Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Relationship:
Characters:
Additional Tags:
Language:
Français
Stats:
Published:
2024-09-27
Words:
1,846
Chapters:
1/1
Comments:
15
Kudos:
57
Bookmarks:
2
Hits:
707

"Du café ?"

Summary:

SPOILERS pour le 4 x 8

Ma version de la scène manquante du dernier épisode (si vous l'avez vu vous savez de quoi je parle).

Notes:

Bonsoir tout le monde !
Je suis tombée dans HPI cet été et bien que j'ai adoré le 4x08 je trouve qu'il manque une scène majeure.
LA révélation pour Morgane et Karadec.
C'est la première fois que j'écris pour ce fandom, donc je m'excuse si les personnages sont un peu Out of Character.

Enjoy !

Work Text:

« Du café ? »
Celui lui avait semblé la chose la plus logique à dire quand il avait vu tous les regards se tourner vers lui, mais au vu de leurs expressions respectives Karadec commençait à douter. Sa confusion ne fit qu’amplifier quand, après un silence étrangement long, ses collègues prirent la parole.

−J’arrive pas à le croire ! S’exclama Daphnée.
− Et vous nous l’avez même pas dit, je pensais qu’on était amis Commandant…
−Pour le café ? Bah le distributeur est juste à côté, je pensais que vous l’aviez vu…

Il n’eut même pas le temps de finir sa phrase qu’Afida l’interrompit en agitant une feuille de papier sous les yeux de Daphné.
−On s’en fout du café, cette fois t’es dead meuf, t’as entendu le gamin, TG c’est pas Timothée Guichard!
−Ah ouais, je croyais que 99, 99 % c’était pas assez pour être certain ? Rétorqua la policière.
−T’es sérieuse là ?

Karadec était en train de se demander si la jeune femme allait se jeter sur sa collègue, quand Théa se leva d’un bond, mettant un terme temporaire à leur dispute.

−Mais on s’en fout de votre pari pourri, il faut aller prévenir Maman. Putain, tu pouvais pas le dire avant Eliott !
− Mais je pensais que vous le saviez !
−Bon est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe à la fin ? S’exclama enfin le commandant.

Sa patience avait des limites et cette petite scène incompréhensible venait de les faire voler en éclats. Le silence se fit dans la salle d’attente et un infirmier jeta un regard accusateur à Karadec mais il l’ignora. La conversation qui venait de se dérouler devant lui n’avait aucun sens mais apparemment quelque chose concernant Morgane venait de se produire et il avait besoin de savoir ce que c’était. Il réfléchirait au implications de cette réalisation plus tard. Pour le moment il avait juste besoin d’explications.
De nouveaux, tous les regards s’étaient posés sur lui, avant de dévier, chacun se jaugeant comme pour décider de qui devait prendre la parole. Au bout de quelques secondes de silence, se fut finalement Théa qui se lança. Avec un soupir, elle arracha la feuille des mains d’Afida et la plaça dans celle d’Adam.

−Félicitations SuperPoulet, c’est vous TG.

Sa vision se brouilla, alors que les mots résonnaient dans son crâne sans qu’il puisse leur donner du sens. Les images de Morgane lui annonçant qu’il allait peut-être devenir père se superposaient avec celle de l’ouverture du test dans son esprit, faisant remonter tout un tas d’émotions contradictoires.
Quand il arriva enfin à se concentrer, son regard tomba sur la feuille que la jeune fille lui avait mis entre les mains. Le fameux test de paternité qui avait détruit ses espoirs hésitants. Ce n’est que lorsque qu’il avait lu les initiales de Timothée sur ce morceau de papier qu’il avait compris à quel point il avait voulu être le père de cet enfant. Mais maintenant, dans cette salle d’attente, ces lettres étaient baignées d’une lueur d’espoir.

−J’ai pas compris, parvint-il enfin à articuler, la bouche soudainement pâteuse.
−Pour changer, soupira de nouveau Théa. Puis, articulant comme si elle s’adressait à un enfant en bas âge, elle repris. « TG c’est pas Timothée Guichard, c’est le nom stupide qu’Eliott a donné au premier échantillon d’ADN. Le vôtre. »
Devant son silence, elle ajouta :
−Bon bah vous êtes le père quoi ! Et va falloir payer la pension alimentaire hein !
−Je crois que je vais avoir besoin de m’asseoir, fut tout ce que Karadec put répondre avant que ses jambes le lâchent.

Quelques minutes plus tard, après avoir bu un verre d’eau et avoir demandé à Théa de se répéter une dizaine de fois, l’information commença à faire son nid dans le cerveau du commandant, éprouvé par cette journée pleine de rebondissements. Il était père.
L’image du nouveau-né braillant qu’il avait maladroitement tenu dans ses bras et dont il avait coupé le cordon, lui revint en mémoire avec la force d’un boomerang.
Son fils.
Et celui de Morgane.

A peine avait-il formulé cette pensée, qu’un nouveau flot d’émotions s’ajouta à celui indescriptible qu’il ressentait déjà. Karadec aurait pu rester là, à encaisser l’information encore un moment mais l’image de sa collègue refusa de quitter son esprit.

−Morgane est au courant ?

Le petit groupe qui l’observait en chuchotant depuis sa prise conscience, s’interrompit avant de hocher collectivement la tête.

−On n’a pas vraiment eut le temps d’aller lui dire, lui fit remarquer Daphnée.
−Donc elle pense toujours que c’est Timothée le père ?
−On le pensait tous, ronchonna Gilles. On nous dit jamais rien à nous …
−Ok, ok. Et bien je pense que c’est à moi de lui annoncer ?
Leur silence lui apporta la réponse qu’il cherchait, et les jambes un peu tremblantes, le capitaine se dirigea vers la chambre de son amie.

Quand il vit la jolie rousse, son cœur manqua un battement comme à son habitude. Assisse dans son lit d’hôpital avec des vêtements propres, elle avait bien meilleure mine que la dernière fois qu’il l’avait vu, dans cet affreux cabinet d’ophtalmologie, juste avant que les pompiers ne l’emmènent. Pourtant, alors qu’elle parlait doucement à Chloé, son expression triste contrastait avec ce changement de situation. Quand elle le vit arriver, Morgane se composa rapidement un sourire de façade et avant qu’il puisse lui demander ce qui n’allait pas, elle l’interpella.

−Ah Kara, vous êtes là pour voir le bébé ? C’est pas de bol ils viennent de l’emmener pour le laver !

L’envie de voir son fils, amplifiée par le souvenir des quelques instants où il l’avait tenu, serrait le cœur du commandant depuis la révélation, mais il devait faire les choses dans l’ordre.

−Non c’est vous que je viens voir. Il faut que je vous parle de quelque chose, répondit-il en s’asseyant dans le fauteuil qui jouxtait le lit.
−Ouh là, ça a l’air hyper sérieux votre affaire. Vous me faites peur !

Son expression se fana de nouveau, et Karadec s’en voulu d’être la cause de ce changement. C’est alors qu’une pensée terrifiante le frappa. Et si ce qu’il s’apprêtait à lui annoncer n’était pas une bonne nouvelle pour elle ? Il n’eut pas le temps de s’en inquiéter davantage puisque Morgane poursuivit sur sa lancée, les sourcils froncés.

−Vous avez croisé Timothée ? Il vous a dit quelque chose ?
−Euh non je…

Adam essayait de trouver ses mots pour lui annoncer la nouvelle qui allait bouleverser leurs vies, quand le regard de Morgane tomba sur le papier qu’il tenait toujours dans ses mains, et une fois n’est pas coutume, elle lui coupa la parole.

−Le test prénatal ? Pourquoi vous vous baladez avec ce truc Karadec ? Je sais que vous êtes déçu mais je peux rien faire. Croyez-moi si je pouvais j’le f’rais, ajouta-t-elle plus bas.
−Morgane si vous me laissiez parler je pourrais peut-être vous expliquer, soupira le commandant.

Ce qu’il avait à dire était suffisamment compliqué sans qu’elle l’interrompe toutes les trente secondes et il commençait à franchement perdre patience. La rousse, vexé, croisa les bras et souffla.

−C’que vous pouvez être grognon Kara… Commença-t-elle à ronchonner, mais quand elle vit son regard se tut et le laissa continuer.
−Il y a eut une… erreur d’interprétation. Et… euh… il s’avère que TG ça ne veut pas dire Timothée Guichard.

À ce stade Karadec, se mit à fixer le papier, comme pour y puiser le courage nécessaire à sa révélation. Ce ne fut que lorsqu’il eut terminé d’expliquer à Morgane le classement d’Eliott et la confusion qui en avait résulté, qu’il s’autorisa enfin à la regarder de nouveau.
Le commandant ne savait pas à quoi s’attendre mais quand il vit le visage de la consultante baigné de larmes, il se trouva totalement démuni. Les larmes l’avaient toujours mis mal à l’aise mais celle de Morgane avait une façon de lui faire perdre ses moyens, ce depuis le premier jour. Et à ce moment précis il ne savait même pas comment les interpréter et son silence encore moins. C’était l’une des premières fois depuis leur encontre qu’il la voyait à court de mots.

−Kara… je… c’est…

Son regard noyé de larmes rencontra le sien et Karadec sentit ses yeux s’humidifier à nouveau, alors qu’ils échangeaient un sourire qui valait mille mots. Sa main trouva celle de Morgane avant même qu’il ne comprenne ce qu’il faisait, dans un geste presque familier. En cet instant, malgré ses doutes et ses angoisses concernant l’avenir, il eut la certitude que tout irait bien.
Ce petit moment suspendu prit fin bien abruptement, après quelques secondes quand, Morgane se redressa et retira sa main, avant de détourner le regard.

−Bon je sais que vous n’avez pas choisi d’avoir ce gosse avec moi et que je ne suis pas la plus facile à vivre et….

Fidèle à elle-même, la consultante semblait partie dans une de ces tirades dont elle avait le secret, mais cette fois Karadec l’empêcha de continuer. Il ne savait toujours pas ce qui c’était passé avant son arrivée, même si l’absence de Timothée dans la chambre constituait un bon indice, mais il ne pouvait pas la laisser dire ça.

− Morgane, la situation n’est peut-être pas parfaite, je n’aurais pas pu rêver une meilleur mère pour mon fils. Pour la garde je suis sûr qu’on trouvera un arrangement qui nous convient à tous les deux. On forme une bonne équipe non ?

Cette fois le sourire qu’elle lui adressa n’avait rien de faux , et pour la centième fois, Kara comprit qu’il aurait été prêt à tout (ou presque tout) pour la voir comme ça.

−La meilleure, répondit-elle simplement.

De nouveau le temps sembla s’arrêter juste pour eux et pendant un instant Karadec en oublia tout le reste. Oubliés leurs amis qui attendaient une explication dans la salle d’à côté, oubliée sa mère à qui il avait expliqué plusieurs fois que non elle n’allait finalement pas être grand-mère, oublié aussi le fait qu’il n’avait absolument rien de prêt pour le petit être qui venait de débarquer dans sa vie. Encore une fois ce fut Morgane qui rompit le charme avec sa fougue habituelle.

−Oh faut que vous rencontriez Léo pour de vrai ! Je vais appeler les infirmières !

Elle se pencha vers le bouton d’appel et avant qu’il puisse rétorquer quoi que ce soit, elle lui lança un regard ferme.
− Ah oui et pour info il s’appelle Léo, pour celle-là désolée mais c’est moi qui décide ! Rapport au fait que j’ai accouché sans péridurale et tout.

Le commandant savait reconnaître une bataille perdue d’avance, aussi se contenta-t-il d’acquiescer

−Très bien. Je peux peut-être choisir le deuxième prénom dans ce cas ?
−Un deuxième prénom ? Roh Karadec qui a encore un deuxième prénom, pouffa la consultante.
−Plein de gens Morgane.
−Oh je suis sûr que le votre est tout pourri. Genre Jean-yves ? C’est ça ? Adam Jean-yves Karadec ? Hein ? Bon vous savez quoi j’vous laisse choisir.

Ignorant ses moqueries (son deuxième prénom n’était même pas si ridicule), il prit un instant pour réfléchir, quand une évidence le frappa. Il poussa un soupir et, levant les yeux vers Morgane, compris qu’elle était arrivée à la même conclusion.

−On va être obligé de l’appeler Gilles pour se faire pardonner non ?