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Act III: I will be your shield

Summary:

The threat in the city is more terrible than ever. Mikoto, Kuroko, Kazari and Misaki do everything to help repel it, assisted by Belesse Erèsaël. They have no news of Ruiko, no idea where to look for her. Just like Mugino and Kihara, who are on the run.
They are confronted with the worst of what the Academy City has to offer in terms of horror. As hope collapses, as the light fades, they are the last to fight from the shadows to maintain peace. Constantly wondering what the price will be for their actions.
Level 5s are said to be mentally unstable, and after all the tragedies she has faced, Mikoto is wavering dangerously, driven by her will to protect her loved ones. At all costs.

For her part, Ruiko faces her new abilities and her strange state, without understanding what is happening to her, hunted by Kihara. On the run, with Saiai and Frenda, she does not know when she will be able to see her friends again. If she'll ever even see them again.

Notes:

Bonjour à tous ! Voici la troisième et dernière partie de cette histoire. j'espère qu'elle vous plaira, je vous souhaite une bonne lecture !

Chapter 1: Montée des tensions

Chapter Text

L’homme écrase sa cigarette contre un mur, ne prenant pas le temps d’en fumer la fin, quand il ressent du mouvement. La pierre vibre sous ses pieds, rapidement. Des gens sont en approchent, et ils sont nombreux. Se redressant, il abaisse la visière de son casque, dissimulant son visage, tout en faisant signe à son équipe de se mettre en place.

"Ils arrivent, préparez-vous !" indique-t-il à son équipe.

Il est entouré de quatre personnes, toutes équipées de fusil. Tous prêt à tirer. Chacun se place comment indiquer, prêt à réservez une drôle de surprise aux nouveaux arrivants. Se tenant au centre, l’homme fait craquer ses jointures, la fatigue pesant lourdement sur lui. Voilà plusieurs jours qu’ils sont obligé d’agir ainsi, de patrouiller à la nuit tombée. Il commence à se trouver trop vieux pour tenir un tel rythme.

Ils les voient avant que leurs adversaires ne le fassent. Exactement le nombre transmis par leur informatrice. Une quinzaine de Skill-Out. Marchant comme une bande bien trop organisé pour leur habitude. Et une fois de plus, bien trop équipé. Ramassant une poignée de gravier au sol, Erèsaël Belesse se révèle à tous, tout en roulant de yeux. Consignes ridicules que le force à respecter Yomikawa. L’issue de tout cela est prévisible, mais s’il ne le fait pas, elle va encore lui tirer l’oreille.

"C’est Anti-Skill, veuillez-vous rendre ! Nous avons un mandat d’arrêt à votre attention pour destructions multiples, vols à main armé, et…"

"Il est seul", se moque l’un d’eux. "Pas de risque."

Alors qu’Erès parle, un d’eux sort un pistolet et lui tire droit dessus dès qu’il mentionne Anti-Skill. Il arrête avec nonchalance la balle, interposant de la pierre entre le tir et lui, tout en poussant un soupir épuisé :

"Qu’est-ce que je disais… Allez !"

Les quatre autres personnes d’Anti-Skill surgissent alors de leurs cachettes, arme en main, les braquant sur la bande de voyous. Ils ont un instant d’hésitation, avant de se reprendre en réalisant qu’ils sont trois fois plus nombreux et passent à l’attaque. Le combat est bref, grâce à l’aide du Stone Master qui se montre brutal dans ses attaques pour les arrêter. Quand tous les Skill-Out sont désarmés et menottés au sol, Anti-Skill rassemble le matériel trouvé sur eux, pendant qu’il dresse un rapide inventaire. Ils avaient tous des pistolets, et des bons, neufs. Plusieurs grenades, dont des aveuglantes, des couteaux de combats.

Ce n’est que du matériel illégal. Loin d’être introuvable dans la cité Académique malgré toutes les précautions prises, mais il faut savoir où le chercher, et surtout, y mettre le prix. Il ne serait pas déconnant d’envisager que l’un d’eux puisse se permettre d‘avoir un de ces objets. Une si grande quantité est hautement improbable. Tout est saisit avec soin par des mains gantés et fourrer dans des sacs comme preuve à conviction, alors qu’Erès s’approche de ses prisonniers, tout en tapotant son oreillette :

"Visages connu ?"

"Ceux que nous cherchions", confirme Uiharu depuis son poste. "Il n’y en a qu’une partie."

"Fabuleux… Cherche les autres, nous verrons si nous pouvons intervenir ce soir. Tu connais les consignes", finit-il avant de raccrocher, les rappelant pour la forme.

Uiharu Kazari est déjà occupée à trafiquer les images de caméras, n’ayant pas attendu qu’il le lui rappelle, ayant l’habitude soir après soir. Bien vite, il n’y a plus aucune trace de l’intervention d’Anti-Skill dans la ruelle. C’est comme si les Skill-Out étaient rentré et c’était ligoté tout seul. Satisfaite, elle se détourne de cette tâche pour continuer la traque du reste du gang.

Erès se tourne vers son équipe qui agit méthodiquement. L’officière près de lui abaisse son casque, révélant ses yeux étoilés. L’homme lui sourit, alors que la femme d’Anti-Skill lui fait un bref rapport de la situation.

"Equipement militaire de trouver, neufs. Hors de prix pour ce gang."

"Comme chaque soir", soupire Erès. "Des nouvelles de l’équipe 2 ?"

"Tout est sous contrôle, elles ne font plus qu’attendre que vous veniez les chercher."

Le changement d’intonation de voix pour la femme et son petit sourire en coin font comprendre à Erès que Shokuhou s’exprime directement par le corps de la femme. Elle a le contrôle direct de toute l’escouade, mais le montre rarement de manière si flagrante.

"On bouge vers votre position", indique-t-il. "Restez prudentes."

 

Non loin, dans le même district, l’équipe 2 fait face au même constat. L’équipement que possède ces Skill-Out est de type militaire, cher, hautement illégale et n’a rien à faire en leur possession. Agenouillée devant un tas d’armes assez impressionnant, Kuroko dresse la liste de ce qu’elles ont trouvé, n’aimant pas tout ce qu’elle doit noter.

Pendant ce temps, Mikoto monte la garde, faisant les cents pas, son sonar activé pour prévoir tout mouvements surprenants, ne voulant pas d’attaque surprise, tandis que Misaka 10 032 fait un récapitulatif des personnes capturées. Tout en sentant le regard aigri de sa grande sœur peser lourdement à l’arrière de son crâne.

"Misaka se sent un peu oppressé par Onee-sama", juge bon de déclarer Misaka, mal à l’aise alors qu’elle essaie de se concentrer.

"Je n’arrive toujours pas à croire que tu aies réussi à convaincre Belesse de te laisser venir", peste Mikoto à voix basse, continuant sa surveillance.

"Misaka peut être très persuasive", rappelle Misaka, voulant mettre fin à cette conversation.

"Ouais, on ajoute ça à notre longue liste de « On verra plus tard »", grommelle son aînée, ayant bien conscience que ce n’est pas le lieu pour ce débat.

Misaka a le bon sens de ne pas répondre à la dernière remarque, se concentrant sur son travail, vêtue d’une tenue de combat sombre, un fusil sur l’épaule. Elle a mis bien plus de temps qu’elle le pensait à convaincre Mikoto de la laisser participer à ses opérations, mais a fini par obtenir gain de cause. Entre autres en se servant de vieux arguments de sa sœur, dit des mois auparavant à Kuroko : « C’est mon choix. » Mots revenus mordre le cul d’une Railgun très mécontente de les entendre dans ce contexte.

« Des connaissances sur le matériel militaire et son prix au marché noir ? »

Kuroko ne sursaute même plus quand la voix de Shokuhou résonne dans son esprit maintenant, habituée. Etudiant d’un œil expert un pistolet, s’étant beaucoup renseigné sur le sujet récemment, elle répond sans une once d’hésitation un prix, tout en poursuivant :

« Impossible à acheter pour des types comme eux. C’est du matériel encore une fois fourni par Kihara. On va s’assurer de ramener tout ça. »

« Merveilleux, nous allons bientôt pouvoir ouvrir notre propre armurerie, » ironise Misaki depuis son canapé.

« On manquerait quelques peu de munitions pour cela. » plaisante Kuroko avec un demi sourire crisper, n’aimant pas la quantité d’armes qu’elle trouve chaque soir.

Ayant fini l’inventaire du matériel, Kuroko se joint à 10 032 pour identifier tous les Skill-Out appréhendés, alors que Mikoto se tend. Du mouvement, proche. Qui tente de contourner le bâtiment. Probablement pour les prendre par surprise. Sans attendre, indiquant d’un signe à Kuroko qu’elle bouge, elle s’y dirige. Trois personnes. Qui ne sont pas d’Anti-Skill, l’arrivé de l’équipe 1 doit se faire d’ici deux minutes. Rassemblant son pouvoir, elle accueille ses nouveaux invités imprévus comme elle se doit, les faisant griller jusqu’à l’inconscience. Un par un, sans mal, elle les traîne à l’intérieur, les ajoutant au tas de Skill-Out endormis.

Le combat ici aussi fut bref. Ils avaient beau être bien équipé, ils ne pouvaient rien faire face à la puissance de leur équipe. Kuroko a un peine un regard pour les trois nouveau, les identifiants rapidement eux aussi comme membre du gang.

Quand Belesse les rejoint, avec un fourgon déjà remplis de Skill-Out et une équipe d’Anti-Skill entièrement sous le contrôle de Misaki, elles font monter leurs propres prisonniers dans le véhicule sans attendre. Après une dernière vérification que toutes les menottes soient bien en place, tout en ignorant les insultes de ceux réveillé, Kuroko se téléporte à l’extérieur, se postant près de Belesse qui transmet ses dernières consignes à l’officière d’Anti-Skill.

"La Lieutenante Yomikawa les prendra en charge à votre arrivée. Seule elle doit avoir la main", rappelle-t-il.

"Bien compris, Belesse-sama", approuve la femme.

"Vous pouvez disposer. Merci de votre aide."

Les étoiles s’estompent dans les yeux de la femme, qui n’est guère surprise de se réveiller dans une ruelle sombre, de nuit, avec un camion rempli de prisonniers, tout comme son escouade. Mikoto observe avec une pointe de dégoût la femme prendre le volant et rejoindre les bureaux d’Anti-Skill. Elle comprend les mesures de prudences prises, mais a du mal à accepter que ceux qui les aident le fassent sous le contrôle de Mental Out. Même s’ils y ont consenti et sont pleinement conscient des risques.

"Allez, à notre tour de rentrer", les presse Erès. "Je ne sais pas vous, mais je suis épuisé."

Ils rejoignent la voiture de l’homme, garé à l’écart et y montent, baillant tous avec des degrés diverses intensité. La nuit a été longue, c’est la troisième arrestation à laquelle ils participent en quelques heures. Sans qu’un mot soit prononcer, tous trop fatigué pour lancer une discussion, ils se dirigent vers l’hôtel où les attendent Misaki et Kazari.

 

Dans le penthouse, les deux informatrices sont chacune à leur poste comme chaque soir, dans un canapé, entouré d’ordinateurs, ou de téléphones, ayant suivi et guidé la progression des deux équipes durant la nuit. Misaki regarde avec un peu de répugnance l’énième café qu’elle a bu pour garder les yeux éveillés, épuisée comme tous. Près d’elle, Kazari somnole à moitié, clignant parfois frénétiquement des yeux pour rester éveillée, tout en terminant son travail.

"On fait le débrief, et on va se coucher", décide Misaki, rêvant de son lit. "Nous finirons demain."

Kazari n’a pas l’énergie de lutter face à cette consigne, acquiesçant, ayant une envie très similaire. Posée sa tête sur l’oreille est sa seule hâte. Quelques heures de sommeil ne peuvent que lui faire du bien.

Les quatre agents de terrain entrent dans la pièce, retirant leurs vestes renforcées et leurs casques avec soulagement, étirant leurs muscles. 10 032 range avec beaucoup de soin le matériel, avant de venir s’installer nettoyer et démonter son fusil, tandis que Mikoto s’est un peu retirée du réseau pour ne pas se fatiguer plus, marchant avec la béquille intégrer à son bras en métal. Kuroko parcourt les derniers documents résumant leur nuit, vérifiant les informations avant de les transmettre à Kazari pour qu’elle les crypte et les envoie à Yomikawa. Erès est le premier à s’effondrer dans un des luxueux canapé, bien vite suivit du restant de l’équipe, alors que Misaki leur désigne le plateau de boissons, qu’ils acceptent avec reconnaissance.

"Bilan ?" demande-t-elle.

"Tu as été dans notre tête toute la nuit, tu sais très bien ce qu’il se passe", répond Mikoto.

Elle énonce juste un fait, il n’y a pas de grognement ou de ton dur. Misaki hoche la tête devant cette évidence, alors que Kuroko grommelle avec dépit :

"La même chose que chaque soir. Beaucoup trop de matériel pour un gang de Skill-Out. Kihara est derrière ce foutoir. Il faudra que nous observions la situation demain pour choisir où intervenir le soir."

"Avec ce que nous avons trouvé, n’y a-t-il pas un moyen de remonter à la source ?" interroge Erès. "Si nous pouvions arrêter ceux qui se chargent de l’approvisionnement, se serait déjà un bon pas en avant."

"Nous cherchons, mais les numéros de séries ont été modifié. L’équipement est considéré comme intraçable", explique Uiharu.

"J’ai mis une de mes équipes dessus, pour assister à un échange. Et suivre le fournisseur", prévient Misaki. "Je vous tiendrais au courant des résultats. Des nouvelles de Yomikawa ?"

"Pas encore", marmonne Erès. "Elle est toujours en attente de réponse. Nous ne pouvons que continuer à espérer."

 

Leur attaque contre le complexe de Kihara Gensei avait eu de nombreuses conséquences imprévues. L’homme devant se cacher maintenant, tout comme Mugino, Erèsaël faisait tout pour les retrouver, aider de Mikoto, Kuroko, Kazari et Misaki.

Le lendemain qui avait suivi l’attaque, il y avait eu des montées de tension du côté de plusieurs gang Skill-Out. Après une courte enquête menée par Kazari et Misaki, il s’était révélé que les gangs étaient mieux équipés qu’ils ne le devraient. Bien mieux. Et agissait en toute impunité, semant le chaos dans la cité Académique. Jugement et Anti-Skill sont débordés, tentant de maintenir le calme et de tous les arrêter.

Menant à ses opérations nocturnes par de petits groupes de forces de l’ordre pour essayer de tous les arrêter. Ce n’était qu’une supposition pour tous, mais assez évidente : Kihara Gensei est responsable une fois de plus de ce désastre. S’ils ont trop occupé à tenter de conserver le calme dans la ville et d’appréhender des voyous, ils n’ont pas le temps de le chercher lui. Tout comme de chercher Saten, dont ils n’ont pour l’instant aucune nouvelle. Après deux longues semaines.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé pour Kazari, mais les filles avec qui elle s’est enfuie semblent faire profil bas, et ne surtout pas faire parler d’elles, restant dans l’ombre, ne donnant aucune indication d’où elles sont. Ils n’ont aucune idée d’où la chercher, ni le temps de le faire.

Une autre conséquence imprévue, fut la retombée de conséquences sur Yomikawa pour l’attaque du centre de recherche. Décision qu’elle avait prise sans l’aval de ses supérieurs, ne voulant pas prendre le risque qu’ils lui interdissent d’agir. Ses fonctions au sein d’Anti-Skill sont actuellement limité, et elle n’a aucune certitude d’avoir encore un travail, étant en attente de la punition pour sa décision. Sur cette partie de l’affaire, Anti-Skill a les mains liées, et elle doute pouvoir encore intervenir contre Kihara, même si elle garde son poste.

C’est pour cela que les rares membres d’Anti-Skill actuellement impliqué dans les opérations nocturnes le sont sous le contrôle de Misaki, ayant accepté qu’ils agiraient sur le terrain sans en garder le moindre souvenir, qu’il n’y aurait aucune trace de leurs actions. Pour leur éviter les retombés. Pour s’assurer qu’un minimum de personnes choisis avec soin sache exactement ce qu’il se passe.

C’est aussi pour cela, que des civils comme Mikoto ou 10 032 ont été impliqué, malgré le début de protestations de Kuroko. C’est devenu une nécessité que des gens comme elles, consciente de ce qu’il se passe et désireuse d’aide, agissent. Erès a bien conscient qu’il ne peut pas agir seul, pas sans Yomikawa. Pas sans Sasaki.

Alors, chaque nuit, ils sont sur le terrain, arrêtant des partis des gang ou des attaques avant qu’elles aient lieu. Chaque nuit, ils se battent et peu à peu, après deux semaines à tenir ce rythme, tout en allant en cours la journée, ils s’épuisent. Ils ne pourront pas le faire éternellement.

 

"Elle sera au pire rétrograder", explique Misaka pour apaiser les esprits. "Ils ne peuvent pas justifier qu’elle soit virée d’Anti-Skill."

Cela n’apaise pas vraiment ceux qui l’entourent, mais la sœur a le droit à quelques sourires sans joie pour sa tentative maladroite. Le Réseau, forcément au courant de ce qu’il se passe, avait aussi apporté son aide. Que ce soit en retrait, aidant le réseau d’information de Misaki, ou sur le terrain, avec la présence de 10 032, qui avait ignoré les protestations de sa grande sœur. Mikoto était loin d’être enchanté que sa petite sœur se mette potentiellement en danger, mais n’avait pas de réels arguments pour la garder loin de ce conflit. Elle pouvait comprendre l‘envie d’aider plus que quiconque et la frustration qu’on la laisse derrière pour sa protection.

"Des nouvelles de Saten ?" demande Mikoto, baillant sur le canapé où elle est blottie, Kuroko dans ses bras.

"Quatre de tes sœurs poursuivent les recherches", soupire Misaki. "Mais rien. Je vous tiens aussi au courant si cela change."

"On devrait tous aller dormir", conseille Erès, sentant ses yeux lourds se fermer. "On avisera demain de la suite des opérations."

Personne ne proteste, pas même Kazari, qui est toujours la plus investie dans la recherche de sa meilleure amie. Elle ferme son ordinateur sans dire un mot, remettant à plus tard la fin des documents qu’elle doit traiter, acquiesçant, tout en tendant sa main à Misaki pour qu’elles se dirigent vers leur chambre.

Mikoto et Kuroko font de même, ayant la leur à l’opposé, mais elles sont retenues par Misaka 10 032, qui leur dit :

"Misaka peur dormir avec Kuroko cette nuit ? réclame Misaka d’une voix très triste, se sentant seule dans son lit."

"Pardon ?" s’étouffe sa sœur. "Comment ça ?"

"Onee-sama dort toujours avec sa petite-amie, proteste Misaka en faisant la moue, jalouse. Misaka aimerait aussi savoir ce que cela fait de dormir en serrant quelqu’un contre elle."

Mikoto se retrouve à bafouiller, écarlate, faisant une très bonne imitation de poisson, ne sachant absolument pas quoi répondre à cette très étrange demande. Contre elle, Kuroko la regarde tout aussi bouche bée, le cerveau complètement vide de toute réponse, alors que Misaki a du mal à contenir le rire qui gronde en elle. Kazari ne sait plus où se mettre, alors qu’Erès n’a qu’un regard désintéressé pour la scène, laissant les concernées se débrouiller, très heureux de ne pas s’en mêler.

"Euh…", commence bredouiller Mikoto, tout en jetant un regard désespérer à sa petite-amie, cherchant un soutien qui ne vient pas.

"Onee-sama dit toujours de partager. C’est important, rappelle avec pertinence et logique Misaka."

"C’est ma petite-amie !" crachote Mikoto, absolument pas convaincue de ce raisonnement, logique uniquement pour ces sœurs.

"C’est possessif."

"Ce n’est pas… Possessif, juste un fait !"

"Les Misaka sont curieuse de savoir ce que cela fait, insiste Misaka avec le soutien de ces sœurs."

Effectivement, Mikoto sent en elle toute la curiosité du Réseau sur l’amour, et les moments avec un être aimé. Et tout ce qu’elles théorisent. Devenant encore plus rouge, jusqu’à la pointe des oreilles, elle rappelle fermement qu’elles ne font que dormir ensemble avec Kuroko et que tout cela est encore une fois dans le domaine du privée. Ressentant sa réponse, 10 032 fait la moue face à elle, toujours pas convaincue, alors que Mikoto, trop épuisée pour un débat qui n’a de sens que pour ces sœurs, propose diplomatiquement :

"Et si on ajoutait ça aussi à « On verra plus tard ? » ? Quand j’aurais dormi ?"

"Et si tu es intéressais par l’amour, on pourra en discuter demain", enchaîne Kuroko, pleine de bonne volonté. "Avec quelqu’un qui n’est pas moi", ajoute-t-elle immédiatement.

Voyant que Mikoto va pour protester, elle lui serre fermement le bras avant qu’elle ne détruise leur travail pour mettre fin à cette discussion, et empêcher le repli stratégique vers leur chambre. Mikoto grimace de contrariété, mais a le bon sens de garder sa bouche fermée, alors que 10 032 fait la moue, acceptant à moitié cette proposition. Misaki ne tient plus, riant de manière bien plus visible pendant ce temps, les abdominaux douloureux de son fou rire.

"Allez, bonne nuit !" souhaite Kuroko en s’empressant de tirer sa petite-amie vers leur chambre.

Il lui faut toute sa volonté pour ne pas claquer la porte, alors que Misaka se dirige vers sa propre chambre en bougonnant avec tout le Réseau à l’appui. Misaki observe la scène, très amusée, tout en entraînant Kazari vers leur propre pièce, en disant :

"On ne s’ennuie jamais à la cité Académique !"

"Les sœurs n’auraient pas un petit béguin pour Kuroko ?" lui demande la plus jeune.

"Plus une sorte de curiosité au vu de la place qu’elle occupe dans les pensées de leur aînée. Avec le lien télépathique constant, c’est difficile à ignorer. Une curiosité digne de tout adolescent hormonale."

Kazari rougit brutalement à ces mots, ne voulant vraiment pas en savoir plus. Ce que font Shirai et Misaka les regardent, elle vit très bien dans son ignorance. Misaki lui embrasse la joue en voyant la réaction, tout en commençant à ôter ces gants blancs, impatiente de se mettre en pyjama et de se glisser dans le lit. L’aube ne va pas tarder, elle aimerait enfin dormir.

Posant son sac sur une des tables de chevet, elle en sort une télécommande désormais très familière pour Kazari, lui montrant, tout en la questionnant :

"Tu veux de l’aide pour dormir ?"

C’est un rituel qu’elles ont chaque soir depuis deux semaines. La fille aux fleurs peine toujours à trouver le sommeil, se retournant beaucoup dans le lit avant de sombrer d’épuisement. Alors chaque soir, Misaki lui propose de l’aide, ne l’imposant jamais. Généralement, Kazari refuse, mais certains soir, la fatigue étant trop présente, elle accepte. C’est un de ces soirs, où elle adresse un bref signe de tête affirmatif à Misaki, ne voulant pas être hanté par ses inquiétudes actuelles, juste fermé les yeux pour un sommeil sans rêve.

Mikoto a répondu le plus honnêtement à leurs questions portant sur Frenda, expliquant dans quel contexte exact elle avait fait la connaissance de la mercenaire, ce qu’avait été leur combat. Cela ne rassure absolument pas Uiharu de savoir Saten avec deux personnes comme ça, même si elles l’ont aidé. Deux personnes qui ont été longtemps loyal à Mugino, dont cette fidélité a vacillé pour des raisons qui leur sont inconnues.

 

Dans leur chambre, Mikoto se laisse tomber sur le lit, sur le dos, poussant un long soupir, tout en repoussant le Réseau dans au fin fond de son esprit. Très loin, où ses pensées deviennent légères, presque imperceptible. Quoi qu’il se passe, elle gérera ça demain. Problème de futur Mikoto d’avoir une énième discussion sur les limites et la vie privée avec elles. Pour l’instant, tout ce qu’elle veut, ce sont des câlins et dormir.

Un poids assez conséquent tombe sur tout son corps, la faisant grogner, alors que Kuroko s’allonge sur elle sans délicatesse, tout autant à bout. Mikoto relève à peine la tête, venant cueillir ses lèvres pour un rapide baiser, avant de gémir :

"Je n’arrives pas à croire qu’elle est dite ça… Désolé que tu y sois mêlée, Ku-chan."

"C’est assez mignon la curiosité du Réseau", avoue sa petite-amie, bien plus sereine qu’elle à ce sujet.

"Sa chambre n’est pas loin si tu veux étancher cette curiosité", propose Mikoto en relevant un sourcil ludiquement, amusée.

"Et c’est moi qu’on traite de perverse ? Tu sais… Il y en a bien qui vont s’intéresser à l’amour un jour, vouloir expérimenter avec des filles ou des garçons", tente prudemment Kuroko.

"Non, elles ne le feront pas", grogne fermement Mikoto.

"C’est propre à notre âge."

"Non", maintient avec force la Railgun.

"Mikoto…"

Le ton légèrement désapprobateur face à son entêtement est assez familier pour ne pas la faire réagir. Mikoto se contente d’un autre grognement, s’y opposant. Si jamais cela arrive, elle aura quelques menaces à proférer. C’est le travail de tout aîné, après tout. Elle préfère revenir embrasser Kuroko, pour qu’elle ne puisse pas continuer à en parler, la distrayant très efficacement. Sa main se perd dans les cheveux auburn, tandis qu’elle caresse la hanche de l’autre de la façon que Kuroko aime tant, la sentant s’agiter sur elle pendant leurs baisers. Elle lui souffle à l’oreille :

"Satisfaite de la Misaka que tu as choisi ?"

"Je n’ai jamais eu à m’en plaindre jusqu’ici", plaisante très effrontément Kuroko, gagnant un grognement de sa bien-aimée, qui revient l’embrasser pour établir un peu plus son point.

Après quelques minutes bien occupé, Mikoto est obligée de les interrompre avec un bâillement tonitruant, ne tenant plus. La voyant prête à s’endormir, Kuroko rappelle :

"Douche d’abord, amour. On pue"

"Demain", proteste Mikoto en resserrant son étreinte sur elle, n’ayant aucune envie de se lever.

"Vraiment pas demain", insiste la téléporteuse en plissant le nez dans une fausse mine de dégoût. "Je pue, toi aussi, on a transpiré."

"On la prend ensemble alors ?" propose Mikoto avec beaucoup d’espoir, ce qui serait une assez bonne motivation pour se traîner à la salle de bain qui jouxte leur chambre.

"Non", est la réponse sans hésitation de Kuroko.

"Comment ça, non ?" répète Mikoto sans comprendre, très étonnée du refus inattendu.

"On va perdre du temps. J’ai vraiment envie de dormir."

"On va en gagner", rétorque Mikoto avec logique. "Puisque on la prend ensemble."

"La dernière fois, on a passé plus de temps à s’embrasser qu’à la prendre", rappelle Kuroko avec pertinence. "On s’est mise en retard pour la réunion."

"Ah… Oui", se souvient Mikoto avec une grimace.

Ce jour-là, elle avait eu très envie de zapper Misaki, qui riait bien trop, tout en faisant tout pour ignorer le regard désapprobateur et paternel d’Erès, n’ayant jamais réussi à prononcer une phrase complète pour expliquer leur très léger retard. La pauvre Kazari avait l’air de s’imaginer des milliers de choses très déplacé au vu de sa réaction, n’aidant pas leurs embarras respectifs à diminuer.

"Je ne pensais pas que Shirai Kuroko refuserait de m’embrasser un jour", la taquine Mikoto avec un petit sourire arrogant, pour cacher à quel point elle est déçue.

"J’ai actuellement très envie de mon lit. Et de dormir. Tu as tendance à être distrayante."

Kuroko plisse les yeux face à l’air bien trop satisfaite de la Railgun quand elle dit ces mots. Roulant des yeux, elle lui tapote le nez d’un doigt, avant d’y poser un bref baiser, murmurant :

"Vas-y en première, amour. Si tu es réveillée quand je reviendrais de la mienne, on pourra s’embrasser un peu plus."

C’était exactement la bonne chose à dire, les yeux de Mikoto brillent d’impatience, alors qu’elle se redresse avec empressement, tandis que Kuroko se téléporte sur le côté pour la laisser se relever.

"Je fais vite, Ku-chan", annonce-t-elle en lui embrassant le haut du cuir chevelu.

Alors qu’elle se dirige vers la salle de bain, Kuroko a de gros doutes qu’elle ne soit pas complètement endormie quand elle reviendra de sa propre douche. Elles sont épuisées des derniers jours. Deux semaines avec si peu de sommeil ne peut que faire des ravages. Elle va devoir se faufiler dans les bras de son aimée.

Elles sont débordées par tout ce qu’il y a à faire. Kuroko passe ces journées en cours, puis à Jugement, ses nuits dans les rues de la cité Académique. Son seul soulagement est que demain, c’est samedi. Une bonne partie de la journée sera probablement passé à traîner dans le penthouse de manière paresseuse. Il n’y pas grand-chose à faire, c’est surtout Kazari et Misaki qui vont devoir travailler. Mikoto voudra peut-être s’entraîner un peu au combat, va probablement bricoler un peu plus sa prothèse, ayant de nombreuses idées qu’elle veut essayer pour son bras. Kuroko se laissera sûrement tenter par une sieste, les canapés sont bien trop confortables ici.

Les nuits sont peut-être courtes, mais malgré toutes leurs préoccupations sur de nombreux sujets, elles trouvent facilement le sommeil avec l’épuisement. Elles espèrent rapidement avoir de véritable nouvelles de Saten, si possible avant que Kazari n’explose de frustration de ne pas savoir où elle est et comment va-t-elle.

 

Dans sa propre chambre, Erès est adossé à une fenêtre ouverte, cigarette en main. Il doit fumer comme un paquet par jour en ce moment, à cause du stress, mais n’a pas le temps de se soucier de l’augmentation de sa consommation. En l’espace de quelques heures, tout s’est écroulée dans sa vie, il ne sait plus quoi faire.

Yomikawa est sur la sellette pour l’aide qu’il lui a apporté. Il ne voulait pas mêler Anti-Skill encore, c’est elle qui a insisté pour apporter une fois de plus son aide, y ajoutant ses hommes volontaires. Aider cette ville et ses citoyens reste et sera toujours sa priorité.

Kihara et Mugino sont dans la nature, on ne sait où, à faire on ne sait quoi. Mais il ne peut qu’envisager le pire, les imaginant poursuivre ces expériences abominables. Il n’y a plus eu la moindre disparation depuis leur fuite. Shokuhou et Uiharu y veillent, surveillant aussi les Child Errors dans les orphelinats. Il ne laissera pas une telle tragédie se reproduire. Plus jamais des enfants ne seront utilisé ainsi, massacré pour un projet abominable. Il sait depuis son premier jour ici la volonté que le Conseil à d’atteindre le divin avec un Level 6. Le Projet Level Shit est un exemple parmi tant d’autre. Mais tout cela lui laisse un gout amer. Les rares personnes prête à aider risque tout, leur vies et carrière, pour essayer d’empêcher l’innommable. Ou sont prêt à commettre le pire pour y mettre fin.

Sasaki. Ses poings ne se serrent rien que d’y penser. Il lui a fait confiance, s’est reposé sur elle, s’est confié. Il l’a aimé, putain. Et elle a été la responsable de Lumière, celle qui les dirigeait. Elle a peut-être tenu sa promesse, s’est livrée comme promis et répondu avec honnêteté à toutes leurs questions, cela ne change rien à ces yeux. Elle lui ment depuis des années. Il n’a rien vu, il n’a rien compris. Elle a même essayé de le faire tuer dans l’entrepôt, par Akira, bien qu’elle ait niée ces accusations, assurant qu’elle ne voulait que le ralentir. Qu’elle n’a jamais souhaité qu’il soit blessé. Comment peut-il en être sûr ? Elle a fait attaquer le centre dont elle avait la charge, alors qu’elle avait promis de veiller avec lui sur les Sœurs Misaka.

Il est en colère, furieux d’avoir été utilisé et berné, dégoûté de s’être fait avoir et d’avoir été manipulé.

Mais le pire, c’est qu’il n’arrive pas à la détester malgré tout. Il l’aime depuis tellement longtemps que le sentiment persiste malgré tout ce qu’il ressent, même s’il tente de l’étouffer sous sa rage. Sans y parvenir réellement.

C’est difficile d’oublier le jour où elle a été arrêtée. Quand elle lui a révélé la vérité, il n’a pas voulu la croire. Cela sonnait bien trop comme une blague de très mauvais goût. Il est resté un moment dans le déni, alors qu’elle insistait, avant de devoir reconnaître la vérité. Il lui a passé lui-même les menottes, son cœur se brisant alors qu’il enfermait ses deux poignets et appeler Yomikawa pour lui annoncer. Il l’avait regardé se faire emmener, entouré de membres d’Anti-Skill, les larmes aux yeux, le cœur brisé. C’est Yomikawa qui s‘est chargé de l’interrogatoire, il lui a fait confiance sur ce point. Il n’a jamais pu aller la voir. Il ignore comment il réagirait. Probablement de façon très stupide, se connaissant.

Manquant de se brûler le bout des doigts avec la fin de son mégot, il le jette distraitement dans un cendrier qui déborde, en prenant une autre cigarette.

 

 

Le lendemain matin, comme prévu, de bonne heure Kazari et Misaki travaillent dans les canapés, chacune pleinement concentrée sur ses tâches. Erès fait de même, voyant divers détails avec Yomikawa, la femme ayant malgré toutes les mains liées sur de nombreux sujets avec sa carrière incertaine. Pendant ce temps, 10 032 et Kuroko sont occupé à vérifier leur équipement et à en gérer l’entretien, tandis que Mikoto bricole comme toujours son bras prothétique, ayant à leur arrivé ici, décréter qu’une des tables serait sur laquelle elle ferait ses bricolages, sans que personne ne s’y oppose. C’est bien si les taches d’huile et de graisse ne se trouvent qu’à un seul endroit de la pièce.

Très occupée, Misaki fronce un sourcil quand un appel trouble sa concentration. Décrochant distraitement, elle reste concentrée sur ce qu’elle fait.

"Tu devrais regarder ce qu’il se passe à cette adresse. Je te le transmets, ça va t’intéresser", se contente de dire Kouzaku Mitori sans fournir plus d’explications.

"Comment ça ?" tente vainement de la retenir Misaki, mais trop tard, plus de réponse.

Indiquant les coordonnées à Kazari, pour qu’elle prenne le contrôle des caméras de la zone et les éclaire sur ce qu’il se passe, les deux filles ouvrent grand les yeux quand elles réalisent. D’une voix tremblante de peur, Uiharu s’écrit :

"On a retrouvé Saten-san ! Et elle est en danger !"