Chapter Text
Sur son lit, les yeux révulsés par la magie qui court dans ses veines, Crystal se tord dans tous les sens, ses souvenirs lui revenant à toute vitesse. Parmi tous les morceaux qui défilent, elle arrive à en voir quelques-uns plus précisément.
La voilà, debout dans un endroit chic, face à une amie en pleurs :
“-Crystal, je ne comprends pas. Pourquoi tu es si méchante ?
-Crois moi ou pas, mais je sais qu’il te trompe avec presque tout le monde. Est-ce que j’ai déjà eu tort à propos de ça ? Tu crois que ça me fait plaisir de te le dire ?”
Même si son amie semble la croire, Crystal se rend compte qu’elle jubilait intérieurement à l’idée de faire rompre un couple heureux.
La scène change, elle sort d’un magasin avec des vêtements volés, et l’agent de sécurité la retient :
“-Excusez-moi, Mademoiselle. Vous ne pouvez pas juste partir d’ici sans payer.
-De quoi vous parlez ?
-Les vêtements dans votre sac.
-Quels vêtements ?”
Utilisant ses pouvoirs, la jeune femme attrape le bras du vigile pour lui implanter sa version des faits dans la tête :
“-Je n’ai rien dans mon sac !
-Vous... n’avez rien... dans votre sac.
-Nope. Mais je parie que tu vas avoir des cauchemars sur des serpents et des araignées mangeuses d’homme pendant des semaines.”
Relâchant ses pouvoirs, elle tourne les talons et quitte le magasin sans être embêtée.
La scène change une nouvelle fois, Crystal fait les 100 pas dans sa chambre, donnant des instructions au téléphone :
“-Dis à tout le monde de venir vers 10h, et amène de la Molly ! Mes parents ne vont rien dire, ils ne vont même pas...”
Elle se retourne, tombant nez à nez face à ses parents, côte à côte dans l’encadrement de la porte, qui la regardent avec désapprobation.
Commençant à absorber ses souvenirs, Crystal sort de sa transe brutalement et sursaute en voyant Edwin et Charles aux pieds de son lit, debout à la regarder.
“-Bon sang ! Vous m’avez fait peur, tous les deux !
-Est-ce que tu avales les billes ?
-Peu importe ce que tu as à faire pour retrouver tes souvenirs, ça nous va.”
Les garçons échangent un regard et Edwin hoche la tête et tente de se rattraper :
“-Évidemment. Retrouver ta mémoire est le plus important. Heu... Est-ce que ça fonctionne ?
-Je n’en ai avalé qu’une. C’est comme être frappée à la tête et à l’estomac en même temps...
-Tu... tu sembles un peu perturbée...”
Voyant le regard un peu inquiet de son copain, Crystal se déplie de sa position recroquevillée sur le lit et tente d’expliquer, tout en se rapprochant de la fenêtre :
“-Charles ? Tu te souviens, quand on s’est rencontré et heu... J’ai dit que j’avais l’impression que les gens ne m’appréciaient pas beaucoup ? Je pense que je commence à comprendre pourquoi... Mais pas complètement, je n’ai eu qu’une bille... Il y en a forcément avec de bons moments aussi !
-Ok, mais as-tu appris des choses utiles ?
-On n’a pas besoin d’être concentrés sur le travail constamment, Ed.”
Même si elle apprécie la défense de Charles, Crystal soupire et répond à la question légitime du daemon :
“-Non je... Je me souviens de quelque chose. Mon nom complet est Crystal Palace Surname von Hoverkraft.
-Attends... Juste une seconde... Ton nom de famille est Von Hoverkraft ?
-Non, “Surname” en fait partie. Avec un tiret et tout.
-Ok... Heu... C’est un long nom... Surname ne veut pas déjà dire “nom de famille” ?
-Va dire ça à mes parents... Oh bon sang !! Mes parents !! Je me rappelle quelques trucs à leur sujet, du genre... Leur numéro de téléphone !! Je peux les appeler !”
Excitée d’enfin pouvoir reparler à ses parents, Crystal attrape son téléphone pour composer leur numéro et les rassurer.
Dans la maison d’Esther, la sorcière a terminé de monter son appareil, et se dépêche de le tester sur un fantôme en pleurs qu’elle a attaché à la table :
“-Je ne suis qu’un moins que rien ! Pourquoi vous faites ça ?
-Shh ! Tu n’es pas un moins que rien, arrête de te dévaloriser. Tu es une âme, tu es surnaturel, ce n’est pas négligeable ! Enfin bref, voyons combien de jus on peut tirer de ta douleur et de tes souffrances. Ne t’en fais pas, ce n’est qu’un entrainement, aucune pression de résultat.”
Sous le regard terrifié du fantôme, la sorcière active sa machine qui se met à vibrer. Les différents bras mécaniques se referment sur le prisonnier, enfonçant d’énormes aiguilles un peu partout dans son corps, et il se met à hurler de douleur. Au bout d’à peine quelques secondes, le fantôme disparait simplement, absorbé totalement par la machine et deux gouttes de magie tombent dans le verre de sortie de l’appareil. Curieuse, Esther le soulève et en observe le contenu avant de le verser sur sa main. Sa peau l’absorbe, elle sent la puissance lui parcourir les veines. Les yeux brillants de magie pure et la peau dorée, elle jubile :
“-Monty !! Ça fonctionne ! Oh !! Ce pouvoir est si dé... délicieux. Imagine ce que je peux faire à cette ville ! Plus besoin de se cacher ou de rôder dans la nuit. Ils vont... Ils vont... Ils vont laisser leurs enfants à ma porte !!”
Ses yeux reprennent leur couleur normal, l’effet de cette nouvelle magie s’estompant, et le corbeau lâche un croassement moqueur pendant qu’elle tente de récupérer la moindre goutte qui pourrait trainer au fond du verre.
“-Oui, je peux voir par moi-même que ça ne dure pas, Monty. Duh. C’est bien pour ça qu’on a besoin de ton copain ! C’est un daemon, il s’est échappé de l’Enfer. Et je pourrais le faire crier pour toujours. Bon, écoute. Maman va faire quelques courses.”
Voyant la sorcière attraper son sac, Monty croasse et elle soupire :
“-Bon sang, tu es vraiment curieux... Je vais mettre de l’essence dans la voiture, récupérer de la pâtée pour chien, faire un tour chez le boucher et enlever deux surnaturels. C’est bon ? Ça te va ? Bisous !”
La porte claque derrière la sorcière et le corbeau tape du bec contre la porte de sa cage, qu’il ne peut pas ouvrir sans une main humaine, à son grand désespoir.
A Londres, un téléphone sonne et la propriétaire répond au numéro inconnu en fronçant les sourcils :
“-Oui ?
-Maman ?! Oh, bon sang !! Maman, c’est...
-Crystal, ce n’est pas vraiment le moment.”
Surprise par la réaction de sa mère, Crystal déglutit et tente de résumer sa situation :
“-Heu... Ok... Je vais bien. Heu... Ces dernières semaines ont été un peu bizarres...”
Ignorant totalement sa fille, Maddy Palace Surnane Von Hoverkraft s’écrie :
“-NON ! Ils ne peuvent pas bloquer la rue !! Ils nous font perdre du temps, là ! Seth ! Va leur dire !
-Maman ! C’est moi...
-Oui, je sais, chérie. Ne me parle pas comme si j’étais débile. Tiens, parle à ton père.”
Maddy tend le téléphone à son mari pour pouvoir se concentrer sur ce qu’elle est en train de faire, et Seth tente d’expédier sa conversation avec sa fille :
“-Crystal ? Dis-moi juste quelle carte de crédit a été refusée.
-Carte de crédit ? De quoi tu parles ?
-On est très occupés à monter l’exposition d’art. Il y a beaucoup de parties amovibles.
-Papa ! J’ai disparu depuis des semaines ! Tu... Tu ne t’en es pas rendu compte ?
-Disparue ? Quoi ? Oh, chérie, tu es toujours aussi dramatique. Mais je n’ai pas le temps pour ça maintenant parce que CE PROJECTEUR DOIT ÊTRE PAR ICI !! C’est de l’art, bon sang !! Bon, quelqu’un peut me prendre mon téléphone ?”
Pendant que le père de Crystal se libère les mains, Crystal déglutit, les larmes aux yeux. Hébétée, elle raccroche son téléphone et se tourne vers les deux garçons qui la regardent, inquiets de sa réaction :
“-Ils... Ils ne se sont même pas rendu compte que j’avais disparue...
-Quoi ?! Mais nan, Crystal, je suis sûr que oui !
-Quel genre de parents ne fait pas attention à ses enfants ? Je ne comprends pas...
-Crystal, je suis certain qu’il y a une explication logique pour ça.”
Puisque ses parents ne vont clairement pas l’aider à comprendre la situation, Crystal se lève de sa chaise et s’avance d’un pas décidé vers les billes de souvenirs posés sur son lit. Elle en attrape une poignée et lance par-dessus son épaule :
“-Je vous avertis, vous ne voulez probablement pas trainer dans le coin pour ça.
-Heu... Tu ne devrais peut-être pas faire ça...”
Ignorant Charles, elle s’assoit sur son lit et avale ses souvenirs, manquant se casser les dents en tentant de les mâcher un peu pour aider à les faire passer. Rapidement, ses yeux virent au blanc, et elle se crispe, les souvenirs revenant à elle.
Dans ses souvenirs, les cheveux lisses, Crystal tombe au sol, devant l’entrée d’une boite de nuit plutôt fréquentée.
« -Dégage tes sales pates de mon copain, sale pute ! T’as compris ? »
Crystal se redresse, enlève son manteau et les longues boucles d’oreilles pour les donner à ses amis, avant de sauter sur son adversaire pour se battre. Elle domine facilement le combat, attrapant la tête de la fille pour la cogner contre le sol plusieurs fois.
La scène change, la nuit se transforme en jour et Crystal est assise dans un restaurant, l’une de ses amies arrive vers son groupe, paniquée :
« -Vous avez entendu ? James s’est fait tapé par une voiture ! Il a traversé la route bêtement ! -C’est complètement fou !
-Vous avez vu comment il ignore les filles ? Peut-être que c’est juste le karma.
Le ton froid et détaché de Crystal ne surprend même pas ses amies et l’adolescente a pu une fois de plus utiliser ses pouvoirs sans se faire repérer.
