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La nuit venait de tomber sur Aargau et la capitale commençait doucement à s’endormir. Pas totalement bien sûr, une ville comme Abeloth avait toujours du trafic. Mais il était assez disparate pour qu’Akechi puisse quitter sa maison et se faufiler dans les ombres sans se faire remarquer. Les personnes qui hantaient les rues s’en fichaient si la personne à côté d’eux était connue. Du temps qu’elle n’entravait pas leurs plans, tout le monde était très heureux de laisser l’autre tranquille. Même Goro Akechi, le prince détective, passait inaperçu. Pour son plus grand plaisir. Son travail était nettement plus facile si personne ne faisait attention à lui.
Akechi se fonda dans les ombres jusqu’à atteindre le quartier des marchants. Le jour, la rue était bondée. Entre ceux qui criaient pour vendre leurs marchandises et ceux qui criaient pour l’acheter, il y avait toujours du bruit et du monde. C’était pareil la nuit. Enfin sauf pour les cris et les types de marchandises en vente. Non, une fois la lune levée, la drogue remplaçait les tissus, l’alcool la viande et les putes les fruits frais. C’était un business presque aussi rentable que le duracier de la planète qui était vendu en masse à l’Empire.
D’ordinaire, Akechi aurait tout fait pour éviter ce quartier, beaucoup trop fréquenté pour qu’il accomplisse ses missions sans se faire remarquer. Mais cette fois, il était obligé de s’y arrêter. Il avait un rendez-vous qu’il ne pouvait -et ne voulait– pas rater. Le leader des Voleurs Fantômes l’avait invité à une rencontre en face à face. Juste les deux, sans aucune sauvegarde immédiate. C’était une occasion en or qui ne se reproduirait certainement pas. Les Voleurs Fantômes avaient bien mérité leur surnom. Rare était ceux qui avait seulement pu les apercevoir. Dans la plupart des cas, les Voleurs envoyaient une carte à leur cible qui les avertissaient qu’ils avaient découvert leurs vices et qu’ils allaient les révéler au monde entier. Sauf qu’ils avaient une curieuse manière de faire. Personne ne savait exactement comment ils s’y prenaient mais quelques jours après la diffusion des cartes de visite, les cibles avouaient leurs crimes en direct sur l’Holonet. De nombreuses théories parcouraient les différents cercles d’Aargau. Que se soit les riches qui craignaient de dévoiler leurs vices ou les pauvres qui se réjouissaient de voir les tords du monde légèrement redressés, tous essayaient d’imaginer comment les Voleurs Fantômes faisaient. La théorie la plus populaire –mais aussi celle dont on n’osait parler qu’à demi–mot par crainte de l’empereur Palpatine- était qu’au moins un des membres maîtrisait la Force. Cette connaissance leur permettrait d’entrer dans l’esprit des gens et de changer quelque chose dedans afin de leur faire avouer les crimes commis.
Akechi avait tendance à être d’accord avec cette théorie. Après tout, il utilisait aussi la Force d’une manière similaire. Sauf que lui, il l’utilisait pour causes des ruptures mentales. La victime devenait alors un légume et mourait en quelques minutes. Grâce à cette technique, il était rapidement devenu un chasseur de prime reconnu et très demandé. Enfin, son alter ego, Black Mask, l’était devenu, parce que Goro Akechi, le détective prodigue, devait rester aussi blanc que la neige pour que son plan puisse se réaliser.
Les deux alter-ego d’Akechi chassaient les Voleurs Fantômes. Le détective les traquait pour la Justice et le chasseur pour la prime exceptionnelle sur leurs têtes.
Pourtant, ce soir-là, Akechi -le détective– avait été invité par le leader des voleurs, Joker, à une rencontre entre les deux. Akechi avait accepté. Bien sûr qu’il avait accepté ! D’une part, parce que c’était son métier mais surtout parce qu’il était curieux. Qui était cette personne capable de terrifier la planète toute entière ?
Une fois arrivé au marché, Akechi resta sur le côté. Il ne voulait pas être remarqué mais surtout, il voulait pouvoir observer toutes les personnes qui s’approchaient même vaguement de lui.
Il n’eut pas à attendre très longtemps avant qu’une prostituée s’approche de lui. Elle n’était pas la première à essayer mais elle était la seule que le regard noir d’Akechi n’avait pas fait fuir.
« Salut beau gosse. Intéressé à passer la nuit de ta vie ? »
Akechi laissa échapper un rire moqueur.
« Tu ne peux pas m’offrir ce que je désire. »
« Non ? Comment tu peux le savoir, tu ne m’as même pas regardé. »
La prostituée était déterminée, il fallait au moins lui reconnaître ça.
« Pas besoin. » Jamais elle ne pourrait lui offrir quelque chose de vaguement similaire au frisson d’adrénaline qu’il ressentait simplement en pensant à sa rencontre avec Joker.
« Je partirai si tu me regardes et que tu n’es toujours pas intéressé. » marchanda-t-elle.
Akechi soupira mais accepta la requête. Après tout, il savait qu’elle n’avait rien qui se rapprocherait de la fascination qu’il ressentait envers le leader du groupe de hors-la-loi les plus recherché d’Aargau.
Et il avait raison. La prostituée avait une taille fine et des jambes mises en valeur par une longue jupe rouge fendue. Son haut noir était suffisamment ample pour laisser l’imagination faire son travail. Ses longs cheveux sombres sublimaient le tout. Elle était belle, c’était un fait. Akechi ne doutait pas que des hommes soient prêt à payer très cher pour passer la nuit avec elle. Mais au final, derrière ses beaux atouts, ses habits et son maquillage, elle était fade, inintéressante.
Il s’apprêta à ouvrir la bouche pour confirmer qu’elle pouvait partir lorsqu’il croisa son regard. Il y avait quelque chose derrière ces yeux gris qui le firent hésiter.
La Force lui murmura de faire attention à cette personne.
Alors, doucement, Akechi tendit la main pour atteindre l’esprit de cette femme. Il s’attendait à ce qu’il soit facilement atteignable et qu’il puisse lire ses pensées mais il se retrouve face à un mur à la place. Un mur immense et infranchissable.
Personne n’avait ce genre de forteresse dans son esprit. Les personnes qui savaient qu’on pouvait entrer dans un esprit par la Force était rare –presque tous avaient été décimé lors de l’Ordre 66 et la chasse aux manipulateurs de Force qui a suivi- mais il y avait quand même quelques personnes qui le savaient. Généralement des hommes ou des femmes politiques influents. Akechi en connaissait quelques uns, dont Shido, le sénateur de la planète. Mais aucun ne savait comment se protéger à cent pourcent. Généralement, ils connaissaient la théorie mais la mise en pratique n’était jamais parfaite et ils laissaient toujours des brèches. A moins de connaître exactement comment rentrer dans l’esprit des gens, il était impossible de s’en défendre vraiment…
« Joker ? » murmura Akechi.
La personne devant lui eut simplement un sourire narquois comme réponse mais il voulait tout dire.
« Alors, toujours pas intéressé ? »
Akechi prit une profonde inspiration avant de siffler entre les dents :
« Pourquoi fais-tu cette… mascarade ? »
« Tu ne penses pas que je puisse être vraiment une prostituée ? »
« Non ! » répliqua immédiatement le détective. Il ne savait pas pourquoi mais il n’avait jamais soupçonné le chef des voleurs d’être une pute. Lui qui se battait pour la justice -même si elle était biaisée puisqu’il était juge et bourreau à la fois-, il ne courberait pas l’échine pour de l’argent. Il le voyait plus travailler dans un magasin un peu louche de vente d’arme ou dans un bar –histoire de trouver des cibles-.
« Et bien, tu as raison, ce n’est qu’un déguisement. »
« Pourquoi avoir choisi lui ? »
« Parce personne ne fait attention à une prostituée. » répondit Joker avec un sourire narquois. « Et je voulais voir ta réaction. Elle valait largement les propositions que j’ai subi en t’attendant. »
Akechi se sentit rougir sous le coup de la colère. Comment osait-il ? Mais le prince détective essaya de se calmer. Ça ne servirait à rien de planter Joker avec le couteau qu’il avait caché dans son dos. Du moins, pour l’instant. Actuellement, cela ne le ferait pas avancer dans son enquête pour savoir qui sont les Voleurs Fantômes.
« Génial. » dit-il sèchement. « Tu voulais autre chose ou je peux y aller ? »
« Ne le prends pas comme ça, je voulais juste te taquiner. »
« Ah, ah, ah, c’est fait, on passe à la suite ? A moins que tu ne voulais me voir que pour ça ? »
« Ne fais pas semblant d’être idiot, ça ne te va pas du tout. Bien sûr que je voulais quelque chose d’autres. »
Akechi croisa les bras et haussa un sourcil, l’air de dire “Alors vas-y, raconte“.
Joker lui offrit à un nouveau sourire narquois.
« Je voulais rencontrer le célèbre détective qui nous pourchasse avec tant d’acharnement. »
« Et ? Qu’en penses-tu ? » Akechi décida de taquiner en retour le voleur. Il n’y avait pas de raison pour qu’il soit le seul à titiller l’autre. « Pas trop déçu, j’espère. »
« Bien au contraire ! »
Joker s’approcha du détective et lui caressa délicatement le torse.
« Je n’aurai pas penser que tu serais aussi séduisant hors des holocrons. Ils ne rendent vraiment pas justice à ta beauté. »
… OK, peut-être qu’Akechi n’allait pas pouvoir le battre à ce jeu-là… D’habitude, c’était plutôt lui qui faisait les compliments et quand il en recevait, c’était de la part de vieils hommes dégoutants. Il n’était pas du tout habitué à être dragué par une personne de son âge. Et encore moins quelqu’un d’aussi intéressant que Joker. Et avouons le, aussi séduisant. Même s’il n’était pas souvent attiré par des personnes, il y avait quelque chose dans ce voleur qui le rendait spécial.
Il essaye de contenir son rougissement mais il ne devait pas faire un très bon travail au vu de la lueur dans les yeux du voleur.
Akechi recula d’un pas, espérant que mettre un peu d’espace entre eux lui permettrait de remettre de l’ordre dans ses pensées. Mais il était déjà coller au mur… Joker remarqua la réaction du détective et son sourire s’agrandit encore plus, mais il ne dit rien.
Akechi se racla la gorge, rassemblant ses idées :
« Bref… Merci pour cette petite discussion mais elle va devoir s’écourter. » Akechi sortit une paire de menottes et passa une des menottes au poignet de Joker qui était toujours sur son torse. L’autre était déjà attaché à son propre poignet.
La seule réaction du voleur fut de lever un sourcil.
« Intéressant. Je ne m’y attendais pas. »
Akechi savoura sa victoire, même si elle avait un goût amer. Il s’attendait à un peu plus de challenge quand même.
Pile au moment où il pensa cela, il sentit une présence gratter contre son esprit. Joker avait un petit sourire très fier sur ses lèvres et Akechi comprit. Le voleur tentait de rentrer dans son esprit !
Immédiatement, Akechi ferma les yeux et se connecta à la Force.
Ses protections mentales n’étaient pas similaire à l’énorme mur de Joker. Il n’avait pas l’énergie pour garder une pareille construction dans son esprit. A la place, il avait décidé d’utiliser un labyrinthe géant qui changeait selon les pensées d’Akechi. Si quelqu’un essayait de pénétrer son esprit, il lui suffisait de créer aléatoirement des couloirs jusqu’à piéger complément l’intrus. Il ne pourrait plus s’échapper et serait donc à la merci d’Akechi. L’inconveignant de cette méthode était qu’elle demandait toute l’attention d’Akechi pour refermer le piège sur l’intrus. Et il y était presque ! Plus que quelques murs et ce serait bon.
Mais alors qu’il mettait en place la dernière pièce, il sentit la présence de Joker disparaître.
Akechi rouvrit précipitamment les yeux mais trop tard ! Joker avait profité du fait qu’il ait les yeux fermés pour lui voler les clés des menottes. Il n’avait jamais eu l’intention d’entrer dans l’esprit d’Akechi, c’était une simple diversion ! Qui avait un peu trop bien marché.
Joker, libéré des menottes, recula de quelques pas.
« Et bien, détective, cette rencontre fut mémorable ! Tu es bien plus intéressant que prévu. » Joker continua de reculer. « Je vais devoir partir, mes amis m’attendent, mais nous nous reverrons. »
« Tu es bien sûr de toi. Mais je ne suis plus sur cette enquête. » Ce n’était pas un mensonge, Shido venait de le mettre sur une autre mission soit disant “essentielle“ et avait aménager son emploi du temps pour qu’il n’ait que des petites affaires afin de pouvoir consacrer tout son temps à sa mission. « Je pense que c’est la dernière fois que nous nous voyons.» Cette fois, c’était un mensonge. Même s’il n’était plus officiellement sur l’enquête, Akechi allait tout faire pour arrêter les Voleurs Fantômes. Que se soit en temps qu’Akechi sur son temps libre ou Black Mask, il allait faire tomber les voleurs.
Joker éclata de rire, comme s’il savait qu’Akechi venait de mentir.
« Je sais que j’ai titillé ta curiosité et ton attention. Mais si cet appât ne suffit pas, sache que notre prochaine cible est Sae Niijima. Dans trois jours, nous volerons son cœur. »
« C’est pas possible, elle n’a pas reçu de carte de visite. » murmura Akechi.
« Elle est en train de la lire en ce moment même. » Joker disparut dans les ombres avec un dernier murmure : « A bientôt mon cher détective.»
*
Sae Niijima était procureure. Elle était très douée et faisait régner la loi d’une main ferme. Parfois trop ferme, surtout envers les quelques opposants au Sénateur Shido. Mais Sae Niijima était aussi une collègue de travail d’Akechi. Il la connaissait bien. Et il n’allait laisser personne entrer dans sa tête pour changer sa perception du monde. Oui, elle était sévère et traversait une phase où elle protégeait les mauvaises personnes. Qui était Akechi pour juger ? Il tuait des gens pour les mêmes mauvaises personnes. Et puis, si elle avouait tout, ce serait la fin de sa carrière. Elle qui avait tout sacrifié pour gravir les échelons, elle se retrouverait tout en bas et sans possibilité de se relever. Il était même possible qu’Akechi doive la tuer pour garantir les secrets des plus hauts placés de cette maudite planète...
Akechi ferait tout pour que cela n’arrive pas. Sae l’avait aidé trop de fois pour qu’il lui tourne le dos. Il se rendait bien compte qu’il jouait le jeu de Joker mais il n’avait pas le choix.
Et puis, soyons honnête, Akechi voulait le revoir. Il n’allait pas l’avouer à haute voix mais il en avait conscience.
Aussi, trois jours plus tard, Akechi se rendit au bureau de Sae. Il ne pouvait pas lui dire qu’il était là pour la protéger des Voleurs Fantômes. Déjà parce qu’elle ne risquait pas de le croire –comment un détective adolescent pourrait faire quoi que ce soit contre eux ?- mais aussi parce qu’il devrait lui expliquer comment il ferait. Et Akechi n’était pas prêt à ouvrir cette boîte de Pandore.
Il passa sa journée auprès d’elle, prétextant vouloir son avis sur une affaire quelconque. Akechi n’avait pas vraiment besoin d’aide. Même pas du tout. Mais il avait besoin d’une excuse à peu près crédible pour rester auprès d’elle et vérifier si quelqu’un essayait d’entrer dans son esprit.
La journée s’écoula très lentement. Il fallut attendre 21h pour qu’il se passe enfin quelque chose. Les heures de bureau étaient finies depuis longtemps mais personne ne s’attendait à ce que Sae Niijima quitte le bureau avant 22h. Parfois, sa sœur, Makoto, venait la chercher mais elle le faisait moins depuis quelques temps.
La jeune femme, voyant qu’Akechi ne comptait pas bouger non plus, haussa simplement un sourcil. Elle ne pouvait rien lui dire –elle était de loin pire que lui- mais elle pouvait lui faire ressentir sa déception. Dommage pour elle, Akechi avait appris très tôt qu’il décevrait toujours les autres et avait appris à s’en foutre.
Akechi sentit immédiatement huit présences apparaître dans la Force. Et les huit étaient très fortes et entraînées ! Une sortait clairement du lot et Akechi la reconnu tout de suite comme étant celle de Joker.
Peu de temps après, il vit Sae se figer un bref instant avec de reprendre ce qu’elle faisait. Mais ses gestes étaient mécaniques et ses yeux voilés. Des signes évidents que quelqu’un était entrer dans son esprit.
Aussi Akechi ne perdit pas de temps et entra à son tour dans l’esprit de Sae Niijima.
*
Tous les esprits sont littéralement modelé selon leur créateur. Pour une personne qui, disons, aime lire, son esprit sera une énorme bibliothèque. Mais l’esprit représente aussi les vices. Il y a quelques temps, Akechi dut faire pression sur le peintre Madarame et est rentré dans sa tête. Il y a découvert un énorme musée consacré à l’artiste et vantant sa gloire. Mais il a également découvert des tableaux représentant ses différents disciples. Pour Madarame, ces jeunes personnes lui appartenaient et son esprit le montrait.
Sae, elle, aimait le risque. Akechi se souvenait très bien de ses premières affaires. Elle n’hésitait pas à tout miser, quitte à tout perdre. Et elle s’en sortait bien souvent victorieuse. Mais elle avait attiré l’attention de certaines personnes et bientôt, elle ne pouvait plus tout risquer. Désormais, elle ne misait que lorsqu’elle savait qu’elle allait gagner. Ou elle truquait le jeu. Son esprit l’a représenté avec un énorme et luxueux casino dont Sae avait la charge.
Akechi savait que les Voleurs Fantômes allaient prendre du temps pour atteindre la représentation, l’Ombre, de Sae. Il ne fallait pas qu’ils se fassent remarquer ou l’esprit de Sae se défendrait contre l’intrusion. Mais Akechi n’avait pas besoin de toutes ses précautions. Il n’était pas un ennemi. Il ne savait pas vraiment comment Sae le percevait mais il était presque sûr que c’était assez positif pour qu’il puisse atteindre l’Ombre sans la mettre sur ses gardes.
Il avait raison. Il n’eut qu’à s’approcher d’un vigile et à lui dire qu’il devait voir madame Niijima pour qu’on le conduise directement à elle.
L’Ombre prenait généralement l’apparence de ce à quoi ressemble vraiment la personne. Dans la plupart des cas, cela ne changeait pas beaucoup du monde réel. Akechi avait rencontré un homme qui voulait conquérir les mondes grâce à son entreprise et qui se représentait dans un costume de cosmonaute. Quelques fois, le changement était radical, comme ce mafieux qui aimait tellement l’argent qu’il était représenté comme une mouche. Il tournait autour de l’or comme une mouche tourne autour d’excréments. Akechi avait beaucoup aimé remettre ce salaud à sa place.
L’Ombre de Sae ressemblait beaucoup à la jeune femme dans le monde réel mais elle dégageait une assurance et une cruauté que Sae n’avait pas.
Akechi lui expliqua tout de suite que les Voleurs Fantômes se dirigeaient par ici et qu’elle devait se mettre à l’abri. Les Ombres, vivant dans l’esprit des gens, comprennaient bien plus facilement le concept de manipulation grâce à la Force et acceptaient certaines choses comme étant normal. L’Ombre de Sae ne s’étonna pas de le voir ici et réagit comme si c’était normal qu’il se promène dans son esprit. Ce qui était un peu le cas pour elle.
Bien sûr, l’Ombre refusa au début mais Akechi réussit à la persuader à aller se cacher le temps que le gros de la menace soit éviter.
Il se retrouva donc seul dans l’énorme bureau de la directrice. Que se soit l’immense table de bois ou les tapis sur le sol, tout dans cette pièce criait le luxe. Akechi s’assit sur le bureau, bien décidé à attendre les Voleurs Fantômes. Alors qu’il regardait autour de lui les tableaux de maîtres qui l’entourait, il se demanda combien de temps cela prendrait.
Heureusement, les Voleurs Fantômes débarquèrent avant qu’il ne s’ennuie vraiment.
Le groupe déboula dans le bureau, les armes à la main, avec le calme et la douceur d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Ils étaient huit. A l’arrière se trouvait une jeune femme rousses avec de grosses lunettes rondes. Elle n'avait aucune arme visible sur elle. A côté d’elle se trouvait une autre jeune femme, brune claire, presque rosé, avec une hache à la main. Elle avait un habit très élégant et un grand chapeau cachait son visage. Juste à côté d’elle se trouvait une autre femme, un peu plus grande et avec des cheveux plus sombres coupé au carré. Lorsqu’elle a remarqué la présence d’Akechi, elle se mit immédiatement devant la rousse, comme pour la protéger, ses poings américains levés. C’était une arme qui n’était utilisée que lors de petits combats dans des guerres de gang et Akechi était étonné d’en voir.
Devant les trois filles se trouvait un jeune homme habillé en renard. Son masque et ses habits faisait penser à Inari, la déesse renarde. Il avait même une queue de renard derrière lui. Visiblement, il se battait avec un katana au vu de l’étui à sa hanche. Il soutenait un jeune homme blond qui avait un masque en forme de tête de mort et une batte qui trainait au sol. Il semblerait qu’arriver jusqu’ici aillent été semé d’embuches et qu’ils n’en soient pas tous sorti indemnes. Devant le duo d’homme se trouvait une femme dans un costume moulant de panthère, un fouet à la main et une sorte de… chat ? Avec un sabre à la main ? Pourquoi pas, Akechi avait vu des choses bien plus étonnantes.
A la tête du groupe se trouvait bien sûr, Joker. Akechi n’eut aucun mal à le reconnaître. Même s’il avait échanger ses habits révélateurs contre un long manteau noir et un masque blanc et noir, il dégageait un charme différent mais toujours envoutant.
Akechi les salua d’un geste de la main et d’un sourire.
« Bonsoir. Je vous attendais avec impatience. »
« Toi ! » grogna le blond en se relevant avec difficultés. « Qu’est-ce que tu fais là ? »
Akechi garda son sourire fixé sur ses lèvres.
« Ton chef m’a invité à essayer de vous arrêter. »
Tous les regards se portèrent sur Joker, l’air d’attendre une explication. Mais le leader ne regardait personne d’autre qu’Akechi, un sourire prédateur aux lèvres.
« Je n’étais pas sûr que tu viendrais. » avoua-t-il.
« Tu as attisé ma curiosité. »
« Seulement ta curiosité ? Pas ton intérêt avec ? » demanda Joker d’un ton séduisant.
Akechi sentit ses joues chauffées. Si Joker avait été très séduisant en temps que prostituée, il l’était encore plus dans son élément naturel. Il respirait la confiance en soi. Néanmoins Akechi se força à rester concentré et à garder sa contenance.
« Je ne vous laisserai pas toucher à Sae. »
« Tu penses vraiment que tu peux nous arrêter ? » demanda la sorte de chat.
« Ouais, comment tu vas faire ? T’as même pas d’armes. » le railla l’homme au masque de crâne.
Akechi haussa un sourcil. Chaque voleur avait une arme différente mais seul Joker et la fille rousse n’avait pas d’armes visibles.
« Je n’ai pas besoin d’armes pour vous battre. » déclara Akechi.
« Hey ! » s’écria la fille au fouet, visiblement outrée.
« Calme toi Panther. » demanda la fille aux poings américains.
« Quoi ? » s’écria l’homme à la batte. « Ce connard nous prend de haut et tu nous dit de le laisser faire ? Ça va pas Queen ? »
Le blondinet avait un caractère explosif, c’est le moins qu’on puisse dire.
« Skull. » soupira Queen.
« Je suis d’accord avec lui. » déclara l’homme au masque de renard. « Cet homme nous prend de haut. A nous de le faire redescendre de son piédestal. »
« Je suis du même avis que Skull et Fox ! » s’exclama la fille à la hache.
« Moi aussi ! On est les Voleurs Fantômes à la fin ! » s’écria le chat.
« Les gars, calmez-vous. » demanda Queen. « On va lui faire ravaler ses paroles mais agissons avec prudence. Il a l’air fort. Voilà comment on va faire… »
Au moins, c’était pas tous des idiots finis. Même si discuter du plan devant leur ennemi n’était pas une grande idée… Mais il ne les écouta pas, concentré sur Joker qui avait fait un pas en arrière. Il voulait surement profiter du spectacle. Alors comme ça, il invitait Akechi à se joindre aux festivités mais il n’allait pas y prendre part ? Le détective n’était pas d’accord avec ça.
Toujours assis sur le bureau, d’un geste de la main, Akechi envoya les Voleurs Fantômes contre le mur. Seul Joker n’avait pas bouger sous la vague de pression de la Force.
Akechi s’y attendait et se précipita en avant, son sabre laser dégainé. Sous la lumière bleue de son sabre, Akechi vit l’étonnement de Joker juste avant que son coup soit arrêté par une lame violette. Lame qui était dans la main de Joker.
Akechi recula de quelques pas pour reprendre ses appuis. Joker avait un sabre laser ? Non, il ne devait pas tirer de conclusion hâtive. Si ça se trouve, ce n’est son arme que lorsqu’il est dans l’esprit des gens et non dans la réalité ! Mais pour en être sûr, il fallait quitter l’esprit de Sae.
Akechi prit sa décision en quelques secondes. Il fallait revenir dans la réalité. Savoir si Joker avait un sabre laser était plus important que les conséquences qu’il pourrait y avoir sur lui.
Akechi fit appel à la Force et lui demanda de les ramener dans le bureau de Sae. Elle n’était pas vraiment d’accord –Joker n’avait pas fini ce pourquoi il était venu- mais elle l’avait toujours préféré aux autres utilisateurs de la Force et finit par écouter sa demande.
Ils se retrouvèrent tous dans le bureau de Sae. Les Voleurs Fantômes semblaient très étonné au vu de leurs différentes exclamations de surprise. Leurs armes avaient disparues. Enfin sauf pour l’arme de Joker… Mais Akechi n’avait pas le temps de plus s’y préoccuper. Ils n’étaient pas un danger immédiat pour lui et il devait s’occuper de Sae avant tout. Elle était intelligente, elle finirait par relier les points s’il lui laissait des indices.
« A… Akechi ? Qu’est-ce qui se passe ? »
Elle vit son sabre laser, toujours allumé, et recula de quelques pas.
“ Mince. “ Il n’avait plus beaucoup de temps, il devait faire vite.
« Niijima-san, écoutez-moi. Oubliez les dix dernières minutes. »
« Quoi ? Non ! »
« Oui. Vous allez oublié ce que vous avez vu et ressenti ces dix dernières minutes. Vous allez rentrer chez vous et vous reposer. Demain matin, quand vous vous réveillerez, toute la soirée sera floue. »
Le regard de Sae se fit vitreux et elle hocha la tête. Elle tourne les talons et sortit du bureau.
Pendant ce temps, les Voleurs Fantômes s’étaient calmé et remis en position de combat.
Akechi se tourna pour faire face au petit groupe.
Joker, d’un geste de la main, demanda à ses amis de reculer.
« Je veux me battre contre lui. »
« Uniquement si tu ne flirtes pas avec. » grommela la fille rousse aux grosses lunettes.
« Je ne peux rien te promettre, il est vraiment craquant. »
Akechi rougit mais resta en alerte. Il n’allait pas se faire avoir une deuxième fois par une technique similaire.
Joker se mit lui aussi en garde et le combat commença. Ils échangèrent quelques coups et Akechi réalisa qu’ils étaient à un niveau similaire. Dans certaines positions de Joker, Akechi reconnaissait celles qu’il avait lui-même appris au Temple Jedi. Est-ce qu’il avait lui aussi étudier là-bas ? Est-ce qu’il avait eu un Maître qui lui avait appris ces techniques ? Comment le savoir des Jedi avait pu survivre et arriver jusqu’à Joker ?
Les questions se bousculaient dans sa tête mais il devait rester concentrer sur le combat qui avait lieu. La plus petite forme d’inattention pouvait lui coûter cher !
Après quelques échanges de coups, Akechi réalisa que le combat pouvait durer encore longtemps. Mais il ne pouvait pas se permettre de rester sur place. Le contre-coup d’avoir ramener tout le monde dans la réalité commençait à se faire sentir et sa vision se brouillait de plus en plus.
Akechi sentit la panique monter en lui. Il devait partir, maintenant ! Mais s’il s’enfuyait pas la fenêtre, les Voleurs risquaient de le suivre… Comment sortir de ce mauvais pas ?
Finalement, ce fut Joker lui-même qui lui donna la porte de sortie dont il avait besoin. Ils croisèrent leur lame et Akechi fit pression pour faire reculer Joker. Sauf qu’il refusait de reculer et opposa sa propre force à celle d’Akechi. Ils n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, séparé uniquement pas leur lame brillante. Ils ne se lâchèrent pas du regard. Akechi fut frapper par les yeux gris de Joker. Ils cachaient en eux des mystères que le détective voulait percer.
Brusquement, Joker recula et éteignit sa lame.
« Arrêtons nous là pour ce soir. »
Le reste des Voleurs –qu’Akechi avait oublié- furent tout aussi étonné que lui.
« Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes Joker ? » s’exclame Skull.
« J’ai dit qu’on s’arrêtait là. Notre cible est partie, ça ne sert à rien de continuer le combat. »
Il eut encore quelques protestations que Joker coupa d’un seul regard.
« On part. » ordonna-t-il.
Les Voleurs Fantômes obéirent sans poser plus de question, sortirent tous par la fenêtre et disparurent dans la nuit noire.
Akechi resta seul avec le leader, son sabre laser toujours allumé dans sa main.
« Qu’est-ce qui t’as pris ? » demande Akechi.
Joker le regarde durant quelques secondes qui semblèrent durer une éternité.
« Je sais les effets que le retour peut avoir. Continuez le combat ne sert à rien. »
« Comment ça ?! Tu penses que je ne suis pas un assez bon adversaire pour toi ? » s’écria Akechi, la colère montant en lui.
Joker lui sourit :
« Bien sûr que non. Au contraire. Mais se battre alors que tu es affaibli n’est pas très intéressant. Je veux un vrai combat où tu pourras te donner à fond. »
Étonnamment, cette réponse apaisa le détective qui éteint sa lame.
« Oh ? Et quand est-ce qu’il aura lieu ce combat ? »
« Que dirais-tu de la prochaine fois qu’on se voit ? »
Akechi haussa un sourcil. Joker l’avait dit comme s’il était naturel qu’ils se revoient. Mais il n’allait pas relever ce fait. Lui aussi voulait revoir le voleur. Il y avait trop de question qui entourait ce jeune homme pour qu’Akechi le laisse partir comme ça.
« Et ce sera quand ? »
Joker haussa les épaules.
« Qui sait ? Mais je suis certain que la Force nous guidera encore une fois l’un vers l’autre. »
Et sur ces mots, Joker sauta par la fenêtre et disparut.
Akechi avait le sentiment qu’il avait raison. La Force allait les remettre sur le chemin l’un de l’autre, c’était une certitude. Et Akechi attendait avec impatience cette prochaine rencontre.
