Chapter Text
Le tourbillon glacé cessa plus brutalement que d’habitude et Daniel se retrouva les quatre fers en l’air, en bas d’un long escalier d’une soixantaine de marches. Samantha vint l’aider à se remettre debout et, malgré la douleur qui lui cisaillait la nuque, il la remercia.
Teal’c et Jack avaient déjà commencé à explorer les environs. Ils étaient visiblement arrivés dans ce qui ressemblait énormément à un temple égyptien. Tous les murs, hauts de plusieurs mètres de long, au point que le plafond, richement orné, leur paraissait immensément loin ; étaient recouverts de hiéroglyphes. Les symboles, de cinq centimètres de hauteur, couraient le long des parois, descendant du sommet jusqu’au bas de ces dernières. Certains d’entre eux étaient encerclés d’un mince double trait arrondi aux extrémités et fermé d’un côté par une barre horizontale. Des cartouches, dans lesquels les noms des pharaons et des dieux étaient écrits autrefois.
Un peu en avant de ces murs, juste avant le promontoire central de la porte, une impressionnante suite de colonnes soutenait le plafond. Sur celles-ci, fantaisie de l’architecte peut-être, les hiéroglyphes étaient écrit à l’horizontale. Seule la base, d’un mètre de long, n’en était pas couverte, les pieds des colonnes ayant été décorés de bourgeon de fleur de lotus stylisé. Et entre ces colonnes, avec un décalage d’un espace, des vasques en or contenant de l’huile en train de brûler et de parfumer l’atmosphère. Les mêmes braséros étaient allumés tout le long de la volée de marches menant à la porte. L’ensemble illuminait parfaitement la pièce.
Croyant avoir fait un bond dans le temps, et oubliant ses douleurs, Daniel se précipita vers un des murs pour l’examiner de plus près. Pendant ce temps, Jack tentait de remettre en route la radio de la sonde, cette dernière n’ayant pas apprécié la longueur de l’escalier. Teal’c et Samantha inspectaient les environs, cherchant une porte qui pourrait mener à d’autres salles. Pour Daniel, sa désillusion fit rapidement place à la curiosité. Aucun de ces symboles gravés ne lui était familier. Bien qu’ils ressemblaient beaucoup à ceux des temples présents sur Terre, il y avait à chaque fois, une différence qui pouvait, il en était certain, changer tout le sens du glyphe. Il n’eut pas le temps d’observer les inscriptions d’encore plus près qu’un bruit sourd se répandit dans la pièce. Un tremblement violent s’en suivit, faisant vibrer l’ensemble du temple. La lumière du soleil entra peu à peu par un mince trait vertical, qui s’élargissait rapidement. Une porte de la même taille que les murs s’ouvrait tandis que les torches s’éteignaient au fur et à mesure que l’ombre se rétractait.
Après une dizaine de minutes, les vibrations cessèrent et il leur fallut une bonne trentaine de secondes pour que leurs yeux s’adaptent à la puissance de la luminosité. Ils se regroupèrent devant cette entrée, sortie de nulle part, et Jack se tourna vers Daniel.
- « Qu’est-ce que vous avez encore touché ?
- Ce n’est pas moi !
- Non, colonel ! intervint Samantha. Je... je pense que c’est moi. Une dalle s’est enfoncée sous mon pied quand je longeais le mur sud.
- ... Bien. Allons voir ce qu’il y a dehors dans ce cas », dit-il, en se mettant en marche.
Devant eux, et tout autour du temple, le désert. Rien d’autre que du sable à perte de vue. Jack et Daniel eurent la même impression de déjà vu. Le début de cette mission ressemblait étrangement à la toute première expédition à travers la porte des étoiles. Le temple d’Abydos, différent de celui-ci, était lui aussi perdu dans le désert.
- « Colonel, regardez ! »
Samantha venait de remarquer la présence d’un grand cheval noir, immobile, avec un petit corps à ses pieds. Le groupe courut aussi vite que possible, leurs mouvements fortement ralentis par le sable. Quand ils arrivèrent près de l’animal, celui-ci ne bougea pas. Mais, dès que Jack tenta d’agripper ses rênes, il se cabra et secoua les sabots dangereusement dans sa direction, poussant un hennissement déchirant. Il essaya de calmer l’étalon mais ce dernier partit au galop, franchissant le sommet de la dune à une vitesse incroyable.
Une exclamation se fit entendre et son regard se tourna vers Samantha. Elle se tenait la main et observait étrangement le corps, celui d’un enfant.
- « Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il, en s’accroupissant à son tour.
- J’ai voulu tâter son pouls et... je me suis brûlée.
- Ne dites pas de bêtises. Il ne peut pas... Aoutch ! »
Le colonel agita vivement sa main droite. Il avait à peine posé deux doigts sur son cou, qu’une sensation de brûlure intense était remontée le long de son bras. Il fallait qu’il se fasse une raison : la peau de cet enfant brûlait aussi fortement que les flammes d’un incendie.
Utilisant une couverture pour le retourner sans risque, ils découvrirent une plaie ouverte, noircie aux alentours. Ils reconnaîtraient cette blessure entre mille. Les Goaul’d étaient venus ici.
