires aurait suffi à la convaincre de faire n'importe quoi. Mais elle n'en fit rien. Au lieu de cela, elle demanda , tout en fixant l'analyste de ses iris où ne se cachait aucune trace de malice. 

Si elle refusait de lui donner ce qu'elle voulait, alors elle accepterait. Et cette simple déduction donna encore plus envie à Penelope de se jeter sur elle pour lui donner précisément ce qu'elle voulait, et bien plus encore. 

Elle voulait un baiser ? Alors elle lui en donnerait dix, cent, mille. Elle lui donnerait tous les baisers du monde jusqu'à s'en abîmer les lèvres et n'avoir plus aucun souffle d'oxygène dans les poumons. Elle l'embrasserait jusqu'à ce que son cœur lâche et même après elle continuerait. Elle continuerait jusqu'à ce qu'Emily lui ordonne d'arrêter.

Penelope acquiesça et, l'instant d'après, sa bouche était sur celle d'Emily, sa main dans les cheveux d'Emily, son genou contre celui d'Emily. Soudain, elle était plus près d'Emily qu'elle ne l'avait jamais été auparavant, l'odeur de son parfum dans son nez, le goût du chocolat chaud qu'elle avait siroté un peu plus tôt sur sa langue, la chaleur de son corps sous sa paume. Soudain, tous les rêves de Penelope devenaient réalité et elle laissa échapper un hoquet, à la fois de surprise, de contentement et de soulagement. 

Contre ses lèvres, Emily se mit à glousser comme une petite fille, ses yeux étincelant encore davantage qu'un soir de feu d'artifice, et posa une main sur son ventre, et Penelope comprit ; les papillons étaient enfin sortis de leur chrysalide. Et c'était grâce à elle. C'était elle qui avait causé ça. 

C'était elle qui s'apprêtait à lui offrir son conte de fées tant mérité.

Notes:

Emily est ma perso préférée mais il faut bien avouer que Penelope est sacrément adorable...

Series this work belongs to: